CHAPITRE VIII
Qu'est-ce que l'Hypnotisme ? — Différence du Magnétisme et de l'Hypnotisme.
— Les procédés hypnotiques. — Les phénomènes hypnotiques. — Les états
superficiels et profonds de l'hypnose. — Les travaux de M. Lecomte.
On a dit, on a répété a satiété que la science officielle avait démarqué le
linge de Mesmer et baptisé hypnotisme ce qu'il avait nommé magnétisme.Ca
n'est pas tout à fait exact; l'hypnotisme est une partie du magnétisme, de
même que le magnétisme est une partie de la magie et de la psychurgie, et bien
des magnétiseurs faisaient de l'hypnotisme avant les prétendues découvertes de
Braid et de Charcot ; mais l'hypnotisme n'est pas plus le magnétisme que
l'électrothérapie n'est la thérapeutique.
La difference entre les deux écoles est encore plus tranchee qu'entre
les deux choses; les hypnotistes ne s'occupent guère que d'expérimenter, et etant donnee la nature
de leurs travaux, il leur serait difficile de
faire plus ; tandis que les magnetiseurs visent
surtout à guérir, n'ayant, au reste on général, ni
le temps ni les moyens de se livrer a des etudes
fort intéressantes, sans doute, mais peu utiles en somme, au bien de l'humanite.
es procedes des une et des autres n'ont aucun point de contact entre eux.. Ainsi, comme nous l'avons vu, les magnetiseurs
agissent directement sur les courants de force
de l'organisme on sur cette force extériorisée à l'état
statique; les hypnotistes, au contraire, n'agissent que sur les organes materials des
senset, de la, par réaction, sur la force nerveuse.
Enfin, les resultats
obtenus par les uns et les autres sont egalement dissemblables: les magnétiseurs
retablissent les courants dans leur condition première d'équilibre, ils en régularisent la vitesse, le rythme, le
débit ; les hypnotistes provoquent des arrêts de ces courants et, par suite.
déséquilibrent plus ou moins complètement et plus ou moins gravement le
système nerveux. Ils produisent ainsi certains phénomènes fort curieux, sans
doute, mais qui ne peuvent franchir certaines limites, comme nous le verrons
tout à l'heure, et qui laissent une porte ouverte à toutes les fausses
interprétations ; tandis que les magnétiseurs qui, de par leurs théories et
procédés, peuvent, s'ils le veulent, pousser leurs expériences beaucoup
plus loin, sont aptes à en trouver l'explication complète et rationnelle.
L'étude des procédés hypnotiques et des phénomènes de l'hypnose va nous
permettre de donner la preuve de ces assertions. D'abord, qu'est-ce que
l'hypnotisme ? C'est, d'une façon très générale, la science de l'hypnose et !a
connaissance des procédés pour la provoquer et pour en diagnostiquer les
différentes phases ; or, l'hypnose est un état de déséquilibre des
forces nerveuses (dynamique et statique) de l'organisme, caractérisé par la
surexcitation anormale de certaines fonctions et la suspension non moins anormale de certaines autres.C'est, si l'on veut,
une sorte d'ivresse en laquelle la pensée de l'hypnotiseur prend la place de celle sujet, s'empare
de sa volonté et, par se moyen cette volonté
soumise, projette dans l'organisme de ce même sujet toutes les force laissees disponibles par
le sommeil de la pensés et des autres fonctions momentanément abolies.
Les premiers magnetiseurs qui firent de l'hypnotisme sans le savoir (ou, du moins, sans songer a le baptiser d'un nom grec) utilisèrent simplement ce qu'ils appelaient le
pouvoir fascinateur des yeux ils savaient que
les yeux émettent des effluveset attribuaient à ces effluves les résultats qu'ils obtenaient; ils n'avaient pas tout a fait tort puisque les effluves existent réellement, tout a fait raison non plus, puisque Braid obtint, sans le secours des yeux, des résultats analogues aux leurs. Rappelons que ce médecin anglais plafait un peu au-dessus de la racine du nez et à quelques centimètres du
front un objet brillant; (cuiller an métal, bille en verre, diamant, etc.) qui tirait
les yeux du sujet, les convulsait et, par l'immobilisation fatigante des
nerfs optique, amenait assez rapidement le sommeil. Avant Braid, il était déjà
connu que certaines personnes tombent dans le sommeil hypnotique en regardant
avec persistance le bout de leur nez; à moins qu'on n'ait un nez d'une
longueur véritablement phénoménale, cette contemplation pleine de volupté fait
loucher d'abord, puis endort.
Que se passe-t-il en ce phénomène?
Nous allons essayer de l'analyser. Dans l'œil à l'état normal, comme dans
le corps tout entier, les courants de force nerveuse circulent librement,
venant du centre et y retournant; pour accomplir les différents mouvements
auxquels il est appelé, pour vivre en son ordinaire activité Pœil se dilate et
se contracte alternativement, molécule par molécule (et non dans son ensemble)
comme le fait cette molécule centrale de l'organisme qu'est le cœur ; peut-être
n'y a-t-il pas contraction et dilatation proprement dite, mais, surement, il
y a mouvements moléculaires, ne serait-ce que la
vibration qui manifeste 1» passage des ondes du
courant nerveux. En l'état de sommeil (sommeil
naturel, s'entend) ces mouvements
moléculaires, quelles que
soient leur

Flg. 9. — Mécanisme du sommeil.
La plus grande partie de la force nerveuse reste a l'organe central d'où elle s'extériorise pour les besoin» de la
nutrition dans
l'organisme, ou pour le reve en dehorsde orgnisme, suivant la nature ut les fonctions forme et leur
nature, se relentissent; qnclquesuns memes d'entre eux ( les plus gros) cessent tout a fait, parce que le courant de force qui les provoquait se relantif lui-meme, réduit, en l'ôrgane endormi, au strict
indispensable, puisque toute la force disponible de l'organisme est alors employée a la nutrition, a la réfection des tissus osés par les fatigues de la journée ; en effet, on sait que qui dort
dîne. Dans l'hypnose, c'est le phénomène contraire qui se produit; par
suite de la contraction imposée aux nerfs optiques (dans le cas que nous
étudions, où l'on agit sur la vue), les molécules s'immobilisent en l'orientation
voulue par cette contraction, et le courant ne passe plus ; il en résulte, sur toute
la longueur du nerf et jusqu'à son centre cérébral, une accumulation, une
congestion de la force nerveuse dans le sens centrifuge et, au contraire, une
raréfaction dans le sens centripète; parla fermeture de cette sorte
d'écluse qu'est l'appareil périphérique, l'abondance des ondes nerveuses dans
le canal d'amont produitune surexcitation des fonctions motrices, tandis
que l'appauvrissement du courant nerveux dans le canal d'aval produit la
suspension des fonctions sensitives (voir fig. 10). L'expérience confirme cette
théorie; en effet, plus l'hypnose est profonde (jusqu'à une certaine limite),
plus les fonctions Motrices acquièrent d'importance au détriment des fonctions
sensitives, qui s'affaiblissent jusqu'à ne plus laisser parvenir au cerveau que
les ordres donnés par le magnétiseur, c'est-à-dire les seules sensations que l'auteur du désordre con

Fig.
10. Mecanisime de l'hypnose.
L'organepériphérique
no laisse plus passer le cornant de force
nerveuse qui congestionne le canal
d'amonset laisse sana vie le
canal d'aval.
sent à laisser passer. Il est clair que la pensée de sujet doit être remplacee, en ces conditions, par celle du magnétiseur en rapport, parce que ledit sujet, privé de
sensations, manque des éléments sur lesquels il aurait ordinairement son
jugement ; son individualité reste hors des atteintes de l'expérience,
mais sa personnalité y est momentanément éclipsée, et il ne peut, dès lors,
penser que par procuration ou, mieux encore, que par résonnance; il
fait écho à la pensée d'un autre ; et c'est aussi pourquoi il ne peut garder
aucun souvenir de l'expérience lorsqu'il rentre en possession de sa
personnalité.
Cependant, il est des cas où les sensations sont, Au contraire, beaucoup
plus intenses qu'à l'état normal; on dit alors que les sens sont hyperesthésiés.
Ce fait ne modifie en rien la théorie ci-dessus et j'y vois une simple
confirmation de cet autre fait déjà signalé que, par la volonté, on peut
intervertir la polarité physiologique; mais l'état d'hypnose, l'abolition de la
personnalité s'en persistent pas moins, parce que l'équilibre s'est pas
rétabli, parce que le canal d'amont est toujours congestionné; c'est
même cette congéstion qui donne tant d'acuité aux sensations ainsi provoquées
artificiellement.
On a employé beaucoup d'autres moyens que ceux de Braid pour produire
l'hypnose. Donato place ses sujets dans une position fatigante où le thorax est
comprimé et où, par conséquent, le jeu du cœur et des poumons n'est plus libre,
ce qui produit un commencement de congestion ; puis, brusquement, il plonge son
regard d'acier en leurs yeux et, d'un vif mouvement de poignet, les rejette
loin de lui. L'abbé Faria criait tout d'un coup dans l'oreille de ses sujets cette injonctionbreve :Dormez! »
Charcot surprenait ses hysteriques par un violent coup de gong frappé derrière elles. Le Dr
Luys se sert d'un miroir tournant, très semblable a celui qu'on emploie pour la
chasse aux alouettes. D'autres expérimentateurs ont obtenu de bons résultats en
empoignant brusquementet avec force le bras de leur sujet, ou en les
frappant par derrière et sans qu'ils s'y attendent. On a hypnotisé certaines
personnes en leur débouchant subitement un flacon d'ammoniaque sous le nez.
Mais tous ces procédés rentrent dans la même catégorie et agissent par accroissement
de la résistance que l'appareil périphérique oppose au courant.
0n doit remarquer que, lors de la production de l'hypnose, un seul sens est
généralement intéressé directement par l'action hypnotisante ; et cependant,
tous les sens sont également plongés en l'état d'hypnose. Il semble que, les
différents systèmes nerveux étant tous en. relation mutuelle par de nombreux
points de contact, il se produise une sorte d'induction entre les différents
conductetrs principaux; en tous cas, l'organe central commun ne reçoit plus
aucune sensation d'aucun des canaux centripètes, tout en continuant d'en» voyer
la force motrice dans tous les canaux centrifuges. Je crois que l'aérosôme joue
là-dedans un grand rôle; sa tension d'extériorisation est, en effet, profondément
modifiée, et, comme il est lenaturel organe de relation entre les
divers appareils périphériques, il paraît assez admissible qu'il puisse
transmettre à tous le trouble d'un seul. Une analyse plus détaillée, que nous
se pouvons l'entreprendre en un travail aussi rudimentaire, nous permettrait
d'entrevoir le mecanisme du phénomène.
Nous disions plus haut que les hypnotistes ne peuvent pas dépasser
certaines limites. En effet, du moment qu'ils ne
provoquent qu'un désorder dans l'organisme, tout ce qui est compatible avec ce
désordre est de leur ressort, mais rien au delà ; il neleur faut donc pas
espérer obtenir jamais des phénomènes
de vision nette et régulière
a distance, d'extériorisation ou de télépathie consciente, etc., puisque ces
phénomènes ne peuvent avoir lieu sans que la personnalité du sujet reste dans tout son intégrité, et que l'hypnose a pour premier resultst de détruire, ou tout au moins de masquer cette personnalité. Les hypnotistes sont ctement dans leur droit en niant desphénomènes qu'ils ne
peuvent constater ; mais, s'ils le voulaient, ils pourraient les constater. Ils sont
evidemment libres de se castouner dans le domaine de l'incohérence et l'automatisme inconscient; mais ils ne doivent pas s'etonner de ne recueillir que des observations de phenomenes incohérents
et automaciques; il serait vraiment
étrange qu'après avoir eteint la raison de leur sujet, ils en obtinssent des réponses ou des actes raisonnables.
Les magnétiseurs, avons-nous
dit, peuvent aller beaucoup
plus loin» et ils l'ont prouvé; car, tandis que les
hypnotistes n'ont encore reconnu que les trois ou quatre premiers états
superficiels de l'hypnose, M. Lecomte en a caractérisé et classé
méthodiquement jusqu'à seize.
Les états profonds de l'hypnose paraissent être caractérisés, en général,
par une extériorisation plus ou moins complète, abondante on intense de
l'aérosôme du sujet. Cette extériorisation s'obtient le plus ordinairement par
des passes magnétiques effectuées sur le sujet, préalablement endormi, soit par
les procédés magnétiques, soi par les procédés hypnotiques.
Le mécanisme du
sommeil magnétique diffère peu, comme résultat spécial, de celui du sommeil
hypnotique ; en drainant, par les passes, les courants centrifuges, on
accumule la force nerveuses à la périphérie; les courants centripètes en
reçoivent bien un surcroît d'activité, puisque l'écluse n'est pas fermée
; mais, au moins pendant la magnétisation, il en résulte un excès de force à la
périphérie, surtout du côté amont, qui est le seul actionné et
directement impressionné ; l'hypnose doit donc s'en suivre puisque, comme dans
le premier cas, il y a plus de force dans les nerfs moteurs que dans les nerfs sensitifs; mais, parce que,
néanmoins, le courant centripète a toujours lieu et même est activé, parce que le fonctionnement de l'organe
périphérique n'a pas été interrompu, le sujet endormi
magnétiquement est, à son réveil, bien plus frais et dispos que celui endormi
hypnotiquement l'un a un surcroît de force, dont l'acquisitionne tut a causé qu'un léger trouble; l'autre a été
violemment troublé sans compensation. I

Fig. 11. — Mecanisme de l'extériorisation.
Si, sur un sujet endormi par un procédé
quelconque, on effectue des passes, la force nerveuse en abondance dans les
nerfs moteurs finit par acquérir uns telle tension qu'elle s'extériorise (Voir
fig. 11).
Sous la pression du flux moteur, la peau
cède, devenue moins résistante que l'appareil capillaire périphérique; et ce
flux, force et matière, s'élance dans l'air, entraînant l'aérosome avec plus ou
moins d'énergie; mais il se passe alors un peu la même chose qu'on peut
constater avec la fumée d'une cigarette : l'air fait obstacle au flux qui se
recourba en volute et finit par revenir au canal d'aval, vers lequel il
est naturellement sollicité par les lois de la polarité. Le circuit se rétablit
donc, moins parfait à cause des pertes dans l'air ambiant, et tout se passe
comme si l'appareil périphérique était transporté à une certaine distance da la
peaù, à quelques centimetres, a un, deux ou trois mètres, à centimetres, a
plusieurs kilomètres ou à des milliers de lieues. J'ajoute bien vite qu'on n'a
jamais» jusqu'ici, constaté scientifiquement la possibilité pour
l'aérosôme extériorisé de se transporter à plus de quelques mètres ; mais le
livre, très sérieux, très scientifique, de MM. Guaey, Myers et Podmore, traduit
en français par M. Marillier, sonsce
titre : les Hallucinations
tetépathiques, contient la récit circonstancié de nombreuses apparitions
ayant eu lieu en Angleterre, par exemple, de l'aérosôme de personnes qui se
trouvaient aux Indes, en Australie, etc. Mais, du moment qu'il est prouvé, par
les expériences si précises de M. Lecomte (voir son bel ouvrage sur l'Extériorization
de la sensibilité), que l'aérosôme peut s'extérioriser à quelques mètres, ou peut admettre provisoirement
qu'il ne lui est pas impossible de s'extériorisera de plus grandes distances.
Ordinairement, l'extériorisation entraîne, comme l'hypnose, la perte de la
conscience, l'abolition momentanée
de la personnalité ; mais il est très probable que, si le sujet était suffisamment entraîné pour
éviter toute perte des effluves projetés, il conserverait, à son réveil, le
souvenir précis de ce qui s'est passé pendant son extériorisation. Je connais
un ingénieur électricien, ancien élève de l'Ecole Polytechnique, qui en arrive
de lui-meme a s'extérioriser volontairement en partie et sans perdre conscience
; les fakirs de l'Inde y parviennent, dit-on, très souvent
Le flux extériorisé ne doit pas être considéré comme une file de molécules
régulièrement espacées, comme une couche matérielle uniforme. Le courant de
force qui entraîne cette matière radiante progresse, comme les autres forces de
la nature, suivant une ligne ondulée qu'on appelle sinusoïde, et dont la
forme est due à l'amplitude et au rythme des vibrations qui composent ce
courant; il en résulte que, sur un rayon de force nerveuse extériorisé,
il existe, comme sur une corde de violon en vibration, des nœuds et des ventres,
c'est-à-dire des points où la matière éthérés de l'aérosôme est plus ou
moins condensée. La fig. 12 reproduit l'aspect que revêt, aux yeux des
sensitifs, l'aérosôme dans les premières phases de l'extériorisation
D'après les expériences de M. Lecomte, lerythm des vibrations qui produisent ces couches parrait être en relation avec les
battements du cœur ou avec les mouvements des poumons dans l'acte de la
respiration ; leur longueur d'onde (ou amplitude) est voisine de six centimètres;
l'ecten, sous forme de force nerveuse, serait done un des intermédiaires entre la lumière, dont la longueur d'ondes est de trois dix
millièmes de millimètre, et l'électricité dont les ondes atteignent, d'après
les belles expériences du grand physicien Hertz, qui vient de mourir à 36 ans,
le chiffre relativement énorme de trente centimètres ; ainsi, comme on en peut
juger, l'ecten aurait beaucoup plus de rapports avec l'électricité qu'avec la
lumière.

Fig. 12. — Aerosome exteriorize.
En présence des merveilleux résultats obtenus par M. Lecomte, et lorsqu'on
lit le récit si simple, ai sobre, si précis de ses expériences si méthodiques,
si positives, on se demande par suite de quelle aberration la science
officielle s'entête à ne pas vouloir sortir du cadre restreint de l'hypnotisme
et de la suggestion. Sans doute, ces sujets d'étude présentent un intérêt
considérable et offrent encore plus d'un grand problême au chercheur; mais ne
faut-il pas être soi-même sa peu suggestionné par les préjugés et la routine,
ou même par la peur de ce que penseraient les chers confrères, pour
se refuser à rien voir en dehors des limites tracées par les bonzes de
l'Académie? LeMattre a parlé ! Détestable formule de cléricalisme, qui s'est toujours oppose aux progrès de la vérité!
Et quel est donc le Maître, fùt-il dix fois Charcot, qui a le droit de
dire il l'esprit humain : Tu n'iras pas plus loin?
On pourrait nous croire l'ennemi acharné de» médecins; il n'en est rien;
nous en connaissons beaucoup que nous nous faisons un véritable honneur
d'estimer très haut comme hommes et comme médecins; à plusieurs d'entre eux
nous ayons des obligations de reconnaissance qui nous sont chères. Ce que nous
déplorons et combattons, c'est le cléricalisme étroit, l'esprit de secte qui
empoisonne le corps médical en son ensemble et empêche la médecine de
progresser comme font toutes les autres sciences. Encore établissons-nous
soigneusement la différence très grande quiexisteentre l'ensemble et les individus, et nous
voudrions que le corps médical fut ce que sont la plupart des médecins, chacun
en particulier, c'est-à-dire honnête, loyal, consciencieux et l'esprit
largement ouvert a tous les progrès, d'où qu'ils viennent. Par malheur, il n'en
est pas ainsi, et il est à craindre que le magnétisme et l'extériorisation ne
se heurtent, longtemps encore, contre le dédain superbe des
hypnotistes officiels. Mais, qu'importe, après tout? Toutes les inquisitions du
monde n'empêcheront pas la terre de tourner et la science de progresser, malgré
ceux qu'aveugle l'orgueil d'étre appelés savants.
|