CHAPITRE V NOUVELLES EXPÉRIENCES
Mon retour à Paris. — M Z... — Une expérience par
contrainte.
—
Délire somnambulique. — Suggestion mentale à courte échéance. — M S... —
Transmission des idées. — Une grande attaque d'hystéro-épilepsie. — Pression
ovarienne et suggestion mentale. — La volonté dans le rapport. — Transmission
des sensations. — Excitabilité élective. — Une douleur qui voyage.
— Épuisement. — Reconstitution mystérieuse. —
Probabilité d'une suggestion mentale involontaire, qui simule la double vue. —
Les hallucinations véridiques.
Quelquesjours après
mon retour à Paris, j'ai eu l'occasion de faire de nouvelles observations sur
deux personnes malades (hystériques), auxquelles je fus obligé de donner mes
soins dans des conditions analogues.
M"" Z... fut magnétisée par moi pour des
attaques hystériques, compliquées par un épuisement et une anémie assez
prononcés. (Exp. hyp. sensation de froid et un peu d'analgésie). La
première séance n'a donné rien de positif, seulement mes mains se sont
refroidies à un point tout à fait extraordinaire. La malade, après avoir passé
par un engourdissement à peine sensible pour elle, s'est trouvée un peu mieux,
mais n'attribuait aucune action au magnétisme. Une deuxième séance provoqua le
sommeil magnétique, puis une attaque assez longue, mais le passage de la veille
au sommeil et du sommeil à l'état normal s'accomplit d'une façon
tellement insensible, qu'elle n'a pas voulu croire
au sommeil, et ne se doutait guère de l'attaque.
A la troisième séance, elle me dit ne pas croire
du tout au sommeil provoqué, et affirme queje ne
réussirai jamais à l'endormir; que si elle est restée quelque temps immobile,
c'est parce que tel était son bon plaisir, mais que si elle essaye un peu de
résister, je n'aurai aucune influence. Je lui conseille de laisser de côté une
discussion qui ne conduit à rien et j'affirme que si elle persiste dans sa
résistance, j'aimerais mieux ne rien faire, de crainte de provoquer une
excitation inutile. Mais toute ma persuasion n'y fit rien ; au contraire, M
Z... s'obstine à me vouloir convaincre et veut absolument que j'essaye de
l'endormir contre son gré. Gomme cette expérience ne pouvait, dans l'espèce,
déterminer un mai sérieux, je consens enfin.
Au bout de quelques minutes, elle est endormie par
la fixité du regard, mais passe directement dans le délire somnambulique, tout
en répétant sans cesse : « Non ! je ne veux pas ! Vous ne me ferez rien !... »
Peu à peu, le délire devient un rêve à haute voix qui dure plus d'une heure. La
malade reste assise, et tranquille, n'entend que moi, mais n'est pas du tout
obéissante. Je lui propose de se mettre au lit, vu l'heure tardive. Elle s'y
oppose, en disant qu'elle est très bien comme cela et qu'elle veut qu'on la
laisse tranquille.
Je pouvais bien la réveiller, mais, d'après ce que
j'avais vu, j'étais presque certain que le réveil déterminerait une attaque
hystéro-épileptique à l'état normal, contrairement au principe thérapeutique du
magnétisme. (Mon traitement de l'hystéro-épilepsie par le magnétisme consiste
en ceci : je transporte pour ainsi dire les attaques dans le sommeil
magnétique, ce qui les supprime peu à peu à l'état normal; la guérison est
complète, lorsqu'on ne peut plus provoquer une attaque, même dans l'état
somnambulique.)
A ce moment une demoiselle de compagnie entre tout
doucement dans le salon, et regarde M Z... avec élonnement.
— Ne
me regardez pas ! dit celle-ci ; vous me faites mal. (La malade avait les yeux
fermés et se trouvait à 7 ou 8 mètres de distance.)
M Marie se retire effrayée. Mais la malade ne
cesse de l'apostropher : — Ne pensez pas à moi ! Vous me faites mal !
Ces paroles qui pouvaient du reste être déterminées
par une présomption, et non par une action psychique réelle, m'ont rappelé
l'expérience de M. Gibert. Voulant absolument mettre au lit la malade, pour
pouvoir me retirer, et comme elle reste insensible à mes propositions, j'essaye
l'inoculation psychique inconsciente : j'approche mon front, et je lui dis
mentalement: Dans cinq minutes, tu désireras aller te coucher. La malade
continue à rêver, et ne paraît nullement influencée par mon action. Cinq
minutes se passent et elle ne dit rien. Alors je lui conseille, pour la dixième
fois au moins, d'aller se coucher.
— Comme
vous voudrez, me répond-elle.
Elle se mit au lit et fut bien obligée de croire
au magnétisme, puisqu'elle ne put se rendre compte le lendemain, comment elle y
était arrivée.
M. Gibert croyait beaucoup à l'efficacité d'une
action mentale par le contact des fronts. Il me disait avoir arrêté souvent par
ce moyen de fortes attaques hystériques. Je voulus vérifier ce moyen et
l'occasion s'en présenta bientôt.
M S..., en apparence tout à fait bien portante,
forte, fraîche, pas du tout anémique, était sujette à des attaques de grande
hystérie très intenses, mais très peu fréquentes. On pourrait même dire que
c'était une hystérie latente, car elle ne se manifestait que sous
l'influence de causes morales à des intervalles de plusieurs
mois ou même de plusieurs années. Cependant
c'était bien la grande hystérie, très grave, avec toutes ses phases
principales—si bien analysées par M. Charcot —-y compris la période du délire
qui terminait l'attaque. | Celle-ci durait toujours
plusieurs heures, voire meme toute une nuit. — M S... était très sensible à
l'hypnotisme, ce qui explique
d'ailleurs l'intensité des attaques. (Exp. hyp. :
insensibilité et engourdissement qui gagnait vite tout le système
nerveux, en provoquant un
état hypotaxique très voisin du sommeil.)
Une fois je fis sur elle quelques expériences de
suggestion mentale avec des cartes de jeu. Le résultat fut assez
remarquable ; elle ne devina jamais entièrement, mais eut toujours une perception en
partie juste et toujours d'après les
caractères visuels et non
auditifs. J'imaginais, par exemple, un deux de pique, elle devinait un
trois de pique ; j'imaginais une dame de cœur, elle devinait un valet de cœur ;
un dix de trèfle, elle disait un neuf de pique et ainsi de suite. Mais ces
expériences l'énervaient beaucoup. Pour pouvoir deviner, elle fermait les
yeux, baissait la tête et restait absorbée dans un état visiblement
monoïdéique, qui luttait avec les impressions ordinaires. Après un quart
d'heure de cet exercice, elle avait la figure changée et paraissait très
fatiguée. J'interrompis les expériences, et pour la faire revenir à elle, je
lis quelques passes réveillantes. J'ai eu tort : il aurait mieux fallu
l'endormir complète-
ment et la laisser se reposer dans cet état. Momentané- ment, elle fut délivrée de
son énervement et paraissait tout à fait bien. Mais le choc avait
été produit et l'ébranlement partiel de l'équilibre normal amena une attaque.
Nous étions à table lorsqu'on vint me prévenir que
M110 S..., qui était entrée dans sa chambre, se tordait dans des
convulsions. J'accourus et je la trouvai par terre, en proie à une attaque
épouvantable; elle se roulait par terre avec une telle force, que j'eus toutes
les
peines du monde à la tenir par les bras et il
fallait bien le faire, puisqu'elle
voulait absolument se casser la tête
contre un objet dur quelconque, ou bien se jeter par la fenêtre. C'est
en ce moment que j'essayai la méthode de M. Gibert; mais elle ne me donna aucun
résultat, tandis que la pression ovarienne calma un peu la crise,
au moins pour quelques instants. Dans de pareilles
conditions, il est difficile d'endormir le sujet. La lutte dura trois heures entières.
Au bout d'une heure, elle était déjà un peu influencée, et toutes les dix
minutes à peu près, elle retombait dans un rêve somnambulique, avec rapport ;
mais à cause de la force vraiment surprenante de ses muscles convulsés et de
l'obligation de la maintenir tout seul (elle ne pouvait supporter
l'attouchement d'aucune autre personne), je me trouvais àbout de forces, et le
sommeil à peine obtenu était tout le temps interrompu par des convulsions
épouvantables. Enfin, après une dizaine de tentatives de suicide, un délire
tranquille se déclara ; elle parlait toutes les langues qu'elle connaissait,
assistait en imagination à plusieurs épisodes de sa vie, mais restait calme
auprès de moi, répondait à mes questions et commençait à m'obéir. Je la fis
passer dans un lit, où peu à peu le somnambulisme lucide eut raison de
l'attaque. Le rapport était très net : elle n'entendit que moi, et seulement lorsque
je voulais qu'elle entendit, de sorte que nous causions d'elle tout le
temps à haute voix sans qu'elle s'en doutât. Le moindre contact d'une personne
étrangère, même à travers les draps, même sans qu'elle pût en être informée par
le toucher, provoquait une irritation et la menaçait d'une nouvelle attaque.
En parlant en somnambulisme elle me tutoyait; par
conséquent je fis de même.
— Va te reposer maintenant, dit-elle, je dormirai
tranquillement jusqu'à demain dix heures du matin. A cette heure, tu viendras
me réveiller.
Je suis retourné chez moi et j'ai dormi comme une
marmotte. Le lendemain à 9 h. 30 j'entre dans sa chambre.
— Je
t'ai entendu arriver dans la rue, me dit-elle, mais ne me réveille pas encore.
Il n'est pus encore dix Heures.
— As-tu bien dormi?
— Oui, parce que toi tu as bien dormi.
Je trouve que la tête est encore un peu chaude et
je lui propose de l'endormir
un peu plus profondément, pour la calmer. Elle consent. Je fais plusieurs
passes sans contact, puis je me rends au salon et j'attends en lisant un
journal auprès de la fenêtre. Tout à coup, j'entends un bruit sourd, comme
celui de la chute d'un corps qui tombe. Le bruit provenait de la rue, mais j'ai
eu l'illusion qu'il venait de sa chambre, et j'ai eu peur un moment qu'elle ne
soit tombée dans une nouvelle attaque. Mais cette crainte me traversa l'esprit
comme un éclair et dura à peine une seconde ; aussitôt la réflexion me vint,
qu'il n'y avait rien à craindre en ce moment, etje n'ai même pas bougé de place, ni changé d'attitude ;
je lisais toujours mon journal.
Un quart d'heure après, j'entre dans la chambre de
la malade, séparée par une autre grande pièce du salon, et qui donnait dans la
cour et non dans la rue.
Je touche sa tête, etje vois qu'elle est encore plus chaude que tout à
l'heure. Pourquoi ?
— Parce que tu as eu peur de quelque chose,
répond-elle.
—
Non, dis-je, oubliant d'abord le petit accident du salon. Pourquoi
aurais-je eu peur?
— Je ne sais pas, mais tu as eu peur, et ça m'a
donné une congestion.
Elle est en ce moment dans un état polyïdéique
inerte (elle pense, mais ne fait aucun mouvement spontané).
Je calme la tête par l'imposition d'une main, puis
j'essaye de lui suggérer mentalement quelques mouvements, mais je ne réussis
pas.
Peu de temps après, je lui parle très près et en
s'adressant à elle, mais avec l'intention de ne pas être entendu. Elle répond
pourtant. Je formule d'abord l'ordre de ne pas être entendu, puis je recommence
la même expérience, en d'autres termes, et sans suggestion verbale possible. Elle
n'entend pas.
— Tu
vas me réveiller bientôt et je n'aurai plus d'attaque.
— Jamais ?
— Jamais. Je ne me rappellerai de rien et il ne
faut pas me dire ce qui se passait dans la nuit. En outre, tu me donneras ta
parole que tu n'essayeras jamais d'agir sur moi à distance...
— Et
crois-tu que cela me serait possible ?
— Oui, mais il ne faut pas le faire, parce que
cela me rendrait malade, j'aurais tout le temps des inquiétudes.
— Et si je te le promets, tu ne seras plus énervée
par ma présence?
— Non.
—
Comment peux-tu reconnaître l'attouchement d'une tierce personne ?
—
Parce qu'il est désagréable... étrange... autre, insupportable !
M S... avait le sommeil sérieux; elle était tout
le temps brève et grave en somnambulisme et ne riait jamais, ce qui donnait un
air particulier à cet état. Elle dit. qu'il aurait été préférable de l'endormir
entièrement, au lieu de vouloir la réveiller bien vite. « Mais cela ne fait
rien, ajoute-t-elle, je n'aurai plus d'attaque, parce que tu m'as laissée
dormir longtemps. » En réalité, elle dormit quatorze heures de suite.
—Réveille-moi maintenant, mais tout doucement.
(C'es une recommandation que m'ont faites plusieurs somnambules dans des cas semblables.)
Je la réveille très lentement, pendant une dizaine
de minutes, en faisant des passes transversales sans contact.
Enfin elle sourit, ouvre les yeux et regarde toute
étonnée autour d'elle. Elle demande ce que veut dire ma présence à côté de son
lit et ne se rappelle de rien.
Les jours suivants, il n'y avait qu'une fatigue
générale et un peu de douleur dans la rate, qui se dissipa peu à peu.
Le soir, elle avait mal à la tête. Je lui enlève
cette douleur par imposition des mains, mais en sortant, j'ai moi-même la tête
un peu prise. Je suis allé chez une autre malade, qui n'a jamais eu mal à
la tête, au moins d'après ce qu'elle m'affirma elle-même plusieurs fois.
Je l'endors (elle était très difficile à endormir,
mais le sommeil était très profond). Mon mal de tête disparaît. — Une
demi-heure après, je la réveille.
— Je marche très bien, dit-elle, n'est-ce pas ?
(elle est ataxique)... Mais c'est drôle! j'ai la tête un peu prise, cela ne
m'est jamais arrivé.
Je lui enlève son mal de tête, qui enfin disparaît
définitivement.
(Je souris moi-même en faisant ce récit, tellement
il me paraît bizarre et incroyable. Mais continuons; je n'ai pas encore épuisé
ma boîte à surprises.)
Le
soir je revis encore Mme S... Elle a de nouveau une céphalalgie et
mes mains sont épuisées, la peau me brûle, je sens une moiteur désagréable, je
trempe les mains dans de l'eau froide, mais je réussis à peine à dis- siper son
mal pour quelques minutes. Du reste il n'est pas très intense. Même effet pour
la douleur du côté de la rate. Une compresse froide refroidit la tête, mais
n'enlève pas la douleur.
Le lendemain, je me sens restauré et je dissipe
facilement, chez une autre malade, une migraine fort intense qui accompagnait
un accès de fièvre et durait depuis trois jours; puis encore un mal de tête peu
important chez un quatrième malade. Il est à remarquer que je saurai indiquer
exactement le moment où mes mains ont repris leur force. Je lisais un livre qui
me plaisait beaucoup, et tout à coup je sens que la sécheresse désagréable
de mes mains disparaît, et je retrouve ma sensation ordinaire d'une certaine
fraîcheur agréable.
Je me permettrai de citer encore une observation
complémentaire, parce que tout cela contribue à élucider notre problème.
Lorsque j'ai les yeux très fatigués par la
lecture, je vais au théâtre et alors la vue à distance me sert plutôt de repos.
Mais il arrive que pour rafraîchir les yeux, j'applique les paumes de mes mains
sur mes paupières.
Or, quand mes mains sont épuisées, je n'éprouve
aucun soulagement, mais il suffit qu'une scène de la pièce représentée, une
phrase bien dite, produise sur moi une émotion agréable, pour que mes mains
reprennent ausssitôt leur qualité thérapeutique, et alors si j'appuie sur les
paupières, la fatigue des yeux disparaît.
J'arrive chez M S...
— Qu'avez-vous fait hier soir à 11 heures?
me'demande-t-elle ex abrupto.
Devinant une excentricité somnambulique
quelconque, je lui dis :
— Ah non ! vous me raconterez d'abord ce
que vous savez, et puis moi je vous dirai si c'est exact.
— Soit. Vous avez écrit toute la soirée, ce
n'était pas des lettres, car j'ai vu de grandes feuilles ; vous n'avez lu aucun
livre, mais vous écriviez tout le temps, puis à onze heures vous vous êtes
couché, mais vous n'avez
pas pu dormir et vous vous êtes levé encore une
fois, et vous vous promeniez dans la chambre, en fumant une cigarette...
Ici, une personne qui était à côté de Mme
S... hier soir, affirme qu'après s'être couchée elle ne faisait que répéter
tout le temps :
— Ah! mon Dieu, quand est-ce qu'il va dormir
enfin... il m'empêche de me reposer...
Je ne dis rien et Mme S... continue son
récit :
— Puis enfin, vers une heure, vous vous êtes
endormi et vous vous êtes réveillé juste à 7 heures du matin. Est-ce vrai?
Tout cela était exact, sauf un retard constant de
plusieurs minutes dans les heures. C'est-à-dire qu'elle me « voyait » écrire
encore à 11 heures, tandis que je me suislevé à 10 h. 45 à peu près, etc. Mais il est exact que je
n'ai lu aucun livre, que j'ai écrit toute la soirée sur des grandes feuilles,
que, ne pouvant pas dormir (j'avais la tête trop préoccupée), je me suis levé
(tout à fait exceptionnellement, car je n'ai jamais cette habitude), etc., etc.
L'heure du réveil était aussi exacte à quelques minutes près; je me suis
réveillé un peu avant sept heures, tandis qu'à cette époque je ne me levais
habituellement qu'à huit heures.
J'ajoute que M"0 S... n'avait
aucune connaissance ni de ma demeure ni de mes habitudes —et que j'habitais à
un kilomètre environ de distance.
Il était difficile de se contenter, comme
explication, d'un simple hasard,
mais alors, qu'était-ce donc?
Voilà tout ce que je peux dire :
Je n'eus le loisir de prendre de notes, concernant
le cas de Mme S..., que cette soirée-là. Sans avoir aucune intention
d'agir sur elle, comme je le lui avais promis du reste, je commençai à me
rappeler exactement tout ce qui s'était passé l'autre jour, et j'ai l'habitude de prendre des notes très circonstanciées.
Par conséquent toute la soirée j'ai pensé à elle. Gomme il y avait là
certains détails assez intéressants au point de vue théorique, cette occupation
mentale m'empêcha de dormir, et tout le temps ma pensée tournait autour de
questions, dans lesquelles elle jouait le rôle principal.
Quant àM S..., elle s'est couchée de bonne heure et dans un demi
sommeil elle a cru voir tout ce qui se passait chez moi, mais elle
affirmait que mon occupation mentale l'empêcha de s'endormir et qu'elle était
furieuse contre moi, ayant cette sensation d'une dépendance étrange, dont elle
ne pouvait pas se débarrasser. Enfin, elle dit, qu'en se réveillant le matin à
7 heures, elle eut la sensation comme si je m'étais réveillé moi aussi.
Elle a eu encore le jour suivant une vision
semblable, mais moins nette, puis ce rapport s'effaça.
C'était donc probablement un cas d' « hallucination
véridique ».
Je connais d'autres faits de ce genre, mais je ne
veux pas aborder ici cette question. Elle me parait encore trop ardue et
prématurée. Je ne cite ce récit qu'à titre de simple document et je me
contenterai dans la suite, d'analyser les expériences directes, qui me
paraissent plus palpables.
Attendons au moins la publication de l'ouvrage
annoncé par M. Fr. Myers, rédigé sous les auspices de la Society for
psychical researches et qui doit contenir plusieurs centaines de cas
semblables, bien attestés et recueillis pendant plusieurs années.
Ce livre doit avoir pour titre : Phantasmas of
the Living.
J'ajouterai seulement que Mme M...,
elle aussi, a cru m'avoir vu lors de ma conférence à la Société de Psych. phys.
le 28 janvier 1886, où je parlais des expériences faites sur elle, mais elle en était prévenue. Il y
avait
cependant quelques détails qu'elle ignorait et
qu'elle crut avoir vus dans son dernier sommeil, à savoir qu'en parlant «
j'étais caché jusqu'à la poitrine par une longue table verte». Etait-ce une
transmission de pensée?... Peut-être.
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