Brought to you by ISI-CNV


CHAPITRE V LHYPOTHÈSE D'UN FLUIDE UNIVERSEL

Théorie de Mesmer en opposition avec celle des magnétiseurs. — L'iniquité des auteurs contemporains vis-à-vis de Mesmer. — La matièreet le mouvement. — Les hyspostasies métaphysiques.

— Une série de fluides. — Le magnétisme n'est pas un fluide.

— Les mots et les choses. — Les actions comme résultat des sensations. — Le sens intérieur. — L'instinct et la sensibilité cérébrale. — Comment la volonté peut être communiquée. — Les appréhensions d'un grand novateur. — Les présensations. — Pourquoi la suggestion mentale se manifeste surtout dans des états hypnotiques. — Le monoïdéisme chez Mesmer. - Le « ton » du mouvement vital. — Certaines opinions populaires. — Les adversaires de Mesmer. — Les banalités académiques. — Théorie du Dr Despine. — La suggestion et l'éther. — Y a-t-il un vide dans la nature? — Newton et Mesmer. — Y a-t-il une action à travers le vide ? — Les grands horizons. - Tout par l'éther. — Suggestion et maladies. — Contagion à distance. — Les « fluides impondérables ». — Ce que c'est que l'éther. — Zôllner et la quatrième dimension.

On s'imagine généralement que c'est Mesmer qui était le promoteur de la théorie du fluide nerveux, vital ou magnétique, qui se dégage de notre corps, se projette au-dehors, se transporte en cas de besoin à travers l'espace, etc., etc. C'estune erreur, propagée par ceux qui n'ontpas lu Mesmer, ou qui n'ont pas pu le comprendre. La théorie que nous venons d'esquisser, très ancienne du reste, a été élaborée par un travail collectif de plusieurs de ses élèves indirects et surtout par les révélations des somnambules qui s'expliquaient comme ils pouvaient. Enfin, l'autorité de Deleuze, qui lui-même indique cette source, décida facilement la popularité d'une théorie palpable, compréhensible pour des imaginations grossières, et qui semblait tout expliquer. Mais elle était en opposition complète avec la doctrine de Mesmer connue seulement de ces élèves directs. Son cours complet n'a jamais été publié, mais les extraits qu'en donne Puységur, aussi bien que ses aphorismes ses mémoires et certains fragments longtemps inédits. prouvent suffisamment, combien esti ntact tout ce qu'on raconte de lui. Ils prouvent que c'était un esprit aussi profond qu'original, qui pouvait bien perdre les qualités de modestie et de désintéressement qui caractérisaient ses premiers pas, devant cette risée universelle et vrai- ment inouïe qu'on lui opposa. Mesmer connaissait le somnambulisme mieux que Puységur qui, par enthousiasme, avait exagéré sa valeur; il le connaissait sous certains rapports mieux, que les hypnotiseurs d'aujourd'hui, qui ne connaissent même pas ses élèves. Tout d'abord, on se contenta de l'appeler un charlatan, puis peu à peu on commença à découvrir ce qu'il a découvert, changeant seulement les noms, pour ne pas se compromettre, mais en lui conservant le titre de charlatan. C'est bête, mais c'est comme cela.

J'exposerai ici la théorie de Mesmer, en tant qu'elle a trait à notre problème :

Tout ce qui est accessible à l'investigation peut se résumer en deux mots : matière et mouvement. Mais, pour arriver à cette conclusion, il faut dégager nos connaissances de cette empreinte superficielle que leur donnent nos sens. « Nous acquiérons toutes les idées par les sens : les sens ne nous transmettent que des propriétés, des caractères, des accidents, des attributs; les idées de toutes ces sensations s'expriment par un adjectif ou épithéte, comme chaud, froid, fluide, solide, pesant, léger, luisant, sonore, coloré, etc. On substitua à ces épithètes, pour la commodité de la langue, des substantifs; bientôt on substantifia les propriétés; on dit la chaleur, la gravité, la lumière, le son, la couleur, et voilà l'origine des abstractions métaphysiques(*). »

(*) Mémoire de F.-A. Mesmer, docteur en médecine, sur ses découvertes (1778). Nouvelle édition avec des notes du Dr Picher Gran champ. Paris, 1828, p. 17.

On multiplia ces substances, on les personnifia. De là les esprits, les divinités, les démons, les génies, les archées, etc. « Il nous reste encore un certain nombre de ces entités, qu'il faut éliminer, pour arriver à une vue nette des phénomènes. « C'est en général, dit Mesmer, le but que je me propose d'atteindre (18). »

La matière présente plusieurs degrés de fluidité. L'eau est plus fluide que le sable, puisqu'elle peut remplir les interstices de ses grains, l'air est plus fluide que l'eau, puisqu'il peut se dissoudre dans celle-ci, l'éther est plus fluide que l'air... Il est difficile de déterminer où cette divisibilité finit, mais on peut supposer qu'il y a encore plusieurs degrés de ce genre et qu'il existe une matière primitive universelle , dont la condensation graduée constitue tous les états de la matière. Quoi qu'il en soit, il faut admettre, suivant Mesmer, que tout espace du monde est rempli, et on peut bien nommer ce fluide, qui remplit tout, fluide universel. Quelques physiciens ont déjà reconnu l'existence d'un fluide universel, mais ils ont eu le tort de préciser les caractères de ce fluide, de le surcharger de propriétés et de vertus spécifiques, que nous ne pouvons pas connaître (23). Ce fluide existe, quoique nous ne sentons pas sa présence. Nous sommes, vis-à-vis de lui, à peu près dans la situation des poissons qui seraient sans doute fort étonnés si l'un d'eux leur annonçait, que l'espace entre le fond et la surface delà la mer est rempli d'un fluide qu'ils habitent; que ce n'est qu'en ce milieu qu'ils se rapprochent, qu'ils s'éloignent, et qu'il est le seul moyen de leurs relations réciproques (22). « Le fluide universel n'est que l'ensemble de toutes les séries de la matière la plus divisée, par le mouvement de ses particules ». Par lui l'univers est fondu et réduit en une seule masse. Tout ce qu'on peut dire de lui, c'est qu'il est fluide par excellence et, par conséquent, qu'il doit présider surtout à des transmissions de mouvements plus subtiles que ne le sont celles effectuées par d'autres fluides plus connus. L'eau peut transmettre le mouvement à un moulin ; l'air transmet les vibrations des sons ; l'éther celles de la lumière ; le fluide universel les vibrations de la vie. Chacune de ces séries correspond à un degré des phénomènes, et les vibrations de chacune de ces séries ne peuvent être perçues que dans un degré correspondant de l'organisation (de l'agrégation en général) de la matière (24). Ni la chaleur, ni la lumière, ni l'électricité, ni le magnétisme ne sont des substances, mais bien des effets du mouvements dans les diverses séries du fluide universel. Sans être pesant ou élastique, etc., ce fluide détermine les phénomènes de la pesanteur, de cohésion, de l'attraction, etc., à la suite des réactions du mouvement communiqué.

L'attraction, à proprement parler, n'existe pas dans la nature; elle n'est qu'un effet apparent des mouvements communiqués, et en général, toutes les propriétés et toutes les prétendues forces, ne sont qu'un résultat combiné de F organisation des corps, et du mouvement du fluide dans lequel ils sont plongés (25). C'est ce fluide qui préside aux influences mutuelles de tous les corps; et comme ces actions et réactions sont pour ainsi dire symbolisées dans l'influence mutuelle de l'aimant et du fer, on peut bien donner le nom de magnétisme universel à cette influence mutuelle générale. Rien n'est soustrait à cette influence, qui peut être plus ou moins inappréciable, mais qui théoriquement n'a pas de bornes. Les corps célestes agissent sur nous et nous réagissons sur les corps célestes, aussi bien que sur ceux qui nous entourent. C'est cette propriété du corps animal qui le rend susceptible d'une pareille action et réaction qui, à cause d'une analogie avec l'aimant, peut être surnommé le magnétisme animal (Aph. 8). Par conséquent, le magnétisme aussi bien universel qu'animal, n'est pas un fluide, mais une action; un mouvement et non une matière ; une transmission du mouvement et non une émanation quelconque. Un déplacement quelconque ne peut pas se faire sans remplacement, car tout l'espace est rempli (39), ce qui suppose que si un mouvement de la matière subtile est provoqué dans un corps, il se produit aussitôt un mouvement semblable dans un autre, susceptible de le recevoir, quelle que soit la distance entre les corps (39).

« En considérant, ajoute Mesmer, que l'influence réciproque est générale entre les corps ; que l'aimant nous représente le modèle de cette loi universelle et que le corps animal est susceptible de propriétés analogues a celles de l'aimant, je crois assez justifier la dénomination du magnétisme animal que j'ai adoptée... Je vois avec regret qu'on abuse légèrement de cette dénomination; dès qu'on s'est familiarisé avec le mot, on se flatte d'avoir l'idée de la chose, tandis qu'on n'a que l'idée du mot. Tant que mes découvertes ont été mises au rang des chimères, l'incrédulité de quelques savants me laissait toute la gloire de l'invention ; mais, depuis qu'ils ont été forcés d'en reconnaître l'existence, ils ont affecté de m'opposer les ouvrages de l'antiquité, où se trouvent les mots fluide universel, magnétisme, influence, etc. Ce n'est pas des mots qu'il s'agit, c'est de la chose, et surtout de l'utilité de son application (47).

La vie n'est qu'une manifestation d'un mouvement subtil, dont la cessation constitue la mort. Parmi ces mouvements subtils, les sensations occupent une place principale : toutes les actions sont les résultats des sensations (49). Les organes des sens correspondent à différents degrés de subtilité des vibrations, qui nous influencent et ne sont susceptibles d'être influencés que par un genre spécial de vibrations. Mais la matière nerveuse elle-même, comme le produit suprême de l'organisation, est capable d'être influencé directement par les vibrations les plus subtiles, de la matière la plus subtile, c'est'à-dire du fluide universel, et cette faculté, jusqu'ici négligée ou méconnue, Mesmer l'appelle le sens intérieur (50).

Je ferai remarquer ici que cette dénomination revient souvent dans l'histoire de la psychologie, mais avec une autre signification. Aristote s'occupe déjà de cette question. Après lui, Albertus Magnus, Occam, Giordano Bruno, Cremonius, etc., etc., parlent d'un sensus interior ou même de sensibus internis. Mais ce terme a été pris, soit dans le sens d'un sensus communis, qui réunit toutes les sensations, soit dans le sens de l'aperception et delà conscience de soi-même.

Le plus souvent on ne faisait que travestir le problème posé par Aristote : faut-il admettre un sixième sens pour voir ce que l'œil voit, pour entendre ce que l'oreille entend, etc., ou bien enfin (dans la psychologie moderne), on donnait le nom de sens interne à la faculté de percevoir les sensations internes corporelles (selbslempfindungen). Le sens que lui donne Mesmer est tout différent. Il croit que la matière nerveuse en général et la substance grise en particulier peut être affectée directement par les vibrations du fluide universel. Il y voit une source de connaissances vagues, le plus souvent inappréciables, surtout chez l'homme, chez qui les impressions des sens et le développement de la réflexion étouffent ces faibles perceptions ; mais chez les animaux, qui ont des sens moins perfectionnés, cette sensibilité purement cérébrale compense l'imperfection des sens, et les remplace dans plusieurs actes de leur vie. Elle les met en relation avec toute la nature, leur fait deviner les directions dans l'espace, pressentir les révolutions terrestres ou atmosphériques, l'utilité ou nuisibilité de certains aliments, et, en général, forme une sorte d'expérience inconsciente à, laquelle on a donné le nom d'instinct. Chez l'homme, cette faculté ne se manifeste qu'exceptionnellement dans le sommeil normal et surtout dans le somnambulisme, à la suite d'un engourdissement des sens ordinaires et de l'absence des idées conscientes qui habituellement l'étonffent. « S'il est vrai, dit-il, comme j'essayerai de le prouver, que nous soyions affectés par l'enchaînement des êtres et des événements qui se succèdent, on comprendra la possibilité des pressentiments et d'autres phénomènes analogues (50). »

Dans l'état de « crise », les sens du somnambule peuvent s'étendre à toutes les distances. Il semble que toute la nature leur soit présente. La volonté même leur est communiquée indépendamment de tous les moyens de convention. Ces facultés varient dans chaque individu (52); le phénomène le plus commun est de voir l'intérieur de leur corps, et même celui des autres... Mais il est rare de trouver toutes ces faculté dans le même individu.

« Comment l'homme peut-il recevoir l'impression d'une autre volonté que la sienne ? (62) »

« Cette communication ne peut avoir lieu entre deux individus dans l'état ordinaire, que lorsque le mouvement, résultant de leurs pensées, est propagé du centre aux organes de la voix et aux parties servant à exprimer les signes naturels ou de convention ; ces mouvements sont alors transmis à l'air ou à l'éther, comme milieux intermédiaires, pour être reçus et sentis par les organes des sens externes. Ces mêmes mouvements ainsi modifiés par la pensée dans le cerveau et dans la substance des nerfs, étant communiqués en même temps à la série d'un fluide subtil avec lequel cette substance des nerfs est en continuité, peuvent, indépendamment et sans le concours de l'air et de l'éther, s'étendre à des distances indéfinies et se rapporter immédiatement au sens interne d'un autre individu. »

« On concevra par là, comment les volontés de deux individus peuvent se communiquer par leurs sens internes ; par conséquent, comment il peut exister une réciprocité, un accord, une sorte de convention entre deux volontés, et qu'on peut appeler être en rapport (75). »

« Gomme ce genre de sensations ne peut s'acquérir que par la médiation des fluides, qui sont ainsi supérieurs en subtilité à l'èther que celui-ci peut l'être à l'air commun; les expressions me manquent autant, que si je voulais expliquer les couleurs par les sons; il faut y suppléer par les réflexions qu'on peut faire sur lespresensations constantes des hommes et surtout desanimaux, dans les grands événements de la nature, à des distances inaccessibles pour leurs organes apparents; sur l'attrait irrésistible des oiseaux et des poissons pour des voyages périodiques, et enfin sur tous les phénomènes relatifs que nous présente le sommeil critique de l'homme (77).»

Ces présensations peuvent se rapporter môme au passé ou à l'avenir, parce que voir le passé, c'est simplement sentir les causes dans les effets, et voir l'avenir, c'est deviner les effets par les causes. Tout ce qui a été, a laissé des traces ; de même, ce qui sera est déjà déterminé par l'ensemble des causes (76).

Mais pourquoi l'état du sommeil est-il plus propre que celui de veille à manifester ces différentes transmissions?

Mesmer répond à cette question avec une précision parfaite. La cause en est double :

1° Parce que les fonctions des sens sont suspendues (77) et la continuité du sensorium commun avec les organes externes plus ou moins interrompue. « Les impressions des matières ambiantes ne se font donc pas sur les organes des sens externes, mais directement et immédiatement sur la substance même des nerfs. Le sens interne devient ainsi le seul organe des sensations (78). »

2° Parce que à la suite de l'engourdissement des sens, les fonctions psychiques de la mémoire consciente, de l'imagination, de la réflexion, etc., qui en dépendent médiatement ou immédiatement (77), sont, elles aussi, suspendues, et que par conséquent, les impressions directes de la substance cérébrale, se trouvant délivrées de la pression des sens externes, « deviennent alors sensibles par cela même qu'elles sont seules » (le monoïdeïsme). « Gomme la loi immuable des sensations est, que la plus forte efface la plus faible, celle-ci peut être sensible, dans l'absence dune plus forte. Si l'impression des étoiles n'est pas sensible à notre vue pendant le jour comme elle nous l'est pendant la nuit, quoique leur action soit la même, c'est qu'elle est alors effacée par l'impression supérieure de la présence du soleil (78). »

Pour les transmissions individuelles de l'homme à l'homme, il faut encore admettre deux autres conditions :

1° Celle du rapport. L'action spéciale entre deux êlre3 est favorisée par une sorte d'accord, par une production naturelle ou artificielle d'un ton du mouvement ou d'un mouvement tonique analogue, et qui rend un cerveau plus susceptible d'une vibration appartenant à la même catégorie (24, 75) ;

2 Celle de l'éducation. Car la perfection de ce sommeil critique varie non seulement suivant la marche de la crise, le tempérament et les habitudes des sujets, mais dépend aussi, età un haut degré, d'une sorte d'éducation qu'on peut leur donner dans cet état, et de la manière dont on dirige leurs facultés ; on peut le comparer à cet égard à un télescope dont l'effet varie comme les moyens de l'ajuster (81).

Dans un état favorable aux transmissions de tout genre, l'homme entre en relation avec toute la nature, et on pourrait le comparer à un liquide dont la surface parfaitement équilibrée, reflète comme dans un miroir, toutes les images de l'univers, retrace fidèlement tous les objets. Mais imaginez cette surface troublée par des secousses de toutes sortes (impressions des sens ordinaires) et vous verrez le liquide agité par une infinité d'ondes et de réactions, et la réflexion des images va disparaître.

Mais, évidemment, il est bien rare que toutes ces conditions de perceptivité cérébrale soient réunies. Emus par certains cas exceptionnels, différents observateurs ont cru pouvoir faire des somnambules lucides à volonté. Ils ont oublié que c'est toujours en état du sommeil que les rêves se mêlent à des sensations vraies. Ils ont confondu le magnétisme et le somnambulisme pour livrer tous les deux à la risée des hommes sensés(*).

(*)F.-A. Mesmer, von D Kerner, Fmnkfurt-am-Mein, 1856, p. 79,

Mesmer ne se dissimule pas que même malgré toute la réserve qu'on peut mettre vis-à-vis d'un sujet aussi délicat, on aura de la peine à convaincre ceux qui n'ont pas eux-mêmes constaté les phénomènes. « Supposons, dit-il, un peuple qui s'endorme nécessairement au coucher du soleil, pour ne se réveiller qu'après son retour sur l'horizon : il n'aurait aucune idée du magnifique spectacle de la nuit. Si on apprenait à ce peuple qu'il existe au milieu de lui des hommes en qui cet ordre habituel a été troublé, et qui, s'étant réveillés pendant la nuit, ont reconnu à des distances infinies des corps lumineux innombrables, et pour ainsi dire de nouveaux mondes, on les traiterait sans doute comme visionnaires, en raison de l'extrême différence de leurs opinions. Tels sont, aujourd'hui, aux yeux de la multitude, ceux qui prétendent que dans le sommeil, l'homme a la faculté d'étendre ses sensations (80). »

« J'ai annoncé, dit-il encore, par le mémoire que j'ai publié l'an 1779, les réflexions que j'avais faites depuis plusieurs années sur l'universalité de certaines opinions populaires, qui, selon moi, étaient les résultats d'observations les plus générales et les plus constantes. Je disais à ce sujet, que je m'étais imposé la tâche de rechercher, ce que les anciennes erreurs pouvaient renfermer d'utile et de vrai ; et j'ai cru pouvoir avancer que, parmi les opinions vulgaires de tous les temps » (imposition des mains, visions et oracles, influence de certains métaux, action mystique de l'homme sur l'homme, les jeteurs de sort, les dompteurs, les communications à distance, les pressentiments et les sensations simultanées, l'influence des vœux et de la prière, transmission de santé, du pouvoir, des maladies, etc., etc.), «il en était peu, quelque ridicules et mêmes extravagantes qu'elles paraissent, qui ne pussent être considérées comme le reste d'une vérité primitivement reconnue (3). »

Et comme certains de ces procédés, par une observance trop scrupuleuse (44), par une application aveugle (43) semblaient rappeler d'anciennes opinions, d'anciennes pratiques justement regardées comme des erreurs (89), la plupart des hommes consacrés aux sciences et à l'art de guérir n'ont considéré ma doctrine que sous ce point de vue : entraînés par ces premières impresssions, ils ont négligé de l'approfondir. D'autres, excités par des motifs personnels, par l'intérêt de corps, n'ont voulu voir dans ma personne qu'un adversaire qu'ils devaient abattre. Pour y parvenir, ils ont d'abord employé l'arme si puissante du ridicule, celle non moins active et plus odieuse de la calomnie ; enfin la publicité immodérée d'un rapport (1784) qui sera dans tous les temps un monument peu honorable pour ceux qui ont osé le signer. D'autres personnes, enfin convaincues, soit par leur propre expérience, soit par celle d'autrui, se sont exaltées et livrées à de telles exagérations, qu'elles ont rendu tous les faits incroyables. Il en est résulté pour la multitude faible et sans instruction des illusions et des craintes sans fondement. Voilà quelles ont été jusqu'à présent, les sources de l'opinion publique contre ma doctrine (89, 90). »

Jusqu'à présent... Oui ! jusqu'à 1886 !

« J'abandonne volontiers ma théorie à la critique, déclarant que je n'ai ni le temps ni la volonté de répondre. Je n'aurais rien à dire à ceux qui, incapables de me supposer de la droiture et de la générosité, s'attacheraient à me combattre avec des dispositions purement hostiles, ou sans rien substituer de mieux à ce qu'ils voudraient détruire ; et je verrais avec plaisir de meilleurs génies remonter à des principes plus solides, plus lumineux, des talents plus étendus que les miens, découvrir de nouveaux faits» (ils ont découvert de nouveaux noms) « et rendre, par leurs conceptions et leurs travaux, ma découverte encore plus intéressante. Il suffira toujours à ma gloire d'avoir pu ouvrir un vaste champ aux calculs de la science et d'avoir en quelque sorte tracé la route de cette nouvelle carrière (92). »

Telles étaient les opinions de l'illustre « charlatan ».

On peut faire des réserves sur plusieurs points de cette hypothèse, et, pour ma part, j'essaierai plus loin de présenter les faits sous un aspect un peu différent; mais on conviendra, je crois, en comparant ses idées avec celles de ses successeurs, que c'est là la seule théorie qui mérite ce nom.

Comme nous sommes loin ici des grossièretés des magnétiseurs avec leur fluide, qui se transporte, qui tourne les murs et flotte dans l'air pour frapper le sujet prédestiné, et s'installer dans son corps ! Sans égard aux avertissements de leur maître, ils ont hypostasié, substancialisé une action, en créant une entité métaphysique nouvelle, tandis qu'il voulait lui, nous débarrasser des anciennes ! Mais aussi comme nous sommes loin ici de ces banalités académiques qui attribuaient tous les phénomènes du magnétisme à l'imagination, à l'imitation et aux jongleries!

Heureusement, les préventions passent et l'expérience reste.

Sans s'en douter, on commence à revenir à la source; M. le Dr Despine (fils)(*) vient de publier en 1880, c'est-à-dire cent deux ans après Mesmer, les réflexions suivantes :

(*) Dr P. Despine, Elude scientifique sur le somnambulisme, Paris, 1880, p. 222-229.

« Explication du phénomène de la transmission de la pensée. Une action à distance sur les phénomènes psychiques des somnambules ne pouvant plus être mise en doute, cherchons à l'expliquer au moyen des agents naturels. Disons en premier lieu que l'expression « action à distance » est issue de la croyance qu'il y a du vide dans la nature. Or, il n'en est point ainsi. »

Avant de continuer l'exposition des idées de M. Despine, je ferai remarquer que s'il a parfaitement raison en rejetant l'action à distance dans le sens absolu du mot, c'est-à-dire à travers le vide, il s'avance un peu trop en affirmant la non existence du vide. C'était une erreur de Mesmer, qui, lui aussi, s'imaginait le monde absolument plein. Cette supposition est incompatible avec l'idée du mouvement, tel qu'il est nécessaire pour expliquer une transmission quelconque. On peut bien se représenter le mouvement d'une sphère qui tourne autour de son axe sans déplacement, mais dès qu'il s'agit de transmettre un mouvement quelconque il faut bien admettre un espace libre, un choc communiqué à travers cet espace libre, par conséquent le vide. L'admission d'un milieu de plus en plus élastique, et qui, en raison de cette élasticité, n'oppose aucun obstacle, ne nous servira à rien, parce que, en admettant une matière, la plus subtile possible, on est toujours réduit à lui assigner des particules séparées par des espaces vides. Ou le vide existe ou le mouvement n'existe pas. Le mouvement étant un changement de place, il faut une place pour pouvoir la changer. Il n'y a pas à sortir de là. Je ne sais pas s'il en est ainsi pour « la chose en elle-même » de Kant, mais ce que je sais, c'est qu'on se fait une illusion si on croit pouvoir comprendre un mouvement sans le vide; un mouvement immobile, si on me permet cette expression, — oui, mais celui-ci ne nous sert à rien —une transmission de mouvement, non (*).

(*) J'ai développé ailleurs ces problèmes de philosophie physique. Voir surtout mon traité : « La Force comme mouvement» (1879).

En tout cas, c'est là une question indépendante de l'action mystique à distance. Le vide peut exister et l'action à distance à travers le vide peut ne pas exister.

Les mathématiciens se rompent souvent la tête en voulant calculer les actions et réactions qui doivent avoir lieu entre deux points matériels, séparés par un espace vide. Peine perdue ! Entre deux points matériels séparés par un espace vide, il n' y aura aucune action ni réaction, « L'attraction universelle, comme qualité occulte des corps est une idée insensée, infiniment plus difficile à comprendre que la transmission de pensée. Et ce n'est pas moi qui le dit, c'est Newton. On a brutalisé, idiotisé la théorie de Newton, comme celle de Mesmer, ne pouvant pas comprendre la nécessité des idées subtiles pour des causes subtiles. Newton lui-même, et c'est ici que M. Despine a parfaitement raison en le citant, rejetait une action à distance. Voici, en effet ce que dit ce grand génie : « Il est incompréhensible qu'une matière brute (ou quelconque) puisse, sans l'intermédiaire de quelque autre chose qui ne soit pas matériel, agir, opérer sur une autre matière sans contact mutuel. Que la gravitation soit inhérente, essentielle à la matière, de manière qu'un corps puisse agir sur un autre à distance à travers l'espace, sans l'intermédiaire de quelque chose à l'aide de quoi leur activité, leur force » (leur mouvement tout simplement) « puissent se transmettre de l'un à l'autre, me paraît une si grande absurdité, que je ne crois pas qu'un homme qui ait la compétence de penser aux matières philosophiques puisse jamais y tomber. »

Eh bien ! c'est cependant l'opinion de la majorité des savants d'aujourd'hui. Mais continuons l'analyse de M. Despine : « Les recherches des physiciens modernes confirment la manière de voir de Newton, en ce sens qu'elles prouvent que le vide n'existe pas » (encore la même confusion), « que l'espace est plein de la matière éminemment subtile appelée éther, dont les attributions sont non seulement la transmission de l'électricité et du magnétisme terrestre, mais encore celle de la lumière et de la chaleur » (Une matière éminemment subtile veut dire une matière éminemment raréfiée, et quand quelque chose est raréfié, c'est qu'il y a du vide entre ses particules). « Les vastes régions interstellaires ne sont donc pas des régions de vide et d'isolement. Nous les trouvons remplies de ce milieu qui s'étend partout, si bien que quand une molécule d'hydrogène vibre dans Sirius, le milieu en reçoit une impulsion ; mais la distance de cette étoile est si grande que cette impulsion reste trois années pour arriver à la terre. Et cependant cette distance n'altère en rien les vibrations transmises. » (Gela, c'est une autre question : on n'a pas été dans Sirius pour pouvoir les comparer.)

M. Despine cite encore un passage d'Herbert Spencer, dont je rapporterai un fragment :

« La découverte que la matière en apparence si simple est, dans sa structure intime, étonnamment compliquée; et cette autre, que ses molécules, oscillant avec une rapidité presque infinie, propagent leur impulsion à l''éther environnant, qui la transmet à des distances inconcevables, en des temps infiniment petits, nous conduisent à cette découverte, plus merveilleuse encore, que les molécules de chaque sorte sont affectées d'une manière spéciale par les molécules de même sorte gui existent dans les régions les plus lointaines de l'espace »

C'est bien là l'idée de Mesmer.

M. Despine cite encore M. Bertrand de l'Académiepour consacrer l'existence de l'éther et son action dans : les phénomènes de lumière, de l'électricité, etc., puis il ajoute :

« Pourquoi n'aurait-il pas une égale importance dans la nature organique? Ne peut-on pas supposer avec raison que ce qui, dans ce milieu universel, est le principe de la lumière, de l'électricité et de la chaleur, peut bien, uni à la substance nerveuse, être le principe de la vie chez l'animal doué du système nerveux, et par conséquent le principe de l'activité de ce système et de ses diverses fonctions? Quand on songe que ce système n'est pas absolument nécessaire à la vie, puisque les végétaux et les animaux les plus inférieurs en sont dénués, quand on songe que la lumière, la chaleur et l'électricité, c'est-à-dire les principales manifestations de l'éther, sont nécessaires à la vie, puisque partout où elles sont insuffisantes, la vie végétale et la vie animale sont impossibles, et que la vie est d'autant plus active que ses manifestations sont plus puissantes; quand on songe à tout cela, disons-nous, n'est-on pas en droit de supposer que le principe de la vie dans les corps organisés réside réellement dans ces trois manifestations de l'èther, et que le système nerveux n'est nécessaire que pour présidera la spécialité de chaque fonction, alors que l'éther le met en activité?Cette hypothèse, que nous émettons ici, nous paraît assez rationnelle pour que nous nous permettions de la soumettre à l'appréciation des savants (285) ».

J'avoue que je ne comprends pas bien l'avantage de ce transport dans l'éther du principe de l'activité nerveuse et organique en général; je ne crois pas qu'il deviendrait par cela plus compréhensible. On a mis déjà tant de choses sur le dos de cet aimable intermédiaire! M. Despine attribue à l'éther la chaleur, la lumière, l'électricité, le magnétisme terrestre, la gravitation, l'attraction moléculaire, les affinités chimiques, les fonctions de la vie organique, celles de l'automatisme et enfin celle du cerveau. Je crois qu'il ne reste plus grand'chose à distribuer. Si, reste la Providence. Mais cela a déjà été fait. Spiller (Gott im Lichte der Naturwissenschaften) attribue à l'éther, outre toutes ces belles choses, encore la divinité. Dieu, c'est l'Ether, dit-il. Je ne vois pas d'inconvénient à ce qu'on aille si loin, mais alors pourquoi s'arrêter? Appelons le Fils la lumière, l'Esprit-Saint l'électricité, et tout sera expliqué. Il ne restera qu'à comprendre, comment l'Ether construit les organismes et veille sur l'humanité...

Revenons à la suggestion mentale.

« D'après ces données, continue M. Despine, on conçoit comment l'activité cérébrale, qui préside aux manifestations psychiques, puisse sous ce?'taincs conditions d'impressionnabilité » (lesquelles ? une théorie de transmission devrait les préciser), « retentir d'une façon efficace sur le cerveau d'un autre individu au moyen de l'éther, y déterminer une activité de même nature, et y faire surgir des éléments instinctifs, des pensées, des représentations mentales et des volontés semblables. Tout acte psychique a incontestablement pour cause une modification cérébrale des vibrations, un mode particulier d'activité dans les cellules de la substance grise du cerveau. Ces vibrations ne sont pas, il est vrai, susceptibles d'imprimer, par l'intermédiaire de l'éther, des vibrations semblables dans les cerveaux sains (?) environnants. Cependant, quelques faibles que soient ces vibrations, elles ne se propagent pas moins au dehors, frappent ces cerveaux sans effet. Mais, supposons que parmi ces cerveaux, il s'en rencontre un, qui soit dans un état d'impressionabilité telle, qu'il soit influencé par les vibrations éthérées, provoquées par l'activité d'un cerveau sain, et que ces vibrations produisent dans ce cerveau impressionnable des vibrations identiques : l'activité de cet organe donnera certainement lieu à des idées semblables. Ainsi s'explique naturellement la transmission de la pensée, de la volonté d'un individu à un autre, sans signes extérieurs. Si cette action est rare, cela ne tient ni au mode d'action du fluide éther, ni aux lois qui dirigent ce mode d'action, deux, choses qui ne changent pas ; cela tient à l'état particulier dans lequel le système nerveux peut être influencé par celte action si faible, état qui réside surtout dans une sensibilité extrême, anormale, pathologique (?) et heureusement rare de ce système. L'action de l'agent est toujours la même ; ce qui varie et ce qui rend le phénomène rare, c'est l'état des organes nerveux qui reçoivent l'action de l'agent. » C'est juste, quoique assez vague.

« Au moyen de cette cause de transmission à distance ? transmission qui n'est pas douteuse, et qui ne peut tenir surla réserve pour le cas présent, que parce qu'elle n'est pas encore entrée dans le domaine de nos connaissances vulgaires, s'explique non seulement la transmission de la pensée chez les somnambules, mais encore la raison par laquelle les personnes, dont la constitution nerveuse est puissante, dont l'activité cérébrale est énergique et dont la volonté est forte, sont plus aptes à magnétiser que les personnes à constitution faible. On s'explique aussi la contagion nerveuse, admise par M. Bouchut(*), contagion qui propage à distance, dans certaines conditions, les phénomènes somatiques et psychiques, qui caractérisent les diverses folies épidémiques ; on s'explique organiquement la contagion des éléments instinctifs, la contagion morale; ou s'explique l'ascendant que les ames fortes exercent sur les âmes faibles » (mais si elle frappe sans effet les cerveaux sains, comment peut-elle transmettre tout cela?...)

(*) Voici le passage significatif de cet éminent observateur : « On dirait que dans certains cas, notamment pour ce qui concerne les névroses convulsives, il existe une fiction physique directe du malade sur l'homme sain, par une émanation nerveuse dont l'influence produit à distance l'état convulsif, car enfin il est difficile de toujours expliquer le fait par l'imitation, telle qu'on la comprend habituellement. Quoi qu'il en soit, à l'encontre des autres modes de contagion qu'on croit connaître, en les attribuant à des miasmes, le choléra, parexemple, onne connaîtrien de la cause des névroses epidémiques, chorée, hystérie, pas plus de leur principe contagieux, si tant est qu'il en existe un, que du véhicule dans lequel il serait enfermé. Il est facile de faire des suppositions a cet égard, mais il est impossible d'en démontrer la nature... L'action de cette contagion nerveuse est extrêmement puissante et presque sans limites. Elle s'exerce sur l'homme et sur les animaux, à tous les âges, principalement dans la jeunesse, et son influence est plus grande chez la femme que chez l'homme. Elle tient à la fois de la contagion par l'apparence d'un agent contagieux et de l'imitation, par son caractère moral et mental. » (Bouchut, De la contagion nerveuse et de l'imitation dans leurs rapports avec les maladies nerveuses, 1862, p. 14.)
Je cite d'après J. Kambosson: Phénomènes nerveux, intellectuels et moraux, leur transmission par contagion. Paris, 1883, p. 200, 20l. Cet auteur ne parle pas de la suggestion mentale, mais il formule une loi de transmission du mouvement expressif ainsi conçue : « Un mouvement cérébral ou psychique peut, en traversant divers milieux, devenir purement physiologique, puis physique, puis de nouveau physiologique, et enfin cérébral ou psychique, sans se dénaturer, c'est-à-dire en conservant le pouvoir de reproduire tous les phénomènes qui sont sous sa dépendance » (p. 187). Cette loi peut être considérée comme la formule générale des théories psycho-physiques. (Voir le chapitre suivant.)

<< On s'explique pourquoi les procédés magnétiques, les passes, soit au contact, soit à distance, peuvent produire les divers phénomènes dits magnétiques. On s'explique pourquoi les organes rendus très impressionnable, par une maladie et les organes les plus fournis de ganglions et de nerfs, tels que la tête, l'épigastre, le trajet des cordons nerveux, le cou, les bras, les extrémités digitales, sont. les parties les plus impressionnées par les passes » (mais c'est alors le nombre de fibres nerveux qui explique tout cela, et non la théorie de l'éther) « on s'explique enfin cette action si remarquable de la volonté de certains individus sur d'autres individus, sans signe extérieur... effet que nous avons vu se produire d'une façon si remarquable par Castellan, condamné pour viol aux assises de Draguignan (227). »

Un peu plus loin l'auteur signale comme cause de cette impressionnabilité particulière des sujets suggestibles mentalement : « les affections névropathiques, hystériques, et l'anémie (229) ».

C'est un lieu commun des hypnotiseurs, que de confondre tout cela avec la sensibilité hypnotique qui est un caractère primordial, indépendant de toute maladie. On peut être éminemment sensible et tout à fait bien portant. Il est seulement plus facile à une personne hypnotisable de devenir hystérique qu'à une autre, ou au moins l'hystérie prend alors le caractère convulsif de la grande hystérie. Les névropathe en général ne sont pas plus sensibles que les personnes bien portantes. (Dans le service de M. le Dr Aug. Voisin à la Salpêtrière, nous n'avons trouvé que 28 sur 100. Chez les individus bien portants la proportion est de 30 p. 100 environ. Quant à l'anémie (encore une erreur propagée parle professeur Heidenhain!), elle est plutôt une condition défavorable; en tout cas, un cerveau anémique n'est pas nécessairement plus impressionnable qu'un cerveau hyperémique. J'admettrais plutôt le contraire.

Enfin,il termine par la réflexion suivante : « S'il n'intervient ni fluide nerveux, ni fluide magnétique dans les phénomènes dits de magnétisme animal, ainsi que le supposait l'ancienne théorie, le fluide universel y intervient positivement, si ce n'est comme cause directe des phénomènes, du moins comme agent de transmission du mode d'activité du système nerveux d'une personne, au système nerveux d'une autre personne. »

En somme, entre la théorie de M. Despine et celle de Mesmer, qu'il ignore ; il n'y a que quelques différences de détails, si je ne me trompe pas, à l'avantage de cette dernière.

Mesmer croyait, comme Spencer, que les particules d'une certaine matière sont affectées principalement par les particules qui ont des mouvements analogues et, guidé par cette pensée, il a admis une série de mouvements de plus en plus subtils, et une série d'états de matières de plus en plus raréfiées à l'état solide, liquide, gazeux, éthéré et un état encore plus subtil, du fluide universel ou de la matière primitive, qui peut elle aussi présenter des degrés, qui nous sont inconnus. Bref, il a divisé le travail de la nature, et distingué le fluide universel, susceptible surtout de vibrations vitales, de l'éther, auquel il abandonne principalement la lumière. A vrai dire, nous ne savons rien de toute cette organisation; mais, puisque cela ne tient qu'à nous, nous pouvons nous permettre le luxe de plusieurs séries ; c'est au moins plus juste, que de rejeter tout sur le dos d'un seul fluide. Puis, je crois qu'il n'y a pas de limites absolues dans la nature, et j'aime mieux la graduation de Mesmer, que le fluide, sans doute impondérable, de M. Despine, c'est-à-dire de la majorité des physiciens modernes. Ce fluide, qui n'est qu'une négation absolue delà matière « pondérable », constitue une espèce de matière absolument contraire à tout ce que nous savons de la matière ordinaire, et, disons-le franchement, contraire au sens commun. Les particules de la matière ordinaire s'attirent, celles de l'éther se repoussent, etc., un tas de fantaisies ! L'éther est un fluide impondérable.

Or, si fluide veux dire quelque chose, fluide impondérable veut dire un non-sens. Un fluide, c'est-à-dire quelque chose qui peut couler, doit être poussé par quelque chose et par conséquent, peser sur quelque chose. D'ailleurs on admet que les molécules de l'éther sont attirées par la matière ordinaire, et lorsque un corps est attiré par un autre corps, il pèse sur lui. Puis, l'éther ne peut pas remplir tout l'espaee, précisément parce qu'il est raréfié. Enfin, si c'est lui qui doit nous expliquer les attractions et la pondérabilité, il ne peut pas être en luimême ni pondérable, ni impondérable, puisque ce n'est que par une relation entre lui et la matière ordinaire que ces qualités se manifestent.

En un mot, je comprends la nécessité d'un gaz plus raréfié que les gaz que nous connaissons, c'est-à-dire plus raréfié que l'hydrogène (il y en a peut-être plusieurs — je n'en sais rien), maisjene comprends pas une matière qui n'est pas matière, un corps raréfié qui supprime le vide, un deus ex machina qui doit tout expliquer, sans être lui-même compréhensible. J'aime mieux mon ignorance qu'une science pareille. Et je supplie les mathématiciens de ne pas s'imaginer qu'ils peuvent découvrir quoi que ce soit, en dehors des relations fondées sur l'expérience. Un psychologue peut bien savoir cela. Il peut estimer autant qu'on voudra, les quatre, cinq et n dimensions qu'on lui développe à l'aide de symboles abstraits, mais il avoue franchement, qu'il peut bien s'imaginer les trois dimensions, mais pas plus. Si Zoellner vivait encore, il aurait sans doute expliqué la transmission mentale par un passage à travers la quatrième dimension, et nous aurions eu une théorie en plus.

Sans cela, il ne nous reste qu'à signaler une dernière, uniquement pour effectuer une transition, entre les hypothèses précédentes et la nôtre.

Cette transition nous la trouverons dans la théorie de Puységur.



Back to Index



Copyright and Digital Rights 2007 - ISI-CNV
Titre Originel: Book Title : De la suggestion mentale

Ces livres vous sont proposés dans le cadre d'un projet culturel.
Nous voulons porter l'attention sur les thèmes de la vraie tradition  magnétique et fascinative originelle dans laquelle nous avons été initiés.

Il s'agit de techniques puissantes, aux effets beaucoup de fois extraordinaires, ayant leurs bases dans des concepts energétiques. (elles sont l'équivalent en occident de tradition millénaires basés sur l'énergie paragonables la tradition de la kundalini).

Ce sont des techniques aussi utiles dans la vie pratique: elles peuvent etre utiles dans la thérapie, dans les situations personnelles (magnétisme personnel), dans les rélations et dans beaucoup d'autres situations.

Il s'agit ici de pratiques connectées à une école très ancienne (millenaire, étant déjà présente chez les Romains).
Ces techniques très puissantes jusqu'à maintenant n'ont jamais été revélées en entier par écrit.

Les livres contiennent seulement une partie de l'enseignement original mais peuvent etre utiles pour rentrer dans l'esprit.

Dr. Paret et un amis ont été initiés dans la tradition originelle par l'un des dernier pratiquant, un des très rares fascinateurs magnétiques encore vivant, qui vivait en retrait, et ne voulait pas que ce trésor de connaissance se perdait.

Pour acceder aux systhème complet il leur à fallu quinze ans d'attente.

En plus nous avons recherché longtemps toutes les personnes soi-disant magnetistes, hypnotiseurs et fascinateurs et nous en avons extraits les mèthodes d'une façon comparative.

C'est pour ça que nous pouvons dire qu'il s'agit de quelque chose de nouveau.

Le systhème complet est constitué par nombreux exercices physiques (une espèce de gymnastyque energètique) et mentaux.

Ces exercises sont aussi très regeneratif pour la personne.
Ils augmentent son impact, son influence personnelle et beaucoup d'autres qualités.
A ce modèle se connecte un modèle très comprehensif de l'homme.

Nous vous proposons ces techniques dans une formation pratique à la quelle nous avons donné le nom de Mesmerismus®, bien que nos techniques soient derivés d'une tradition bien plus anciennes que celle de Mesmer.
Elles s'appuient sur une ècole secrète et initiatique, que aussi Mesmer à connu mais lui aussi à en partie tenu cachée.

Il s'agit de techniques complétement naturelles.

Elles reveillent l'homme au soi mème naturel, ou il peut trouver le maximum de pouovoir, et peuvent en aider le dèvéloppement personnel et spirituel.

Elles sont des techniques très puissantes, qui ouvrent à nouvelles dimensions, soit spirituelles que pratiques.

Dans beaucoup de cas elles vont au delà des techniques plus modernes, soit comme simplicité que comme efficacité.
La connaissance de deux approches est conseillé. Nous mèmes, au début, nois avions recherché dans la modernité l'explication des résultats, pour nous rendre compte finallement qu'il s'agissait d'une technique à soi-meme.

Pour reinseignements sur nos prochains cours vous pouvez nous contacter à travers:
http://www.pnl-nlp.org/courses/contactus.php

Ce que nous venons d'étudier est la chose plus puissante par rapport aux techniques mentales. Nous avons obtenu d'innombrables résultats avec notre approche de recherche qui se base sur la recherche de la reproducibilité. Ce projet unique à la recherche d'anciennes traditions secrétes est en collaboration avec: le Consortium Académique euro-asiatique CAIRN, avec l'Association Française d'Etudes Metapsychiques (fondée en 1941) et avec:


Titolo di questa pagina:
Home page de notre site: http://www.neurolinguistic.com
Livres gratuits: http://www.pnl-nlp.org/dn/