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CHAPITRE III
Guérison
des maladies physiques et
morales par l'hypnotisme.
Principaux procédés usuels pour utiliser l'hypnotisme dans la guérison des
maladies physiques et morales. - Obstructions. - Maux d'estomac. - Résolution
des glandes. - Migraines. - Transport du sang à la tête. - Maux de
tête. - Maux d'yeux .- Maux d'oreilles. - Insomnie. - Mélancolie. -
Rhumatismes. - Douleurs articulaires. - Circulation du sang embarrassée. -
Chutes. - Mauvaises digestions. -- Foulures. - Pour (aire disparaître les
mauvaises habitudes : Abus du tabac. - Excès des boissons,
ivrognerie. - Morphinomanie. - Jeu. - Utilité de l'hypnotisme pour corriger
le jeune âge : Désobéissance. - Mensonge. - Amour immodéré du jeu. -
Inattention. - Rébellion. - Paresse.
Le magnétisme, - le fluide humain, - était jadis, au temps de Mesmer
et de ses successeurs immédiats, exclusivement employé à la guérison des
maladies physiques.
Il réussissait évidemment : les
exemples de ces faits sont si
nombreux qu'un semblant de discussion ne saurait même être
soulevé à ce sujet. S'il guérissait jadis, avec ses procédés primitifs,
il guérit encore aujourd'hui, cela ne fait pas de doute : un poison tuait jadis et
continue à tuer
aujourd'hui ; une plante guérissait autrefois et continue
à guérir
aujourd'hui. Avant de
poursuivre notre étude sur les évolutions et les transformations
successives du magnétisme, donnons ici, pour ceux de nos lecteurs qui voudront
faire l'apprentissage de ses pratiques tendant au soulagement du
prochain, et
qui le voudront résolument, avec assiduité, - les indications qui leur sont nécessaires.
Il existe dans ce but une foule de procédés, applicables selon les
circonstances ; le magnétiseur 1es devine souvent par les sensations qu'éprouve
le malade ; quelquefois celui-ci, surtout à l'état
somnambulo-magnétique, les indique lui-même au praticien; nous nous
bornerons à donner ici les meilleurs et les plus simples de ces
procédés.
L'application de la main convient toujours sur une obstruction qu'on
veut dissoudre ; il n'y a jamais d'inconvénient, dans ce cas, à
concentrer l'action des doigts sur l'organe obstrué (attouchements sur le
vêtement d'abord; puis passes à trois ou quatre
centimètres de distance). On présente souvent les doigts en pointe
et on tourne la main pour exciter un mouvement ; on descend ensuite de temps en
temps pour déterminer un courant vers le bas.
Dans le même cas (obstructions et engorgements), un
procédé très actif est celui de souffler chaud sur la partie malade. On
met pour cela un mouchoir ou un linge quelconque sur les vêtements, on
pose sa bouche dessus, et l'on fait fortement passer son haleine au travers.
Cela produit une chaleur vive, qui d'abord est une simple chaleur physique ou
mécanique, mais qui, lorsqu'elle devient magnétique par la volonté
persistante, est bien plus active et plus pénétrante.
Le même moyen
réussit dans les
maux d'estomac produits par atonie.
Il réussit encore pour dissoudre les glandes an sein.
Dans les migraines, on a observé qu'on faisait parfois du mal en
s'arrêtant sur la tête, et qu'on les guérissait en appliquant les
mains sur l'estomac, puis sur les genoux, et en faisant ensuite un grand nombre
de passes sur les jambes jusqu'à l'extrémité des pieds. Règle
générale : posez les deux mains de chaque côté de la tête, et non pas sur
le haut ; laissez-les-y deux minutes, puis descendez les lentement sur les
épaules ; laissez-les deux minutes encore ; faites lentement des panses
jusqu'aux cuisses, le long des bras, d'autres des genoux aux pieds.
Lorsque le sang se porte à la tête, vous vous servez du même procédé
pour faciliter le cours normal de sa circulation dans le corps.
Si, en magnétisant, on a trop chargé la tête, on est sur de la
dégager en soufflant froid et de loin sur lecrâne, puis sur le
front.
Si une douleur de tête a été produite par une chute, un coup, on
lient pendant assez longtemps les mains sur la tête pour y concentrer l'action, et l'on
descend ensuite plusieurs fois, comme nous l'avons expliqué plus haut, pour
attirer en bas le sang et les humeurs : celles-ci sont ensuite résorbées et
disparaissent par les voies naturelles : il faut agir d'autant plus fortement
que le coup est plus ancien.
Lorsque le flux menstruel est dérangé chez la femme, ou lorsqu'elle est
affectée de coliques, on fait cesser ce désordre en tenant les mains sur ses
genoux et en faisant des passes le long des jambes.
Le beau temps, le temps vif et serein, est plus favorable au magnétisme que
le temps nébuleux et froid : c'est là une indication dont il n'est pas
inutile de tenir compte.
La digestion d'une personne est arrêtée ; son estomac est, pour ainsi
dire, barré ; et elle éprouve de violentes coliques : nous mettons une main sur
l'estomac et l'autre du côté opposé, sur le dos ; nous restons deux ou trois
minutes dans cette position. Il en résulte d'abord de la chaleur ;
ensuite une crise digestive, à la suite de laquelle succèdent le repos et
la fraîcheur que détermine la digestion normale, produite par l'activité que
nous avons rendue aux viscères. L'estomac et le ventre sont dégagés, et
nous avons prévenu l'inflammation que cet engorgement eût occasionnée.
On se foule un vaisseau par un effort ; il en résulte l'enflure de ce
vaisseau par le sang qui s'y est arrêté : en mettant une main sur
l'endroit douloureux et l'autre sur lacôté opposé, le fluide magnétique
pénètre. I détend ce vaisseau, et par suite rétablit
la circulation normale du sang.
Les procédés et les effets sont semblables pour tous les efforts que
peuvent subir les nerfs et les fibres. Il en est, à peu de
chose près, de même pour tous les autres cas ; tout ce qui peut
arrêter plus ou moins le jeu intérieur de notre machine humaine
cède plus ou moins promptement à l'action du fluide magnétique,
selon la gravité ou l'ancienneté de la cause.
Maux d'yeux. - Faites
des passes sur la tête du malade et arrêtez-vous sur les yeux :
mettez ensuite sur les yeux un mouchoir plié en plusieurs doubles, et insufflez
au travers votre haleine chaude. Recommencez les passes en descendant le long
des bras ; secouez vos mains comme d'habitude, après ces passes, avant
de les recommencer, et répétez ces mouvements plusieurs fois de suite ;
replacez le mouchoir, et insufflez encore de l'air chaud ; les douleurs
cesseront promptement.
Faites les mêmes opérations sur une oreille malade.
Insomnie. - On
endormira le malade et, par la suggestion post-hypnotique - dont il sera
question tout à l'heure, - on lui ordonnera de dormir le nombre d'heures
que l'on jugera à propos. Il se réveillera à l'heure fixée
d'avance, et pendant ce laps de temps il aura dormi sans éprouver aucune
douleur, sans fatigue et sans interruption. Au réveil, son corps sera reposé et
aussi dispos que s'il avait dormi d'un sommeil absolument naturel.
Le magnétisme et l'hypnotisme rendent la gaîté aux personnes d'un naturel
enclin à la mélancolie : dans le sommeil hypnotique on leur
suggère d'heureuses idées ; on leur dit qu'elles se rendent un objet de
répulsion pour leur entourage ; on leur ordonne de prendre le temps et les événements comme ils viennent ; on
leur fait un devoir de se montrer calmes, sages, d'humeur causeuse.
En ce qui concerne les rhumatismes et les douleurs articulaires, faites,
comme pour les maux d'yeux, d'oreilles, etc., des passes sur les endroits
douloureux, et pratiquez des insufflations d'air chaud. Recommencez plusieurs
fois également, en alternant ces insufflations avec des passes magnétiques :
les douleurs se calmeront d'abord, puis disparaîtront.
Il arrive souvent qu'une habitude est devenue invétérée, incorrigible. Tous
les moyens ont été employés a l'état de
veille : rien n'y a fait; il faut alors avoir recours à
l'hypnotisme, qui réussit toujours dans
les cas où
les conseils et meme les pratiques médicales sont demeurées sans résultat.
Vous endormez le
sujet, et vous lui
suggèrez, par
exemple que le tabac - s'il est grand fumeur - est absolument nuisible à sa santé; c'est
un poison violent,
quoique lent à produire ses effets, et il doit, cesser de
fumer. Ces suggestions se font de la manière suivante :
écoutez-moi bien... vous ne fumerez plus... le tabac
est un
poison... il détruit
vos poumons... votre santé est en danger... si vous
continuez, vous ne vivrez pas longtemps... ne fumez plus... ne fumez plus... A
partir d'aujourd'hui vous ne
fumerez plus... vous
ne fumerez plus... je vous défends absolument de fumer... Vous
trouveriez d'ailleurs au tabac un goût abominable-Dans le cas
d'excès de boisson, d'ivrognerie, on agira de même. On
suggérera au sujet des pensées de
sobriété; on lui
dira qu'il ruine sa santé, qu'il
perd l'appétit, que sa tête s'alourdit ; qu'en cet état
il peut devenir criminel ; que s'il continue, il se perdra physiquement et moralement. On
lui suggérera ensuite que les liqueurs auxquelles il est spécialement adonné
auront pour lui un goût détestable, l'amertume de l'aloès,
etc.
Au réveil, le sujet éprouvera une grande répulsion pour les liqueurs qu'il
aimait auparavant.
Il en est de môme pour toutes les autres mauvaises habitudes, qui finissent
par devenir un véritable besoin, comme la morphinomanie, le jeu sous
toutes ses formes, où la fortune et l'honneur d'un individu peuvent
sombrer. Les mêmes moyens et des suggestions analogues auront promptement
débarrassé le sujet de ces vices.
C'est dans le jeune âge surtout que se développent les propensions
mauvaises, et que se contractent les habitudes vicieuses. Ici. encore et
surtout, l'hypnotisme sera de la plus grande utilité. L'enfant sera endormi,
comme d'habitude, par des passes magnétiques réitérées ou par la vision
persistante d'un objet brillant, puis on lui fera des suggestions en rapport avec ses défauts. S'il est désobéissant, on lui
suggérera que rien n'est beau, n'est plus nécessaire au bien de l'enfant
que l'obéissance, et on lui fera le commandement d'obéir dorénavant sans mot
dire à tout ce que lui ordonneront ses parents et ses maîtres.
Mêmes procédés s'il est menteur. On lui fera horreur de ce
vice ; on exaltera les effets heureux, pour un enfant, de dire toujours la
vérité, et on lui suggérera de ne plus mentir désormais. L'opération, répétée
plusieurs fois, aura les résultats les plus efficaces.
Il en sera de même s'il s'agit de corriger un enfant trop joueur,
paresseux, distrait, inattentif, rebelle ; en un mot, ayant les principaux
défauts du jeune âge. L'hypnotisme provoqué pendant quelques jours, et
accompagné de suggestions appropriées, domptera ces petits caractères,
rendra les enfants studieux, attentifs, travailleurs et soumis à
l'enseignement dé leurs maîtres comme
aux conseils et
aux recommandations de leurs parents. Remarquons qu'un sujet hypnotisé ne se rappelant
jamais, au réveil, de ce qui s'est passé pendant le sommeil factice où
on l'a plongé, l'enfant se prêtera volontiers à ces manœuvres
magnétiques, et prendra pour de propres déterminations personnelles les
heureuses dispositions au travail et à la sagesse qui lui auront été
suggérées.
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