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Marius Decrespe - Magnetisme Hypnotisme - Somnambulisme

Voici un petit livre qui passera probablement
inaperçu des savants, voire des gens qui font profession de s'intéresser à la
science. Il n'en contient pas moins, sous sa forme familière et accessible à
tous, non seulement l'exposé de bien des gros problèmes, mais encore des
hypothèses nouvelles destinées à les expliquer.
Ceux qui, jusqu'à présent, se sont occupés de nos
sciences modernes à peine nées, ont méprisé les révélations apportées par les
chercheurs qui travaillent à reconstituer les sciences de l'antiquité.
Ceux-là, à leur tour, se sont vengés du dédain des
savants en place en méconnaissant la valeur de leurs travaux, certainement
incomplets mais généralement précis et fort remarquables par la sécurité des
découvertes accomplies.
Ainsi les occultistes (à quelque école
parliculière qu'ils appartiennent) conservent précieusement leur belle théorie
synthétique; les officiels continuent d'analyser les faits ; et, de la sorte,
les uns et les autres s'immobilisent, ceux-ci dans leur matérialisme
intransigeant, ceux-là dans leur nuageux mysticisme.
Il me semble qu'il y a là une erreur grave de part
et d'autre, et j'ai voulu tenter de montrer que la synthèse du tout, qui est le
but, no peut exister quo par l'analyse de chacune des parties; que par contre,
l'analyse ne devenait féconde que par l'influence de l'idée synthétique.
Pour bâtir une maison, il faut commencer par
tailler chacune des pierres qui entreront dans la construction des murs ; mais
pour donner à chacune de ces pierres la forme qui cadrera avec l'ensemble, il
faut avoir fait déjà le plan de toute là maison et savoir à l'avance la place
que devront occuper toutes les pierres. Si les ouvriers taillent chacun à son idée les premiers blocs venus, ils feront une triste besogne si
l'architecte se contente de tracer son plan et ne veut ni tailler ni faire
tailler les pierres, la maison ne se construira pas toute seule.
J'ai donc cru que l'occultisme était aussi utile à
la science moderne que celle-ci à ' l'occultisme; et, guidé par l'idée
synthétique occulte d'une part; me hasard, d'autre part, sur les plus récents
travaux analytiques, j'ai entrepris d'appliquer les théories scientifiques
actuelles à l'explication des plus importants phénomènes occultes ; c'est un
premier pas vers cet accord dont je viens de signaler la nécessité.
D'autres avant moi, et des plus illustres, ont
tenté cette œuvre. Malfatti de Montereggio paraît être parvenu au but; mais les
travaux qu'il a laissés ne font soupçonner qu'à quelques rares lecteurs toute
1a portée de ses prodigieuses théories. Hœne Wronski, ce génie étrange qui fut
le maître d'Eliphas Lévi, qui mourut de misère, et dont, après plus de
cinquante ans d'oubli et de dédain, les livres sont aujourd'hui étudiés et
compris à peine par les plus puissants de nos mathématiciens, semble, de meme,
avoir résolu le problème, mais par a théorie mathématique, et non par la
physique. Bruck aussi, qui fut effrontément plagié par les savants officiels —
notamment par le P'. Secchi,
qui lui doit ses plus belles... découvertes (!) — avait au moins tracé
les plus grandes lignes de la synthèse. Louis Lucas, enfin, moins grand que les
précédents, voulut expliquer la physique par l'occultisme. En ces derniers
temps, les docteurs Fugairon et Delézinier entre plusieurs autres, ont comparé
les données de nos sciences physiques et exactes avec celles de l'occultisme;
et, dans un autre ordre d'idées, les docteurs Adrien Péladan et Gérard Encausse
ont essayé — non sang succès — d'introduire en ce fatras d'observations
incohérentes qui s'appelle la médecine, une méthode empruntée à la science
occulte. Après ces maîtres et ces frères aînés, j'ose à mon tour entrer en
lice, non pour faire mieux — Dieu me garde d'une aussi sotte
présomption 1 — mais pour apporter mon modeste grain de sable au monument
qu'ils ont laissé inachevé et qui ne sera, d'ailleurs, jamais parfait.
Laissant résolument de côté toute expression
volontairement vague, toute phraséologie symbolique, parce que ces choses n'ont
plus raison d'être à notre époque, je dis simplement ce que je sais, comme je
le sais; ce que j'ignore, je le confesse sans nulle fausse honte; et j'ai
l'espoir d'arriver ainsi à donner de l'occultisme une idée nette, accessible à
tous, et en rapport avec les grandes découvertes du xix siècle; il me serait
doux de penser que quelqu'un pût profiter de ces modestes essais, pour aller
plus loin encore dans l'explication de ces troublants phénomènes dont les
peureuses légendes des âges passés nous ont transmis la poétique relation, ou
de ceux que reproduisent les expérimentateurs contemporaina.
J'ai dit qu'en cet opuscule je présentai. des hypothèses nouvelles. Leur nouveauté consiste principalement dans l'application que
j'en fais ; je ne crois pas, en effet, que personne ait jamais songé à étudier les phenomenes psycho-physiologiques d'apres les lois de
la psychique moleculaire, de la cinetique
des gaz et de la stereochimie.
Que le
lecteur ne s'effraie pas de ces grands mots: je
repete que j'ecris pour être compris de
tout le monde ; je ne sais si j'y aurrai reusi
en ce present
travail; mais ce que je sais,
c'est que celui qui l'aura étudié serieusement
y trouvera une méthode (je ne
dis pas la seule) qui
luipermettra de saisir le
mecanisme de la plupart desphénomenes occultes, ainsi que je me propos. l'expliquer dans les livres suivants de cetté

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