CHAPITRE VI
Bat du Magnétisme. — Tout le monde peut magnétiser et tout le monde peut
être magnétisé. — La force oténique et la force nervense. - Conditions que doit
remplir un bon magnétisour. — Conditions requises du sujet.
Le seul but possible du magnétisme doit être de guérir. Faire des
expériences de magnétisme, quand ce n'est pas dans un but scientifique et pour
le bien commun, c'est faire servir à des intérêts égoïstes une des forces les
plus paissantes de la nature ; c'est faire de la Magie noire et se préparer à
soi-même de cruelles souffrances, car la nature se venge tôt ou tard, mais
sûrement, de ceux qui la violentent sans nécessité ; elle obéit a ceux qui la
domptent ; elle brise ceux qui se jouent d'elle. Les gens superficiels ne verront en cet avertissement qu'une menace purementdéclamatoire, que
du puffîsme et de l'emphase ridicule ; nous le savons bien, mais peu nous
importe, car nous savons aussi que : à qui mal veut, mal arrive. C'est aussi
fatal, aussi mathématique que la chute d'une pierre qu'on lâche. Les actions,
les paroles, les pensées mêmes d'un homme engendrent des vibrations qui vivent
en l'atmosphère propre de cet homme et, forcément, finissent par se
retourner contre lui comme, parvenues aux bords du vase, les ondes qui plissent
la surface de l'eau rebondissent et retournent vers le point d'où elles sont
parties. Si les vibrations
engendrées sont de bonne nature, tant mieux pour celui qui lesa
émises; il elles sont mauvaises, il récolte justement ce qu'il a semé, sans
qu'il soit besoin, pour cela, des ingénieux supplices à lui infligés par des
diables malfaisants, serviteurs dévoués d'un dieu prétendu bon.
Mais nous reprendrons cette question en un autre ouvrage, ne voulant en
retenir ici que cette conséquence de première importance, au point de vue qui
nous occupe, à savoir qu'un magnétiseur n'obtiendra aucun boa résultat durable s'il n'a pour but de
guérir les malades qui se confient a lui. La chose est aisément explicable pour
ceux qui admettent que la santé est l'expression de l'équilibre organique, tel
que noue 5'avons précédemment défini ; or, santé physique, morale ou
intellectuelle, c'est toujours le même phénomène sur des plans différents ; si
donc le magnétiseurest moralement déséquilibré, c'est-à-dire malade (et il
1orsqu'il a habituellement des pensées d'égoisme ou d'orgueil en
lesquelles il se complaît), comment pourra-t-il espérer guérir un autre malade,
que ce soit sur le même plan ou sur un autre ? « Si un aveugle en « conduit un
autre, ils tomberont tous deux dans
le fossé. »
Mais, dira-t-on, on ne peut toujours choisir son magnétiseur; il faut le
prendre tel qu'il se rencontre, à cause des facultés spéciales qu'il possède et
qui ne se rencontrent peut-être pas très fréquemment.
Quelle grave erreur! En principe, tout le monde est apte à devenir bon
magnétiseur, l'enfant comme le vieillard,
l'homme comme la femme, le civilisé aussi bien que le sauvage. El suffit simplement de
savoir ce qu'on fait et d'avoir un peu pratiqué. Mais, le magnétisme reposant
sur la radiation d'un être vers un autre être et tous les êtres de la
nature émettant plus ou moins de radiations, de par les conditions de la vie en
notre monde, il est absolument incontestable que tout le monde peut plus ou
moins magnétiser. Si les radiations qu'on émet soi-même sont trop faibles pour
produire un effet bien sensible, on peut prendre un navet, un légume
quelconque, comme fit M. Pelletier, ou un barre, aimanté; les procédés restent
les mêmes.
Il nous faut avouer, cependant, que les résultats ne sont pas identiquement
les mêmes, et l'on va comprendre de suite pourquoi. Nous avons déjà vu que la
force qui produit les phénomènes du magnétisme physiologique est distincte de
magnétisme, de l'électricité, de la chaleur, de son, tout en n'étant, comme ces
différentes forces étudiées parla physique, qu'un aspect particulier de la force
unique ; cette force particulière — appelons-la force ecténique ou ecten,
ainsi que l'a déjà fait M. Thury — se trouve comme toute» les autres dans tous les
phénomènes de la nature; mais elle correspond plus particulièrement à un
certain ordre de phénomènes distincts des phénomènes électriques, magnétiques,
lumineux, calorifiques ou sonores; l'électricité ou le magnétisme peuvent bien
produire certains phénomènes ecténiques (synonyme de magnético-physiologiques),
de la même façon que la chaleur ou la lumière peuvent produire certains
phénomenes electro-
magnétiques, ou réciproquement; mais il y a, dans ces cas que l'on peut dire anormaux, une
déperdition de force plus ou moins considérable, due à la transformation que
doit, subir la force ca jeu pour produire un phénomène qui n'est pas de son
ressort ; et cette transformation, cette déperdition a lieu, naturellement, aux
dépens de la netteté et l'intensité du phénomène.
Eh bien 1 la qualité d'une force quelconque, de la force ecténique,
par exemple (puisque c'est d'elle que nous nous occupons), a, de même, des
degrés, suivant la nature des corps en lesquels elle se manifeste. L'ecten ne
sera pas si pur dans un cristal de roche que dans un aimant, ni dans un aimant que dans un
végétal, ni dans un végétal que dans un animal, ni dans un animal que dans
l'homme, où ce même ecten s'appelle force nerveuse et sert d'instrument a cette
autre force encore de beaucoup supérieure qui s'appelle la pensée.
Les sels minéraux ne peuvent, tels qu'ils se trouvent dans la terre, servir
à notre nourriture; et, cependant, ces mômes sels élaborés par les plantes,
puis par les animaux qui mangent ces plantes, forment exclusivement tous nos
aliments.
C'est quelque chose de très semblable qui a lieu pour l'ecten. A l'état de
pureté et à quantités égales, il est plus assimilable et plus efficace pour
nous quand il provient d'un organisme semblable au nôtre, que lorsqu'il
provient d'un organisme inférieur ou, à plus forte raison, d'un corps
inorganisé.
Mais lorsque le magnétiseur ne peut émettre qu'une faible quantité de force
nerveuse (ecten spécialisé dans l'organisme humain), ou lorsque l'ecten qu'il
émet est souillé par vibrations mauvaises, il est préférable de recourir aux émanations plus pures d'un...
navet on d'u aimant.
Les maladies morales, les passions mauvaises ne sont pas les seuls
inconvénients que peut présenter un magnétiseur ; il peut encore être malade
physiquement, tout comme un autre;
pas plus qu'un simple médecin, il n'est à l'abri d'un empoisonnement du dusang par les microbes infiniment
multiplies que noua avalons
journellement;il est accessible a la fatigue, au choléra, au mal de dents a la phtisie, etc. Et, lorsqu'un magnetiseurest malade, non seulement il émet des vibrations malsaines, mais encore, par le moyen de ces mêmes
vibrations, il projette sur le sujet qu'il veut soigner des molécules
matérielles arrachées de son propre corps et malade» comme lui. Ces molécules
se mêlent naturellement au corps du sujet et l'empoisonnent — plus ou moins —
comme pourrait le faire le premier venu des microbes, et même mieux, attendu
que l'organisme réagit automatiquement contre l'envahissement des microbes,
tandis que, dans l'acte de la magnétisation, il subit passivement l'influx du magnétiseur. Cette projection matérielle n*est pas
une hypothèse plus ou moins ingénieuse ; c'est un fait d'observation courante,
môme dans les cabinets de physique où, loin des profanes magnétiseurs, pontifie
la science officielle. Nous avons déjà signalé les transporte bien connus de
charbon volatilisé qui, sous l'influence du courant électrique, s'effectuent
entra les deux charbons d'une lampe à arc, mais surtout du positif as négatif.
Dans une machine électro-statique, le même phénomène se produit en petit et une
simple étincelle, si petite qu'elle soit, arrache toujours quelque particule du
métal de quoi est construit le conducteur. L'ectcn fait comme l'électricité,
mais moins brutalement.
La première condition que doit remplir un bon magnétiseur est donc d'être
en bonne santé physique et morale; nous venons de développer suffisamment ces
points pour qu'il nous soit permis de n'y plus revenir.
La seconde est d'être organisé pour rayonner facilement ; et deux choses
sont nécessaires pour produire ce résultat : d'abord l'intensité des courants
nerveux et la grande résistance des apparelis capillairespéripfériques (*) ; pais la conductibilité de la peau pour la
force nervense.
(*) Voir chapitre III, figura 3.
C'estévident que même avec des courants nerveux très intenses,
l'extériorisation ne saurait avoir lieu régulièremment sila peau n'est pas conductrice ; il se produirait alors une sorte de condensation,
comme dans une bouteille de Leyde mais il ne saurait y avoir de flux,
d'ecoulementdu fluide (*)
exteriorisé, sinon par les
pointes (chevaux, poils, doigts, etc.).
(*) Ne pas oublier que le
fluide n'est ni un corps spé-cial ni un état spécial de la matière ; c'est de la matiere a l'etat radiant et on mouvment de translation
molecelaire.
En ces onditions,
l'action du magnétiseur ne serait certainement pas réguliers, puisque, de par
les conditions physiques de sa peau, il ne pourrait diriger à son gré les
courants qu'il émet,
Le magnétiseur doit, en
outresavoir ce qu'il fait, ce qu'il doit faire ; comment, et
quand il le doit faire. Le
magnétiseur n'est pas, en effet, un simple instrument,comme beaucoup l'ont cru à tort ; il est fou de s'en fier aux indications d'une somnambule et de suivre passivement ce qu'elle lit en son sommeil plus ou
moins clairvoyant. Le magnétiseur doit être un médecin ; il doit connaître
parfaitement l'anatomie, la physiologie, la pathologie et l'hygiène. De même
que tous les curés sont prêtres, sans que tous les prêtres soient
nécessairement curés, tous les magnétiseurs vraiment dignes de ce nom sont des
médecins, quoique beaucoup de médecins ne soient pas magnétiseurs ; je ne dis
pas que les bons magnétiseurs ont tous un diplôme de la Faculté; je dis qu'ils
connaissent tous la médecine, souvent mieux que les médecins diplômés, et
qu'ils la pratiquent avec méthode et sagacité. D'ailleurs tous les médecins
consciencieux— il y en a, Dieu merci ! et beaucoup — se rendent bien compte que
l'enseignement qu'on leur donne est absolument insuffisant pour la pratique
sérieuse de la médecine, et, après avoir obtenu leur diplôme de docteurs, ils
passent huit, dix, quinze ans à la recherche d'une méthode avant de
risquer a pratiquer d'une façon courante. S'ils avaient tous autant de bonne
foi et de courage, les médecins pourraient encore se tromper, bien entendu, puisque tout le monde se trompé, mais les écoles de médecine ne se
cristalliseraient pas en ce cléricalisme intransigeant et égoïste qui est
l'écueil de toutes les écoles, de toutes les administrations modernes, et la
thérapeuthique ferait plus de progrès.
Enfin, le magnétiseur doit posséder certaines qualités morales qui, si
rares qu'elles soient, lui sont absolument indispensables ; ce sont : le calme;
la fermeté, la patience et le désintéressementsouvent, dans le
traitement dune maladie par n'importe quelmoyen, mais surtout
par le magnetisme, il se
produit des crises plus ou moins graves qui revêtent parfois des caractères véritablement
effrayants. Jamais un magnétiseur ne doit se leisser troubler par ces
accidents, sous peine de perdre le fruit de ses travaux et de compromettre la
santé, quelquefois même la vie de son malade. Les crises sont presque toujours
des efforts de l'organisme pour reprendre son équilibre; des obstacles
subsistent qu'il faut supprimer, et leur suppression ne s'effectue pas sans
mal; quelquefois aussi, les crises sont produites par des réactions de la cause du mai contre le remède; il faut done être à même
de savoir à quelle espèce de crise on a affaire pour les laisser se produire
dans le premier cas, et les arrêter dans le second; peu de gens possèdent assez
de tact et d'expérience pour faire cette distinction.
La fermeté n'est pas moins nécessaire que le
calme, et cela se comprend sans peine; il faut savoir combattre énergiquement
et le mal, et parfois les caprices du malade; plus souvent encore, les
préventions de son entourage. Mais, par-dessus tout, il faut de la patience; le
magnétisme peut, en certaines affections, donner des résultats d'une rapidité
extraordinaire; mais, bien souvent aussi, surtout lorsqu'il s'agit d'affections
chroniques qui durent depuis des années, le
traitement se prolonge pendant des semaines et des mois sans qu'aucun changement
notable se manifeste dans l'état du malade ; puis, tout d'un coup, au moment où
l'on n'y comptait presque plus, une crise se déclare, ordinairement très grave
en ces conditions, et, en quelques jours, il ne reste plus trace de la maladie. En des cas semblables, et an admettait qu'elle puisse guérir, la médecine officielle épuise tout l'arsenal
pharmaceutique ; morphine, les purgatifs, les pointes de feu-vésicatoires, etc.
produisent phénomènes sur phénomènes, si bien que la santé du malade s'en va
avec son mal toujours en admettant que le mal s'en aille), et, pour rétablir
les choses dans l'ordre, il faut une convalescence qui dure presque
toujours plus longtemps que la maladie. Avec le magnétisme, rien de semblable,
on est guéri ou on ne l'est pas . mais une fois gueri on l'est tout à fait et il s'y a jamais de convalescence; la veille on était au lit, le lendemain on vaque avec entrain à ses occupations ordinaires. Et
la chose ne doit pas étonner puisque les remèdes ne guérissent qu'au dépens des
forces de l'organisme, tandis que le magnétisme guérit en donnant de nouvelles
forces au malade. Aussi le désintéressement qu'en doit surtout exiger du
magnétiseur n'est pas le désintéressement pécuniaire, c'est le désintéressement
intellectuel, ledésintéressement d'amour-propre; un trop grand nombre
de médecins — et je dis des plus célèbres, des professeurs les plus renommés —
ont un tel amour de la réclame qu'île n'hésitent pas à commettre de véritables crimes de droit commun pour
conserver ou pour obtenir un beau cas; ils prolongent, ils provoquent
même les souffrances des malades pour se donner la satisfaction exclusivement
vaniteuse d'étudier les phénomènes qui se manifestent ; ils font des
conférences, des rapports aux académies; et ces misérables, qui devraient être
au bague pour coups et blessures volontaires, sont décorés parce qu'ils ont eu
la chance de tomber sur une maladie que leurs confrères n'avaient pas encore
vue. Répétons-le : pour l'honneur de l'humanité, tous les médecins ne sont pas
aussi coupables; mais il y eu a; nous eu appelons au témoignage de tous ceux
qui ont vu de près les hôpitaux que, pour notre part, nous avons fréquentés
pendant près de dix ans, plus que la plupart des médecins. Eh bien, les
magnétiseurs doivent être assez désintéressés pour ne pas tenir compte des beaux
cas qu'ils pourraient étudier sur leurs malades; ils doivent faire ce
qu'ils ont à faire, rien de plus ; jamais ils ne doivent rechercher les
phénomènes; jamais ils ne doivent provoquer Je sommeil somnambulique ; s'il se
produit naturellement, qu'ils essaient d'en profiter, c'est de leur devoir; mais qu'ils
ne violentent ni ne contrarient en rien la nature. C'est une des règles
fondamentales du magnétisme.
Mais ce n'est pas tout; nous ne venons d'énumérer que ce que nous
appellerions volontiers les conditions immédiates pour magnétiser avec
■uccès ; il en est d'autres encore qu'un magnétiseur — surtout un magnétiseur
de profession — doit
remplir pour, consécutivement, réaliser qui se rapportent a son organisme consideré comme instrument.
Ceux-la sont tres rares,
en effet, dont le corps est apte à produire couramment et d'une façon régulière
les phénomènes qu'un malade est eu droit d'attendre de celui qui se dit
magnétiseur; pour obtenir ce résultat, il est presque toujours indispensable de
suivre un régime qui porte sur la nourriture et sur le mode de vie. La base de
ce régime est la modération en toutes choses ; les privations et les excès de
tous genres y sont également opposés.
Un magnétiseur doit dormir peu, dans un lit on peu dur, et pas trop couvert
; il doit, de préférence, n'orienter la tête au nord, les pieds au sud
et dormir couché sur le côté droit, ce qui est la position la plus favorable
pour être magnétisé par les courants qui circulent dans l'aimant terrentre; on
recouvre ainsi plus efficacement les feras qu'on a
dépensées dans la journée et l'on dort plus tranquillement ; la chambre doit
être plutôt fraîche, sans être froide, avoir été largement aérée dans la,
journée, ne contenir aucun objet à odeurs fortes ou à émanations malsaines,
tels que fleurs, parfums de toilette, animaux préparations anatomiques,
cadavres, malades etc. Le magnétiseur ne doit prendre, avant de s'endormir,
aucun excitant ni stupéfiant; alcool café, thé, opium, tabac, chloral,
morphine, etc lui sont formellement interdits d'une façon générale, mais
surtout avant de se coucher, à la veilla d'une magnétisation.
Pour sa nourriture, qui sera simplement
suffisante, mais non abondante, il fera bien de s'en tenir au régime végétarien
sans excès, mais surtout au printemps et à l'automne; en hiver, sous le climat
de la France, il devra absorber une plus ou moins grande qualité d'huile, de
beurre de graisse, ou même de viandes grasses légères,
telles que celles des oiseaux de basse-cour; en été, il devra prendre un
peu de café ou de thé, mais il évitera de trop boire parce que la transpiration
s'accompagne d'une extériorisation inurilement fatigante; en toute saison, ii
lui sera profitable de manger du poisson, a cause de la préaence en cesanimaux d'ene petite qualite le
phosphore qui favorise l'extériorisation,
les oeufs, le lait, les fruits et les légumes verts
devront former la base de son alimentation ; parmi les végétaux, il évitera
ordinairement le chou, l'oignon, le poireau, l'échalote, l'ail et tous les
féculents, sans que cette interdiction soit cependant absolue; mais il n'osera
jamais de condiments, d'épicés, ni de viandes fortes et d'une digestion
difficile, teiles que le bœuf et le porc. Il devra etre chaste et même
confinent, surtout lorsqu'il aura beaucoup à magnétiser; l'amour et les actes
qu'il comporte n'existent pas sang une extériorisation abondante et violente
qui laissent le magnétiseur sans forces (*).
(*) Voir notre étude sur L'Eternel Féminin et le
Mécanisme de l'Amour: — Chamuel, éditeur.
De même, il évitera toutes lesfatigues excessives, de quelque nature
qu'elles soient : sport, danse, soupers copieux, préoccupations, travail
intense et prolongé, émotions vives ou répétées, etc. Mais, jamais, il ne devra
rester inactif, alternant le travail intellectuel avec le travail corporel.
Enfin, il devra s'entretenir dans une disposition d'esprit calme et
bienveillante; an violent ne sera jamais non magnétiseur.
Si nous récapitulons toutes les conditions que doit remplir un magnétiseur,
nous verrons que, seul, un saint peut exactement remplir ce programme. Et, en
effet, les plus grands saints ont été, de tous temps, dans toutes les
religions, les plus grands magnétiseurs. La vie très pure, très douce, très
exempte d'ambition qu'ils ont menée a développé chez eux les facultés
d'extériorisation et de bienveillance nécessaires pour magnétiser, pour guérir
; cela est si vrai que l'Eglise catholique ne reconnaît les saints qu'aux
miracles qu'ils produisent, parce qu'elle sait que le pouvoir de faire des
miracles n'est attribué qu'a ceux qui le méritent par la sainteté de leur vie.
Quelle que soit l'idée qu'on se fasse aujourd'hui du miracle, on ne peut méconnaître qu'en cette occasion encore, l'Eglise a
agi avec la sagesse qui lui est habituelle, lorsque le cléricalisme humain de ses
prêtres ne vient pas se mettre à 1» traverse de l'idéal divin de sa doctrine
intérieure. Tout invraisemblable que ce puisse être, supposons pourtant qu'il
existe actuellement eu France un seul homme qui soit un saint, c'est-adire un parfait
magnetiseur; supposons pas exemple,
que saint François d'Assise vienne
de ressusciter. Guérira-t-il
tous les malades qui sa presseront autour de lui? Hélas! non. Il y a toujours certaines infirmités
contre lesquelles rien ne pourra agir efficacement; mais, surtout, il y aura
toujours des malades qui ne voudront pas guérir. Tous les malades voudraient
bien guérir, fort peu veulent guérir; il faudrait les soigner malgré
eus; plus encore, il faudrait que les remèdes qu'ils consentent aprendre
fissent leur effet, bien que, dans leur impatience, ils eu aient pris ensuite,
d'autres qui sont contraires aux premiers! Aucun miracle ne pourra jamais avoir
raison de ces malades forcenés et le plus sage, dans leur intérêt même, est de
les laisser a leurs souffrances voulues, jusqu'à ce qu'ils en poient fatigués et qu'ils
se décident enfin à faire te qu'il faut; en continuant de les soigner, on
risque d'abord de s'attirer les aventures les plus désagréables, et, ce qui est
pis encore, on lés amuse et on les maintient dans cet état d'indécision plus
dangereux pour eux que la maladie proprement dite.
Lorsqu'un malade s'adresse à un magnétiseur, il doit prendre les
résolutions suivantes : avoir confiance, sinon en l'efficacité du magnétisme,
du moins en la bonne volonté et en l'habileté de son magnétiseur; exécuter
ponctuellement ses prescriptions à l'exclusion de toutes autres, car la plupart
des remèdes de pharmacie s'opposent directement à l'effet de la magnétisation ;
attendre avec une patience persévérante et calme les résultats des
magnétisations. On peut attendra quelquefois longtemps, mais on n'attend jamais
en vain.
Je viens de dire que la plupart des remèdes de pharmacie étaient contraires au magnétisme; s'est qu'en effet, ils modifient la composition du corps sur lequel le magnétiseur veut agir par rémission des courants de force nerveuse qu'il projette. Si, dans un bain
galvanique pour te dorure, par exemple, on verse du mercure, ou aura beau
envoyer le courant électrique, le dépôt de l'or ne s'effectuera plus; si, dans
un organisme malade, on fait entrer de la morphine, par exemple, les courants
du magnétiseur ne pourront vaincre l'inertie aux molécules malades par
l'introduction de ce stupeflant.
Comme on en peut facilement juger par ce qui procede il est donc inutile de s'adresser à un magnetiseur si l'on n'est pas décidé
à faire tout ce qu'il dit et à aller jusqu'au bout du traitement; c'est même
dangereux, parce qu'il peut arriver que les courants de force, mis enjeu par les
premières magnétisations, ne puissent reprendre leur marche normale et
surexcitent la douleur sans que les efforts des médecins soient officaces à la
combattre.
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