Brought to you by ISI-CNV


CHAPITRE IX DERNIÈRES SUPPOSITIONS

Comment expliquer l'action à distance?—Le fluide. — La suggestion. — La transmission psychophysique. — Consciente ou inconsciente?— Par le cerveau ou par les nerfs? — Transmission simple. — Paralysie et suggestion. — L'état physiologique du cerveau. — Le sang et les vaso-moteurs. — Energie nerveuse et énergie électrique. — Hypérémie relative. — Difficultés théoriques. — L'action à distance au sein du meme organisme. — Opinion de Maudsley. —Transmission simple dans les organes de notre économie. — Transmission avec transformation. — Transformation réversible. - Le « transfert ». — Un cas parti- culier do transfert. — Le transfert sur le fœtus. — Hérédité et suggestion. — Une observation de Brown-Séquard.—L'hérédité considérée comme suggestion mentale inconsciente. —La contagion nerveuse et l'échelle des phénomènes de transmission. — Les applications. — Participation de la pensée de l'opérateur dans le magnétisme en général. — La suggestion latente.—La thérapeutique. — La suggestion mentale peut réussir là où la suggestion verbale reste impuissante.— Les applications scientifiques. — La magie et la science. — Une nouvelle époque de renaissance.

Transportons-nous maintenant à l'autre station, pour voir ce qui s'y passe.

Prenons le cas du sommeil à distance, et essayons de l'expliquer.

Les magnétiseurs disent que leur volonté concentre le fluide et puis le projette au dehors, dans une direction approximative, comme un paquet d'opium. Ce fluide est tellement intelligent et tellement aimable, qu'il court au plus vite, trouve son chemin, tourne les murs et frappe le sujet. Il l'envahit, et du moment que le sujet est saturé convenablement, le sommeil se déclare, de loin comme de près. C'est clair, c'est même un peu plus raisonnable que cette ancienne explication de l'action de l'opium, d'après laquelle il endort, parce qu'il possède une vertu somnifère. Mais, dans l'espèce, il faudrait prouver d'abord que le fluide existe, puis qu'il peut être projeté, ensuite qu'il sait trouver son chemin, et enfin qu'il s'arrêtera juste dans le système nerveux du sujet. En somme, on ne gagne pas grand' chose avec cette théorie. On décrit l'action, en la substantialisant, comme disait Mesmer.

Envisageons la question d'un autre côté : Supposons, pour le moment, que la théorie suggestive est la seule vraie, c'est-à-dire que, si le sujet s'endort, il s'endort par sa propre imagination, par l'idéoplastie. L'idée du sommeil se présente à son esprit, trouve un moment monoïdéique et se réalise. Il suffirait, dans ce cas, de transmetre au sujet l'idée impérative du sommeil pour qu'il s'endorme. Cette idée ne peut pas arriver comme telle. Les idées ne voyagent pas. Mais nous savons déjà que les idées envoyent partout leur corrélatif dynamique, partout, c'est-à-dire tout autour. Ce n'est pas une substance qui se transporte, c'est une onde qui se propage et qui se transforme de plus en plus, au fur et à mesure de la différence et de la résistance des milieux qu'elle traverse. Elles peuvent frapper toute sorte de corps, sans aucune action sensible je dis sensible, parce qu'il serait contraire au principe mécanique de l'univers, de dire, que par-ci ou par-là elle n'aaucune action (il est vrai que nous commettons tous les jours de pareilles inexactitudes ; nous disons, par exemple, que la lune produit le flux et le reflux de l'océan, mais qu'elle n'a aucune action sur l'atmosphère ou sur l'homme). Donc, l'action est générale, mais elle reste plus ou moins insensible, avant de trouver unmilieu analogue et toutes les conditions nécessaires pour une transformation réversible. Un cerveau B réunit ces conditions : l'idée correspondante se réveille en lui, et il s'endort.

Mais alors tous les cerveaux sensibles qui se trouvent dans le cercle de l'action devraient en faire autant ?

Non ; parce que tous ces cerveaux ne sont pas réglés tous ces cerveaux ne sont pas en rapport avec l'opérateur. Et je crois qu'il n'est pas possible d'agirà distance sans rapport. Ce rapport consiste en ceci, que le ton dynamique du sujet correspond à celui de l'opérateur que, par habitude et par l'éducation, Je cerveau du sujet est devenu sensible d'une façon spéciale à ces influences minimes.

L'action mentale à distance, supposant qu'elle est certaine, est-elle consciente ou inconsciente?c'est-à-dire, le sujet s'en doute-t-il, avant de s'y soumettre entièrement ?

Le plus souvent, non. La transmission est médiate : du conscient à l'inconscient. L'idée suggérée n'entre pas danslapolyidéie normale; mais, après avoir trouvé un moment monoïdéïque (et un moment absolument monoïdéique n'est jamais conscient : qui dit conscience dit polyidéie), elle se réalise aussitôt par l'idéoplastie. Ce n'est qu'alors, dans l'état somnambulique, que le sujet peut percevoir la suite de l'influence et en deviner la cause. Souvent alors l'image de l'opérateur est suggérée en même temps et produit une hallucination véridique.

Mais il arrive aussi que le sujet devine l'action, avant de s'y soumettre complètement. Quelquefois même, surtout à la suite d'une défaillance momentanée de l'opérateur, il a le temps et la force de s'y opposer. Dans ce cas, nous avons à faire à une suggestion immédiate, mais insuffisante, soit à cause de l'opérateur, soit à cause du sujet. Mais alors, le plus souvent, la suggestion immédiate manquée se transforme en une suggestion-médiate, retardée, qui peut encore trouver son moment propice. L'action peut donc être consciente ou inconsciente ; mais est-elle toujours purement cérébrale? Autrement dit, la transmission s'opère-t-elle chez le sujet par le cerveau sur l'organisme, ou par l'organisme sur le cerveau ? Dans la supposition de Baragnon, qui croit que c'est la transmission de sensations qui sert de base à toute suggestion mentale, ce seraient les nerfs qui, étant les premiers affectés, réagiraient sur le cerveau. Au point de vue physiologique générai, sans penser à l'action à distance, cette supposition n'est pas dénuée de fondement. La loi de réversibilité s'applique aussi bien à la physiologie du système nerveux qu'aux questions de physique générale. Si une émotion s'exprime par une altitude musculaire, cette attitude musculaire, provoquée extérieurement, peut reproduire l'émotion. C'est ce que prouvent les suggestions musculaires de Braid. Pareillement les sensations transmises pourraient reproduire l'idée qui les accompagnaient chez l'opérateur. Mais, d'abord, l'opérateur a-t-il réellement les sensations du sommeil lorsqu'il provoque le sommeil? Ce serait un peu tirer les faits parles cheveuxque de l'admettre. Il a seulement Vidée du sommeil ; puis, je crois, qu'au moins pour des expériences faites à distance, l'action sympathique de deux cerveaux est encore plus compréhensible qu'une action sympathique de nerfs, et comme le cerveau lui-même suffît complètement pour produire, par une action centrifuge, toutes les sensations possibles, il vaut mieux s'en tenir là.

J'admets donc (ou plutôt je suppose) qu'une action à distance pourrait s'exercer uniquement ou principalement par l'intermédiaire du cerveau.

Nous avons, il est vrai, admis une action physique, et même une action physique locale. Mais il est presque impossible d'éliminer, dans l'hypnologie en général, le concours du cerveau, c'est-à-dire d'une idéoplastie ou d'une action réflexe sensorielle. Vous pouvez bien agir sur un seul membre ; vous pouvez bien paralyser un seul doigt ou une seule oreille, mais l'apparence d'une action localisée des passes, de l'approche de la main, de l'aimant, des métaux, des diverses substances médicamenteuses, ne doit pas nous induire en erreur ; même quand le cerveau paraît tout à fait endormi, il peut réagir par des associations idéo-organiques réversibles. Une seule catégorie de l'action physique locale parait admissible : c'est celle dont le type présente la communication de la chaleur. Je peux bien réchauffer une main froide, en la tenant entre mes mains chaudes, et alors l'action n'est pas réflexe, elle est purement physique. II est probable que d'autres transmissions physiques du même genre existent. Il est probable qu'une main bien nourrie par le sang, bien ravitaillée par les courants normaux des muscles et des nerfs, une main qui transpire d'une façon normale, qui enfin, dans l'en- semble de ses vibrations moléculaires, est parfaitement équilibrée, il est probable, au point de vue théorique, et certain comme fait, qu'une main pareille peut communiquer son ton à une partie malade, ranimer par induction un mouvement moléculaire ralenti, un échange des matières langissant, calmer les excès dynamiques vitaux, et rétablir un équilibre troublé.

Je comprends que tout ceci peut s'effectuer même à une petite distance, toujours en dirigeant localement la. main vers un membre donné. Mais ce que je comprendrais difficilement, c'est une action semblable à grande distance ou à travers un mur , et je crois qu'alors ce . n'est plus une communication physique directe qui agit, mais bien la suggestion cérébrale, et si le sujet de Mesmer (p. 402) ressentait derrière un mur les mouvements de ses bras, c'était peut-être plutôt par transmission transformée et réversible de la pensée, par idéoplastie suggérée mentalement, que par une action physique locale.

Mais n'insistons plus, la question n'étant pas encore susceptible d'une discution rigoureuse.

"Voici cependant ce que je crois pouvoir inférer d'une série de mes expériences, autant que de celles de Bertrand et de quelques autres :

Contrairement à la théorie de l'exaltation des sens, la suggestion mentale paraît réussir le mieux lorsque les sens sont complètement paralysés. Et alors nous sommes certainement en présence d'une vraie transmission mentale. Il y a une exaltation du cerveau, une exaltation toute particulière et que nous tâcherons de préciser un peu tout à l'heure, mais pas une exaltation des sens.

C'est une question fort délicate que celle que je soulève en ce moment, et je ne présente mes suppositions qu'avec toute réserve.

Il me semble que Mesmer avait encore une fois raison. Il soutenait que si le sujet, dont tous les sens sont absolument paralysés (ce qui arrive quelquefois en catalepsie et en extase) entend cependant son magnétiseur, il l'entend par suggestion mentale(*).

(*) On se rappelle que Puységur cite le cas d'un malade sourd qui répondait aux questions mentales.

La parole, quoique prononcée de vive voix, impressionne directement son cerveau et non son oreille. Il se pourrait même que la pensée toute seule ne suffie pas pour l'influencer, et cela n'entraverait encore en rien la supposition ; puisque la transmission pouvait être trop faible sans parole.

Mesmer se trompait en partie ; il généralisait trop. Il croyait que partout où le sujet n'entend que son magnétiseur, il l'entend mentalement. Mais nous avons vu que, jusqu'à une certaine mesure, le phénomène du rapport se laisse expliquer par une impressionnabilite spécifiée, par une perception élective et il faut toujours donner la préférence aux influences connues, avant d'avoir recours à un principe essentiellement nouveau. Pourtant si, au lieu d'une anesthésie relative, on est en présence d'une insensibilité absolue et générale, lorsqu'un coup de pistolet tiré inopinément près de l'oreille ne provoque aucune sensation, ni aucun mouvement réflexe, il est vraiment difficile de comprendre, comment une parole du magnétiseur, prononcée également d'une façon inattendue, même avec un changement de voix, puisse cependant être entendue avec la plus grande facilité!..

En résumé, je considère comme probable l'existence de deux sortes de suggestion mentale : l'une conditionnée par une exaltation des sens, exaltation relative vis-à-vis des sensations provenant du magnétiseur, ce qui constitue le rapport commun ; et une autre conditionnée par une paralysie complète des sens, avec l'exaltation tout à fait exceptionnelle du cerveau.

Dans ce dernier cas, il y a toujours une sorte de fièvre localisée au cerveau tout seul. La tête est chaude, les membres froids. On dirait que toute la force nerveuse s'est concentrée dans les hémisphères. C'est une hyperémie, mais une hyperémie toute particulière. On pourrait dire une hyperémie de tension élastique; elle n'oppresse pas le cerveau, elle lui procure seulement un excès de vitalité disponible, mais latente. La circulation n'est pas vive, mais elle peut devenir plus vive que d'habitude, à tout moment, et sous l'influence d'une excitation minime.

En admettant que c'est surtout l'action des vaso-constricteurs qui règle le circulation capillaire, il faudrait leur accorder, dans ce cas, une mobilité d'excitation et de relâchement toute particulière. Quant aux phénomènes électriques, voici comment on pourrait s'en rendre compte. On sait, depuis les travaux classiques de Du Bois-Raymond, que les courants propres aux nerfs comme aux muscles subissent un affaiblissement pendant L'action nerveuse proprement dite; c'est-à-dire qu'une quantité d'énergie donnée, se manifeste tantôt sous forme d'une action nerveuse, tantôt sous forme d'une action électrique. Dans le cas qui nous intéresse, l'action nerveuse psychique est nulle ; mais elle peut devenir très intense. Par conséquent, il faut admettre qu'il existe dans le cerveau une tension électrique exceptionnelle, mais qui peut disparaître rapidement, et qui, en général, doit subir de grands changements momentanés. Lorsque le cerveau reste en aïdéie, la tension électrique est grande et elle excite les vasomoteurs qui contractent les artères. Mais, grâce à l'hyperémie relative, et par conséquent à une tension du sang, artérielsurtout, la moindre diminution de tension électrique peut augmenter le travail nerveux et produire une dilatation. des artères. Il suffit donc de supposer que les courants électriques de l'atmosphère, modifiés par une transmission psycho-physique, comme le rayon du photophone est modifié par la parole, transmettent cette modification aux courants électriques du cerveau, prédisposé aux influences minimes, par l'ensemble de ces conditions — pour comprendre la reproduction d'un phénomène mental, ensorcelé dans son corrélatif dynamique.

Je prie le lecteur de ne pas critiquer trop cette petite excursion dans le domaine de l'invisible. Il se peut que les choses se passent tout autrement ; il se peut surtout que ce processus intime soit beaucoup plus complexe, qu'il ne ressorte de mes conjectures schématiques. On fait ce qu'on peut, pour ne pas avoir l'air bête devant un phénomène qui « renverse toutes les notions physiologiques ». Espérons qu'en définitive il ne renversera rien et jettera lui-meme une vive lumière sur plusieurs faits obscurs (*).

(*) Pour les questions del'état du cerveau dans le sommeil naturel anormal, voir l'excellente étude du DT A.-M. Langlois : Contributions à l étude du sommeil naturel et artificiel. Dijon, 1877. — Un essai intéressant du DrH. Haan, Ueber Bezichungen zwischen Hypnotimus undcerebraler Blutfùllung. Wiesbaden,1885, et un travail descriptif récent, plein de citations, du Dr Barth: Du sommeil non naturel, ses diverses formes. Paris, 1886.

Pour qu'il en soit ainsi, il faut lui trouver des connexions solides avec des phénomènes proches et plus ou moins connus. Si la loi de réversibilité explique l'action àdistance, elle doit aussi expliquer l'action de près, et cette dernière doit trouver des analogies avec des faits encore plus rudimentaires.

Nous avons déjà signalé, que l'action mentale à distance s'enchaîne intimement avec l'action physique de près et plusieurs phénomènes de sympathisme et de contagion nerveuse. Descendons maintenant encore plus bas, tout au bout de l'échelle, pour sonder ensuite les deux séries de l'évolution.

Il existe une action à distance au sein d'un seul et même organisme.

<< C'est une propriété caractéristique du système nerveux, dit Mandsley(*), qu'une excitation localisée se transmet aussitôt à des parties éloignées. »

(*) Je cite d'après la traduction allemande du Dr B. Boehm. H. Maudsley, Die Physiologie und Pathologie der Seele. Wûrzburg,1870, p. 412.

« Comment cela se fait? nous ne le savons pas ; aussi il nous est indifférent de désigner ce phénomène sous le nom de sympathie ou du consentement des parties, de l'induction, infection ou action réflexe, ou sous tout autre nom, qui, à l'instar d'un symbole algébrique, ne peut qu'exprimer une valeur inconnue. « Quelle peut être la cause de ce fait, demande M. D. Whytt, que parfois, l'amputation d'un bras ou d'une jambe provoque une contracture des muscles de la mâchoire, plutôt que d'un autre organe ? » Notre ignorance là-dessus ne doit pas nous étonner; personne ne sait pourquoi, dans une plante sensitive, dans mimosa pudica par exemple, l'excitation appliquée à un seul point se propage sur toute une feuille, et parfois même sur des feuilles voisines, qui se contractent ; personne ne sait comment, de fait, s'effectue l'induction électrique ; pourquoi un seul point d'un muscle excité, transmet l'excitation tout le long des fibres, ou comment se transforme la substance d'un nerf dans l'état électro-tonique. »

Mais il n'est pas nécessaire de connaître tout cela en détail pour en saisir le principe. Or, ce principe consiste manifestement dans les lois que nous venons d'indiquer.

Une excitation quelconque causée par un changement anatomique ou purement dynamique, spontanée ou provoquée, constitue toujours un foyer de mouvement. Ce mouvement, comme tous les mouvements delà nature, se propage. S'il se propage à travers un milieu identique (fibres nerveuses de même nature), il n'y a que transmission. S'il rencontre un milieu différent, il y a transformation. Et c'est alors que se manifeste le phénomène du sympathisme, dans le même individu.

Un état inflammatoire de la pituitaire peut se transmettre dans la muqueuse des paupières, du larynx, des poumons, des intestins, de l'anus, etc., en totalité ou en partie, et alors il n'y a que transmission. Mais elle peut s'effectuer à travers les muqueuses intermédiaires sans les atteindre et s'abattre sur un point éloigné, qui individuellement constitue un nodus minoris resistentiae, car ici, comme ailleurs, la transmission ne devient palpable que sur les routes d'une résistance moindre.

Il y aura transformation complète, si deux organes différents réagissent l'un sur l'autre à distance. C'est ainsi qu'un déplacement de l'utérus peut déterminer un accès de mélancolie, qui disparaît par replacement de cet organe (Schrôder van der Kolk) ; si l'action s'est porté au cerveau et non ailleurs, c'est qu'il était particulièrement prédisposé. J'ai observé une autre sympathie de ce genre. Chez une ataxique un déplacement de l'utérus provoqua des douleurs sciatiques qui cessaient aussitôt après reposition. Ici les nerfs sciatiques présentaient un terrain favorable (à cause de l'ataxie), tandis que le cerveau s'opposait à toute influence. J'ai vu aussi une hyperesthésie dorsale transformée en coliques hépatiques nerveuses. Du jour au lendemain, la maladie changeait de place, en même temps que de caractère, et j'ai obtenu une guérison rapide par une série de ces transferts d'un nouveau genre, d'après la méthode, que M. Charcot appliqua au transfert ordinaire...

L'état de grossesse peut provoquer régulièrement une folie, tandis que, dans d'autres cas, c'est la raison qui revient avec la grossesse, de sorte que la malade n'est raisonnable que durant cette période (Guislain, Griesinger). Un pessarium peut supprimer instantanément certains cas de mélancolie (Fleming, Maudsley), comme une pression sur les ovaires peut arrêter une attaque hystérique (Charcot) et chez l'homme, celle d'un testicule, arrêter une attaque de catalepsie hystérique (Abbe). On sait que la présence des vers dans l'intestin peut causer le prurit nasal et autres phénomènes sympathiques, et qu'une aiguille dans les mêmes conditions peut déterminer des convulsions (Whytt).

Mais ce qui est surtout intéressant, c'est une transmission totale avec transformation totale, qui se manifestedans plusieurs maladies et qui a déjà été remarquée par le Dr Darwin, et dernièrement par Maudsley. Il existe un certain antagonisme entre les convulsions et le délire. Très souvent le délire se manifeste au moment où les convulsions s'arrêtent et réciproquement. Dans ce cas c'est l'excitation delà moelle qui se transmet au cer- veau et s'y transforme sous l'influence du milieu.

Au contraire, lorsque la transmission a lieu transversalement, c'est-à-dire d'une moitié du corps à l'autre, elle rencontre le plus souvent un organe identique, et par conséquent ne change pas de caractère. C'est ainsi qu'une migraine, une névralgie quelconque, une contraction ou contracture, une anesthésie ou hyperesthésie, passe de droite à gauche, et le phénomène du transfert hypnotique montre, que tous les phénomènes unilatéraux, sensations, hallucinations (Féré) peuvent être transférés.

Ce phénomène est bien connu en principe depuis les travaux de la commission nommée par la Société de biologie pour l'étude de la métallothérapie du Dr Burq. Mais quelquefois le transfert présente une forme particulière. Voici, par exemple, un fait intéressant observé par Ollivier : Dans un cas d'hémianesthésie gauche, en piquant la jambe insensible, cet auteur provoqua une sensation douloureuse dans le point correspondant de la jambe droite. J'ai observé un cas analogue chez un jeune homme bien portant, un de mes élèves à l'université de Lemberg. On pouvait provoquer chez B... une anesthésie bien localisée, à l'état de veille. Je dessinais par exemple, sur son avant-bras un carré, ou un triangle, et j'agissais sur cette partie à l'aide d'un léger massage du doigt; deux minutes après, le carré ou le triangle de la peau était insensible, mais quelquefois, en le piquant, je provoquais la sensationdouloureused'une piqûre, dans les points exactement correspondants, de l'autre bras.

Il existe donc dans le même organisme :

a. Une action à distance (excitation, réfléchie dans un organe éloigné). Remarquons que l'excitation peut être d'origine psychique, et que tous les cas d'idéoplastie trophique ou matérielle en général, peuvent être considérés comme les faits d'une action mentale à distance, au sein d'un même organisme. (Voir m'a note sur l'idéo-plastie.)

b. Une transmission avec transformation partielle apparemment entière (transmission et transformation des maladies d'un organe à un autre, différent). Ici encore, le point de départ peut être psychique. (Voir l'influence du cerveau sur les autres organes, dans l'excellent livre du Dr Hake-Tuke, Le Corps et l'Esprit, traduit par lé Dr V. Parent. Paris, 1885.)

c. Un transfert des symptômes (c'est-à-dire une transmission psychique ou physique réversible, dans les organes analogues bilatéreaux.

À un degré un peu plus élevé, l'on observe une transmission d'un organisme à un autre, lié seulement avec celui-ci par une communauté matérielle de nutrition. J'ai en vue les influences maternelles sur le fœtus. Le fœtus est chloroformé en même temps que la mère, il subit l'influence des excitations sensorielles de celle-ci (Féré), et il paraît que dans certains cas, même l'action morale devient manifeste. Théoriquement, le fait m'a semblé absolument nécessaire, et je pourrais même citer quelques observations concluantes qui me sont personnelles ; mais en somme la question a été si peu étudiée sérieusement, que je l'ai éliminée à dessein(*).

(*) On trouve certains indices dans deux livres intéressants, l'un écrit par un médecin distingué, et imprégné d'un bon scepticisme scientifique, J. B. Demangeon, De l'imagination conisidérée dans ses effets directs sur l'homme et les animaux,2 édit. Paris, 1829 ; l'autre écrit par un pédagogue enthousiaste, mais spirituel, Frarière, Education antérieure, influences maternelles pendant la gestation sur les prédispositions morales et intellectuelles des enfants, 2 édit. Paris, 1862. Voir enfin le chapitre sur cette question dans l'excellente étude classique du Dr Liébeault : Du sommeil et des états analogues. Paris, 1866.

Un genre de transmission, encore un peu plus éloigné, constitue la transmission héréditaire (Voir. Ribot, L'Hérédité psychologique, 2° édition, Paris, t882), qui est aussi bien psychique que physique. Chose étrange On l'admet bien, parce qu'il y a là une goutte d'albumine qui sert de point d'appui à notre imagination, tandis qu'on se refuse d'admettre une transmission par le contact, comme s'il était plus facile de comprendre, qu'une série de tendances et aptitudes morales puisse être ensorcelée dans une goutte de matière ! Voici, par exemple, le cas observé par M. Brown-Séquard, il nous servira en même temps d'exemple d'une action inverse du fœtus sur la mère :

« Le fait signalé par le Dr Harvey, d'Edimbourg, comme ayant été observé chez l'homme et dans quelques espèces d'animaux, s'est présenté d'une manière très nette chez le cobaye. La mère a été physiquement modifiée, de manière à ressembler au père. Des cobayes mâles, ayant eu le nerf sympathique cervical coupé, ont eu des petits, présentant les effets de la section de ce nerf, et la mère a, elle aussi, à l'époque de la naissance des petits et plus tard, présenté les mêmes effets(*). »

(*) Brown Séquard, Modifications de mères par leurs embryons, 1870 (Notice sur tes travaux scientifîques,Paris, 1881, p. 57).

Ainsi, on agissait sur le père, et c'est la mère qui en a subi l'action ! Ce fait est-il moins étonnant que la contagion nerveuse ou la transmission mentale ?

En principe, tous ces phénomènes ne font qu'un. L'intermédiaire d'une goutte d'albumine n'est pas plus compréhensible que l'intermédiaire du contact seul, ou des milieux environnants. Il n'y a pas de limites absolues dans la nature, tout s'enchaîne dans une évolution graduelle. Si une mère peut devenir ressemblante au père par une transmission physiologique, pour ainsi dire par ricochet, si l'embryon, après avoir hérité du père, peut communiquer sa maladie à la mère, si les maladies nerveuses sont héréditaires, avec transformation ou non, si l'épilepsie peut succéder à la folie chez les parents, ou la folie à l'épiiepsie, pourquoi n'en serait-il pas de même pour un contact intime entre deux individus, contact beaucoup plus large et beaucoup plus direct que celui d'un corpuscule spermatique, qui d'ailleurs n'est pas absorbé par la mère,mais au contraire se nourrit et se transforme à ses dépens ? Et une fois la contagion nerveuse admise, on est sur le terrain de la suggestion mentale, et on y arrive, comme nous l'avons vu, par une série de phénomènes intermédiaires : transmission de la santé, sensations du magnétiseur, sensations des sujets, transmission de l'épuisement, des douleurs, des sensations objectives, des émotions, des idées et de la volonté. L'action de la volonté à distance n'est qu'un dernier échelon d'une longue série évolutioniste.

Et au fond de tout ceci, il n'y a qu'une chose, la même qu'entre le fer et l'aimant, la même qu'entre le soleil et la terre : transmission et transformation du mouvement.

Il ne nous reste qu'à signaler les applications.

Gomment? la suggestion mentale devrait-elle avoir une application pratique quelconque?

En commençant cette étude, je ne l'aurais pas cru moi-même. Je crus faire une œuvre de pure théorie et, suivant le précepte deM. Taine, en constatant une nouvelle vérité, je ne me suis guère inquiété de savoir, si elle pouvait être bonne à quelque chose. Mais certains cas observés dernièrement, me paraissent de nature à légitimer une application immédiate.

Faisons remarquer tout d'abord que, du moment qu'on admet la réalité de l'action mentale, il faut faire amende honorable aux magnétiseurs et réserver une certaine part à cette influence dans la pratique générale du magnétisme. Il ne faut plus agir machinalement, mais ajouter à l'action suggestive ou physique l'influence d'une pensée et d'une volonté ferme. Il est vrai qu'habituellement on le fait sans y attacher aucune importance, et même sans s'en douter. Mais ceux qui hypnotisent beaucoup, ou ceux qui font parade de leurs théorie purement subjective, négligent ce concours, et alors il arrive, comme il m'est arrivé à moi-même, qu'ils obtiennent moins que ce qu'ils pourraient obtenir. En voici un exemple : Je pose une question à une malade endormie, qui me répondait habituellement sans difficulté. Mais il paraît que, ce jour-ci, elle dormait plus profondément que d'habitude, et malgré ma demande réitérée, elle ne répond pas. Croyant qu'il s'agissait d'une contracture des muscles de la voix, je les dégage machinalement par des passes, mais rien n'y fait. La malade remue le bras droit, comme si elle voulait écrire, je dégage le bras et lui donne un crayon; elle écrit ce mot Veuillez... Je ne comprends pas bien, et je m'impatiente, elle aussi, tout en restant aphasique. Enfin, je lui dit avec plus d'énergie psychique :« Répondez-moi donc ! je le veux ! » Et alors elle me répond et m'explique qu'elle n'avait pas de force pour parier, parce que je ne l'avais pas voulu avec assez de fermeté(*).

(*) Une affirmation vigoureuse avec entraînement actif (dit M. Bernheim, qui ne croit pas à l'influence de la volonté), réussit mieux qu'une suggestion passive. (De ta suggestion et de ses applications thérapeutiques, Paris, 1880, p. 327.)

Dans un autre cas, il s'agissait d'une malade très difficilement hypnotisable et chez laquelle le somnambulisme ne se déclara qu'après deux mois de traitement. Dans quelques jours, il y avait un certain progrès dans la facilité de provoquer le sommeil, mais depuis, et ceci pendant tout un an, la sensibilité est restée stationnaire-. Il m'a fallu toujours dix à quinze minutes pour l'endormir ; c'était ennuyeux, mais je m'y suis résigné et j'accomplissais ma tâche machinalement. Au bout d'un an, l'idée me vint d'adjoindre à l'action du regard, non seulement l'apparence d'une volonté, mais une intention réellement plus forte, et j'obtins le sommeil au bout de la moitié du temps indiqué.

Il est vrai que, dans ce cas particulier, si j'avais employé le même moyen plutôt, je n'aurais probablement obtenu rien de plus. La malade n'était sensible à aucun agent délicat. Mais, vers cette époque, j'ai remarqué avec étonnement qu'elle devenait sensible à l'aimant (sensible, en dehors du concours de l'imagination, car avec ce concours elle était un peu sensible à l'hypnoscope dès le premier jour). L'aimant rapproché d'un bras, dans l'état d'aïdéie léthargique, provoqua, pour la première fois, une contracture générale. C'est ce qui m'a donné l'idée d'essayer l'action mentale, qui ne réussissait jamais toute seule, mais qui aidait sensiblement l'action de la main ou du regard.

Je sais que, dans la grande majorité des cas, l'action mentale ne servira pas à grandchose. Mais, comme on ne sait jamais où commence son efficacité, on fera bien de l'essayer.

Pareillement, et surtout, il faudra en tenir compte dans les applications thérapeutiques, et ne pas se moquer des magnétiseurs qui exigent de l'opérateur une certaine sympathie morale envers le malade, et un désir ferme de lui faire du bien. Il faudra tenir compte de l'état physique et psychique dans lequel on se trouve, pour ne pas inoculer au malade un malaise, ou un dé- couragement moral.

Ce sont là les applications générales. Mais, ce n'est pas tout. Quelques autres faits m'ont suggéré l'idée d'une application plus spécifiée.

Je m'imaginai au commencement, et la chose paraît parfaitement logique, que là, où la suggestion verbale échoue, afortiori, la suggestion mentale ne nous servira à rien.

Eh bien! je me suis trompé ! Elle peut servir et peut même être très utile.

Il arrive quelquefois, dans les maladies nerveuses et mentales surtout, qu'une certaine question, rappelée au malade, produit un effet déplorable. Il faut cependant que cette questionsoit élucidée ou arrangée d'une façon ou d'une autre. Un médecin raisonnable sait ménager les susceptibilités naturelles ou pathologiques du malade et commence par des détours à mots couverts. Il préparait malade. Mais très souvent cela ne sert à rien, surtout en somnambulisme, le moindre souvenir provoque l'attaque, le moindre ordre dans une direction donnée une opposition. Eh bien ! c'est précisément dans ces cas que j'ai tiré une grande partie de la suggestion mentale. Ajoutons que les deux sujets sur lesquels j'ai fait ces essais n'étaient pas suggestibles directement ni par la parole, ni par lapensée. Il s'agissait, dans un cas, de transporter le lit dans un autre appartement. En raison de circonstances toutes particulières, il était impossible de décider la malade à ce changement, qui cependant était dans l'intérêt de sa santé. Un jour, en restant auprès d'elle endormie, je me mis à penser, pendant au moins une dizaine de minutes : « Tu vas faire transporter le lit dans l'autre appartement... il faut transporter le lit dans l'autre appartement, etc. » Quelques minutes après, elle commence à causer avec moi de différentes choses, puis tout à coup elle pose d'elle-même la question du lit, tout à fait tranquillement, analyse les motifs pendant près de 10 minutes et finit par incliner vers la solution voulue. Connaissant bien les conditions, j'étais presque sûr, que la suggestion mentale n'étaitpas étrangère à ce changement subit ; mais pour m'en assurer je fis un autre essai. Egalement pendant dix minutes environ, je pense continuellement: « Tu vas mettre ta main droite sur ta tête ; mets ta main droite sur ta tête, etc.. » L'action immédiate fut nulle ; mais un quart d'heure après, elle pose sa main droite sur sa tête et la tient ainsi pendant dix minutes, sans aucune cause rationnelle.

On se rappelle une autre expérience semblable, sur MZ.., qui ne voulait pas se coucher et qui après s'être opposée à toutes les persuasions verbales, céda à une suggestion sans parole, à une suggestion mentale retardée,

En général, mes dernières observations semblent prouver que la suggestion mentale relardée est beaucoup plus commune qu'on ne te pense, c'est-à-dire qu'elle peut réussir là, où l'action directe immédiate est absolument nulle.

Voilà un résultat qui aura assurément de l'importance, s'il se trouve confirmé sur une plus vaste échelle.

Enfin, mentionnons encore que, chez des sujets, où la suggestion directe est possible, l'application devient beaucoup plus nette, et pourra s'exercer toutes les fois qu'il s'agira d'arrêter une suite d'associations, ou d'en susciter une autre, sans que le sujet se doute de votre intention, car, on le sait déjà, la suggestion mentale peut rester tout à fait inaperçue; le sujet en subit l'action, mais l'attribue à des motifs personnels.

Dois-je parler des applications théoriques ? Elles seront très nombreuses. Une foule de faits jusque-là inadmissibles pourront et devront désormais être examinés sérieusement.

En effet, la transmission psycho-physique pourra nous expliquer :

1° Certains cas d'appréciation instinctive des maladies;

2° Certains cas de contagion nerveuse directe;

3° Certaines illusions des observateurs, qui ne se sont pas mis à l'abri d'une influence mentale;

4° Certains cas d'une prétendue vision à distance;

5° Certains phénomènes incroyables, et quelquefois bien constatés, d'hallucination véridique;

6° Communication de certaines sensations, dans les rêves du sommeil normal;

7° Les prétendues divinations des « esprits frappeurs »;

8° L'influence mystique de certains personnages;

9° Les différences personnelles des « hypnotiseurs »; et les différences caractéristiques des effets qu'ils obtiennent;

10° Plusieurs faits enregistrés dans l'histoire de la civilisation et rapportés aux démons, aux oracles, aux sorciers aux possédés, etc.

Mais ce sera alors une vraie résurrection de l'occultisme et de là magie !

Parfaitement. Et je ne m'en plaindrai pas, car cet occultisme et cette magie redeviendront une science. Je dirai plus : ils pourront régénérer la nôtre. Entre nous soit dit, la science de ce siècle pèche un peu par défaut de fantaisie. Elle s'est routinisée, elle s'est barricadée sur un terrain sec et décoloré, elle s'est éparpillée en petits détails, en petites mesures et petites formules, très utiles, très nécessaires, mais qui ne peuvent jamais constituer une science. Une science n'est pas complète sans une conception générale, c'est-à-dire philosophique. Et on a tellement abusé de la fantaisie philosophique dans les époques précédentes, que nous croyons devoir nous en passer complètement. On croit que le positivisme scientifique, qui exclut la recherche des causes « efficientes » et des causes « finales » comme réellement inabordables, dans l'état actuel de notre évolution, doit les exclure à jamais, et non seulement ces causes-là, mais aussi tout phénomène présumé, qui paraît dépasser visiblement les bornes de notre savoir.

C'est là une prévention blâmable. Les anciens systèmes arbitraires ont vécu, c'est bien; mais il n'est pas bon qu'aucun autre meilleur ne soit venu les remplacer. Et il faut cependant s'avancer tout doucement, mais s'avancer, non seulement par rapport aux menues observations, de plus en plus nombreuses, mais aussi à l'égard d'une conception philosophique, de plus en plus large, vigoureuse et profonde.

Or, je crois qu'on n'arrivera jamais à une vue d'ensemble des phénomènes, sans se débarrasser de la routine de l'école, sans aborder franchement les problèmes de l'occultisme et de la magie.

Car, remarquons-le bien, la doctrine sensualiste elle meme nous apprend, que l'homme n'invente pas les problèmes, mais qu'il les puise dans son expérience. La magie n'est qu'une science expérimentale mal fondée, dénaturée, incomplète, dégénérée, tout ce qu'on voudra mais une science primitivement expérimentale. Recommençons les éludes avec les moyens perfectionnés que nous possédons, avec cette précision de méthodes, dont nous sommes fiers, et nous verrons qu'un progrès inattendu va jaillir decette alliance, entre le passé et le présent : une nouvelle époque de renaissance.

Si je ne me trompe pas, elle est même déjà commencée.

Les grandes découvertes scientifiques de ces dernières années portent ce cachet miraculeux et en même temps positif : on fait parler les corps bruts et les rayons du soleil, on analyse chimiquement les corps célestes ; on pose le problème d'une vision électrique à distance, on . régénère la médecine des exorcistes et les miracles des stigmatisés, on fouille l'ancien spiritisme, on revient aux amulettes de la métalloscopie, au massage des anciens prêtres, aux mots magiques de l'orient...

Eh bien! tant mieux! J'aime bien ce réveil juvénil d'un esprit mûr et fort. Ne sommes-nous pas assez sûrs de notre saine logique, de notre équilibre mental et de nos tendances positives, enracinées par un siècle d'expérience, pour n'avoir jamais peur d'une extravagance mystique?

Non, l'occultisme n*est pas dangereux à la civilisation parce qu'il existe, mais parce qu'il s'est emparé de quelques rayons de lumière, que la science ne cherche pas àlui reprendre.

Evidemment, il y aura toujours un certain nombre d'esprits échevelés, qui iront se baigner avec complaisance dans le vague et l'obscur. Mais ce ne sont pas eux qui feront vivre les préjugés. Les préjugés se soutiennent parles aspirations de ceux, qui, mécontents d'une science clair-obscure, cherchent une lumière plus vive, et la cherchent à l'instar des papillons de nuit : en se brûlant les ailes.

Un médecin intelligent, d'une imagination vive et sincère, mais sceptique par routine scientifique, assiste à une séance de spiritisme. Il y est venu par amitié personnelle, pas môme par curiosité, tellement il est convaincu de la niaiserie de ces « jongleries ou illusions ». Le sourire aux lèvres, il pose des questions aux « esprits » afin de démasquer la bêtise humaine. Mais voici « l'esprit » qui prend sa revanche. L'inconscient du médium devine ses pensées, notre sceptique est confondu, ébranlé, et, en homme sincère, il proclame la vérité. Gomme la science ne s'est jamais inquiétée du phénomène de la suggestion mentale, il ne le connaît pas, il le croit impossible, par conséquent retombe dans le mysticisme, devient spirite, et propage la contagion.

La science a perdu un homme utile. Pourquoi ? Parce qu'elle a négligé, par vanité et outrecuidance, les découvertes de sa rivale déchue.

Non, la suggestion mentale ne favorise pas l'occultisme; elle le chasse, au contraire. Et une fois reconnue, une fois régénérée par la science positive, elle va nous traduire en accents plus puissants, et plus dignes de notre siècle, l'écho mystérieux des anciennes vérités.



Back to Index



Copyright and Digital Rights 2007 - ISI-CNV
Titre Originel: Book Title : De la suggestion mentale

Ces livres vous sont proposés dans le cadre d'un projet culturel.
Nous voulons porter l'attention sur les thèmes de la vraie tradition  magnétique et fascinative originelle dans laquelle nous avons été initiés.

Il s'agit de techniques puissantes, aux effets beaucoup de fois extraordinaires, ayant leurs bases dans des concepts energétiques. (elles sont l'équivalent en occident de tradition millénaires basés sur l'énergie paragonables la tradition de la kundalini).

Ce sont des techniques aussi utiles dans la vie pratique: elles peuvent etre utiles dans la thérapie, dans les situations personnelles (magnétisme personnel), dans les rélations et dans beaucoup d'autres situations.

Il s'agit ici de pratiques connectées à une école très ancienne (millenaire, étant déjà présente chez les Romains).
Ces techniques très puissantes jusqu'à maintenant n'ont jamais été revélées en entier par écrit.

Les livres contiennent seulement une partie de l'enseignement original mais peuvent etre utiles pour rentrer dans l'esprit.

Dr. Paret et un amis ont été initiés dans la tradition originelle par l'un des dernier pratiquant, un des très rares fascinateurs magnétiques encore vivant, qui vivait en retrait, et ne voulait pas que ce trésor de connaissance se perdait.

Pour acceder aux systhème complet il leur à fallu quinze ans d'attente.

En plus nous avons recherché longtemps toutes les personnes soi-disant magnetistes, hypnotiseurs et fascinateurs et nous en avons extraits les mèthodes d'une façon comparative.

C'est pour ça que nous pouvons dire qu'il s'agit de quelque chose de nouveau.

Le systhème complet est constitué par nombreux exercices physiques (une espèce de gymnastyque energètique) et mentaux.

Ces exercises sont aussi très regeneratif pour la personne.
Ils augmentent son impact, son influence personnelle et beaucoup d'autres qualités.
A ce modèle se connecte un modèle très comprehensif de l'homme.

Nous vous proposons ces techniques dans une formation pratique à la quelle nous avons donné le nom de Mesmerismus®, bien que nos techniques soient derivés d'une tradition bien plus anciennes que celle de Mesmer.
Elles s'appuient sur une ècole secrète et initiatique, que aussi Mesmer à connu mais lui aussi à en partie tenu cachée.

Il s'agit de techniques complétement naturelles.

Elles reveillent l'homme au soi mème naturel, ou il peut trouver le maximum de pouovoir, et peuvent en aider le dèvéloppement personnel et spirituel.

Elles sont des techniques très puissantes, qui ouvrent à nouvelles dimensions, soit spirituelles que pratiques.

Dans beaucoup de cas elles vont au delà des techniques plus modernes, soit comme simplicité que comme efficacité.
La connaissance de deux approches est conseillé. Nous mèmes, au début, nois avions recherché dans la modernité l'explication des résultats, pour nous rendre compte finallement qu'il s'agissait d'une technique à soi-meme.

Pour reinseignements sur nos prochains cours vous pouvez nous contacter à travers:
http://www.pnl-nlp.org/courses/contactus.php

Ce que nous venons d'étudier est la chose plus puissante par rapport aux techniques mentales. Nous avons obtenu d'innombrables résultats avec notre approche de recherche qui se base sur la recherche de la reproducibilité. Ce projet unique à la recherche d'anciennes traditions secrétes est en collaboration avec: le Consortium Académique euro-asiatique CAIRN, avec l'Association Française d'Etudes Metapsychiques (fondée en 1941) et avec:


Titolo di questa pagina:
Home page de notre site: http://www.neurolinguistic.com
Livres gratuits: http://www.pnl-nlp.org/dn/