CHAPITRE III
La machine humaina et sonfonctionnement. -Les quâtres centres de l'homme. —
La circulation. — Les courants nerveux. — Tension d'exterioisation.
An point de vue physiologique, le seul qui puisse actuellement nous
intéresser, la machine humaine ?! au moins aussi simple que la nature, telle
que nous venons de l'étudier. Anatomiquement, elle se compose d'os, de muscles,
de graisse, de nerfs, de vaisseaux divers, d'organes viscéraux, etc., le tout enfermé dans une enveloppe de peau sur laquelle
poussent de véritables végétaux qui sont les ongles et les poils ; mais ceci,
c'est le cadavre, c'est la matière inerte qui ne nous apprend rien sur les
phénomènes de la vie, si on l'étudié indépendamment des forces qui s'y
jouent... et de l'esprit qui dirige ces forces. Mais cette étude de l'influence de l'esprit sur les forcer de l'organisme ne
peut encore être faite, du moins dans la méthode positiviste (ne pas confondre
avec matérialiste), la seule qui soit vraiment scientifiquo ; il serait d'abord
nécessaire de savoir se qu'est l'esprit et en quoi il se différencie des forcesphysiques, et notre toute petite science
n'est pas près d'avoir pénétré ce mystère. Aussi croyons-nous prudent, dans
l'étude positive que nous essayons de faire de l'occultisme, de réserver
cette question ; nous n'en partons que tout a fait accessoirement et lorsque
nous y sommes forcé par la nature même des phénomènes (*).
(*) Cette réserve voulue nous a
fait accuser par quelques lecteurs de la Matière des OEuvret Magiques de
matérialisme dualistique ; il faut avoir lu ce travail bien superficiellement
pour ne pas comprendre qu'il est tout entier basé sur le ternaire
Esprit-Force-Matière ; maie nousavons lait de la physique et non de la mystique.
Mais revenons à nos moulons.
La physiologie doit considérer l'homme comme composé de quatre systèmes
obéissant chacun à an centre. Deux de ces systèmes appartiennent a la
circulation de la matière, et les deux autres à la circulation de la force ;
mais les quatre réa- gissent constamment les uns sur les autres par les
nombreux points de contact qu'ils ont entre eux.

Fig. 1. — Les
quatre
contres de l'homme.
En son ouvrage sur le Magnétisme curatift M.
Bué sa sert d'un schéma fort ingénieux pour figurer ces quatre centres de l'activité physiologique (voir flg. 1). Comme
on le voit, il compara l'organisme à un aimant ayant deux pôles (le cerveau et
l'appareil génital), un axe qui relie ces Jeux pôles, et une ligne neutre
perpendiculaire à l'axe et qui rejoint doux pôles secondaires (le coeur et le
foie), placés transversalement aux premiers. Si l'on ajoute à cette figure les
nombreux filets nerveux qui vont au circuit digestif-circulatoire et les
vaisseaux capillaires qui vont au circuit nerveux, on comprendra facilement le
jeu des principaux organes.
Toutefois, il faut tenir compte que les centres décrits par M. Bué ne
concordent pas, en apparence seulement, avec ceux consacrés par la
tradition et qui sont : la tête ou cerveau, la poitrine (cœur et poumons), et
le ventre (estomac et intestins), plus l'appareil génital qui ne fait pas
partie intégrante de l'homme physiologique et qui n'est, pour ainsi dire,
qu'une colonie de l'organisme. Dans la schéma que nous venons d'étudier,
le foie synthétise heureusement les fonctions de l'estomac et des intestins ;
les poumons se sont pas représentés, non plus que les sensations, parce que la respiration comme la sensation sont des phénomènes d échange entre l'organisme et le milieu ambiant; les poumons pourraient donc
être assez exactement figuré» par des artère détachées du circuit
digestif-circulatoire et s'irrdiant à l'extérieur ; et les organes des sens
seraient, de même, représentés par une auréole de filets nerveux vers
l'extérieur.
Laissant de côté le pôle génital qui n'a d'importance dans l'organisme
considéré en lui-même que par ses réactions sur le pôle cérébral, il nous faut
étudier sommairement les fonctions des trois autres centres.
Examinons d'abord le ventre, c'est-à-dire le centre de la vie purement
matérielle. L'appareil digestif comprend trois parties principales : l'estomac,
le foie et ses annexes, et les intestins l'estomac, c'est le laboratoire où se
transforme la matiere alimentaire qui doit se changer en sang ; la
transformation était grossièrement commencée dans la bouche, elle s'achève dans
le petit intestin ; elle s'accomplit sous l'influence des actions mécaniques
(mastication par les dentsbrassement par l'estomac), de la chaleur et des sues chimiques (salive, sucs gastrique et pancréatique, bile, etc.).
De l'estamac, il ne sort que du liquide, le chyle, qui est absorbé, sur toute
la longueur des intestins par des canaux particuliers, les vaisseaux
chylifères, lesquels le transportent dans les grosses veines où il se mélange à
la bile, à la lymphe, au sang retour de l'organisme, et se rend avec ces
produits divers au cœur d'abord, puis aux poumons ; là, dans les cellules des
bronches, ce liquide s'épure en perdant son acide carbonique, etc., et, par
l'absorption qu'il fait de l'oxygène de l'air, il devient sang artériel et
retourne au coeur qui le chasse dans la circulation générale. Quant aux
produits non assimilables des aliments (les cendres, les scories du
combustible), ils sont éliminés par le gros intestin avec les matériaux usés du
corps, qui reviennent par l'intermédiaire du foie.
Le systeme circulatoire, centre de la vie végétative, se divise aussi en
trois parties : la circulation du ventre, la circulation des poumons et la
circulation des membres. Nous venons de voir la circulation du ventre, qui est
celle du chyle; ajoutons qu'elle se complique de la circulation. sympathique ; les vaisseaux lymphatiques qui sont très nombreux dans tout
l'organisme ont pour but de drainer les liquides échappés des artères et
des veines et qui séjournent dans les organes, dans les tissus divers, dont ils
compromettent ainsi la santé. Nous avons dit un mot aussi de la circulation
pulmonaire et nous n'avons rien à y ajouter. Quant au système circulatoire
sanguin dans les membres, il comprend les aurteres, gros canaux qui conduisent le
sang du cœur aux extrémités, les capillaires par lesquels le sang distribue
dans tout l'organisme les principes nutritifs dont il est chargé, et les veines
qui ramènent au cœur le sang épuisé.
Le cerveau et ses annexes (cervelet, moelle, grand sympathique, système
nerveux) sont la milieu où évoluent les courants de force qui animent
l'organisme; c'est le centre de la vie sensitive. On a dit que le cerveau est
l'organe qui sécrète la force nerveuse, la pensée, etc. ; c'est aussi
absurde que de dire que le cœur sécrètele sang, ou qu'une pile sécrète de
l'électricité. Le cerveau est l'organe qui transforme en force nerveuse, en
pensée, etc., les forces
venues de Pextérieur ou de l'organisme (*), comme la pile par le moyen des réactions
chimiques» transforme en électricité les forces répandues dan» l'atmosphère; en
outre, suivant son fonctionnement, le cerveau est un organe moteur (ou plutôt
régulateur) de la force nerveuse, de même que le cœur est l'organe moteur du
sang, de meme que la machine dynamo, suivant qu'elle tourne plus ou moins vite,
est motrice d'une plus ou moins grande quantité d'électricité en tension
plus ou moins considérable. Dans le système nerveux, comme partout ailleurs, il
existe deux courants de cens opposé» : le» courants d'action et de réaction,
centrifuges et centripètes ayant chacun leurs conducteurs spéciaux. Mais, en
plus de ces courants qui ont lieu dans l'organisme, il en existe qui lui
viennent de l'extérieur, et d'autres qui y retournent; c'est l'application i
l'homme physiologique de ces phénomènes de condensation et de dispersion que
nous avons étudiés au précédent chapitre. Le docteur Baralue t'est tout particulièrement occupé de cette question; et voici comment,
dans son livre sur la Force vitale, il représente ces courants de force
qui s'échangent sans trêve de l'extérieur à l'organisme et de l'organisme à
l'extérieur (Voir fig 2).
(*) Nous répétons que nous ne
voulons pas nous «oceuper des
fonctions de l'esprit au point de vue positiviste.
Ainsi que le montre cette figare, dans l'homme à l'état normal, les
courants extérieurs sont absorbés ordinairement par le côté droit et rassortent
par le côté gauche ; mais il existe des cas tres nombreaux qui different
de celui-la; le docteur Baradue
indique neuf cas principaux:
1° Ni attraction ni répulsion, ni à droite ni à gauche ;
2° Attraction des deux côtés ;
3° Attraction à droite, ni attraction ni répulsion à gauche ;
4° Ni attraction ni répulsion à droite, attraction a gauche ;
5° Attraction à droite, répulsion a gauche (c'est !e cas le plus fréquent ;
voir flg. 2);
6° Répulsion à droite, attraction agauche;
7° Répulsion a droite, ni attraction ni répulsion a gauche;

Fig. 2. — Les quatre centres dans l'homme; les
mouvements de dispersion et de condensation.
8° Ni attraction ni répulsion à droite, répulsion à gauche ;
9° Répulsion des deux côtés.
Ces différents cas indiquent en quel état de santé se trouve l'organisme,
qui absorbe d'autant plus de force extérieure qu'il en a plus grand besoin, et
qui en repousse d'autant plus qu'il est plus vigoureux.
Comme les deux autres systèmes, le systeme nerveux est divise en
trois parties: le cerveau (y compris le cervelet) qui préside à la vie sensitive ; la moelle
épinière, ou rachis, qui dirige la vie végétative ; et le grand sympathique qui
distribue la vie matérielle.
En synthétisant tout ce que nous venons de dire, on peut comparer n'importe
quelle partie de l'organisme a un appareil électrique comprenant une pile (ou
toute autre source), les fils et te mécanisme récepteur (fig. 3).
Cette figure donne une idée complète de la réalité des phénomènes; elle dit
comment les courants se distribuent dans l'organisme, et fait ressortir
l'importance des courants qui nous viennent de l'extérieur et qui y retournent.

On pourra m demander si
l'appareil récepteur eet bien toujours un organe d'émission de la force, un radiateur
; il l'est toujours., aussi bien dans l'appareil électrique que dans la
tête, la poitrine ou le rentre, et nous allons le démontrer facilement par
quelques considérations très simples empruntées à la science électrique.

Fig. 4. — Electricité statique.
L'électricité est dite dynamique lorsqu'elle est en mouvement; elle
est statique quand, ne trouvant pas d'issue, elle s'accumule a la
surface des corps. Soit un fil AU en communication avec une pile par MB
extrémité A, et coupé en B; l'électricité qui arrive par A, ne trouvant pat le
moyen de s'échapper par B atravers l'air qui lui oppose une résistance
pratiquement infinie, s'accumule en B à l'êtât statique, comme on peut
le constater au moyen d'un condensateur, d'un électroscope, etc.

FIg. 5. — Eloctricite dynamique et statique.
Si, au lieu d'être coupé, le fil AB est relié au fil de retour CD par un
fil très fin BC qui offre au courant une résistance très grande mais non
insurmontable, une certaine quantité d'électricité bous forme dynamique rerient a la pile par CD; une autre
quantité s'accumule a l'état statique autour de BC ; il en est de même quand la
résistance, au lieu d'être constituée par un fil fin, est une bobine, comme
cela a lieu, par exemple, dans une sonnerie.
Il en est de môme encore dans les systèmes nerveux et circulatoires ; qu'il
s'agisse de la force nerveuse, du sang ou de la lymphe, on se trouvetoujours en présence
d'un circuit composé : 1° d'un organe central unique ou
multiple;
°d'un conducteur ou canal de gros diamètre qui va de l'organe central à la
périphérie ; 3° d'un réseau périphérique capillaire; et 4° d'un conducteur ou
canal de gros diamètre qui revient de la périphérie a l'organe central.

Fig. 8. — Tension d'extériorisation de l'aoresôme
normal à l'état de veille.
A la surface de la peau, il y a donc toujours, dans les capillaires
sanguins ou lympathiques, oudans les filets nerveux, séparation du courant,
par le fait même de la résistance offerte au passage de ce courant par les
vaisseaux capillaires ou les filets nerveux ; une partie du courant retourne dans l'organisme,
une autre partie s'accumule, à l'état statique, à la surface de la peau
constituant ainsi la partie vivante de l'aura, qui flous entoure tous,
comme elle entoure tous les corps. Cette aura, auréole, corpsa astral,aérosôme, etc. (on lui a
donne mille et un noms différents), est très apparente, pour les sensitifs, chez ceux dont la peau conductrice et la vitalité active favorisent laproduction d'une
haute tension d'extériorisation (voir fig. 6).
Nous venons de dire que la portion extériorisée des courants organiques
constitue la partie vivante de l'aérosome; cela laisse a entendre qu'il existe,
en cet aérosôme, une partie qui n'est pas vivante. Et, en effet, avee les
forces, des molécules matérielles émanent de notre corps. Rappelons encore une
fois que l'éther pénètre tous les corps et qu'il est entraîné par les courants
de se force ; n'oublions pas non plus que notre corps est formé d'environ trois
quarts d'eau, et que l'eau émet des vapeurs à toute température et sous toute
pression ; ne perdons pas de vue ce que tous les médecins nous disent
des phénomenes deperspiration on
respiration par la peau nous
ne serons pas surpris qu autour de nous subsiste une atmosphère matérielle
(gazeuse et radiante) émanée de notre propre corps tangible et constituant
notre aérosôme ou corps astral proprement dit.
Il ne faut pas confondre la force nerveuse à l'état italique qui anime notre
aérosôme avec les courants venant de l'extérieur et y retournant, sur lesquels ont porte les travaux du D'Bara-duc. Suivant notre etat de santé, nous puisons dans
l'atmosphère ou nous y rejetons plus ou moins de force : cette force entre
ordinairement par le côté droit et sort par le côté gauche ; c'est là un fait.
Mais ce fait est absolument indépendant de cet autre, que nos propres courants
centrifiigen se partagent en deux parties à la surface, de la peau; la force nerveuse statique émane toujours
par tous les points de notre surface externe, quelles que soient nos
conditions de santé ou do conductibilité; il y a des degrés, mais il n'y a pas
d'exception, tandis que les expériences du Dr Baraduc ont permis de
constater que, non seulement les courants extérieurs peuvent et» inversés, mais aussi qu'ils peuvent ne pas exister soit normalement (il
existe des gens qui n'attirent ci ne repoussent jamais ni d'un côté nidel'autre), «oit
accidentellement.
Les courants extérieurs entrent en nous par un coté et le trop plein des
forces sort par l'autre; voila ce que dit le biomètre. Mais pendant le temps
que ces courants sont condensés en l'organisme, les organes centraux s'en
emparent et les transforment en courants locaux qui, parvenus a la périphérie,
s'extériorisent pour une part à l'état statique; voilà ce que nous affirmons à
la suite des maltresde l'occultisme.
Terminons ce chapitre par une remarque qui a bien son importance au point
de vue du magnétisme pratique.
Si l'on se reporte à la flg. 3, on comprendra que le système des vaisseaux
lympathiques en lesquels circule de l'eau peut être aussi assimileà l'appareil électrique ; le réservoir
de Pec-quet et les nombreux ganglions en sont l'organe central multiple, les
grands troncs en sont les conducteurs centrifuge et centripète, et les
innombrables capillaires lymphatiques qui serpentent sous la peau en sont l'organe périphérique récepteur ; c'est, croyons-nous,
par ces capillaires beaucoup plus que par les capillaires sanguins ou par les
glandes sudorifiques, que se fait l'évaporation de l'eau à laquelle est
dû notre aérosômc ; la lymphe arrive des grands troncs centrifuges a une pression quelconque; dans les
capillaires veine liquide ne peut progresser qu'avec peine, a cause du trop faible diamètre des tuyaux; une partie de
la lymphe s'echappe par exosmose
a travers les parois de ces tuyaux
et, passant par les pores de la peau, vient s'évaporer l'exterieurà l'extérieur. C'est la, comme on le
voit, un phénomène en tout semblable à celui de l'extériorisation de la force
nerveuse statique.
Quant aux capillaires
sanguins, ils doivent
sansdoute
se comporter de la meme façon;
seulement ils laissent evaporer, non plus de l'eau, mais des principes plus
actifs, plus personnels — dirions-nous volontiers, — qui donnent àl'aerosome ses qualites particulières en rapport avec celles du corps tangible dont il émane.
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