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CHAPITRE V

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PALESTINE

Il est indispensable pour que les Ecritures reprennent aux yeux de qui les examine maintenant, le sens primitif qui fut enclos en elles, de tenir compte de la mentalité des divers auteurs qui participèrent à leur rédaction, des conditions locales et de vie si différentes des diverses époques au cours desquelles elles furent rédigées. Il faut surtout ne jamais oublier qu'il s'agit là, non d'un livre, mais d'un recueil de textes absolu­ment disparates, qui, réunis sous une même cou­verture, renferment inévitablement maintes répétitions et contradictions capables de décourager qui n'a pas la Clé. Car il existe un fil conducteur qui permet de concevoir et de reconstituer l'unité dans l'apparent et déroutant chaos.

La première des simplifications qui s'impose dans les si nombreux passages où il est question d'esprit, est d'associer à ce terme, qui pour beaucoup reste notion vague et mystérieuse, les termes de souffle ou respir.

Il y eut à l'origine, dans la pensée des auteurs, ré­dacteurs ou compilateurs de ces textes, connaissance exacte de la parenté, de l'identité, de la parité de ces trois termes.

C'est seulement à condition de se souvenir de cela que la véritable signification de la lettre morte peut ressusciter dans l'esprit du lecteur.

Nous l'avons vu déjà, dans la plupart des langues anciennes un même mot désignait souffle et esprit force vitale, pensée, individualité, conscience, ou encore, souvent étaient employés des termes aux racines similaires qui laissaient aisément deviner leur parenté intime. La relation profonde, étroite, absolue, qui existe entre l'activité respiratoire, l'harmonie fonc­tionnelle l'équilibre et le développement mental et spirituel de l'être humain --- cette relation directe, qu'on peut dire ici, très justement, de cause à effet, dont la notion est complètement perdue de nos jours, elle était parfaitement vivante et précise dans l'esprit des contemporains des époques où furent rédigés ces textes qui forment, aujourd'hui, ce recueil appelé « Écritures ».

Cette conception du lien étroit qui unit le souffle à la pensée leur était si naturelle, leur semblait si élémen­taire et évidente, que rarement ils jugeaient nécessaire de la rappeler explicitement. De là vinrent, ensuite, beaucoup de malentendus. Il en est de même de nos jours, lorsqu'il est traité de certains principes très couramment reconnus et admis, et sur la nature des­quels, justement à cause de leur caractère courant, on s'abstient d'insister pour ne pas être taxé de pédanterie.

Il apparaît que la conception générale courante de la liaison établie entre corps et pensée par le souffle ne nécessitait pas, en ce temps, les explications et com­mentaires devenus utiles depuis en suite de l'oubli qui ensevelit ces connaissances naturelles.

La culture intellectuelle, qui prit tant d'ampleur dans les diverses civilisations, obnubila et désaxa la mentalité humaine, qui ne connut plus l'harmonieux équilibre, et qui dévia dans l'objectif, le matérialisme, ou les spéculations imaginatives, trois chemins également faux, sans issue, qui faussent l'entendement, et qui empêchent l'épanouissement spirituel vrai.

Si la mentalité moderne marque un indiscutable progrès au point de vue du développement intellectuel, qui est certainement nécessaire et bienfaisant, pour autant qu'il reste dans les limites du contrôle de la pensée cordiale, il ne serait pas juste de conclure que les générations passées, parce que plus frustes sous beaucoup de rapports, aient été moins aptes à concevoir et approfondir certaines vérités naturelles et philo­sophiques, à saisir et comprendre les principes fonda­mentaux qui gouvernent l'existence. Ce que l'on sup­pose être parfois pauvreté du vocabulaire, ou manque d'entente de la question, n'est pas, le plus souvent, indice d'insuffisance ou d'imprécision dans la pensée de l'auteur, mais marque, au contraire, la présence d'un sentiment très profond et simple de la réalité, sentiment fait d'intuition, de bon sens et de déduction logique. Il en ressort donc que la faculté de discerne­ment, lucide, raisonnée, l'aptitude à penser dans sa pleine acception étaient alors très éveillées et opé­rantes, beaucoup plus que dans la suite, où d'autres développements secondaires et des connaissances acquises intellectuellement vinrent étouffer ces natu­relles aptitudes.

Le sanscrit, le grec, l'hébreu, n'ont qu'un seul terme pour exprimer la notion d'esprit et celle de souffle;on y distingue cependant plusieurs « degrés» de conscience relatifs à ces conceptions, qui s'expriment au moyen d'un vocable particulier.

En grec, pneuma signifie : souffle, haleine, respir.

Les savants en linguistique ont commenté ce fait que, dans la langue hébraïque, notre mot âme était rendu par souffle, haleine, respir. Certains doctes philologues se sont même beaucoup étendus sur ce sujet, et en ont donné d'interminables développements, qui, malheureusement, ne font pas preuve d'une bien grande logique quant aux conclusions qu'il eût cependant été facile de tirer et de mettre en évidence pour le bonheur et l'avancement de tous.

La « substantifique moelle » de cette découverte con­siste à rendre attentif l'être à ce fait capital : que plus le mode de respiration d'un individu devient parfait, donc régulier, profond, attentif, en un mot : conscient,plus la vie «animera » la forme trinitaire dans laquelle se manifeste présentement cet individu, plus cet indi­vidu deviendra « vivant », conscient de son essence spirituelle, et aussi de la nature organique, matérielle de sa manifestation, qu'il reconnaît alors devoir être toujours régie par la pensée que convoie en lui le respir.

Quand on parle d'un individu et qu'on l'affirme plein d'esprit, de sagesse, nul doute, si l'appréciation est juste, qu'il ne s'agisse d'un individu qui respire largement, à pleins poumons, même parfois sans y prendre garde, ce qui lui est heureuse dotation de sa constitution « bien conçue », et qui lui confère équilibre et opportunités conséquentes à l'obtention d'une parfaite harmonie fonctionnelle, harmonie qu'il conserve, pour autant qu'il reste dans la ligne d'ordre, de pureté, que lui rend facile à suivre, --- ou à retrouver --- cette orga­nisation heureusement fournie par ses générateurs.

Qui respire largement, aspire vitalité et connaissance à la source; met en état de plénitude, de réception tous ses organes, son cerveau; établit jusque dans ses plus subtils processus et effets une nutrition pure et puis­sante de son organisme, qui revivifie les systèmes nerveux, glandulaires, et la masse cérébrale, et permet ainsi puissant rendement mental.

Pour retrouver et mettre justement à profit la conception exacte qu'avaient les philosophes de l'antiquité, relativement à l'identité du principe de vie, de conscience, et de celui du souffle, il faut reprendre intelligemment l'étude des Écritures en gardant présent à l'esprit ce point de vue concernant la respiration... et en l'appliquant, ce qui est primordial, tout restant théorique, donc stérile, tant que la pratique ne concourt pas.

C'est seulement en se tenant absolument détaché et libre de toute espèce de préjugé ou d'idée pré-conçue, en faisant abstraction de toute « forme » établie, et surtout en se mettant soi-même en état de réceptivité, de liberté absolue; en observant l'attitude droite et souple, et en manœuvrant activement et attentivement la dynamo pulmonaire qui recharge et éclaire tous les centres intéressés aux opérations cérébrales et mentales exigées par l'action d'enregistre­ment, de conception, de conclusion, de réalisation que représente, que suppose toute étude intelligente, --- c'est seulement ainsi, pour quiconque, savant, cher­cheur éclairé ou profane, qu'il est possible de retrouver la trame merveilleuse qui soutient les systèmes Vie et Monde.

C'est ainsi seulement qu'il est possible d'élucider, de rendre clair, plausible, d'adapter à la mentalité de l'époque, et à soi-même, maints passages qui parurent jusque-là puérils ou obscurs.

Ainsi seulement il devient possible, à tout être désireux de vivre et de comprendre pourquoi vivre, et comment vivre, de retrouver la nature et l'origine des conceptions et conclusions des Anciens, des éducateurs sages, sur ces sujets et principes fondamentaux. Tout devient limpide, quand est réalisé que, pour ces sages initiés, tous les domaines de l'activité humaine et tous les règnes de la nature, leur apparaissaient comme manifestations d'une seule et même vie, d'un Principe unique représenté en tous objets et créatures en des formes variant à l'infini, mais relevant toutes du même principe d'origine. L'univers entier était, pour eux, animé d'un même esprit manifestant divers principes constitutifs, dont ils retrouvaient l'existence dans l'individu humain. La compréhension de cette universelle loi de correspondance permet de suivre, le raisonnement des Anciens, qui, après avoir observé, compris la nature des processus qui se déroulent dans l'organisme humain, avaient conclu, par analogie, à l'existence de lois identiques régissant tous phénomènes du monde objectif. Ils en arrivèrent ainsi, pour aider à comprendre, à représenter les principes, lois, forces et pouvoirs gouvernants de ces deux domaines, sous la forme de génies, de personni­fications destinées dans leur esprit à illustrer les vérités qu'ils avaient reconnues.

C'est ainsi que s'explique le double caractère, à la fois historique et mythique de ces productions de l'imagination créatrice humaine, de sens sublime et profond, vouées à la diffusion de la vérité, productions dont il est toujours possible de ramener l'origine de l'interprétation à la constitution même de l'être humain.

L'importance de la connaissance de cette loi de correspondance, qui se retrouve partout, doit être constamment gardée en vue par qui veut : apprendre, comprendre, pouvoir, et qui doit pour cela déchiffrer les lois de la création et de l'univers, et les appliquer à tout ce qui concerne la vie individuelle dans les trois formes de l'organisation présente de celle-ci.

Le fondement logique du texte de la «Genèse », texte qui, entre parenthèses, fut copié par le prophète-scribe Esdras sur des textes d'origine avestaine, que le monarque régnant à Babylone avait mis à sa dispo­sition lors de la captivité des Hébreux --- ce fondement doit ainsi être compris.

La «création » dont le déroulement cosmique est là, décrit en larges traits, rappelle parallèlement l'existence, la marche du processus vital qui, à chaque instant anime, renouvelle l'organisme humain.

L'Esprit se mouvant sur les Eaux, ou plus exacte­ment : mettant en mouvement les Eaux, comprises ici en tant que matière, donnant impulsion aux processus évolutifs de la matière qu'il actionne sans cesse --- cet Esprit, ce Principe, qui meut, qui vitalise la matière, anime, oriente également les éléments organiques constitutifs de la manifestation humaine, et cela tou­jours dans le sens d'un perfectionnement indéfini, par l'entremise du souffle vital, véhicule de l'énergie créa­trice, générateur de la Pensée individuelle.

Dans le corps humain, se joint à l'action vivifiante du souffle inspiré, l'action régénératrice des fluides glandulaires (Eaux vives, Jouvence organique) que le jeu pulmonaire rend actifs, et dont il renouvelle indéfiniment production et débit.

Les philosophes anciens avaient recours à un grand nombre de termes pour désigner ce courant fluidique vital organique, qui est agent indispensable de déve­loppement et de renouvellement cellulaire.

Les sécrétions et courants glandulaires sont, nous l'avons vu, résultats de l'harmonie fonctionnelle des groupes d'organes préposés à la nutrition, à la respi­ration et à la génération et régénération humaine.

Il s'agit bien, en propre, de l'activité directe des glandes endocrines, mais nous savons que cette activité est strictement dépendante de la collaboration har­monieuse de l'ensemble des organes internes, tous dépendants, pour leur fonctionnement particulier, de l'activité respiratoire qui conditionne le rendement organique général.

Cette question de l'équilibre vital, fonctionnel, est si intimement liée à celle du souffle que jamais l'atten­tion ne saurait être trop retenue sur ce point de liaison.

Les Anciens l'avaient fort bien compris, et tous leurs enseignements éducatifs gardaient en vue la culture harmonieuse de l'être par l'exercice respiratoire;ils avaient réalisé que l'ensemble du fonctionnement organique et mental reposait, quant à son équilibre, sur l'inspiration des principes et éléments contenus dans l'atmosphère.

La qualité du processus régénérateur qui rend pos­sible le renouvellement de la vie au sein de l'être : qui permet la régénération, la résurrection ou renaissance corporelle, fut aussi, par eux, comprise parfaitement, on n’en saurait douter.

La doctrine de la régénération ou résurrection, ra­menée à ses principes essentiels, logiques, rappelle à l'être la possibilité qu'il a de provoquer dans son propre organisme purifié, régénéré, individualisé --- en suite du travail nécessaire accompli volontairement et sciemment --- la naissance d'une «enfance » nou­velle, c'est-à-dire, d'une vie pure, nouvelle, consciem­ment établie par l'assistance et les soins utiles donnés à l'organisme en vue d'aider à son renouvellement complet, à sa pénétration par la pensée.

C'est en transformant consciemment, en suite des processus d'inspiration et de sustentation, en connais­sance de cause et pour des buts dignes et dépourvus de sentiments sans noblesse, tout ce que la nature, la terre, l'atmosphère prodiguent en tant que principes, éléments, aliments, substances, que l'homme parvient à «refaire », pour accomplir sa vie, ses desseins, un organisme fort, pur et capable de collaborer aux vues supérieures qu'il nourrit en son cœur.

Réaliser son idéal, cela se peut, mais il faut travailler, avec courage et persévérance, à rénover l'organisme avant tout, afin que l'esprit puisse en pénétrer, spiri­tualiser la matière.

Les notions Ame et Esprit sont rendues dans le texte de l'Ancien Testament par les mots:

1° Nefesh. --- Version des Septante : Psyché. --- Vulgate : Anima. --- Du verbe nafash, respirer.

2° Neshamah. ---Septante : Pnoè. --- Vulgate : Spira­culum, halitus, flatus, spiritus. Même origine étymologique; désigne le souffle vital, le principe de vie, le siège du sentiment, l'Etre vivant.

3° Rouah. --- Septante Pneuma. --- Vulgate : Spi­ritus. --- Désigne le vent, l'haleine, la vie et son prin­cipe; et aussi : le principe originel, divin, l'Esprit créateur qui communique à l'homme savoir et sagesse, facultés de l'esprit.

D'après la Genèse [I, 2, 7], l'homme devient une «âme vivante», une individualité consciente d'elle-même, à partir du moment seulement où il devient conscient du souffle qui circule en lui. « Dieu souffla dans les narines de l'homme le souffle vital (pnoèn zoès),et en fit ainsi une âme vivante (psychen zôsan). »

Pneo,je respire; pneuma, esprit; psyché, âme : autant de termes dont l'évidente et significative parenté devrait aisément suffire à faire réfléchir quiconque est porté à savoir, à connaître, à trouver le sens du grand problème de la vie universelle, de l'âme individuelle, et du souffle, qui est le lien entre les deux domaines. Ce lien, le conçoit ou ignore l'être humain, selon qu'il respire machinalement, ou attentivement, consciem­ment. Pour gagner ce point d'évolution où le cerveau, la pensée de l'être sont libérés de l'obscurité, des mirages et du doute, il faut prendre conscience de son souffle, et par là vient la connaissance du Moi et des liens de l'Individualité avec l'universelle Pensée et toute la création.

C'est par l'intermédiaire du souffle que l'âme indi­viduelle et le Tout universel, infini, échangent, communient. Il vient pour tout être humain une heure lumineuse où il prend conscience de ce mécanisme de relation naturel et céleste. --- La notion du divin, pour cet être, cesse alors d'être une utopie bonne à de­meurer reléguée dans des domaines lointains, hypo­thétiques. La réalité immédiate, les possibilités de développement et de réalisation qu'il envisage alors comme accessibles dès maintenant, lui apparaissent véritablement « sublimes ».

Il se rend compte du pouvoir qui réside en son souffle, et des possibilités immenses que l'application directe à sa vie, de ce pouvoir, lui confère; il reconnaît la valeur de ce bien qu'est la vie, et les moyens dont il lui est loisible d'user individuellement pour amener au jour les facultés et pouvoirs qu'il possède, en vue d'embellir et d'amplifier encore ce qu'il a reçu en partage pour participer à cette vie. Il conçoit ses valeur et droits, et les devoirs, responsabilités et travaux auxquels il doit souscrire pour avoir accès à la plénitude; et s'aidant de son souffle pour hâter son développement, son évolution, il établit en soi pureté, force, santé, amplifie activité et rendement cérébral, et parvient ainsi chaque jour plus près de ce règne central de la conscience absolue qu'il sait désormais avoir existence en lui-même, en son cœur : pôle, siège individuel de la Pensée universelle.

De nombreux passages mettent en lumière la re­lation qui existe entre la qualité de la fonction respi­ratoire et l'état d'équilibre, de vitalité organiques.

Le rythme respiratoire observé par les générateurs au moment de la conception, de la naissance de l'homme, ou à un quelconque moment décisif de l'existence, doit être considéré comme facteur déterminant pour l'état physique-mental et moral de l'individu, pour l'exercice et la manifestation par celui-ci, des facultés et qualités innées qui sont le bagage qu'il doit développer, mettre en valeur, faire fructifier.

La langue de l'Ancien Testament distingue nette­ment entre les diverses facultés: volonté, mémoire, raison, etc., mais elle les considère cependant comme ayant toutes une même source et origine: le Nefesh ou Rouah, le souffle vital, regardé, reconnu comme véhicule du principe atomistique.

Cette même conception se retrouve dans maints passages des Evangiles, dont les traducteurs, préoc­cupés par des considérations de bien moindre impor­tance, ont jusqu'à maintenant complètement négligé, ou ignoré même, ce point central, primordial, qui donne clé et toute valeur à ces textes.

Un des passages les plus significatifs est celui où il est fait allusion à la démonstration faite personnelle­ment par Jésus devant ses auditeurs et disciples : de la manière exacte dont il est utile d'aspirer, de retenir et contrôler sa respiration pour que celle-ci serve au développement de l'être; les disciples furent invités à procéder « comme lui », c'est-à-dire selon cette dé­monstration.

Il respira devant eux et leur enjoignit « Respirez ainsi»... Certaines versions rapportent : «Il souffla sur eux », cela prête à regrettable confusion et ne laisse qu'un rôle passif aux spectateurs, ce qui ne fut certes pas le vouloir de leur magistral instructeur. Il enten­dit certainement leur enseigner comment ils devaient procéder. Il respira donc selon un certain mode par­fait, et leur dit : « Vous aussi, vous devez respirer de cette même manière », c'est -à-dire, dans cette attitude et ce rythme, si vous voulez devenir forts et conscients. Le texte ne mentionne pas l'attitude prise, ni le mode respiratoire employé, mais il fut sans nul doute analogue à celui qu'employèrent, en tout temps, tous les Instruc­teurs initiés à cette science de la culture humaine par la Respiration.

Il est important de se rappeler que Jésus était en contact avec les communautés des Esséniens et des Nazaréens; il avait étudié les doctrines et pratiques des Thérapeutes et des savants d'Alexandrie, et toutes les écoles et enseignements de vie basés sur la Science respi­ratoire.

Il vivait lui-même selon les plus absolus principes de pureté.

Le côté pratique de son enseignement ne ressort évidemment que fort peu du texte des évangiles, dans la forme sous laquelle ceux-ci nous ont été transmis. Mais ce côté pratique, si important, existait, --- et il existe toujours, fort heureusement pour l'humanité, qui ne serait que bien incomplètement pourvue en vue de son avancement, si le seul côté moral, théorique, des principes de vérité et de salut auxquels elle a droit lui était présenté indéfiniment ! Jésus n'était certes pas un théoricien moraliste, et il enseignait et démontrait à ses disciples comment ils devaient opérer pour vivre selon la Loi. Il invita ses disciples à respirer comme lui : «ainsi » et leur dit : « Prenez, vous aussi, de cette manière, ce Souffle universel qui de toutes parts vous entoure… Prenez ainsi ce Respir qui est source unique de vie, de savoir, de vouloir et de pouvoir. » Vous aussi par ce moyen de la respiration consciente, contrôlée, développez en vous la correspondance de ce pouvoir qui existe incarné en vous, en chaque Etre humain; ce pouvoir « consolateur », réconfortant, fortifiant qui donne son appui à l'être le plus déchu, et qui lui permet de se redresser, de reprendre confiance en soi, de mettre en œuvre ses forces et intelligence engourdies, en vue de progresser, d'évoluer à l'infini.

Un appareil dogmatique obscur, compliqué et autoritaire, fut institué plus de trois siècles après J.-C. et remplaça l'enseignement primitif libre, dont la valeur fécondante était accessible à tous, selon leur degré de compréhension. Bien peu subsiste de l'enseignement pratique de la Science du souffle guérisseur et sauveur, de la connaissance de son application directe, indivi­duelle, pour le développement corporel et mental de l'Etre humain.

Cette science millénaire forma cependant le noyau essentiel du Christianisme primitif, comme il forma d'ailleurs celui de toutes les doctrines parentes de salut, des races qui l'avaient précédé.

La fiction d'un Saint-Esprit emblématique, symbo­lisé par une « colombe », succéda à la conception vivante, pratique, de l'emploi rationnel, scientifique du souffle sauveur. Cette fiction devint le départ d'une concep­tion abstraite, de sens vague et incompris, qui s'in­crusta dans les cerveaux des rhétoriciens discuteurs et ergoteurs, qui, intentionnellement ou par simple ignorance, en vinrent à embrouiller et obscurcir à tel point cette notion du souffle vital, cependant si simple et claire en principe, qu'elle fut défigurée, dénaturée, et perdit finalement toute valeur et portée pratiques. Le message de vie et de libération individuelle perdit ainsi beaucoup de sa force pendant longtemps, et s'il ne fut pas stérilisé complètement, c'est parce que la Pensée est immortelle, éternelle, qu'elle survit à tout, revit en tout, et que si elle peut être voilée, limitée dans sa portée, pour un temps, jamais elle ne peut être détruite, quels que soient folies, oubli ou erreurs des hommes ignorants...

La Bonne Nouvelle dut alors être « crue », mais les seuls moyens qui eussent été susceptibles de donner aux hommes la possibilité de la compren­dre et de l'appliquer à leur vie pour l'essor de cette vie dans tous ses domaines, ne furent plus donnés...

La « Bonne Nouvelle » est éternellement vraie, présente, et elle apprend à chaque être comment elle peut être : pour lui,la Bonne Nouvelle, la Vérité sal­vatrice, qu'il peut réaliser pratiquement en se déve­loppant dans la lumière et la joie, dès aujourd'hui, par la vertu de son souffle compris en tant qu'agent suprême de vie.

L'obscurantisme qui régna depuis ces interprétations nébuleuses et confuses, d'une pensée si claire, dérouta les esprits, arrêta l'essor de l'intelligence. La notion du Souffle considéré en tant que moyen parfait de développement corporel, mental et spirituel, se noya, s'effaça dans un embrouillamini de formes, de rites, de complications intellectuelles et matérialistes, et tout resta infécond des enseignements ainsi tronqués, privés de leur sève, qui ne furent plus donnés que sous forme cultuelle, stérile.

La relation absolument directe qui existe entre le côté pratique, physique, objectif de la vie et le domaine spirituel, moral, fut perdue de vue, et l'on se confina, soit dans la culture de l'idéalisme sans base, sans aboutissement possible, soit dans une négation du côté spirituel de la vie, en la seule croyance en la matière.

Tout se subdivisa alors en compartiments étanches, l'unité de la vie ne fut plus comprise. Plus de force, plus de synthèse possible pour l'être ainsi divisé en soi, vivant absorbé, soit sur le plan de la matière, ou de l'illusion. Aussi bien, d'ailleurs, celui qui, visionnaire, veut ne reconnaître que l'esprit et le «ciel », l'au-delà, que celui qui ne jure que par cette matière, enveloppe de chair temporaire de l'esprit, --- aussi bien ces deux êtres connaîtront de pénibles heures de souffrance, de« décalage », de doute et de désespoir. Tout est en tout, et tout est dans le principe de vie initial : le Souffle.

Pas plus un côté que l'autre de la manifestation humaine ne peut être ignoré, méconnu sans que l'équi­libre, l'évolution de l'individu n'en pâtisse. Le moins qui puisse être en tant que dommage, est l'arrêt, qui en matière d'évolution, est équivalent à régression.

Trop de considérations et de détails oiseux ont envahi ce domaine de la conception des origines de l'homme, et des moyens qui permettent à celui-ci de vivre en harmonie avec les lois concernant ces origines et les plans de sa vie présente; de là vient le chaos déterminé par l'égoïsme ou par des croyances aveugles, étroites, qui n'ont rien de commun avec la foi agissante, la foi en la vérité, en la lumière, en l'effort individuel.

Peu à peu, cependant, une minorité d'êtres, qui va grandissant, commence à se ressouvenir de cette vérité éternellement gravée dans l'éther, rappelée, retrouvée, oubliée, cachée, puis reprise, que : « Respir est Esprit, Vie », et à concevoir le principe dans sa grandiose sim­plicité, sous l'angle naturel, probant, que proclament toutes vies, toutes choses en l'univers.

Peu à peu, redevient simple, clair aux yeux de l'homme réveillé de son étouffant cauchemar, que ce souffle, ce respir, cette énergie atomique créatrice, est l'origine de toute vie, est en chacun, à chacun, à portée de chacun, et que les modes et possibilités d'uti­lisation de ce souffle générateur de vie et d'intelligence, sont partout, librement, constamment à disposition de tous; que tout être a droit, pouvoir et devoir de puiser à cette intarissable source de vie, de lumière, source de vie unique, source de savoir intégral.

Source unique de savoir vrai, parce qu'origine, renouvellement éternel et fin de tout, parce que géné­ratrice de la Pensée qui, en chacun, recrée tout.

Source de vie matérielle et mentale : car il est aisé de comprendre que l'augmentation d'apport d'énergie vitale puisée au dehors, par l'inspiration du souffle, aug­mente l'énergie organique, nerveuse, et la fécondante vibration cérébrale, et que les processus d'élaboration de vie matérielle, cellulaire, et de force et capacité mentale sont accélérés, amplifiés, intensifiés, et rendent progressivement plus parfait le développement de toutes les facultés, dons et talents enclos en l'être, jusque-là engourdi, inconscient.

Très petit est encore, à l'heure présente, le nombre de ceux qui ont réalisé ce fait capital de la valeur de la respiration, qui en ont tiré les conclusions applicables à leur vie, à leur cas individuel; qui se sont mis à respirer systématiquement, et qui sont, par suite, devenus aptes à penser individuellement, originalement. La masse reste engourdie, inconsciente, répète et reflète, reprend incessamment les idées, suggestions et routines qui tiennent lieu de pensée et de direction aux collectivités ignorantes de la valeur des possibilités, devoirs et droits de l'individu.

Il en sera ainsi tant que la connaissance des moyens de culture individuelle ne sera pas librement et simplement répandue. Cependant, bien que lent, le mouve­ment de libération, d'évolution des cerveaux, est constatable partout, en tous milieux, et dans la géné­ration actuelle le nombre des individus « éclairés» augmente sans cesse, de manière indéniable et satis­faisante. La résistance passive des « opposants» inconscients n'y fait, n'y fera rien. L'avancement de l'individu est compris dans la loi évolutive et les « forces » inconscientes, aveugles, qui sont reflet de l'état inévolué des cerveaux, perdent de leur poids d'inertie à mesure de la plus grande clarté qui se fait dans les cerveaux, dans la pensée humaine, sur les lois qui la régissent. Qui réalise la nature des lois de l'univers et de la création, comprend que tout ce qui s'oppose à la libération humaine n'a pas véritablement force, vie en soi, mais est conséquence de l'ombre, de l'erreur qui subsiste dans la majorité des conceptions humaines sur ces lois immuables et parfaites. L'op­position, la résistance, la contradiction de l'être aux lois d'ordre, d'équilibre, de pureté, de justice, qui sont directrices et déterminantes de tout ce qui vit, est conséquence de l'ignorance, de l'imparfaite com­préhension résultant de la présente limitation de l'intelligence, qui se libérera, peu à peu, par la simple connaissance et l'application de la culture respiratoire. Il est donc absolument juste de dire que seul le bien existe, et que le mal est néant, ombre, et que la lumière seule et non la lutte, peut anéantir, absorber, transformer cette ombre, ce mal qui veut s'opposer au passage du vrai, lumineux, éternel. C'est ainsi qu'il apparaît à tous êtres dont la compréhension s'est éveillée, dont l'intelligence devient active, capable de discerner et choisir, qu'il n'y a jamais lieu de lutter contre qui ou quoi que ce soit; que l'obscurité ne se combat que par son contraire, qui est la libre projection de la lumière. « Lutter» contre l'ignorance est toujours temps perdu; éduquer les cerveaux encore engourdis, est seul conséquent avec une conception juste de la vérité et de la qualité de la vie.

Discussions, opposition, argumentation sont mani­festations vaines et puériles de qui ne sait pas encore. Ne «s'entendent » que des individus qui parlent même langue, qui ont même degré d'évolution. Le temps est précieux, et le perdre en palabres ou ripostes est faire preuve d'ignorance.

Est-ce à dire qu'il soit suffisant pour l'homme, de savoir personnellement comment vivre, pour se déclarer satisfait et se désintéresser de la pénible situation que fait à tant, le manque de connaissance ? Certes, ceux qui suivent la voie qu'indiquent les principes mazdéens savent que rien de semblablement étroit ne peut demeurer dans la pensée de qui a compris quelle loi de communion suprême unit entre elles toutes les créatures, et aucun de ceux qui ont sur la vie et ses lois des conceptions saines et droites ne se sent heureux tant qu'il ne travaille pas effective­ment à amener le soulagement, l'abolition de la souf­france humaine.

La sagesse est compagne indispensable de l'amour, et qui veut sauver, aider, prend pour cela des moyens susceptibles de remplir le but: s'éclaire d'abord, agit juste, et oppose à l'obscurité, au mal, non la répression, la force, mais la clarté, l'équilibre, la justice ferme, qui rétablissent ordre et netteté par le seul effet de leur nature.

Ce qui résiste à l'avancement dans l'humanité, dans les sociétés, dans l'individu, c'est une forme d'atavisme paralysant, fait de crainte que l'ignorance crée, c'est une négation latente, aveugle, qui vient, non du cœur encore endormi des êtres, mais de la matière indocile parce que malade et impure, sourde, parce que mal conduite, en raison de l'ignorance et des transgressions constantes des hommes. Le réveil de l'intelligence seul pourra permettre de vaincre la matière en la rendant véhicule pur et docile de la Pensée. « Lutter » c'est renforcer le mal; lutter contre l'ombre, en vouloir à qui dévie parce qu'il ne sait pas, cela prouve une incompréhension de la part des batailleurs, qui fait mal augu­rer de leurs savoir et conviction, et de la réussite de leurs efforts. Avancer, et préparer la voie pour ceux qui veulent suivre est seul sage. Avancer pour soi, et pour tous, en œuvrant de façon à éclairer et jalonner la voie, voilà ce que firent tous les pionniers; ils ne détrui­sirent point, mais incessamment, sans jamais se lasser, ils construisirent du nouveau et du meilleur. Le temps suffit à ronger, à anéantir tout ce qui n'a pas base et utilité réelles, et ce n'est point œuvre digne d'individus capables de travail fécond que d'amasser des ruines. L'ancien est passé : Je dois renouveler toutes choses. Le moins bon sert à édifier du meilleur; l'in­férieur, dans la nature entière, est sacrifié au supérieur, et cette juste immolation ennoblit toutes choses. Dans la race humaine, où toutes créatures sont solidaires, et toutes douées d'intelligence, de libre arbitre et de facultés complémentaires, il n'est jamais question de sacrifice, mais de collaboration, par emploi de ses facultés, librement consentie et offerte, par tout être conscient de l'utilité de son irremplaçable participation à la grande œuvre de continuelle création que représente la vie, qui est Travail, Amour. Comment condamner ceux des êtres dont l'esprit encore mal éclairé, embrumé, n'a pas réalisé cela, et qui créent mal et désordre par leur non-participation spontanée et féconde, voire par incompréhension ou opposition; qui chargent leurs épaules d'un lourd fardeau dont nul n'a pouvoir de les délivrer; comment ne pas faire pour eux, plus encore que pour tous autres, briller la Connaissance, la lumière libératrice ?

La Vérité, la Connaissance est patrimoine sacré commun à tous les hommes; l'époque est venue où elle doit s'élever éclatante, victorieuse, au-dessus de tous débats, conflits et malentendus, où elle doit, non combattre l'ignorance meurtrière, mais l'éclipser par sa simplicité radieuse, l'effacer, ainsi que le soleil efface la nuit.

Nous savons bien, parbleu, que tous les beaux par­leurs de toutes eaux, proclament cela, et en termes bien plus choisis et reluisants; qu'ils savent faire vibrer la corde « sympathique », enflammer les ima­ginations, enrôler les cœurs simples qui nourrissent de chers idéals... Eh bien, cela, cette façon coupable de jouer sur les sentiments de beauté et d'amour qui languissent en tous les êtres sensibles que leur igno­rance, leur faiblesse, empêche de se réaliser, elle réussit et réussira de moins en moins; les plus simples sentent la Vérité, pressentent sa venue, et ont vite «décortiqué » de son fatras, dépouillé de ses oripeaux, la pensée de ceux qui parlent sans sincérité. La conscience de l'homme s'éveille, devient sévère, on l'a davantage trompé qu'on ne le trompera... Le temps veut la réalisation de l'intelligence humaine, et tout ce qui est susceptible d'entraver son essor devra tomber, tom­bera, sans qu'il soit nécessaire que quiconque s'en mêle, autrement qu'en devenant toujours plus digne et fécond. Point de travail stérile, de destruction, mais mise en application, par chacun, dans sa vie et sur soi-même, des enseignements de vérité qu'il a réalisés et expérimentés.

Il ne suffit plus de nos jours de clamer des profes­sions de foi redondantes, de faire des promesses miri­fiques, car, même étourdis par la faconde, les esprits modernes se reprennent vite… et cherchent ce qu'il y a de substantiel, de basé dans ce qui est prôné.

Il faut, maintenant, quelque chose de vérifiable par des faits et effets, et les belles périodes, les formes et les promesses, semblent peu, trop peu, à qui cherche la Vie. L'homme doit être simplement éclairé sur les lois constitutives de l'univers et de l'organisme humain, il doit être mis simplement en possession des connaissances et des moyens pratiques qui lui per­mettront de gouverner et de rendre productive et heureuse son existence. Il faut répandre largement et constamment la connaissance, sur ce qui embrasse tous les domaines de la vie humaine, journalière, et supérieure; il est l'heure où cette connaissance peut porter fruits. Partout se lèvent des hommes de bonne volonté qui, grâce au plus grand développement de leur cœur sont prêts à mettre en valeur, au profit de la collectivité, les connaissances acquises et les facultés développées avec l'aide de ces connaissances. Ainsi cette Connaissance ne pourra demeurer plus longtemps apanage particulier de certains milieux, elle ne restera plus confinée et ainsi susceptible de demeurer stérile, voire nuisible, quand les visées étroites et ignorantes de certains les conduisent à en faire l'exploitation oppressive sur des individus mal avertis et incapables encore de maintenir leurs rang et droits.

La connaissance de la Science de la respiration, divulguée, mise à portée de tous, effacera les ombres, supprimera les oppresseurs, sans qu'il y ait luttes ni dommages pour aucun être, mais bien au contraire libération, salut vrai pour tous : exploitants et exploités.

C'est par la Culture Respiratoire que l'intelligence, la conscience individuelle est libérée, dégagée, parce que, par le souffle consciemment inspiré, l'homme prend à la source même toutes connaissances et forces, et surtout, le « ressouvenir » qui lui rend ses pouvoirs. Ce qui fait la différence entre des promesses analogues, que de mêmes mots servent à énoncer, c'est l'esprit, la cordia­lité qui a dicté les mots... et que sentent ceux dont le cœur est éveillé, et c'est aussi, ce qui, à la théorie, est adjoint de pratique, de contrôlable, de probant, d'applicable.

Offrir sans réticences, ambages ni complications, tout uniment, sans lacunes ni omissions ou adjonctions, mais simplement, en langage clair et intelligible pour tous, la connaissance du moyen primordial de culture humaine, est l’œuvre du moment.

La respiration pratiquée consciemment est le puissant levain qui fera « monter » la pâte, la masse de l'humanité entière actuellement en voie de recherche douloureuse, de transformation qui la conduit vers un mode d'existence supérieur. Il s'agit maintenant, non plus de « tenir » végétativement, passivement, tant bien que mal, en happant selon les opportunités ce qui plaît ou flatte, mais de songer, pour chacun, sérieusement, à prendre ses responsabilités, et de se préparer à faire face à des devoirs qui seront toujours plus stricts, et où seules, valeur et dignité conféreront force, appui et réalisation.

La pureté du sang, de l'organisme entier, peut seule permettre à l'homme de démontrer sa noblesse, sa droiture innées, de nourrir des conceptions justes.

Nous avons maintenant des devoirs graves, précis à envisager, à remplir; une race plus éclairée, plus consciente, se lève, qui sera plus douée, plus sage, plus forte en tous points que celles qui l'ont précédée, et dont l'idéal, soutenu, entretenu, poursuivi malgré tant d'entraves, a permis la venue. C'est maintenant l'heure grave où la quintessence des leçons du passé, la synthèse des enseignements et expériences de nos devanciers doit être tirée, appliquée; l'accomplisse­ment vient à échéance, commence à fructifier. Seuls ceux qui sont décidés à tenir, effectivement, courageu­sement, leurs place et rôle de travailleurs intelligents et désintéressés, dévoués au bien général, à la diffu­sion libre des moyens qui permettent l'acquisition de la connaissance, auront droit à la joie vraie de vivre, de faire vivre.

Il ne s'agit plus d'étudier, de compiler, comparer et ressasser, mais bien de tirer rapidement de tout ce qui fut fait, le résumé, la conclusion logique, pratique, applicable au présent mode de vie, à la véritable culture humaine. Théoriser est juste utile pour établir points de repère, jalons, et donner le départ à l'action; tout est vain et faux qui ne conduit là. Il faut conclure et agir, et non pas répéter ce qui fut dit et fait; il appar­tient à chacun d'assimiler d'abord, et de créer ensuite. Les montagnes de documents des érudits sont choses utiles seulement pour ceux qui savent y démêler rapidement le côté qui peut utilement être mis à l'épreuve pour un meilleur développement de ses facultés propres, en vue de la constitution directe d'un meilleur bagage pour une action bonne. S'il y eut grand profit pour l'humanité --- ce qui est indé­niable --- à ce que des êtres passent la majeure partie de leur vie à compulser, noter, transcrire et commenter tout ce qui, depuis des millénaires, se transmet sur la vérité des lois de la vie et de l'Etre, il ne faut pas oublier que cette œuvre humaine gigantesque n'a réelle valeur qu'en tant que moyen de rappel, d'aide du ressouvenir, et que chaque individu a pour but de parvenir à se développer pour retrouver en soi l'indi­viduelle part qu'il possède, innée, de toute cette connaissance qui lui est «rappelée » là. C'est là le but vrai, et qui continue de travailler à creuser intellectuellement seulement le problème, ne gagnera rien de vrai, de profond, d'efficient quant à son avancement, et grossira la troupe des théoriciens, des ergoteurs, des parleurs, sans que lui-même et l'humanité n'aient gagné la moindre lumière réelle...

Certains livres sont merveilleuse force, contiennent, pour certains, assurément, toute la Connaissance, la Sagesse qui est le trésor éternel destiné à l'homme devenu conscient par ses efforts et mérites, mais cette connaissance est là sous formes de principes et de préceptes qu'il faut appliquer. Jusqu'au moment où celui qui s'adonne à leur lecture n'a pas compris que tout ce qui est ainsi enseigné représente pour lui autant de clés dont il doit se servir,qui sont destinées à ouvrir en lui, pour lui, la source de ces vérités dont il découvre ainsi au dehors, l'écho, l'existence, et qui sont là seulement reflets dont lui possède innés, l'image, les clichés, enregistrés par son individualité --- jusqu'à ce moment, la vérité reste pour lui une théorie vide de réalisation, une belle image, un conte mer­veilleux qu'il entend, apprécie et répète, mais auquel il ne participe pas, ainsi qu'il est cependant de son devoir de le faire, duquel il ne tire pas lumière et ensei­gnement pour son individuel essor.

Il y a des lois puissantes que l'homme doit servir quand le temps en est venu. Toutes les oppositions et entraves venant de la matière, de l'intellect rétif et embourbé dans les sophistications, ne peuvent prévaloir contre le courant puissant de libération obligatoire qui se fait un chemin droit dans la compli­cation. L'esprit du Temps en vient toujours à ses fins, et cette Heure du Jugement final de la récolte équi­table par chacun de ce qu'il a semé au cours d'une existence, et des siècles passés, sonne en ce moment pour tous ceux dont la pensée est éveillée, et qui ont des « oreilles pour entendre ». Cette heure est grave, solennelle, belle et décisive; «l’ivraie sera balayée, le bon grain demeurera, germera, lèvera ». A chacun de suivre sa conscience au point le meilleur et le plus haut que celle-ci marque en son cœur. Il ne s'agit pas, pour agir juste, pour évoluer, de prendre avis, de s'en référer aux attitudes et actes de l'entourage quel qu'il soit, de se conformer à quelque tiède convenance, de faire moins mal, ou mieux, que d'aucuns. Tout cela, dans la suprême balance de la Justice éternelle, et aux yeux clairvoyants de la Conscience universelle-individuelle, ne pèse guère. Il s'agit de faire au mieux tout ce qu'on fait, de donner de soi le meilleur, en tout et pour tout, de bannir tout étroit orgueil et égoïsme, d'être en accord avec la loi de travail, en fournissant part constante, active, ce qui est, seul moyen d'ap­porter vrai tribut d'amour universel.

Que ceux qui n'ont point réalisé encore que justice, travail et amour sont une seule et même manifestation du principe d'unité, d'harmonie suprême, sourient, passent et cherchent encore à «profiter » --- il faut seu­lement les en plaindre, et tâcher à les éclairer pour les détourner de cette fatale voie d'erreur qui les conduit à la souffrance, à l'obscurité. Il faut, pour que le nombre de ces pauvres dupes qui croient duper, diminue, et que le bonheur général grandisse, apprendre à tous, sim­plement, quelle est la source de vie, de force, d'intel­ligence, de Connaissance. Il faut faire comprendre --- et permettre d'appliquer très simplement --- que la culture humaine par la respiration consciemment exercée, est seule capable de doter l'individu, le foyer, les sociétés, la race, de santé physique, de capacités cérébrales, mentales équilibrées, d'intelligence cor­diale, qui ouvrira les voies à une ère de conscience qui permettra de faire la synthèse heureuse de tous les laborieux efforts du passé, et de récolter et répandre les fruits de tous les enseignements des Sages qui se sont succédé pour amener l'humanité à ce point de réalisation créatrice dans la paix.

Tout, bien certainement, a été envisagé, énoncé depuis des âges, et l'étonnement admiratif s'empare du lecteur de textes précis, écrits longtemps avant notre ère. Tout semblait être compris, connu déjà, dans les races qui précédèrent la race blanche. Alors ?... Mais, ainsi que nous le dit le Dr Hanish : « Tout fut prévu dans les plans de l'imagination, du mental et de l'intellect humain, tout fut dit, mais c'est l’œuvre de la race blanche, à son présent point d'évolution, d'in­carner: de manifester, de réaliser effectivement dans la matière, par des actes, du travail, les plans et vœux de cette éternelle Pensée, que se transmirent, sans pouvoir l'accomplir entièrement, tous les hommes des âges passés. » Les incessants et merveilleux efforts et travaux de nos ancêtres ont amené pour nous, mainte­nant, au point où nous pouvons et devons la rendre réelle, probante, lumineuse, cette vérité suprême de la Loi d'Amour régissant hommes et mondes.

Le cœur humain est l'autel où brûle la flamme du souvenir de l'origine et du but de 1'Être incarné; il est aujourd'hui plus développé, plus affiné, et prêt à entendre la voix de la vérité chez les seuls individus dont le sang est pur, la vie non cruelle aux autres êtres; ces hommes libérés peuvent suivre la voie ascen­dante, reprendre contact avec la Pensée, et retrouver enfin le chemin clair de l'évolution consciente. Le cœur s'épure, la matière s'allège à mesure que l'homme satisfait moins grossièrement à ses appétits, en tous domaines. La consommation de chair animale est l'obstacle invincible qui retarde l'avènement de l'état de réalisation, qui éloigne l'heure de libération, parce qu'elle rend impur le sang, animalise l'être humain déchu.


Dans les écrits des Sages antiques que nous voyons ici, partout cette restriction était sous-entendue dans tout essai d'initiation pour l'obtention d'un meilleur état physique, mental, moral et spirituel. La régres­sion qui découle de l'aberration commise en sacrifiant les animaux pour les consommer, amène pollution, et partant : dégénérescence du sang humain; elle a assom­bri l'intelligence pour de longs cycles, elle a fermé le cœur de l’homme à la correspondance de lumière qui devait l'emplir.

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Titre Originel: Book Title : LA SCIENCE DU RESPIR
Ce livre vous est proposé dans le cadre d'un projet culturel.
Nous voulons porter l'attention sur les thèmes de l'hypnotisme magnétique, de la fascination e de la vraie tradition  magnétique originelle dans la quelle nous avons été initiés.

Il s'agit de techniques ayant leurs bases dans des concepts energétiques. (elles sont l'équivalent en occident de tradition millénaires basés sur l'énergie paragonables àl tradition de la kundalini).

Elles peuvent etre utile dans la thérapie, dans les situations personnelles (magnétisme personnel), dans les rélations et dans beaucoup d'autres situations.

Leur pratique est connecté à une école très anciennes (millenaire), très puissante et en partie mantenue toujours secrete.

Les livres contiennent seulement une partie de l'enseignement original.
Le systhème complet est constituéa par nombreux exercices physiques (une espèce de gymnastyque energètique) et mentaux.
Ces exercises sont aussi très regeneratif pour la personne.
Ils augmentent son impact et beaucoup d'autres qualités, en outre ils contiennent un modèle très comprehensif de l'homme.

Nous vous proposons ces techniques dans une formation pratique à la quelle nous avons donné le nom de Mesmerismus®, bien que nos techniques soient derivés d'une tradition bien plus anciennes que celle de Mesmer et s'appuient sur une ècole secrète.
Ce sont des techniques naturelles
.
Elles reveillent l'homme au soi mème naturel, ou il peut trouver le maximum de pouovoir, et peuvent en aider le dèvéloppement personnel et spirituel.
Pour reinsegnements sur nos cours prochaines vous pouvez nous contacter à travers:
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