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CHAPITRE VI L'ACTION DE LA VOLONTÉ ET LA QUESTION DU << RAPPORT »

Les expériences prohibées. — Une affirmation exagérée. — Puy-ségur. — Despine. — Le « rapport » comme condition de l'action mentale. — Différences personnelles. — Comparaisons. — Action catalitique. — Les causes du rapport. — Le réglage du cerveau. — Un problème essentiel. — Il ne faut pas être plus braidiste que Braid lui-même. —Opinion définitive de Braid. — Deux catégories de faits. — Une expérience à expliquer. — L'hyperesthésie élective. — Y a-t-il une action physique dans l'hypnotisme? —Les magnétiseurs et les hypnotiseurs. — L'action physique et la suggestion mentale. — Les conséquences d'une incrédulité excessive. —Bertrand, Braid etMotin. — Quelques expériences de la commission académique. — Expériences manquées. — Réflexions.

On trouve relativement peu d'expériences du genre précité dans l'histoire du magnétisme; non seulement parce qu'elles réussissaient rarement, mais parce que, grâce à l'influence de Deleuze, on prohibait en général toutes les expériences, c'est-à-dire tout ce qui était étranger au traitement.

Aubin Gauthier (*), qui a composé une sorte d'encyclopédie du magnétisme, dit à ce propos :

(*) A. Gauthier, Traité pratique du magnétisme et du somnambulisme. Paris, 1845, p. 594.

« Il y a des somnambules qui entendent leur magnétiseur, sans qu'il ait besoin de leur adresser la parole; ils sont même nombreux. Ordinairement un somnambule, qui n'a eu de rapport qu'avec un seul magnétiseur, le comprend sans qu'il parle. On peut en faire l'essai, non pas à titre d'expérience, mais parce qu'il y a des cas où cette faculté est très utile. — Si l'on craint que le somnambule ne dise devant un tiers des choses que ce dernier ne doit pas savoir, on lui fait comprendre mentalement qu'il doit garder le silence ; de même que, dans la vie ordinaire, on parle par les yeux ou par un geste quelconque. — Si l'on craint encore que, dans le cours d'une consultation donnée à un malade dont l'état n'offre pas d'espoir de guérison, le somnambule ne sorte du caractère de prudence, on use encore de la volonté, et le somnambule comprend à l'insu du consultant. — Autrement, il ne faut point employer ce moyen sans nécessité. »

Cette tendance humanitaire était devenue, nous l'avons déjà fait observer, prépondérante dans les deux premières époques du magnétisme, celle du « baquet » mesmérien et celle du somnambulisme. Puységur prohibait aussi les expériences inutiles; mais, enchanté qu'il était de la sensibilité mentale de ces premiers somnambules Victor, Madeleine et de quelques autres, il autorisait l'expérience citée par Gauthier et, dans son enthousiame, prétendait même, qu'il est possible d'arrêter toujours la parole d'un somnambule, de constituer ou de rompre mentalement le rapport d'un somnambule avec une tierce personne. Je citerai en entier le passage qui s'y rapporte.

Puységur admet trois caractères principaux qui distinguent le somnambulisme complet :

1° « L'isolement » (le rapport exclusif avec le magnétiseur, insensibilité envers tout ce qui entoure le sujet) ;

2° « La concentration » (c'est-à-dire que toute l'activité du sujet est concentrée en dedans) ; — Puységur ne connaissait pas le somnambulisme magnétique spontanément actif (*);

(*) Le sommeil magnétique (c'est-à-dire avec rapport), spontanément actif est assez rare. Il ne se manifeste qu'à la suite d'une magnétisation contre le gré du sujet, ou bien à la suite d'un réveil somnambulique après un état d'aïdéie profonde, réveil occasionné par une idée dominante à l'état de veille.

3° «Lamobilité magnétique » (la suggestibilité mentale et attraction à distance).

« Le troisième caractère du somnambulisme complet, dit-il, c'est la mobilité magnétique, c'est-à-dire qu'un malade dans cet état est toujours plus ou moins sensible à l'impulsion de la seule pensée de son magnétiseur. Je dis plus ou moins, parce qu'il est des malades dont les muscles s'engourdissent quelquefois dans le somnambulisme, au point de ne pouvoir se mouvoir que très difficilement, et qu'il en est d'autres dont la concentration somnolente est si profonde, qu'on neparvientqu'avec beaucoup de peine a les en distraire. Nous ne les ferons donc pas tous également se lever, marcher, vous suivre, s'asseoir, prendre une tasse sur une table ou leur faire accepter ce que vous leur offrirez mentalement et par le seul acte de votre volonté. Maisce à quoi vous réussirez toujours, sans avoir besoin ni de les toucher, ni de leur parler, c'est de les mettre en rapport avec les personnes que vous voudrez qu'ils entendent. Le succès de ces sortes d'expériences dépend uniquement, au reste, des magnétiseurs et nullement des magnétisés qui, comparables à des aiguilles aimantées sur leur,pivot, sont aussi indifférentes qu'elles, à toutes les directions que l'on veut leur donner, pourvu que l'influence soit bonne (*).

(*) A.-M.-J. Chasnetde Puységur, Recherches, expériences et observations physiologiques, etc. Paris, 1811 ,p, 45.

Comment un si bon observateur a-t-il pu avoir tant de confiance dans Un phénomène aussi délicat ?

Pour plusieurs raisons.

1) D'abord il paraît, quoi qu'en disent les hypnotiseurs, qu'il ne se trompait pas en admettant des différences personnelles. Non seulement il est concevable que différentes personnes ne savent pas concentrer leur pensée (on peut facilement observer ce phénomène en faisant les expériences du cùmberlandisme), mais encore il paraît ressortir des différences dans les caractères du somnambulisme, qu'obtiennent divers observateurs, que l'individualité psycho-physiologiquè de l'opérateur y est pour quelque chose. Je connais par exemple une personne qui, sans le vouloir, obtient presque toujours surtout les phénomènes paralytiques, d'autres qui provoquent surtout l'hyperesthésie, d'autres qui ne peuvent obtenir qu'un assoupissement léger, d'autres qui déterminent toujours un état désagréable, ce qui m'étonnait longtemps; car, dans toutes mes observations, sauf chez deux ou trois épileptiques, et une ou deux hystériques, j'obtenais un état très agréable aux sujets; c'est même cela qui m'a attiré tant d'amateurs, de sorte que je n'ai jamais eu besoin de chercher des sujets pour mes études. En un mot, il y a des différences personnelles et si je n'ai pas réussi à répéter l'expérience de Puységur, ou presque, cela peut tenir encore aune différence individuelle ou à une irrégularité, inhérente à mon expérimentation dans ce cas particulier.

Je ne voudrais pas qu'on exagère l'importance de ces observations. L'individualité du sujet reste toujours la cause principale, la plus palpable, de ces phénomènes.

Une personne nettement sensible à l'hypnoscope pourra être hypnotisée par n'importe qui (*) : Les différences ne commencent que dans l'action vitale et sont rarement nettes.

(*) On m'a cependant assuré, qu'un interne de Paris ne pouvait jamais obtenir le sommeil, même sur des malades excessivement faciles à endormir.

2) On a vu que Puységur ne connaissait pas le somnambulisme actif, c'est-à-dire un état polyidéique, qui généralement s'oppose à l'action mentale. Aussi il ne voit d'obstacles que du côté d'un état trop profond, avec assoupissement, engourdissement, rigidité, c'est-à-dire dans l'aïdéie paralytique, ou tétanique, qui, lorsqu'elle est très tenace, s'oppose aussi à l'action mentale. — En conséquence, il n'agissait que dans des états plus ou moins rapprochés du monoïdéisme.

3) Enfin, il ne faut pas oublier qu'il ne parle que du somnambulisme complet, avec rapport, et qu'il a eu la chance de tomber, dès le commencement, sur des sujets excellents, ce qui a pu exalter sa confiance.

Quoi qu'il en soit, ce fait a été constaté par un observateur excellent et dont le livre se recommande aux inventeurs des nouveautés hypnotiques :

« Vers la môme époque, arriva à Aix, pour les bains, M. le comte Paul D..., officier supérieur de la garde impériale russe, lequel ayant ouï parler de mes deux malades, me manifesta le désir de les voir. — Il s'était autrefois occupé du magnétisme avec le Dr Pizzati, qui me l'avait adressé de Florence... Quoi qu'il n'en fit plus le sujet de ses études, il se souvenait de la grande puissance magnétique dont il avait joui, et en parlait avec une certaine satisfaction : il semblait jouir de cette réminiscence, et il était curieux de savoir jusqu'à c[uel point il avaitconservé son ancien ne puissance magnétique.... Je me prêtai volontiers aux désirs de M. D..., et avec le consentement de mes deux malades et celui de leur famille, je les mis en rapport de société. Je fus dès le premier jour, stupéfait de l'immense pouvoir magnétique qu'il exerçait sur elle. Son regard seul pétrifiait Estelle, et quelques passes calmantes faites en rond sur la région précordiale et sur l'épigastre, à la distance de cinq à six pouces, suffisaient pour soulager M Isaure de douleurs atroces, dont le système nerveux pneumogastrique était le siège, et qui, depuis bien des mois, n'étaient suspendues que pendant l'état de catalepsie, d'extase ; ou bien le sommeil ordinaire, qui était rare et presque toujours fatigué de rêves et de visions.— Ce qui m'a le plus étonné dans la puissance magnétique de M.le comte D... sur cette dernière malade, c'est de lui pouvoir suspendre, par le seul acte de sa volonté, des rapports magnétiques, déjà établis entre elle et moi, quand il voulait agir sur elle par sa seule volonté, et les rétablir à sa volonté ou à la volonté des autres. — J'étais Je médecin de M Isaure depuis qu'elle était arrivée à Aix, et je semblais posséder sa plus entière confiance: mais M. D... me l'eut bientôt enlevée, ce qui dura jusqu'à son départ d'Aix. — D'où provenait cette force de sympathie? Je l'ignore. Mais le fait n'en est pas moins constant. Je l'ai vu se répéter plusieurs fois, et M Isaure m'entendait ou ne m'entendait pas, selon le bon plaisir de M. D... tôt cela, bien certainement, ne pouvait être produit que par le fait seul de la volonté dudit M. D..., car il ne la touchait ni médiatement, ni immédiatement. J'ai vu le phénomène en question se répéter maintes et maintes fois. Nous causions meme par écrit, afin d'ôteraux assistants tous soupçons, que la malade, bien qu'elle eût les yeux complètement clos pendant toute la durée de ses crises, eût pu nous entendre, nous comprendre par signe, et se plier ainsi par condescendance à la volonté de son magnétiseur. — M. le comte D... variait aussi les phénomènes, absolument à ma volonté. Il ne prononçait aucune parole, et il pouvait cependant, lorsque je lui transmettais mes ordres par écrit, les faire exécuter par la malade, au moment voulu et désigné par moi dans l'nstant même; et si je venais à changer mes ordres, après les avoir donnés primitivement d'une autre manière, MIsaure les exécutait, non pas comme je l'avais ordonné d'abord, mais bien comme je venais de le faire immédiatement. — M. D... m'avait parlé de cette espèce de tour de force, comme l'ayant exercé assez fréquemment jadis. J'étais fort curieux de voir comment il remplirait la condition d'un programme semblable, auquel, je dois l'avouer, je ne croyais nullement alors, et auquel j'ai bien delà peine à croire encore aujourd'hui, malgré toutce qu'en ontdit les magnétiseurs, malgré ce qu'on a écrit sur la force de la volonté, comme pouvant produire seule le phénomène en question, et, malgré tout ce dont j'ai été témoin moi-meme maintes et maintes fois. D'après cela, on doit naturellement penser que j'apportais à l'expérience toute l'attention possible, pour bien voir ce qui se passerait, afin de découvrir la loi qui le régissait, et en tirer des inductions qui puisseut me servir à reconnaître, ou à justement apprécier la cause des modifications, auxquelles, indubitablement il devait être exposé, dans les divers somnambules. J'étais donc tout yeux et tout oreilles, et l'on ne peut plus attentif aux gestes, aux regards et aux moindres mouvements de l'un,et de l'autre... Cependant, j'ai vu, sans en pouvoir douter, et à ma grande surprise, je l'avoue, j'ai vu M. D... annuler des rapports établis entre ma malade et moi, je l'ai vu renouveler ces rapports, ces sympathies, les suspendre de nouveau, etc., etc.; et cela en vertu d'un seul acte de sa volonté, ou bien c'était par l'effet d'une fascination, si l'on veut, produite parM. D..., fascination dont l'essence et le mode m'étaient absolument inconnus, comme ils le sont encore; mais qui opérait constamment son effet, lorsque ma pensée ou celle de toute autre personne de la

"société, passait par ht volonté de M. D... — Ce phénomène ne saurait être expliqué, comme beaucoup d'autres, par la seule lecture de la pensée du magnétiseur, faite par un magnétisé (phénomène qui est beaucoup plus commun qu'on ne le pense dans l'état nerveux des crisiaquessoit magnétiques, soit spontanés). En effet, pour qu'il s'opérât, il aurait fallu que non seulement MIsaure pût lire la pensée de la personne qui agissait sur elle,mais encore que le magnétiseur paralysât par sa volonté l'organe qui, déjà, établissait le rapport néuropathique entre elle et moi, et que tout cela

se fit simultanément. Sans le concours de ces deux conditions la solution du problème resterait incompléte. — Quoi qu'il en soit, que l'explication donnée de ce phénomène soit satisfaisante ou non «(évidemment elle n'est pas suffisante), « c'est un fait positif, qu'aussitôt que la volonté de M. D... avait rétabli le rapport entre M Isaure et moi, si je lui parlais ainsi : « Mais, mademoiselle, pourquoi ne m'avez-vous pas répondu quand je vous ai adressé la parole tout à l'heure? » Elle me répondait aussitôt : « Par une raison bien simple, monsieur, c'est que vous ne m'avez rien demandé (*)»

(*) Dr Despine père, Observations de médecine pratique, Annecy, 1838 (Notes), p. 176 et suiv.

Puységur avait donc bien observé, et le. phénomène est possible. On doit s'imaginer qu'une concentration de volonté de M. D..., dirigée vers M Isaure, détournait d'abord le rapport, établi avec M. Despine, vers M. D..., c'est-à-dire vers un foyer dynamigne plus puissant, et puis par des efforts successifs, communiquait au sujet des impulsions voulues. L'arrêt de ces efforts, l'amortissement de ce foyer, délivrant le système nerveux de M J...de ficelles invisibles qui la dirigeaient, rétablissait le rapport avec son magnétiseur habituel. C'est comme si deux télégraphistes s'arrachaient mutuellement le fil conducteur, duquel dépend la transmission.

Supposez un galvanomètre très sensible, réuni séparément à deux bobines à fil gros, A et B; — toutes les deux contiennent un noyau magnétique, mais l'aimant de la bobine A est faible, tandis que l'aimant de la bobine B est fort. Si ces aimants-là restent en repos, il n'y aura pas d'action, le galvanomètre ne bougera pas. Mais voici le premier qui, par une série de déplacements, induit dans sa bobine une série des courants alternatifs. L'aiguille du galvanomètre s'agite et elle restera dans un état de trépidement continuel tout le temps que durera le mouvement de l'aimant faible dans la bobine A. — Mais maintenant c'est l'autre qui entre en vibration; son déplacement change la tension moléculaire dans les spires de la bobine B; des courants sont engendrés, et ces courants, étant plus forts que les précédents, déterminent une réaction plus notable de l'aiguille et prédominent sur l'influence de la bobine A, en faisant exécuter à l'aiguille du galvanomètre, tous les mouvements correspondants. Le galvanomètre très sensible représente ici le sujet, et les deux bobines correspondent aux deux magnétiseurs, chez lesquels l'action intérieure intense provoque des vibrations moléculaires intenses, qui s'irradient au dehors. Les fils — et ici l'analogie est moins clair — représente le rapport. Coupez les fils, et le galvanomètre ne bougera plus.

Il en est à peu près de même dans l'action dite magnétique d'un organisme vivant.

Si le rapport n'est pas établi par une magnétisation préalable, où bien par des magnétisations précédentes, je crois que l'action mentale resterait sans résultat.

Il y a des faits qui semblent s'opposer à cette manière de voir. On a obtenu des transmissions de pensée avec quelques personnes qui n'ont jamais été magnétisées. Mais, en examinant ce fait de près, on voit que d'abord le sujet a toujours été prévenu que toujours son attention expectante le mettait dans un état plus ou moins anormal et que toujours, avant d'obtenir un résultat quelconque, l'opérateur était obligé déconcentrer bien sa pensée, avec I'idée d'influencer le sujet, ce qui équivaut à peu de choses près à une magnétisation.

Donc, je crois que Despine a bien observé le phénomènë : il n'y a pas de suggestion mentale sans rapport magnétique. 11 a bien observé que M. D..., pour pouvoir agir sur M Isaure, avait besoin de rompre d'abord le rapport de M. Despine, et ensuite d'établir le sien. C'est là une observation, qui a sans doute paru insignifiante au lecteur, et quia cependant son importance.

Mais, dira-t-on, cela revient au môme, puisque M. D... agissait de la meme manière pour établir le rapport, que pour faire exécuter un commandement?

Oui et non. Il agissait de la même manière, puisqu'il agissait mentalement, mais l'action n'est pas tout à fait la même. Pour établir le rapport, on appelle le sujet mentalement, on l'attire, c'est-à-dire on attire son attention par un effort qui, faisant vibrer les particules de... je ne sais quoi, se propage et atteint un galvanomètre suffisamment sensible, tandis que, pour faire exécuter un ordre, on se le représente intérieurement et on pousse mentalement le sujet dans une direction voulue, en tâchant surtout de penser nettement à ce qu'on veut obtenir. C'est à peu près la même différence qui existe entre un hallo! crié dans le téléphone pour attirer l'attention du correspondant, et la conversation elle-même.

Cependant, c'est toujours une action mentale, et s'il n'y a pas d'action mentale sans rapport, il faut alors avouer également qu'il n'y a pas de rapport sans action mentale...

Si—il y a un rapport sans action mentale ; la présence seule d'un organisme, doué d'une tension nerveuse éminente, d'une vitalité bien équilibrée des mouvements moléculaires, peut agir physiquement sur un sujet avide d'une énergie vitale semblable, et préparer le terrain pour une action mentale voulue. 11 y a de ces actions catalitiques jusque dans la chimie minérale.

Et puis, ce cercle vicieux n'est qu'apparent. C'est l'imperfection de notre langage qui en est la cause.

Certains psychologistes allemands, qui aiment les questions inutiles, se sont tourmentés pour savoir comment un homme qui dort peut-il être réveillé par une impression, étant insensible aux impressions?

Et évidemment quand on définit le sommeil : « un état non impressionnable », on ne comprendra jamais 'le réveil par une impression.

Heureusement, tout est relatif. Celui qui dort ne perçoit pas, mais son inconscient perçoit parfaitement, et il n'y a pas de limite entre la conscience et l'inconscient.

Dans un état d'aïdéie profonde, la suggestion mentale ne réussit pas ; mais, si cet état est moins profond, elle réussit à faire une chose : exciter le sujet et produire un réveil relatif, un passage dans un état plus sensible, et alors, si on persiste, la suggestion peut réussir totalement.

En somme, on voit l'importance du rapport pour la manifestation du phénomène qui nous occupe, et malgré notre désir d'aborder le moins possible les questions qui dépassent notre but, nous serons obligés de l'élucider un peu.

Qu'est-ce, en réalité, que ce « rapport magnétique »?

Ce qu'on nomme ainsi, constitue un phénomène très complexe. Toute la question du magnétisme est là. Elle n'existe pas pour l'hypnotisme. Un hypnotisé entend tout le monde ou personne. Un magnétisé n'entend que son magnétiseur. Il y a plus : il n'entend son magné' tiseur que lorsque celui-ci s'adresse à lui.

Tout en restant à côté d'un somnambule et tout en causant avec lui, on peut impunément répondre à d'autres personnes, s'adresser à elles, leur parler dusomnambule, se moquer de lui, il n'entend rien. Mais, dès que vous vous adresserez à lui il vous répondra et exécutera vos ordres.

Pourquoi? Comment se fait-il qu'une impression tout à fait semblable,au point de vue physique, ne soit pas perçue, lorsqu'elle n'est pas accompagnée d'une certaine intention?

Est-ce une action mentale qui manque dans ce dernier cas? Sans doute. Mais la chose n'est pas si simple qu'elle paraît l'être. On ne pourrait pas admettre une action mentale en ne se basant que sur cephénomène-là. Dans la plupart des cas, elle y est étrangère, au moins dans le sens d'une transmission de volonté. Oui, l'intention fait tout; mais, en s'observant bien, on voit que nous changeons sensiblement à'attitude en nous adressant aux autres personnes. Le plus souvent on se détourne, et surtout on donne une intonation différente à la voix, et le cerveau de notre sujet n'est plus réglé pour cette intonation-là.

C'est ici qu'on peut juger de l'importance des suggestions involontaires.

On aurait épargné à l'hypnologie une foule d'observations sans importance si on avait su :

1) Que l'hypnotisme ne doit pas être confondu avec le magnétisme.

2) Que le sujet magnétisé devine nos intentions jusqu'au point d'être anesthésié ou hyperesthésie suivant l'intonation de notre voix.

Et tout cela encore sans suggestion mentale. Maintenant ajoutez l'action de la suggestion qui se manifeste de temps en temps, au moins indirectement, par des perceptions inconscientes du deuxième ordre et vous comprendrez le gâchis, qui peut résulter d'une étude, faite dans de pareilles conditions.

Le rapport résulte :

1° D'une concentration de l'attention du sujet, dirigée uniquement vers le magnétiseur, (c'est le cas le plus fréquent et cette explication suffit très souvent);

2° D'un réglage particulier psychique, obtenu en partie par cette concentration même, mais principalement provoqué par les procédés démagnétisation, et soutenu par des indications involontaires de l'attitude, de la voix, etc., du magnétiseur (c'est déjàun cas moins fréquent);

3° D'une action physique individuelle... (que nous décrirons tout de suite, mais qui est rarement évidente);

4° D'une suggestion mentale.

Nous voilà en plein magnétisme ! Une action physique individuelle... c'est bien cela le magnétisme, fluide ou non ; dès que l'opérateur entre en jeu, non comme un boulon brillant, mais comme un corps vivant, comme un foyer dynamique, dont la présence n'est pas indifférente, c'est assurément du magnétisme.

Eh bien ! oui ! Il faut l'admettre ou renoncer à comprendre certains faits.

Un éminent professeur du collège de France, dont j'estime beaucoup et l'originalité des vues et l'exactitude dans les expériences, a dit à ce sujet :

« La science doit à Braid d'avoir tracé nettement la limite entre les prétentions erronées de ceux qui croient plus ou moins au prétendu magnétisme animal ou à une force neurique, pouvant sortir des nerfs d'un individu, pour entrer dans ceux d'un autre, et les faits si intéressants qui peuvent se produire dans nombre de parties du système nerveux d'un individu, sous l'influence d'une irritation spéciale, provenant d'une autre partie de ce système... »

Cette tendance à remplacer, autant que possible le mystérieux par le positif, je la comprends et je l'approuve; mais pourquoi être plus braidiste que Braid lui-même? Cet excellent observateur n'a pu rester longtemps dans l'erreur d'une identité complète, entre les phénomènes qu'il provoquait, et ceux qu'obtenaient les magnétiseurs. Il rejette le concours du « fluide » dans ces expériences, il s'efforce de remplacer une action objective impalpable par une action subjective vérifiée, et il a raison; tout le monde doit éviter, autant que possible, l'admission des forces nouvelles; mais il ne dit pas, comme les hypnotiseurs d'aujourd'hui, que le magnétisme n'existe pas et que son hypnotisme le supplée complètement. Il dit seulement : « Nous ne pûmes découvrir l'influence sympathiqueque certains expérimentateurs auraient, dit-on, effectuée. » C'est bien le langage d'un vrai savant. Mais il y a plus : malgré sa tendance dominante, et éminemment scientifique, d'éliminer le magnétisme de l'action hypnotique, il est arrivé à reconnaître l'erreur d'une substitution absolue :

« Les remarques suivantes, dit-il, de M. M. Brookes, conférencier célèbre, sur le magnétisme animal, éclaire- ront encore mieux ce débat. En apprenant que j'avais changé d'opinion au sujet de l'identité, il dit : « Je suis très heureux que vous ayez cru devoir changer votre première manière de voir, quant à l'identité de vos phénomènes avec ceux du mesmèrisme. J'avais admis dès le premier jour, la valeur et l'importance de votre découverte, maisje ne pouvais admettre cette identité, et je blâmais votre insistance passionnée et vos sévérités, contre les partisans du magnétisme animal, parcequ'ils ne pouvaient tomber d'accord avec vous. Je croyais, et je crois encore, que vous aviez tort dans ce débat, et qu'en vérité vous étiez injuste envers vous-même, car vous avez, de fait, découvert un agent nouveau et non pas une simple modification d'un agent déjà connu. »

Donc, laissons à Braid ce qui appartient à Braid et à Mesmer ce qui appartient à Mesmer.

Mesmer a eu le tort, (il en a eu plusieurs, mais c'est le principal) d'être venu le premier et on est rarement bien reçu en arrivant trop tôt. Braid a rendu à la science un immense service, en constatant, par des moyens exacts, un certain nombre de faits déjà découverts par les magnétiseurs, déjà confirmés par une commission académique, déjà expliqués subjectivement par Faria, Bertrand et Hénin de Cuvilliers, seulement présentés par lui sous un aspect plus positif et plus scientifique. C'est tout ce qu'il a fait, et c'est bien assez. Mais ce n'est pas assez pour ses continuateurs d'aujourd'hui.

« Aujourd'hui, dit le Dr Bottey (*), le mystérieux est mort, et avec lui le magnétisme animal, qui a cessé d'exister depuis que Braid, en 1843, a porté au mesmérisme et au fluidisme le coup décisif, qui les a tués à jamais... »

(*) Dr J. Bottey, Le Magnétisme animal, etc., Paris. 1884, p. 1.

Dans l'opinion de M. Bottey, pas dans celle de Braid lui-même. Braid dit :

« Pendant longtemps, je crus à l'identité des phénomènes, produits par ma façon d'opérer et par celle des partisans du mesmérisme ; d'après les constatations encore actuelles, je crois tout au moins à l'analogie des actions, exercées sur le système nerveux » (ce qui est très juste). « Toutefois, et à en juger d'après ce que les magnétiseurs déclarent produire dans certains cas, il semble y avoir assez de différence pour considérer l'hypnotisme et le mesmérisme comme deux agents distincts (*). »

(*) J. Braid, Neutypnologie, traduite par le Dr Simon avec préface de Brown Séquard, Paris, 1883, p. 27.

Par conséquent Braid n'a rien tué, etil serait peut-être bon de le lire, avant de lui prêter un rôle quelconque, Passons aux faits :

Sans entrer dans les détails de la question du rapport, ce qui demanderait un volume à part, bornons-nous à signaler quelques faits, qui démontrent l'insuffisance de deux premières causes psychiques, indiquées plus haut, pour expliquer tes phénomènes du rapport.

Le toucher d'une personne plongée dans le sommeil magnétique, présente certaines particularités tout à fait étonnantes. Il y a plusieurs nuances dans le phénomène, mais nous pouvons le prendre sous sa forme la plus simple et la plus nette ; pour le vérifier, on aura seulement soin de choisir un sujet magnétisé par une seule personne et déjà plusieurs fois, car pendant la première ou deuxième séance ce phénomène est rarement manifeste.

Le sujet sent et supporte bien l'attouchement de son magnétiseur. Quant aux attouchements d'une personne étrangère, deux cas sont possibles suivant l'état du sujet :

1° Ou bien ils lui feront une peine visible, qui pourra aller jusqu'à produire une attaque ;

2° Ou bien il ne les sentira pas du tout.

Dans le premier cas, il n'est pas nécessaire que l'attouchement soit appliqué directement : on touche les effets, le coussin, la couverture, le lit ou la chaise, même en dehors de la vue du sujet, et malgré cela, il tressaille et se plaint d'une sensation désagréable. J'ai institué plusieurs expériences, dans le but d'éliminer l'influence de l'imagination, et je suis parfaitement convaincu que le fait est vrai. Il a du reste été signalé déjà par Puységur. Quelquefois cette hypéresthésie élective est tellement prononcée, que le malade ne peut supporter la présence seule d'une certaine personne, même à la distance de quelques mètres. Mais alors on peut supposer l'influence des sensations olfactives; tandis que dans d'autres cas il supporte la présence, même à côté de lui, seulement à condition qu'on ne le touche pas, ni directement ni indirectement. Il y a toute une graduation de sensibilité dans ce phénomène; les uns ne sont influencés que par contact direct, les autres à quelques centimètres, quelques-uns à plusieurs mètres. Je n'ai pas observé une différence par apport aux points du corps couvert ou non ; lorsque l'attouchement est désagréable, il Test aussi bien à travers les effets que directement ; seulement il l'est peut-être un peu plus, lorsqu'on touche un vêtement qui colle sur la peau, que lorsqu'on touche le bout d'une longue robe par exemple, mais la différence n'est ni constante, ni certaine.

Je préviens les observateurs qui voudraient bien constater le fait, que chez certains sujets, peu sensibles, ce phénomène n'existe pas ; que chez d'autres, dans un somnambulisme léger, l'attouchement d'une tierce personne ne peut que produire le réveil; que chez d'autres enfin ce n'est que le premier attouchement qui fait tressaillir et les suivants ne produisent plus rien. Mais il y a bon nombre de sujets sur lesquels cette expérience peut être faite.

Un médecin de ma connaissance se refusant de croire à ce phénomène me pria de le lui montrer. L'expérience a été faite sur une jeune fille qu'il connaissait bien et qui fut magnétisée par moi pour la cinquième fois. Elle avait les yeux bandés et nous nous sommes placés derrière elle, en touchant sa chevelure ou son dos d'un seul doigt, d'après les indications mimiques du médecin. Elle ne s'est pas trompée une seule fois pour dire qui de nous deux l'avait touchée; du reste cela était visible, puisqu'il y avait un mouvement réflexe de répulsion quand ce n'était pas moi qui la touchait.

Donc, il y aune action physique. Mais laquelle?

Elle est de deux espèces : 1° pathologique, et 2° physiologique.

1° Une personne malade, c'est-à-dire déséquilibrée, souffrante ou faible, réagit sur le sujet sensitif en troublant son équilibre moléculaire, en lui communiquant par influence ses douleurs, ou bien en lui dérobant une partie d'énergie moléculaire générale, comme on dérobe à un corps brut une partie d'énergie calorique ou électrique, en. le touchant ;

2° Une personne bien portante mais étrangère (dans le sens magnétique du mot) agit généralement moins fort ; son contact est moins désagréable, mais il l'est toujours plus ou moins, à cause de la différence qui existe entre son état dynamique et celui qui a été provoqué ou communiqué au sujet par son magnétiseur, Nous ne pouvons pas préciser en quoi consiste cette différence, mais nous sommes bien obligé de l'admettre, même en dehors du magnétisme.|

Si à l'état normal on ne la sent pas, ce n'est pas une preuve qu'elle n'existe pas : on ne voit pas les étoiles dans la journée, quoiqu'elles brillent toujours également. Le somnambule est sous ce rapport un appareil extrêmement sensible, qui se laisse influencer par des causes, insignifiantes à l'état normal.

Dans le second cas, c'est-à-dire lorsque le sujet ne sent pas du tout l'attouchement d'une personne étrangère, on peut faire l'expérience suivante : au lieu de toucher directement, on touche avec un crayon, par exemple. Si en touchant directement on pourrait supposer les différences de température, etc., qui indiqueraient au sujet celui qui le touche,—ici cette supposition n'a plus de valeur — eh bien! malgré cela, le sujet sentira le crayon du magnétiseur et ne sentira pas le même crayon, lorsqu'une tierce personne le tiendra dans la main.

Je prie les adversaires du magnétisme de bien réfléchir à cette expérience. On peut la varier de différentes manières : le sujet ne sent pas le crayon, mais si le magnétiseur touche la main de la personne qui tient le crayon, celui-ci deviendra sensible de nouveau. Allons plus loin. Prenons une longue tige à la place du crayon et que le magnétiseur la tienne d'abord à 40, puis à 20, puis à 50 centimètres. La pression de la tige et son contact avec la peau du sujet deviendront de plus en plus confus, de plus en plus incertains, enfin à quelques mètres, suivant la force de l'action physique individuelle et de la sensibilité du sujet, ce dernier ne sentira plus rien. Et pourtant, la pression mécanique reste toujours la même !

Est-ce l'imagination qui fait cela, est-ce la foi? Qu'on m'explique cette expérience, sans une action physique, et je renoncerai au magnétisme, mais pas avant.

11 y a plusieurs autres preuves de l'action physique, mais celle-là peut nous suffire pour le moment.

Elle démontre, que les différences dynamiques moléculaires dépassent la surface du corps; qu'un certain mouvement tonique vibratoire propre à un organisme donné, se propage en dehors de sa périphérie et peut influencer le sujet d'une façon assez nette, assez palpable, pour admettre une action réelle. Donc, il y a une action physique individuelle. Là-dessus les hypnotiseurs peuvent plaisanter autant qu'ils voudront : rira bien qui rira le dernier.

L'action dynamique personnelle constitue l'une des causes du rapport. Le sujet est insensible; mais il sent mieux que jamais la main de son magnétiseur; il est sourd, mais il entend mieux que jamais la voix de son magnétiseur. Et c'est cela qui constitue, entre autres, le rapport.

Reste le quatrième et dernier agent : la suggestion mentale.

L'organisme du magnétiseur, déjà actif par sa présence seule, devient plus actif, lorsque sur ce fond dynamique qui résume sa personnalité, il se développe un foyer renforcé par une concentration de pensée, par une tension de la volonté, qui affermit le lien, invisible, mais bien réel, qui unit les deux organismes.

Maintenant, pour ne pas faire croire au lecteur que nous l'avons conduit dans un monde fantastique, jetons un coup d'œil sur l'ensemble des phénomènes communs.

Dans l'ensemble des faits hypnotiques, ces agents sont inàctifs, puisque le rapport n'existe pas. Dans l'ensemble des faits magnétiques, ils présentent tous les degrés possibles ; dans la majorité des cas, le premier agent (l'attention expectante du sujet) suffit pour expliquer les faits. Cette explication devient plus complète par le concours du deuxième agent : des suggestions ordinaires sont associées aux manœuvres de magnétisation et de l'altitude du magnétiseur. Dans un petit nombre decas, l'action physique devient évidente. Enfin exceptionnellement (peut-être une fois sur plusieurs centaines) la suggestion mentale domine toutes les autres influences, et ce n'est qu'alors que la théorie des volontistês se justifie.

Mais ceux qui, jugeant les faits à la légère, nient l'action physique et la suggestion mentale, prouvent seulement de deux choses l'une : ou bien qu'ils n'ont pas assez étudié la question, c'est-à-dire expérimenté sur un grand nombre de personnes, ou bien qu'ils sont incapables de faire des expériences délicates. Pardon, il y a encore une troisième catégorie : de gens de bonne foi, capables et expérimentés, mais qui se sont fait une prévention.

Ils ont mis des lunettes de couleur et ils ne voient que dans cette couleur. Mais savez-vous ce qui arrivealors? 11 se produit des choses tout à fait drôles. Je vais vous donner trois exemples : dans le premier, c'est un savant distingué qui, pour échapper à l'action physique, admet la suggestion mentale. Dans le deuxième, c'est un analyste très spirituel et très sceptique, qui, se refusant de reconnaître une action physique, reconnaît la suggestion mentale et la double vue ; enfin dans le troisième, c'est un novateur prudent, excellent observateur, qui, pour ne pas reconnaître l'action physique ni la suggestion mentale, démontre involontairement toutes les deux, eten plus consacre par son autorité un préjugé tout à fait extra-scientifique.

Commençons par ce dernier.

Il s'agit de Braid.

M. le Dr Bottey, pour qui la transmission de pensée, n'est « qu'une jonglerie appartenant au domaine du charlatanisme » a cependant raison lorsqu'il dit que « le seul reproche qu'on puisse adresser à Braid est d'avoir voulu faire servir sa découverte à la consécration des doctrines phrénologigues (*) ». Seulement .M. Bottey ignore que ce sont précisément les études paréno-hypnotiques de Braid qui prouvent la transmission de pensée.

(*) Bottey, loc. cit., p. 5.

Voici en quoi consiste l'affaire :

Le Dr Gall avait imaginé une théorie, basée apparemment sur l'expérience, et où il y a du vrai; mais qui, sous plusieurs rapports, est contraire aux données de la psychologie et tout à fait fausse dans les détails. D'après cette théorie, toute la substance grise du cerveauest divisée en 27 petites régions, appelées organes et habitées par des facultés distinctes.

C'est ainsi que, d'après lui, nous avons dans la tête un organe particulier pour l'industrie, pour l'amitié, pour la rixe, pour la ruse, pour le vol, pour l'estime de soi-même, pour la pénétration métaphysique, pour la douceur, pour là vénération (c'est celui qui, à la Salpêtrière, détermine le somnambulisme ; « pression sur le vertex... ») etc.

Plusieurs magnétiseurs s'amusaient à faire du phréno-magnétisme, c'est-à-dire d'appliquer le magnétisme à la phrénologie de Gall, de Spurzheim et d'autres crâniologistes. Ils agissaient par contact, en pressant sur la tête le point correspondant d'un organe phrénologique, et obtenaient quelquefois chez des sujets sensibles une manifestation des sentiments, des penchants, ou des idées correspondantes.

Braid essaya de vérifier leurs assertions et il réussit si bien qu'il fut tout ému du résultat. Toutes les quelques pages de son livre il revient à ce sujet, et il est très instructif de le voir à la fois enthousiasmé et embarrassé par l'étrangeté de ces phénomènes.

Assurément, c'était un peu de trop pour un esprit aussi positif que le sien, surtout quand on s'est mis dans la tête que tous les phénomènes hypnotiques résultent d'une fatigue de l'appareil visuel. Mais la chose était pourtant bien vraie. Braid doute, essaye de nouveau, se fait à lui-même toutes les objections possibles... La réalité reste, mystérieuse, mais bien palpable : le sujet vole une bague, si on lui presse l'organe du vol; il la rend, confus, si on lui presse l'organe de la conscience ; il commence à réciter une prière sous le contact de la vénération, et bat son magnétiseur, si ce dernier appuie un peu fort sur la combativité, etc. Il y a plus : certains sujets n'ont pas besoin d'être touchés ; en présentant son doigt au-dessus d'un organe, Braid obtient presque le même résultat. Certaines différences individuelles se manifestent : une personne agit mieux qu'une autre, et c'est toujours celle qui connaît mieux la phrénologie qui agit mieux. Braid, de plus en plus embarrassé, expérimente tour à tour sur quarante-cinq personnes qui, presque toutes, n'ont aucune idée de phrénologie, par conséquent ne peuvent pas simuler. Il remplace le doigt par une tige de verre, puisque le verre est un mauvais conducteur de l'électricité et du magnétisme (!) puis le verre par un bouchon qui presse mécaniquement sous un bandeau serré... Rien n'y fait : les sujets continuent à subir l'action de l'organe touché !

Que faire alors? L'action physique est impossible, l'action mentale d'autant plus. Donc il s'arrête à une théorie très ingénieuse, mais tout à fait gratuite : il admet une correspondance sympathique entre certains points du cuir chevelu et l'expression de certains états d'esprit.

Enfin, dix-sept ans après, il reconnaît une certaine action du contact sur l'intelligence du sujet, sans pouvoir expliquer au juste tant de succès obtenus.

Quant à nous, tout en reconnaissant qu'il y a plusieurs influences dans les essais de Braid, nous n'hésitons pas à dire, qu'ils prouvent une action physique du magnétiseur (à travers une tige ou non), mais surtout et même d'une façon très remarquable : la suggestion mentale.

Tous les détails que donne Braid, par rapport à son mode d'opération, et quant à l'état des sujets dans lequel réussissaient ses expériences, confirment notre manière de voir. Braid faisait du magnétisme comme M. Jourdain faisait de la prose...

Le deuxième observateur, c'est Morin. Tout son livre, tres intéressant à lire, est consacré à une réfutation du fluide ou d'une action physique quelconque, mais confirme les faits de suggestion mentale et même de vision à distance 1 Nous y reviendrons en parlant des théories, car il donne une théorie de la suggestion mentale.

Enfin le troisième, c'est Bertrand. J'ai de la peine à faire des reproches à cet observateur éminent. De môme que Braid, il ne fut guidé que par un amour sincère de la vérité, et s'il avait eu des preuves suffisantes à ses yeux, il n'y a pas de doute qu'il aurait été le premier à reconnaître une action physique, qu'il admettait du reste tout d'abord, malgré ce que cela coûte dans le monde scientifique. Mais il n'a eu que des résultats négatifs. Deux fois pourtant il fut très embarrassé : une fois c'était quand, après avoir nié une action à distance, il fut obligé de signer le protocole des expériences de du Potet faites à l'Hôtel-Dieu sous les yeux de Husson et de plusieurs autres médecins, et qui confirmaient l'action à distance. Il l'avait signé et puis se rétractait, non sans quelque raison; car M.. Husson, qui ne connaissait pas si bien que Bertrand la théorie suggestive du magnétisme, n'avait pas pris toutes les précautions nécessaires. Ce dernier a eu la mauvaise chance de demander une nouvelle expérience,qui confirma plutôt la théorie de du Potet que la sienne (*). Mais enfin il était dans son droit d'observateur sceptique : il cherchait des preuves incontestables.

(*) Voir les détails dansle rapport Husson, dans Morin et Bertrand (Du Magn. p. 259). — Voir aussi du Potet, Expériencespubliques sur lemagn. animal faites à l'Hotel-Dieu. Paris, 1821.

Une autre fois... Mais laissons la parole à Bertrand lui-même:

« J'ai vu, dit-il (*), une somnambule (M Chevalier) que je ne magnétisais pas, mais dont j'ai été pendant assez longtemps à même de suivre le traitement, et sur qui la personne qui la magnétisait, avait acquis un pouvoir extraordinaire. Elle pouvait à volonté la priver d'un de ses sens, la rendre pour un instant aveugle, muette, sourde etc.; elle pouvait paralyser une partie de son corps, où même la jeter dans un état de léthargie complète, qui ne cessait qu'au moment où le magnétiseur voulait la faire revenir à elle-même au moyen d'un geste particulier. Ce dernier fait est d'autant plus remarquable que la somnambule était absolument privée de l'usage de tous ses sens, comme j'ai eu souvent occasion de le vérifier. (Un témoin un jour, pour s'assurer de l'insensibilité de la somnambule, la pinça si fort qu'il emporta entre ses ongles un morceau de sa chair, et détermina ainsi une plaie saignante qu'elle aperçut en revenant à elle ; et qui la fit assez longtemps souffrir.) Rien ne pouvait l'avertir du moment où on faisait le le signe accoutumé... »

(*) Bertrand, Traité du somnambulisme. Paris, ,1823, p. 249.

C'est ici que Bertrand se trompe. L'insensibilité générale, vérifiée par tous les moyens objectifs, ne prouve rien contre une sensibilité, même exagérée, vis-à-vis des excitations provenant du magnétiseur. Sauf les cas d'aïdéie paralytique, très profonde et très rare, et de certains états actifs extatiques où le sujet cesse momentanément d'entendre et de sentir son magnétiseur, il le sent toujours, et le sent très bien, même de loin, malgré l'anesthésîe générale. Il sentira son geste fait de près, même quand il dort de son sommeil naturel et ne se doute guère de la présence du magnétiseur. Par conséquent, le fait cité prouve seulement l'individualisation de la sensibilité, et non la suggestion mentale ou une action physique directe. Cela ressort du reste des détails qui suivent :

« Ce signe consistait en un recouvrement de la main portée rapidement » (par conséquent il y avait un courant d'air) « de haut en bas, à un demi-pied ou un pied de son corps ; à ce mouvement elle tressaillait, etrevenait à elle ; mais ordinairement un seul geste ne suffisait pas ; il fallait en faire plusieurs successivement et à chaque fois elle éprouvait ce tressaillement dans tous le corps, semblable à celui que pourrait produire l'effet subit d'une forte décharge galvanique ; au bout de quatre ou cinq secousses elle ouvrait les yeux, se soulevait et revenait à elle. »

Les expériences qui consistent à produire la paralysie d'un sens quelconque, uniquement à l'aide des gestes sont assez faciles. Je l'ai démontré en 4881 à la Société Médicale de Varsovie sur quatre personnes.

Elles ne suffisent pas pour prouver l'action mentale, ni même l'action physique de la main, mais elles prouvent l'existense des associations ideo-organiques, entre un signe et un état organique, établies par l'habitude. L'expérience est plus concluante quand on opère sur une personne endormie de son sommeil naturel, qu'on n ajamais magnétisée, qui ne s'attendait pas à votre présence et qu'on magnétise sans contact. J'ai fait une fois cette expérience dans de bonnes conditions et j'ai réussi. Mais ici encore l'action mentale n'est pas prouvée, si, comme je l'avais fait, on agit par des passes à petite distance, car chez des sujets sensibles les mouvements de l'air répétés plusieurs fois devant la figure peuvent provoquer le somnambulisme, sans une intervention spéciale physique.

Bertrand dit lui-même à ce sujet :

« Il me fut toujours impossible de faire perdre connaissance à la malade éveillée par un simple acte de ma volonté ; » (Nous avons vu que ce phénomène existe, mais qu'il est très rare) « et quand je faisais le signe sans volonté, je produisais le même effet, que si j'avais voulu agir ; de sorte que ma volonté seule était sans action, tant que je cherchais à agir sur la malade dans l'état de veille ; mais il n'en étaitplus de même quand elle était tombée en somnambulisme ou en paralysie, car alors ma volonté seule suffisait pour la faire revenir. » (Eh bien, moi, au contraire je n'ai jamais pu réveiller une somnambule par un simple acte de ma volonté, au . moins dans des conditions rigoureuses, c'est-à-dire à l'abri de l'habitude d'une suggestion involontaire. Il paraît qu'il y a sous ce rapport des différences individuelles). » Ce dernier résultat, il faut l'avouer, n'était pourtant pas aussi net que le premier, car, comme pour éviter les accidents qui auraient pu en résulter, on ne laissait jamais la somnambule plus de trois ou quatre minutes sans connaissance, il était difficile, en si peu de temps, de faire quelques expériences concluantes... »

Evidemment, et il me semble que Bertrand s'illusionnait tout simplement sur son action mentale, et que la somnambule, habituée à dormir seulement 3 ou 4 minutes, se serait réveillée d'elle-même (voir p. 20). Mais, Bertrand affirme néanmoins (tout en se faisant luimême quelques objections) qu'il avait fait pour se convaincre l'expérience suivante :

« Je me plaçai dans un endroit de la chambre où j'étais masqué par un coin de la cheminée ; je répétai sept fois (quand je faisais le geste auprès de la malade, ellerevenait ordinairement au troisième ou au quatrième) le geste habituel, pendant qu'elle était sans connaissance, et sept fois elle éprouva au même instant les secousses que ce geste avait coutume de produire; ensuite elle revint tout à fait à elle. D'après ce qu'on me rapporta, les secousses avaient été en même nombre que mes gestes; elles avaient eu lieu au moment où je les faisais, et le réveil était survenu progressivement, comme quand je me plaçais auprès d'elle; en un mot, rien ne manque à cette observation. »

Au contraire, il y manque la certitude que la malade n'a pu entendre ces gestes, ou sentir les courants d'air qu'ils occasionnaient.

Chose étrange, mais qui se répète tous les jours dans les livres sur l'hypnotisme : Bertrand, qui était si difficile quand il s'agissait de juger les expériences des autres, lui qui ne croyait pas au fluide magnétique, est si peu scrupuleux dans ces propres expériences sur une question tellement compliquée!..

Il s'étonne encore du fait suivant : Les signes ou gestes qui provoquaient toujours l'effet voulu en état de somnambulisme, et quand la somnambule ne les voyait pas, restaient insuffisants à l'état de veille où la somnambule ne comprenait pas ce qu'on voulait d'elle... C'était encore un effet des associations idéo-organiques. La somnambule a été éduquée en somnambulisme et non à l'état de veille; par conséquent, les associations qui se sont formées, pour ainsi dire sur le fond de cet état, ne pouvaient pas renaître sur un terrain tout différent. Elles étaient associées à un état organique particulier d'après le schéma suivant ;

Signe a +Somn. = Effet a + Somn.

_

b

_

— b'

_

_

c

—

- c'

_

—

d

—

- d'

—

ce qui ne veut pas dire que :

Signe a + Veille = Effet a' + Veille

—

b

—

— b'

—

—

c

—

- c'

—

—

d

—

— d'

—

car il n'y a pas de continuité entre le somnambulisme complet et la veille. Mais les signes opposés à l'état de veille peuvent avoir influence en somnambulisme; car il y a continuité entre la veille et le somnambulisme (la somnambule se rappelle des accidents de l'état normal).

Cette association idéo-organique compliquée, peut se rapporter également etuniquementà desphases distinctes du sommeil. C'est ainsi qu'à laSalpêtrière, la catalepsie est provoquée par l'ouverture des yeux, la léthargie par la fermeture, et le somnambulisme par une friction sur le vertex. Ce sont là de pures associations accidentelles, qui n'ont aucune valeur scientifique et qui ont seulement embrouillé le terrain déjà assez obscur de l'hypnotisme et du sommeil magnétique. Les observateurs, confiants dans l'exactitude de ces recherches, se sont efforcés de trouver les trois états, là où ils n'existaient pas et ont quelquefois réussi—sur des sujets suggestibles. En se basant sur le même principe, on peut provoquer la léthargie par une pression sur le vertex, la catalepsie par l'occlusion des paupières et le somnambulisme par une friction... sur le talon. Il est temps d'arrêter ces illusions qui ont déjà créé toute une série d'observations sans valeur.

Je mentionnais tout à l'heure que je n'ai pas réussi à déterminer le réveil par le seul fait de suggestion mentale. Ce phénomène a cependant été constaté parla commission académique de 1826 :

« A un signal convenu et donné par M. Fouquier, M. Foissac, dont Cazot ignorait la présence, le réveilla comme il l'avait endormi, par la seule force de sa volonté, malgré les questions qu'on adressait à ce somnambule, et qui n'avaient pas d'autre but que de lui cacher le moment où il devait être réveillé. »

« Le 10 septembre, à sept heures du soir, la commission se réunit chez M. Itard, pour continuer ses expériences sur Cazot. Ce dernier était dans le cabinet, où la conversation était engagée et a été entretenue avec lui jusqu'à sept heures et demie, moment auquel M. Foissac, arrivé depuis lui, et resté dans l'antichambre, séparé de lui par deux portes fermées et à distance de douze pieds, commença à le magnétiser. Trois minutes après, Cazot dit: «Je crois que M. Foissac est là, car je me sens abasourdi. Au bout de huit minutés il était complètement endormi. »

« ...Quoique la commission ne pût douter de l'action bien réelle que le magnétisme produisait sur Cazot, même à son insu et à une certaine distance, elle voulut encore en acquérir une preuve nouvelle. La commission se rendit donc dans le cabinet de M. Bourdois, le 5 octobre à midi, heure à laquelle Cazot y arriva avec son enfant. M. Foissac avait été invité à s'y rendre à midi et demi, il arriva à l'heure dite, à l'heure où Cazot se retira dans le salon, sans aucune communication avec nous. On alla cependant lui dire que Cazot était assis sur un canapé éloigné de six pieds d'une porte fermée, et que la commission désirait qu'il l'endormit et l'éveillât à cette distance, lui, restant dans le salon et Cazot dans le cabinet. »

« A midi trente-sept minutes pendant que Cazot est occupé à la conversation à laquelle nous nous livriions, et qu'il examine les tableaux qui ornent le cabinet, M. Foissac commence ses manœuvres magnétiques, et nous remarquons qu'au bout de quatre minutes Cazot clignote légèrement les yeux, qu'il a un air inquiet, et qu'enfin il s'endort en neuf minutes. »

D'autres expériences semblables ont été faites par la commission, et ont également réussi ; mais, dans des conditions moins sévères. Il est donc inutile de les reproduire.

Quant aux transmissions de la volonté et des pensées en même temps, elles ont eu moins de succès :

« M. Guéneau écrivit sur un premier morceau de panier, les mots suivants : Allez vous asseoir sur un tabouret qui est en face du piano. M. de Geslin,se pénétrant de cette volonté, dit à la somnambule d'exécuter ce qu'il lui demande mentalement. Elle se leva de sa place, et se mettant devant la pendule, il est, dit-elle, neuf heures trente minutes... M. de Geslin lui annonce que ce n'est point là ce qu'il lui a demandé ; alors elle va dans la chambre voisine —on lui fait savoir qu'elle se trompe encore ; elle reprend sa place. On veut qu'elle se gratte le front, elle étend la main droite, et n'exécute pas le mouvement commandé. » (Il est toujours mauvais de prévenir le sujet qu'une expérience doit être faite, car alors l'émotion le réveille en partie, c'est-à-dire le fait passer dans un état actif (polyidéie active) et alors il réfléchit trop, et essaye de deviner ce qu'on lui demande , au lieu de subir passivement l'influence. Lorsque, dans ces conditions-là, le sujet se trompe deux fois de suite, il est préférable d'arrêter l'expérience et de rendre le sommeil un peu plus profond, à l'aide de quelques passes devant la figure). « On désire qu'elle s'assoie au piano, elle va à une croisée éloignée de six pieds du piano. Le magnétiseur se plaint qu'elle ne fasse pas ce qu'il lut impose par sa pensée, elle se lève, et change de chaise. Nous demandons que, quand M. de Geslin lèvera la main, la somnambule lève la sienne, et qu'elle la tienne suspendue jusqu'à ce que celle du magnétiseur retombe. Elle lève la main, qui reste immobile et qui ne retombe, que cinq minutes après celle de M. de Geslin... »

A la suite de ces expériences manquées, la commission déclare qu'elle n'a pu constater la transmission de pensée, mais elle admet l'action de la volonté à distance. C'est l'inverse de ce qu'admettait Bertrand, qui croyait que l'action de la volonté à distance n'existe pas, mais que le sujet peut la deviner par une communication des idées, C'était une subtilisation du problème un peu bizarre, mais il faut ajouter que Bertrand avait dans l'esprit l'action de la volonté directement sur les organes du sujet qui doivent être mis en mouvement, et c'est elle qu'il niait, tandis qu'il admettait la communication de pensées et, par conséquent, la possibilité de l'exécution d'un mouvement commandé, si Je sujet percevait notre pensée et s'il voulait se conformer à nos désirs.

Voici les conclusions de la commission, concernant l'action mentale :

15). — « Lorsqu'on fait tomber une fois une personne dans le sommeil magnétique, on n'a pas toujours besoin de recourir au contact et aux passes, pour la magnétiser de nouveau. Le regard du magnétiseur et sa volonté seule ont sur elle la môme influence. On peut non seulement agir sur le magnétisé, mais encore le mettre complètement en somnambulisme, et l'en faire sortir à son insu, hors de sa vue, aune certaine distance, et au travers des portes. >> (Rapport lu à l'Académie de médecine le 28 juin 1831 par une commission nommée par elle en 1826 et choisie dans son sein.)

Ce rapport a été signé par MM. Bourdois de la Motte. président; Fouquier, Guéneau de Mussy, Guersent; Husson, rapporteur; Itard, «J.-J. Leroux, Marc, Thillaye. — MM. Double et Magendie, n'ayant pu assister aux expériences, n'ont pas cru devoir signer le rapport.



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Titre Originel: Book Title : De la suggestion mentale

Ces livres vous sont proposés dans le cadre d'un projet culturel.
Nous voulons porter l'attention sur les thèmes de la vraie tradition  magnétique et fascinative originelle dans laquelle nous avons été initiés.

Il s'agit de techniques puissantes, aux effets beaucoup de fois extraordinaires, ayant leurs bases dans des concepts energétiques. (elles sont l'équivalent en occident de tradition millénaires basés sur l'énergie paragonables la tradition de la kundalini).

Ce sont des techniques aussi utiles dans la vie pratique: elles peuvent etre utiles dans la thérapie, dans les situations personnelles (magnétisme personnel), dans les rélations et dans beaucoup d'autres situations.

Il s'agit ici de pratiques connectées à une école très ancienne (millenaire, étant déjà présente chez les Romains).
Ces techniques très puissantes jusqu'à maintenant n'ont jamais été revélées en entier par écrit.

Les livres contiennent seulement une partie de l'enseignement original mais peuvent etre utiles pour rentrer dans l'esprit.

Dr. Paret et un amis ont été initiés dans la tradition originelle par l'un des dernier pratiquant, un des très rares fascinateurs magnétiques encore vivant, qui vivait en retrait, et ne voulait pas que ce trésor de connaissance se perdait.

Pour acceder aux systhème complet il leur à fallu quinze ans d'attente.

En plus nous avons recherché longtemps toutes les personnes soi-disant magnetistes, hypnotiseurs et fascinateurs et nous en avons extraits les mèthodes d'une façon comparative.

C'est pour ça que nous pouvons dire qu'il s'agit de quelque chose de nouveau.

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Ces exercises sont aussi très regeneratif pour la personne.
Ils augmentent son impact, son influence personnelle et beaucoup d'autres qualités.
A ce modèle se connecte un modèle très comprehensif de l'homme.

Nous vous proposons ces techniques dans une formation pratique à la quelle nous avons donné le nom de Mesmerismus®, bien que nos techniques soient derivés d'une tradition bien plus anciennes que celle de Mesmer.
Elles s'appuient sur une ècole secrète et initiatique, que aussi Mesmer à connu mais lui aussi à en partie tenu cachée.

Il s'agit de techniques complétement naturelles.

Elles reveillent l'homme au soi mème naturel, ou il peut trouver le maximum de pouovoir, et peuvent en aider le dèvéloppement personnel et spirituel.

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