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CHAPITRE XII: SPIRITISME.

Depuis 1878, lorsque l'occasion s’est présentée, et que nos occupations nous l’ont permis, nous avons étudié les manifestations dites spirites. Nous avons assisté a de nombreuses séances et nous avons fait beaucoup d'expériences personnelles, ce qui nous autorise, en connaissance de cause, a faire connaître notre opinion sur ce sujet troublant.

Avant cette époque, nous avions, comme tant d'autres, des préventions sur ces fameux phénomenes spirites, vantés par quelques-uns, décriés par le plus grand nombre ; aussi, refusions-nous toujours d'assister a des séances ou l'on invoquait les âmes des morts.

En octobre 1878, nous trouvant en villégiature chez Mme la Marquise de F.... a Orange, Vaucluse, nous fumes témoin, pour la premiere fois, des soi-disant manifestations des habitants d'outre-tombe.

Mlle de F... était médium et, un soir, apres le dîner on fit danser la table. Le début de la séance nous laissa absolument froid, alors que d'autres assistants étaient émerveillés, parce que nous pensions que les personnes qui formaient la chaîne, leurs mains appuyées sur le meuble, la poussaient ou le tiraient consciemment ou inconsciemment dans diverses directions. Mais 20 ou 25 minutes apres le début de la séance, la table se souleva presque du sol et frappa de si étrange façon qu'elle attira notre attention. Nous constatâmes, dans le cours de cette séance, que, a défaut d'esprit, il y avait la réellement une force quelconque que nous eumes, des lors, le désir de connaître.

Un de nos amis, fervent spirite, possédait une bibliotheque assez complete. En peu de temps, nous dévorâmes tout ce qu'il possédait sur la matiere, et nous recherchâmes ces séances au lieu de les fuir.

Pendant l'hiver de 1878-1879, nous assistâmes régulierement aux réunions de deux groupes spirites. Eh bien, malgré tout ce que nous avions vu durant ce laps de temps, malgré tout ce que nous avions lu en faveur du spiritisme, nous n'étions point convaincu de la présence des esprits dans ces manifestations.

Les spirites allégueront que nous avions une forte dose de scepticisme, un parti pris invétéré : nous n'avons jamais eu d'idée préconçue pour quoi que ce soit.

Pendant quatre ans, nous ne pumes étudier que des phénomenes insignifiants, les uns provenant d'une pression des mains, plus ou moins volontaire, exercée sur la table par les opérateurs ; les autres attribuables a l'électricité animale : nous connaissions le cas d'Henriette Cottin et d'autres semblables. Alexandre Aksakof n'avait point encore écrit Animisme et spiritisme.

Nous avions également expérimenté ce que les spirites appellent l'écriture automatique, qui se produit soit par le moyen d'une planchette a roulettes, soit par une corbeille, soit le crayon seul tenu par le médium, sans obtenir des résultats plus, satisfaisants.

En 1883, a Marseille, nous eumes la bonne fortune de rencontrer, en Mme M.... un véritable médium : nous obtînmes, a notre domicile, pendant plus de trois mois, de remarquables phénomenes, que nous ferons connaître dans ce chapitre, et qui orienterent nos idées dans une autre direction. Depuis, nous nous sommes vivement intéressé a cette question.

Aujourd'hui, notre conviction sur les phénomenes spirites est faite, et si nous sommes encore éloigné des théories émises par les diverses écoles spiritualistes, nous admettons les faits comme réels, indiscutables.

Laissons de côté les faux médiums, les imitateurs, les truqueurs. (Louis Jacolliot, sous le pseudonyme du Dr Fhilyps, a écrit la Fin du monde des esprits, livre dans lequel tous les trucs sont dévoilés. Ces trucs sont faciles a démasquer, mais nous déplorons que cet auteur attribue tous les faits spirites a la supercherie.) Ne nous occupons que des faits réels de l'animisme et du spiritisme ; mais que l'on sache bien aussi que souvent les vrais médiums trichent également ; forcent en quelque sorte le phénomene, lorsqu'il ne se produit pas. Que l'on ne perde pas de vue non plus que neuf fois sur dix c'est le phénomene animique qui se présente : il faut apprendre a le différencier, malheureusement nombreux sont les spirites fanatiques qui s'imaginent obtenir toujours des manifestations célestes, et malin serait celui qui voudrait les éclairer ! Nous avons essayé quelquefois, mais nous prechions dans le désert.

Ainsi que nous l'avons dit au début de ce travail, sauf quelques-uns de vraiment instruits, de compétents, qui ne prennent point leurs reves ou leurs désirs pour des réalités, qui savent, dans leurs expériences, employer la méthode scientifique, les spirites, en général, par leurs affirmations puériles, portent un préjudice considérable a la vérité qu'ils veulent propager, soutenir et défendre.

Nous savons, nous le répétons encore, que les spirites sont de bonne foi, mais leur bonne foi ne suffit pas a justifier leurs grossieres erreurs. La plupart, n'ayant que des liens tres éloignés avec les sciences, ne tiennent aucun compte des observations de ceux qui, plus habitués aux manipulations de physique, attribuent ces faits a une cause autre que celle invoquée par les partisans de Kardec.

Lorsqu'on peut naturellement expliquer un phénomene peu ou pas connu, lors meme qu'il sort du domaine de nos connaissances, il n'est point nécessaire de l'attribuer au surnaturel.

Un homme de science ne sera point satisfait et sera loin d'approuver des communications idiotes d'Alexandre le Grand, de César, du Christ, de la Sainte Vierge, de saint Vincent de Paul, de Napoléon 1er, de Victor-Hugo, etc..., que soutiennent exactes une foule de pseudo-médiums.

L'abus des grands noms est détestable, car il fait naître le scepticisme.

Nous avons souvent démontré a ces médiums qu'ils se trompaient, en posant, aux soi-disant esprits présents, des questions qu'ils devaient connaître ; mais que les médiums ignoraient. Ainsi, par exemple, Napoléon 1er ne se souvenait plus de Waterloo ; saint Vincent de Paul ne savait plus un mot de latin ; Le Dante ne comprenait pas l'italien ; Lamartine, Alfred de Musset étaient incapables d'accoupler deux vers.

Prenant ces esprits en flagrant délit d'ignorance et faisant toucher la vérité du doigt a ces médiums, pensez-vous que nous ébranlions leur conviction ? Non, car l'esprit guide soutenait que nous étions de mauvaise foi et que nous cherchions a empecher une grande mission de s'accomplir, mission dévolue a son médium.

Nous avons connu plusieurs de ces grands missionnaires qui ont terminé leur mission dans des maisons spéciales !...

Cependant, nous devons reconnaître que les spirites ont eu l'honneur d'attirer l'attention de quelques savants. Dans plusieurs pays, notamment en Angleterre, des investigateurs compétents ont pu, apres de nombreuses expériences, différencier les faits, les classer et, comme les premiers, affirmer la réalité de certains de ces faits, inexplicables par les agents physiques connus.

Les travaux de ces investigateurs ont amené un assez grand nombre de savants modernes a ces recherches et, comme leurs devanciers, ils n'hésitent pas a pénétrer dans ce champ insuffisamment exploré. Aussi, sommes-nous persuadéS que, dans un avenir plus ou moins éloigné, la psychologie expérimentale établira une science nouvelle, aussi exacte que celles existantes, sortira tous les faits extra-naturels du chaos actuel et créera la science psycho-physiologique.

Avant de passer en revue les principaux phénomenes animiques et spiritiques nous allons indiquer le modus operandi ordinairement employé pour l'obtention de ces phénomenes.

On se sert habituellement d'une table quelconque, mais légere autant que possible et en bois, quelques personnes, quatre ou cinq au plus, se placent autour du meuble et appliquent leurs mains dessus, en formant la chaîne, c'est-a-dire en faisant toucher leurs doigts, On peut ne pas se mettre en contact par les doigts, la table étant suffisante pour établir la chaîne. La position des mains est indifférente et ne gene point le phénomene, lorsqu'il doit se produire. La lumiere doit etre faible et les expérimentateurs peuvent causer jusqu'a la production des premieres manifestations, afin d'obvier un peu a la monotonie de cette position d'attente qu'il faudra garder plus ou moins longtemps, car ce n'est quelquefois qu'au bout d'une demi-heure qu'un effet se produit. Cesser la conversation lorsqu'un bruit quelconque : grattement, craquement ou légers coups, se fait entendre afin  de ne rien perdre du phénomene et de suivre sa marche.

En procédant de la façon suivante, nous avons, chaque fois, obtenu quelque résultat.

Dans une société un peu nombreuse, nous faisons, sur les assistants, par notre procédé neuroscopique, une sélection. Ces préliminaires achevés, nous formons une sorte de batterie électrique humaine.

Les personnes qui réagissent a notre action sont intercalées entre celles qui n'éprouvent aucune sensation.

Analogiquement, nous prenons les sensitifs comme pôle négatif et les asensitifs comme pôle positif. La chaîne commencée par un sensitif se termine par un asensitif, les pôles de nom contraire du début et de la fin étant libres, les autres en contact. Avec ce dispositif, apres une attente qui varie de cinq a trente minutes, on obtient toujours des effets.

Lorsque nous jugeons l'entraînement suffisant, nous relions la personne la plus impressionnable de la société a cette batterie humaine, et les effets augmentent rapidement en intensité.

Nous ne voulons point donner une supériorité a notre méthode, nous conseillons seulement de l'essayer, persuadé qu'elle donnera satisfaction aux expérimentateurs.

Ordinairement, apres un quart d'heure d'imposition des mains sur la table, des petits coups sourds se produisent, suivis bientôt de coups secs, plus nets, comme de légeres décharges électriques. Ces coups deviennent plus forts, plus précipités au fur et a mesure de leur production.

Souvent, ce sont des craquements, des oscillations presque insensibles de la table qui augmentent progressivement et arrivent a faire basculer le meuble ; puis, la table tourne ou elle frappe d'un de ses pieds.

Tous ces effets ne sont point dus a l'action d'un esprit, mais bien a l'électricité animale dégagée parles opérateurs.

A ce moment, on interroge la table, on la fait parIer : deux coups veulent dire non, un coup oui ; puis un assistant épelle les lettres de l'alphabet et la table frappe la lettre qu'on doit assembler aux précédentes pour former des mots et des phrases : on peut établir toutes sortes de conventions, pour converser avec le meuble.

Le plus souvent, dans ces séances, on n'obtient qu'une sorte d'imbroglio : parfois, quelques phrases correctes surgissent. Cet imbroglio est impliqué, par les fervents du spiritisme, aux mauvais esprits, et alors en avant la priere, les conjurations, les passes dégageantes, pour chasser les mauvais esprits et leur mauvais fluide.

La cause de tout cela est pourtant bien simple, pour ceux qui connaissent la question, puisqu'elle émane de nous et que ce ne sont que des effets animiques.

Qu'on n'oublie pas qu'un sensitif, meme éveillé, peut voir a distance et sentir ce que ne peuvent voir ni sentir les asensitifs.

A ce sujet, il est aisé de se documenter dans les Annales des sciences psychiques du docteur Dariex ; dans les Hallucinations télépathiques de MM. Gurney, Myers et Podmore, et dans Animisme et spiritisme d'Alexandre Aksakof.

On sait que les vrais médiums sont rares et que meme ceux-la, dans certaines conditions, ont une tendance a forcer le phénomene, a tricher : on a pris plusieurs de ceux qui en font métier, au moment ou ils fraudaient.

Les faux médiums sont tres nombreux, surtout en Amérique, berceau du spiritisme.

Mais autour de ces médiums vrais ou faux gravitent des milliers d'autres médiums s'attribuant des facultés diverses et personnelles : les typtologues, les écrivains, les intuitifs, les voyants, les auditifs, les guérisseurs, etc., etc.

Tout le monde, parait-il, est plus ou moins médium : on n'a qu'a développer cette faculté latente. Quelle erreur, quelle aberration cérébrale ! Voila pourtant ce que certains livres spirites affirment.

Ne montons pas si vite au septieme ciel, restons un peu sur la terre et nous verrons plus clairement la vérité, nous la comprendrons mieux.

Au fruit, on reconnaît l'arbre, dit-on. Examinons sans enthousiasme, froidement, les communications obtenues quelles qu'elles soient, différencions-les surtout, et nous constaterons que quatre-vingt-dix fois sur cent elles sont banales et ne dépassent point le niveau intellectuel des assistants.

Les memes personnes se réunissant régulierement ne tardent pas a s'entraîner, a s'harmoniser, et les communications provoquées augmentent peu a peu d'intensité, mais ne dépassent pas, nous le répétons, leur niveau intellectuel ; elles créent ainsi une sorte d'intelligence mixte éphémere qui obéit a leurs desiderata.

Mais la encore, point d'entité étrangere, point d'esprit de mort : animisme toujours.

Ces importants phénomenes animiques ne sont pas connus de tous les spirites, mais ils sont encore plus ignorés des savants, du moins de ceux qui portent ce qualificatif, a quelques rares exceptions pres ; il est donc urgent de les indiquer, d’insister sur leur fréquence, pour mettre en garde les chercheurs non inféodés a une doctrine quelconque, et inviter les croyants a ne pas confondre, a ne pas prendre l'erreur pour la vérité.

Lorsqu'on se trouve en présence d'un phénomene transcendant, le doute ne peut persister dans l'esprit de celui qui est accoutumé a ces sortes d'expériences, la différence est si grande qu'on ne peut confondre ces faits avec ceux de l'animisme : nous pensons prouver ce que nous avançons.

PREMIERE SÉRIE DE FAITS

 

Animisme.

Les divers phénomenes télépathiques, que nous avons étudiés dans le chapitre précédent, rentrent dans le cadre de l'animisme ; d'autres, tres nombreux, que nous allons examiner, sont dans le meme cas.

Aksakof, un des premiers, sinon le premier, a su reconnaître ces faits et a pu les classer méthodiquement, rationnellement.

Voici sa classification :

« 1° Action extracorporelle de l'homme vivant, comportant des effets psychiques, (phénomenes de la télépathie, impressions transmises a distance) ;

« 2° Action extracorporelle de l'homme vivant comportant des effets physiques (phénomenes télécinétiques - transmission de mouvement a distance) ;

« 3° Action extracorporelle de l'homme vivant sous forme de l'apparition de son image (phénomenes téléphaniques - apparition du double) ;

« 4° Action extracorporelle de l'homme vivant se manifestant sous forme de l'apparition de son image avec certains attributs de corporéité (phénomenes téléplastiques - formation de corps matérialisés).

Nous extrayons de l'ouvrage si documenté du savant russe Animisme et spiritisme quelques cas de chacune de ces catégories, afin que le lecteur puisse juger en connaissance de cause, ne trouvant point dans la littérature spirite française l'impartialité et la compétence rencontrées chez cet auteur.

1re Catégorie. - Cas de Mlle Barbe Pribitkoff.

« En 1860, je passais l'été au village de BélayaKolp (pres de Moscou), qui est la propriété du prince Schahovskoy. Sa belle-mere, la princesse Sophie Schahovskoy, avait pris l'habitude de traiter par l'homoeopathie les malades des environs.

« Un jour, on lui amena une petite fille malade. Indécise quant au remede qu'elle devait lui administrer, la princesse eut l'idée de demander, au moyen de la table, un conseil au Dr Hahnemann. Je protestai énergiquement contre l'idée de traiter un malade suivant les indications d'un etre que l'on ne saurait identifier. On insista et, malgré mon opposition, on réussit a m'installer devant la table, avec Mlle Kovaleff, une pupille de la princesse Schahovskoy. (Je ne croyais pas alors a l'homéopathie et estimais que, dans les cas graves,, il fallait transporter tout malade chez le médecin de la ville.) En dépit de cette opposition intérieure, - car je m'abstenais de l'étendre jusqu'a l'activité de mes mains - le pied de la table épela, au moyen de coups, le nom de Hahnemann, ce dont je fus fort contrariée, et je fis des voux intimes pour qu'il refusât de formuler un conseil. Et juste, la phrase dictée fut qu'il ne pouvait pas donner de conseil. La princesse se fâcha a son tour ; elle attribua ce refus a mon opposition et m'éloigna de la table. Je ne puis dire qui me remplaça, si ce fut la princesse elle-meme ou une autre personne. Je m'assis aupres de la fenetre a quelques pas de la table, et m'efforçai, par une concentration de toute ma volonté, a faire reproduire par la table une phrase que je formulai mentalement. La princesse demanda alors « pourquoi Hahnemann ne pouvait pas donner de conseil ». La réponse fut (en français) - « Parce que je suis devenu un insensé en fait de médecine, du jour ou j'ai inventé l'homéopathie. » Je dictai cette phrase en faisant appel a toute ma force de volonté et concentrant ma pensée successivement sur chacune des lettres qui devaient venir. Je me rappelle bien que pas une seule erreur ne fut commise au cours de la transmission de cette phrase. A peine la dictée fut-elle terminée que je ressentis un violent mal de tete. »

Ce fait prouve bien que lorsqu'on expérimente avec la table, le plus souvent, quand les mouvements ne sont pas le résultat d'une pression plus ou moins inconsciente - on a ordinairement une tendance a aider le phénomene - exercée dans un sens ou dans un autre par les opérateurs trop soucieux d'obtenir des communications, l'action mentale de l'un ou de plusieurs des assistants est la seule cause des effets produits.

Cas de l'écrivain russe, Wsevolod Solovioff

« C'était au commencement de l'année 1882. Je m'occupais, a cette époque, d'expériences de spiritisme et de magnétisme, et, depuis quelque temps, j'éprouvais une étrange impulsion qui me poussait a prendre un crayon dans la main gauche et a écrire ; et, invariablement, l'écriture se faisait tres rapidement et avec beaucoup de netteté, en sens inverse : de droite a gauche, de sorte qu'on ne pouvait la lire qu'en la tenant devant une glace ou contre le jour. Un soir que je m'étais attardé dans une conversation avec des amis, je ressentis a deux heures du matin ce désir irrésistible d'écrire. Je pris le crayon et priai une dame de mes amies, Mme P.... de le tenir en meme temps ; nous nous mimes ainsi a écrire tous les deux a la fois. Le premier mot fut Véra. A notre question : Quelle Véra ? Nous obtînmes par écrit le nom de famille d'une jeune parente a moi, avec la famille de laquelle j'avais récemment renoué des relations, apres une interruption assez prolongée. Nous en fumes étonnés, et, pour etre bien surs de ne pas nous tromper, nous demandâmes : « Est-ce vraiment Vera M... ? » Nous reçumes cette réponse : « Oui. Je dors, mais je suis ici : et je suis venue pour vous dire que nous nous verrons demain au jardin d'été. » Alors j'abandonnai le crayon et nous nous séparâmes la-dessus.

« Le lendemain, vers 1 heure, je reçus la visite du poete Maikoff ; a 2 heures et demie, il prit congé ; je lui offris de l'accompagner et nous sortîmes ensemble reprenant la conversation interrompue. Je le suivais machinalement. Je demeurais alors au coin des rues Spasskaia et Znamenskaia. (En passant par la rue Pantélémonskaia, a la hauteur du pont des Chaînes.)

« Jamais, pendant l'hiver, je ne m'étais promené dans ce parc. Il faut dire aussi que je ne pensais plus a ce qui s'était passé la veille, a notre séance spiritique. Jugez de mon étonnement lorsque, ayant a peine franchi de quelques pas la grille du jardin d'été, je me trouvai face a face avec Mlle Véra M..., qui se promenait avec sa demoiselle de compagnie. A ma vue, Mlle Véra M... se troubla visiblement, aussi bien que moi-meme, d'ailleurs, car notre séance de la veille me revint subitement a l'esprit. Nous nous serrâmes la main et nous nous quittâmes sans mot dire.

« Le soir meme, j'allai voir sa famille, et la mere de Vera, apres les premieres paroles de bienvenue, commença a se plaindre de l'imagination fantastique de sa fille ; elle me raconta que celle-ci, en rentrant de sa promenade au jardin d'été, le jour meme, avait manifesté un état extraordinaire d'excitation, qu'elle avait beaucoup parlé de sa rencontre avec moi, comme d'un miracle ; qu'elle avait raconté etre venue chez moi en songe et m'avoir annoncé que nous nous rencontrerions au jardin d'été, a 3 heures.

« Quelques jours apres, il se produisit un fait similaire, et, dans les memes conditions : a la séance, ma main écrivit le nom de Vera, et ensuite il nous fut annoncé qu'elle passerait chez nous le lendemain a 2 heures. En effet, a l'heure indiquée, elle se présentait chez nous, avec sa mere, pour nous faire une visite. Les faits ne se renouvelerent plus. »

Les livres spirites abondent de faits de cette catégorie.

Cas du juge Edmonds.

« Un jour que je me trouvais a West Roxbury, je fus mis en rapport, par l'intermédiaire de ma fille Laure, avec l'esprit d'une personne que j'avais bien connue dans le temps, mais que je n'avais pas vue depuis quinze ans. C'était un homme d'un caractere tout a fait étrange ; il ressemblait si peu a tous ceux que j'avais connus et était si original qu'il n'y avait pas moyen de le confondre avec un autre. J'étais loin de penser a lui. Quant au médium, il lui était completement inconnu. Il se manifesta non seulement avec toutes les particularités qui le caractérisaient, mais me parla meme de choses que lui et moi étions seuls a connaître. A la suite de cette séance, je conclus qu'il était mort, et quel ne fut pas mon étonnement en apprenant qu'il était en vie. Il l'est encore. Je ne puis entrer ici dans tous les détails de notre conversation, qui dura plus d'une heure. J'étais bien persuadé que je n'avais pas été l'objet d'une illusion, que c'était une manifestation spiritique pareille a beaucoup d'autres que j'avais observées moi-meme et qu'on m'avait racontées. Mais comment cela pouvait-il se faire ? C'est une question qui m'obséda longtemps. Par suite, j'ai souvent été témoin de faits analogues qui ne me permirent plus de douter que nous puissions obtenir des communications de personnes vivantes tout aussi bien que des messages de personnes décédées.

Voici une autre communication intéressante :

« Un médium, en meme temps auteur bien connu, Miss Hardinge Brittan, raconte, dans son article « sur les Doubles », publié dans le Baner of Light (numéros des 6 novembre et 11 décembre 1875), que, dans l'année 1861, se trouvant a l'état de transe, elle a parlé au nom d'une personne qui était vivante, ainsi que cela fut constaté plus tard.

« Dans ce meme article, elle cite un cas intéressant qui s'est présenté en 1858 : dans un cercle spirite, a Cleveland, chez M. Cutler, un médium féminin se mit a parler allemand, bien que cette langue lui fut completement inconnue. « L'individualité qui se manifestait par elle se donnait pour la mere de miss Marie Brant, une jeune personne allemande qui se trouvait présente. » - « Miss Brant affirmait que sa mere, autant qu'elle le savait, était en vie et bien portante.» Quelque temps apres, un ami de la famille, venant de l'Allemagne, apporta la nouvelle que la mere de Miss Brant, apres avoir traversé une maladie sérieuse, a la suite de laquelle elle était tombée dans un long sommeil léthargique, déclara a son réveil avoir vu sa fille qui se trouvait en Amérique. Elle dit qu'elle l'avait aperçue dans une chambre spacieuse, en compagnie de plusieurs personnes et qu'elle lui avait parlé. »

2e catégorie.- Si nous tenons compte de ce que rapportent plusieurs voyageurs, Louis Jacolliot, entre autres sur l'action physique exercée a distance par certains fakirs sur des objets matériels, nous sommes amenés a croire qu'un médium européen (sensitif spécial) peut, comme ses confreres de l'Inde, produire les memes effets. Conséquemment, si le double de personnes vivantes, pendant le sommeil naturel ou provoqué, a la faculté de se transporter a distance pour faire écrire a un médium ce qu'il pense, il n'est pas illogique d'admettre que ce meme etre puisse, les conditions étant favorables, se manifester par des coups ou par des déplacements d'objets. Les expériences de William Crookes, avec feu le médium Daniel-Dunglas Home, appuient parfaitement cette opinion. Celles, plus récentes, de plusieurs savants français et étrangers avec la Napolitaine Eusapia Paladino n'infirment point le fait, au contraire.

Louis Jacolliot nous a fait le récit d'expériences obtenues a Chandernagor, dans son domicile, par le fakir Cowindassamy. Ce dernier prenait, par exemple, le crayon de son hôte, le jetait dans la vasque d'eau qui se trouvait sur la terrasse de son habitation et, volontairement, en présentant un doigt dans la direction du crayon, il faisait plonger cet objet au fond de la vasque et lui donnait un mouvement de rotation dans les sens voulus ; puis, selon la volonté de l'observateur, le crayon nageait a la surface ou circulait entre deux eaux.

Le meme animait des objets légers et, toujours sans contact, les faisait voltiger comme des papillons.

Eusapia, en état de transe, provoque, également a distance, des mouvements d'objets inertes; elle ouvre les portes de meubles, etc., etc. (Voir Extériorisation de la motricité, par A. de Rochas.)

Les expériences suivantes, que nous empruntons a l'ouvrage Recherches sur les phénomenes du spiritisme du savant physicien anglais, démontrent bien le fait animique.

Apres de longues explications et la réfutation d'articles parus dans divers journaux et revues, William Crookes dit :

« Je vais maintenant procéder a la classification des phénomenes que j'ai observés, en procédant des plus simples aux plus complexes et en donnant rapidement dans chaque chapitre un aperçu de quelques-uns des faits que je vais avancer. Mes lecteurs voudront bien se souvenir qu'a l'exception des cas spécialement désignés les manifestations ont eu lieu dans ma maison, a la lumiere, et seulement en présence d'amis a moi et du médium.

« Dans le volume que j’ai en projet, je me propose de donner avec détails tous les contrôles que j'ai adoptés, toutes les précautions que j'ai prises en chaque occasion, et les noms de tous les témoins. Dans ce mémoire-ci je ne ferai que les effleurer.

Mouvements de corps pesants avec contact, mais sans effort mécanique.

« C'est la, une des formes les plus simples des phénomenes que j'ai observés. Elle varie en degrés depuis l'ébranlement ou le tremblement d'une chambre et de son contenu, jusqu'a élever réellement dans l'air un corps pesant quand la main est placée dessus. On peut objecter a cela que, quand on touche une chose qui est en mouvement, il est possible de la pousser, de la tirer ou de la soulever ; j'ai prouvé par expérience que, dans des cas nombreux, cela n'a pas pu avoir lieu : mais comme preuves a donner j'attache tres peu d'importance a cette classe de phénomenes, et je ne les mentionne que comme préliminaires a d'autres mouvements du meme genre, mais produits sans contact.

« Ces mouvements, et je puis meme dire les phénomenes de meme nature, sont généralement précédés par un refroidissement de l'air tout particulier, qui arrive quelquefois a etre un vent bien marqué. Sous son influence j'ai vu des feuilles de papier s'enlever, et le thermometre baisser de plusieurs degrés. Dans d'autres occasions, dont plus tard je donnerai les détails, je n'ai remarqué aucun mouvement réel de l'air, mais le froid a été si intense que je ne puis le comparer qu'a celui qu'on ressent lorsqu'on tient la main a quelques pouces du mercure gelé. »

Phénomenes de percussion et autres sons de meme nature.

« Le nom populaire de raps (coups frappés) donne une idée tres fausse de ce genre de phénomenes. A différentes reprises, pendant mes expériences, j'ai entendu des coups délicats qu'on eut dit produits par la pointe d'une épingle ; une cascade de sons perçants comme ceux d'une machine a induction en plein mouvement ; des détonations dans l'air, de légers bruits métalliques aigus ; des craquements comme ceux qu'on entend quand une machine a frottement est en action ; des sons qui ressemblaient a des grattements, des gazouillements comme ceux d'un oiseau, etc.

« Ces bruits, que j'ai constatés avec presque tous les médiums, ont chacun leur particularité spéciale. Avec M. Home ils sont plus variés ; mais, pour la force et la régularité, je n'ai rencontré absolument personne qui put approcher de Mlle Kate Fox. Pendant plusieurs mois, j'ai eu le plaisir d'avoir des occasions presque innombrables de constater les phénomenes variés qui avaient eu lieu en présence de cette dame, et ce sont ces bruits que j'ai particulierement étudiés. Il est généralement nécessaire, avec les autres médiums, pour une séance réguliere, de s'asseoir avant que rien se fasse entendre, mais avec Mlle Fox, il semble qu'il lui soit simplement nécessaire de placer les mains sur n'importe quoi pour que des sons bruyants s'y fassent entendre, comme un triple choc, et quelquefois avec assez de force pour etre entendus a travers l'intervalle de plusieurs chambres.

« J'en ai entendu reproduire ainsi dans un arbre vivant sur un grand carreau de vitre, dans un fil de fer tendu, sur une membrane tirée, dans un tambourin, sur la couverture d'un cab, et dans le parquet d'un théâtre. Bien plus le contact immédiat n'est pas toujours nécessaire, j'ai entendu ces bruits sortir du parquet, des murs, etc., quand le médium avait les pieds et les mains attachés, quand il était debout sur une chaise, quand il se trouvait dans une balançoire, suspendue au plafond, quand il était enfermé dans une cage en fer, et quand il était en syncope sur un sofa. Je les ai entendus sur les verres d'un harmonica, je les ai sentis sur mes propres épaules et sous mes propres mains. Je les ai entendus sur une feuille de papier tenue entre les doigts par un bout de fil passé dans un coin de cette feuille. Avec la pleine connaissance des nombreuses théories qu'on a mises en avant surtout en Amérique, pour expliquer ces sons, je les ai éprouvés de toutes les manieres que j'ai pu imaginer, jusqu'a ce qu'il ne m'ait plus été possible d'échapper a la conviction qu'ils étaient bien réels et qu'ils ne se produisaient pas par la fraude ou par des moyens mécaniques. »

« Mouvements d'objets pesants placés a une certaine distance du médium.

« Les exemples ou des corps lourds, tels que des tables, des chaises, des canapés, etc., ont été mis en mouvement, sans le contact du médium, sont tres nombreux. J'en indiquerai brievement quelques-uns des plus frappants. Ma propre chaise a en partie décrit un cercle, mes pieds ne reposant pas sur le parquet, Sous les yeux de tous les assistants, une chaise est venue lentement, d'un coin éloigné de la chambre, et toutes les personnes présentes l'ont constaté ; dans une autre circonstance, un fauteuil vint jusqu'a l'endroit ou nous étions assis, et, sur ma demande, il s'en retourna lentement, a la distance d'environ trois pieds. Pendant trois soirées consécutives, une petite table se mit lentement a travers la chambre, dans des conditions que j'avais tout expres préparées a l'avance, afin de répondre a toute objection qu'on aurait pu élever contre ce fait. J'ai obtenu plusieurs fois la répétition d'une expérience que le Comité de la Société de Dialectique a considérée comme concluante, savoir : le mouvement d'une lourde table en pleine lumiere, le dos des chaises étant tourné vers la table, et chaque personne étant agenouillée sur sa chaise, les mains appuyées sur le dossier, mais ne touchant pas la table. Une fois, ce fait se produisit pendant que j'allais et venais, cherchant a voir comment chacun était placé.

«Tables et chaises enlevées de terre sans l'attouchement de personne.

« Quand des manifestations de ce genre sont exposées, on fait généralement cette remarque: « Pourquoi n'y a-t-il que les tables et les chaises qui produisent ces effets ? Pourquoi cette propriété est-elle particuliere aux meubles ? »

« Je pourrais répondre que je ne fais qu'observer et rapporter les faits, et que je n'ai pas a entrer dans les pourquoi et les parce que, mais, cependant, il est clair que si, dans une salle a manger ordinaire, un corps pesant inanimé doit s'élever au-dessus du plancher, ce ne peut etre autre chose qu'une table ou une chaise. J'ai de nombreuses preuves que cette propriété n'est pas particuliere aux meubles seuls ; mais comme pour les autres démonstrations expérimentales, l'intelligence ou la force, quelle qu'elle soit, qui produit ces phénomenes, ne peut se servir que des objets qu'elle trouve appropriés a son but.

« En cinq occasions différentes, une lourde table de salle a manger s'éleva de quelques pouces a un pied et demi au-dessus du parquet, et dans des conditions spéciales qui rendaient la fraude impossible. Dans une autre circonstance, une table pesante s'éleva au-dessus du plancher, en pleine lumiere, pendant que je tenais les pieds et les mains du médium.

« Une autre fois, la table s'éleva du sol, non seulement sans que personne la touchât mais encore dans des conditions que j'avais arrangées a l'avance, de maniere a mettre hors de doute la preuve de ce fait.

« Mouvement de divers petits objets sans le contact de personne.

« Sous ce titre je me propose de décrire quelques phénomenes spéciaux dont j'ai été témoin. Je ne puis guere indiquer ici que quelques-uns des faits les plus saillants, qui tous, qu'on veuille bien s'en souvenir, ont eu lieu dans des conditions telles que toute supercherie était rendue impossible. Attribuer ces résultats a la fraude est absurde, car je rappellerai encore a mes lecteurs que ce que je rapporte ici ne s'est pas accompli dans la maison d'un médium, mais dans ma propre maison, ou il a été tant a fait impossible de rien préparer a l'avance. Un médium circulant dans ma salle a manger ne pouvait pas, quand j'étais assis dans une autre partie de la chambre avec plusieurs personnes qui l'observaient attentivement, faire jouer par fraude un accordéon que je tenais dans ma propre main, les touches en bas, ou faire flotter ce meme accordéon ça       et la dans la chambre en jouant pendant tout le temps. Il ne pouvait pas apporter avec lui un appareil pour agiter les rideaux des fenetres, ou élever des jalousies vénitiennes jusqu'a huit pieds de hauteur ; faire un noud a un mouchoir et le mettre dans un coin de la chambre ; faire résonner des notes a distance sur un piano ; faire voler un porte-cartes par l'appartement ; soulever une carafe et un        verre a pied au-dessus de la table ; faire dresser sur un de ses bouts un collier de corail; faire mouvoir un éventail et éventer la compagnie ; ou bien, mettre    en mouvement une pendule, enfermée dans une vitrine solidement scellée au mur. »

Voici deux lettres intéressantes adressées a l'auteur      par les docteurs AB et CD, ses collaborateurs, ainsi désignés dans un de ses premiers mémoires : on verra qu'elles émanent de deux savants éminents.

                        « Mon cher monsieur Crookes,

« Votre mémoire me semble un exposé fidele de ce qui a eu lieu chez vous en ma présence. Ma position a la table ne m'a pas permis de voir la main de M. Home éloignée de l'accordéon, mais seulement que ce fait a été établi a ce moment par vous-meme et par la personne assise de l'autre côté de M. Home.

« Ces expériences me semblent montrer qu'il serait important de faire de nouvelles recherches, mais je désire qu'il soit bien compris que je n'explique aucune opinion quant a la cause des phénomenes qui ont eu lieu.

« A vous bien sincerement.

«WILLIAM HUGGINS »

« 36, Russel-Square, 8 juin 1871.

« Cher Monsieur,

« Etant présent, dans un but de recherches, aux expériences d'essai relatées dans votre article, j'apporte avec empressement mon témoignage en faveur de la parfaite exactitude de la description que vous en avez faite, et des précautions et du soin avec lesquels furent accomplies les différentes épreuves.

« Les résultats me paraissent établir d'une maniere concluante ce fait important : qu'il y a une force qui procede du systeme nerveux et qui est capable, dans la sphere de son influence, de donner aux corps solides du mouvement et du poids.

« J'ai constaté que cette force était émise par pulsations ; intermittentes, et non pas sous la forme d'une pression fixe et continue, car l'index montait et baissait incessamment pendant l'expérience. Ce fait me semble d'une grande importance, parce qu'il tend a confirmer l'opinion qui lui donne pour source l'organisation nerveuse, et il contribue beaucoup a asseoir l'importante découverte du docteur Richardson, d'une atmosphere nerveuse d'intensité variable enveloppant le corps humain.

« Vos expériences confirment entierement la conclusion a laquelle est arrivé le Comité de recherches de la « Dialectical Society », apres plus de quarante séances d'essais et d'épreuves.

« Permettez-moi d'ajouter que je ne vois rien qui puisse meme tendre a prouver que cette force est autre chose qu'une force émanant de l'organisation humaine, ou du moins s'y rattachant directement, et qu'en conséquence, comme toutes les autres forces de la nature, elle est pleinement du ressort de cette rigoureuse recherche scientifique, a laquelle vous avez été le premier a la soumettre.

« La psychologie est une branche de la science qui a été jusqu'ici presque entierement inexplorée; et cette négligence doit etre probablement attribuée a ce fait, qui semble étrange, que l'existence de cette force nerveuse soit demeurée si longtemps sans etre étudiée, examinée et a peine constatée.

« Maintenant qu'il est acquis, par les preuves données par des appareils, que c'est un fait de la nature ( et si c'est un fait, il est impossible d'en exagérer l'importance au point de vue de la physiologie et de la lumiere qu'il doit jeter sur les lois obscures de la vie, de l'esprit et de la science médicale), sa discussion, son examen immédiat et sérieux ne peuvent pas ne pas etre faits par les physiologistes et par tous ceux qui ont a cour la connaissance de « l'homme», connaissance qui a été nommée avec raison « la plus noble étude de l'humanité ».

« Pour éviter l'apparence de toute conclusion prématurée, je recommanderais d'adopter pour cette force un nom qui lui soit propre, et je me hasarde a suggérer l'idée qu'on pourrait l'appeler force psychique ; que les personnes chez qui elle se manifeste avec une grande puissance s'appellent Psychistes, et que la science qui s'y rapporte se nomme psychisme, comme étant une branche de la psychologie.

« Permettez-moi aussi de proposer la prochaine formation d'une Société psychologique dans le but de faire marcher, par le moyen des expériences, des journaux et de la discussion, l'étude de cette science jusqu'ici négligée.

« Je suis, etc..

EDW. Wm. Cox,»

« La théorie de la Force psychique, dit encore William Crookes, n'est autre chose que la simple constatation du fait, presque indiscutable maintenant, que, dans certaines conditions encore imparfaitement fixées, a une certaine distance, encore indéterminée, du corps de certaines personnes, douées d'une organisation nerveuse spéciale, il se manifeste une force qui, sans le contact des muscles ou de ce qui s'y rattache, exerce une action a distance, produit visiblement le mouvement, de corps solides et y fait résonner des sons. Comme la présence d'une telle organisation est nécessaire a la production des phénomenes, il est raisonnable d'en conclure que cette force, par un moyen encore inconnu, procede de cette organisation. De meme que l'organisme lui-meme est mu et dirigé intérieurement par une Force qui est l'Ame, ou est gouvernée par l'âme, l'Esprit ou l'Intelligence (donnez-lui le nom qu'il vous plaira) qui constitue l'etre individuel que nous appelons l'homme, de meme il est raisonnable de conclure que la force qui produit le mouvement au dela des limites du corps est la meme que celle qui le produit en dedans de ces limites. Et, de meme qu'on voit souvent la force extérieure dirigée par une Intelligence, de meme il est raisonnable de conclure aussi que l'Intelligence qui dirige la force extérieure est la meme que celle qui la gouverne intérieurement. C'est a cette force que j'ai donné le nom de Force psychique, parce que ce nom définit bien la force qui, selon moi, prend sa source dans l'Ame ou l'Intelligence de l'homme. »

Voici ce que nous empruntons a l'ouvrage d'Aksakof comme faits de la deuxieme catégorie :

« M. H. Wedgwood témoigne comme il suit d'une expérience faite par Mme de Morgan, la femme de feu le professeur de Morgan, l'auteur du livre Matiere et esprit :

« Un exemple, dont Mme de Morgan m'a souvent entretenu, fera mieux comprendre le pouvoir que possede l'esprit extra-corporel de produire, dans certaines conditions, des effets physiques. Elle avait eu l'occasion de traiter par le magnétisme une jeune fille, une clairvoyante, et plusieurs fois elle mit a l'épreuve sa faculté de clairvoyance pour la faire aller en esprit en différents lieux, afin d'y observer ce qui s'y passait. Un jour, elle eut le désir que le sujet se rendît dans la maison qu'elle habitait. « Bien, dit la jeune fille, m'y voici, j'ai frappé avec force contre la porte. » Le lendemain, Mme de Morgan s'informa de ce qui s'était passé dans sa maison au meme moment : « Plusieurs méchants enfants, lui répondit-on, étaient venus cogner contre la porte et puis s'étaient sauvés. »

« Le professeur Party cite de nombreux cas de ce genre dans le chapitre de son livre intitulé Action a distance des mourants, pages 125 et suivantes.

« Dans son ouvrage, le Spiritualisme moderne, il mentionne, d'apres le professeur Daumer, « le cas d'un grand-pere mourant qui enjoint a sa fille présente a son chevet (elle n'habitait pas sous le meme toit) de chercher son petit-fils, afin qu'il vienne prier pour lui, lui-meme n'en ayant plus la force, - et qui au meme instant se manifeste comme esprit chez son fils, en frappant avec violence sur la rampe de l'escalier et l'appelle par son nom en le priant instamment de venir aupres de lui ; aussitôt celui-ci s'habille, sort et rencontre sur le palier sa mere qui venait le chercher. Tous deux se rendent aupres du grand-pere qui reçoit son petit-fils en souriant, l'engage aussitôt a prier et meurt tout doucement deux heures apres. »

3e Catégorie. - Les apparitions de doubles de personnes vivantes ont été observées de tout temps, mais la science les a toujours considérées comme des hallucinations subjectives. Aujourd'hui, grâce a quelques savants courageux, qui n'ont pas hésité a sortir des sentiers tracés, ces faits sont admis par beaucoup et sont rangés dans les cas d'hallucinations objectives.

Qu'il y ait des phénomenes de ce genre purement subjectifs, c'est incontestable ; ils peuvent meme etre fréquents, mais, cependant, nous sommes obligés de reconnaître qu'il y en a aussi de réellement objectifs, possédant, en plus, un certain degré de matérialité.

Les faits suivants, puisés dans l'ouvrage d'Aksakof et dans celui de Crookes, mieux que tous les discours éclaireront la question.

« Apparition du double de Mlle Emilie Sagée.

« En 1845, existait en Livonie (et il existe encore) a environ 36 milles anglais de Riga et a 1 lieue et demie de la petite ville de Volmar, un institut pour jeunes filles nobles, désigné sous le nom de « pensionnat de Neuwelcke ». Le directeur, a cette époque, était M. Buch.

« Le nombre des pensionnaires, presque toutes de familles livoniennes nobles, s'élevait a quarante-deux ; parmi elles se trouvait la seconde fille du baron de Güldenstubbe, âgée de treize ans.

« Au nombre des maîtresses il y avait une française, Mlle Emilie Sagée, née a Dijon. Elle avait le type du nord : c'était une blonde a tres belle carnation avec des yeux bleus clairs, des cheveux châtains ; elle était élancée et de taille un peu au-dessus de la moyenne ; elle avait le caractere aimable, doux et gai, mais elle était un peu timide et d'un tempérament nerveux un peu excitable. Sa santé était ordinairement bonne, et pendant le temps (un au et demi) qu'elle passa a Neuwelcke, elle n'eut qu'une ou deux indispositions légeres. Elle était intelligente et d'une parfaite éducation et les directeurs se montrerent completement satisfaits de son enseignement et de ses aptitudes pendant tout le temps de son séjour. Elle était alors âgée de trente deux ans.

« Peu de semaines apres son entrée dans la maison, de singuliers bruits commencerent a courir sur son compte parmi les éleves. Quand l'une disait l'avoir vue dans telle partie de l'établissement, fréquemment une autre assurait l'avoir rencontrée ailleurs au meme moment, disant : « Mais non, cela ne se peut, car je viens de la croiser dans l'escalier », ou bien elle assurait l'avoir vue dans quelque corridor éloigné. On crut d'abord a une méprise ; mais comme le fait ne cessait de se reproduire, les jeunes filles commencerent par trouver la chose tres bizarre, et enfin, en parlerent aux autres maîtresses. Les professeurs mis au courant déclarerent, par ignorance ou par parti pris, que tout cela n'avait pas le sens commun et qu'il n'y avait pas lieu d'y attacher une importance quelconque.

« Mais les choses ne tarderent pas a se compliquer et prirent un caractere qui excluait toute possibilité de fantaisie ou d'erreur. Un jour qu'Emilie Sagée donnait une leçon a treize de ces jeunes filles, parmi lesquelles Mlle de Güldenstubbe, et que, pour mieux faire comprendre sa démonstration, elle écrivait le passage a expliquer au tableau noir, les éleves virent tout a coup, a leur grande frayeur, deux demoiselles Sagée, l'une a côté de l'autre. Elles se ressemblaient exactement et faisaient les memes gestes. Seulement, la personne véritable avait un morceau de craie a la main et écrivait effectivement, tandis que son double n'en avait, pas et se contentait d'imiter les mouvements qu'elle faisait pour écrire.

« De la, grande sensation dans l'établissement d'autant plus que toutes les jeunes filles, sans exception, avaient vu la seconde forme et étaient parfaitement d'accord dans la description qu'elles faisaient du phénomene.

« Peu apres, une des éleves, Mlle Antoinette de Wrangel, obtint la permission de se rendre, avec quelques camarades, a une fete locale du voisinage. Elle était occupée a terminer sa toilette et Mlle Sagée, avec sa bonhomie et sa serviabilité habituelles, était venue l'aider et agrafait sa robe par derriere. La jeune fille, s'étant retournée par hasard, aperçut dans la glace deux Emilie Sagée qui s'occupaient d'elle. Elle fut tellement effrayée de cette brusque apparition qu'elle s'évanouit.

« Des mois se passerent, et des phénomenes semblables continuaient a se produire. On voyait de temps a autre, au dîner, le double de l'institutrice, debout, derriere sa chaise, imitant ses mouvements, tandis qu'elle mangeait, mais sans couteau ni fourchette ni nourriture dans ses mains. Eleves et domestiques servant a table en ont témoigné également.

« Cependant, il n'arrivait pas toujours que le double imitât les mouvements de la personne véritable. Parfois, quand celle-ci se levait de sa chaise, on voyait son double y rester assis. Une fois, étant couchée a cause d'un grand rhume, la jeune fille dont il a été question, Mlle de Wrangel, se retournant par hasard quelques instants apres, aperçut tres distinctement le double de la malade se promenant de long en large dans la chambre. Cette fois, la jeune fille avait eu assez d'empire sur elle-meme pour garder son calme et ne pas faire la moindre observation a la malade, mais, peu apres, elle descendit l'escalier toute pâle, et raconta ce dont elle venait d'etre témoin.

« Mais le cas le plus remarquable de cette activité, en apparence indépendante, des deux formes est certainement le suivant :

« Un jour, toutes les éleves, au nombre de quarante-deux, étaient réunies dans une meme piece et occupées a des travaux de broderie. C'était une grande salle au rez-de-chaussée du bâtiment principal, avec quatre grandes fenetres, ou plutôt quatre portes vitrées qui s'ouvraient directement sur le palier et conduisaient dans un assez grand jardin attenant a l'établissement. Au milieu de la salle était placée une grande table devant laquelle s'assemblaient habituellement les différentes classes pour se livrer a des travaux d'aiguille ou autres semblables.

« Ce jour-la les jeunes pensionnaires étaient toutes assises devant la table, et elles pouvaient tres bien voir ce qui se passait dans le jardin ; tout en travaillant, elles voyaient Mlle Sagée, occupée a cueillir des fleurs, non loin de la maison; c'était une de ses distractions de prédilection. A l'extrémité supérieure de la salle se tenait une autre maîtresse, chargée de la surveillance et assise dans un fauteuil de maroquin vert. A un moment donné cette dame s'absenta, et le fauteuil resta vide. Mais ce ne fut que pour peu de temps, car les jeunes filles y aperçurent tout a coup la forme de Mlle Sagée. Aussitôt, elles porterent leurs regards dans le jardin et la virent toujours occupée a cueillir des fleurs ; seulement ses mouvements étaient plus lents et plus lourds, pareils a ceux d'une personne accablée de sommeil ou épuisée de fatigue. Elles porterent de nouveau leurs yeux sur le fauteuil ou le double était assis, silencieux et immobile, mais avec une telle apparence de réalité que si elles n'avaient vu Mlle Sagée et qu'elles n'eussent su qu'elle avait apparu dans le fauteuil sans etre entrée dans la salle, elles auraient pu croire que c'était elle-meme. Mais certaines qu'elles n'avaient pas affaire a une personne véritable, et quelque peu habituées a ces étranges manifestations, deux des éleves les plus hardies s'approcherent du fauteuil, et, touchant l'apparition, crurent y rencontrer une résistance comparable a celle qu'offrirait un léger tissu de mousseline ou de crepe. L'une osa meme passer au devant du fauteuil et traverser en réalité une partie de la forme. Malgré cela, celle-ci dura encore un peu de temps, puis s'évanouit graduellement. L'on observa aussitôt que Mlle Sagée avait repris la cueillette de ses fleurs avec sa vivacité habituelle. Les quarante-deux pensionnaires constaterent le phénomene de la meme maniere.

« Quelques-unes d'entre elles demanderent ensuite a Mlle Sagée si, a cette occasion, elle avait éprouvé quelque chose de particulier ; elle répondit qu'elle se souvenait seulement d'avoir pensé a la vue du fauteuil vide : « J'aimerais mieux que l'institutrice ne s'en fut pas allée ; surement ces demoiselles vont perdre leur temps et commettre quelque espieglerie. »

« Ces curieux phénomenes durerent, avec diverses variantes, environ dix-huit mois, c'est-a-dire pendant tout le temps que Mlle Sagée conserva son emploi a Neuwelcke (durant une partie des années 1845-1846) ; il y eut cependant des intervalles de calme d'une a plusieurs semaines. Ces manifestations avaient lieu principalement a des moments ou elle était tres préoccupée ou tres appliquée a sa tâche. On remarqua qu'a mesure que le double devenait plus net elle s'affaiblissait, et, réciproquement, qu'a mesure que le double s'évanouissait, l'etre corporel reprenait ses forces. Elle-meme était inconsciente de ce qui se passait et n'en avait connaissance que d'apres ce qu'on lui disait, elle en était ordinairement instruite par le regard des personnes présente s; jamais elle ne vit l'apparition de son double, pas plus qu'elle ne semblait s'apercevoir de la raideur et de l'inertie qui s'emparaient d'elle des que son double était vu par d'autres personnes.

« Pendant les dix-huit mois ou la baronne Julie de Güldenstubbe eut l'occasion d'etre témoin de ces phénomenes et d'entendre les autres en parler, jamais ne se présenta le cas de l'apparition du double a une grande distance, par exemple a plusieurs lieues de la personne corporelle ; quelquefois, cependant, le double apparaissait pendant ses promenades dans le voisinage, quand l'éloignement n'était pas trop grand. Le plus souvent, c'était dans l'intérieur de l'établissement. Tout le personnel de la maison l'avait vu. Le double paraissait etre visible pour toutes les personnes, sans distinction d'âge ni de sexe. »

La pauvre institutrice, atteinte de cette affection depuis l'âge de seize ans, fut maintes fois forcée de changer de maison, a cause des émotions violentes éprouvées par ses éleves témoins de ce singulier phénomene.

Photographie du double d'un vivant.

M. Pierrart a rapporté, dans la Revue Spiritualiste, 1864, page 84 « M. Gurcio Paulucci, photographe a Chiavari, pres de Genes, prenait le portrait d'un groupe de trois personnes ; apres le développement de la plaque, le portrait d'une quatrieme personne apparut derriere le groupe ; c'était celui du double d'un aide qui s'était tenu quelques instants avant l'exposition de la plaque derriere le groupe, pour faire prendre la pose voulue aux personnes qui le composaient. M. Guido, ingénieur, un ami de M. Paulucci, celui-la meme qui communiqua le fait a M. Pierrart, a décrit toutes les manipulations chimiques au moyen desquelles il s'est assuré que l'image se trouvait bien sur le collodion et non, par quelque inadvertance, sur la plaque de verre. »

Communication faite par un vivant, M. Baldwin, de Birmingham, accompagnée de l'apparition de son double, fait relaté par le journal Human nature, 1867, page 510.

« Il y a de cela quinze jours, miss Taylor se trouvant a table, chez elle, a prendre le thé avec sa tante et son cousin, elle raconta a ceux-ci qu'elle voyait tres distinctement M. Baldwin qui se tenait au coin de la table a laquelle ils étaient assis. A cette occasion, l’apparition ne se manifesta par aucune communication intelligente, si ce n'est pas un sourire. Mais, quelques jours apres, les memes personnes se trouvant réunies dans une séance spirite, miss Taylor répéta qu'elle voyait M. Baldwin ; la-dessus miss Kross, sa cousine, demanda une preuve de son identité. Aussitôt il s'approcha de la table, saisit le bras de miss Taylor, qui était médium écrivain, et écrivit son nom en entier. Miss Cross exigea encore une autre preuve et dit que, si c'était bien lui, qu'il écrivît la demande qu'il lui avait récemment adressée, qu'il répétât les dernieres paroles qu'il avait prononcées le soir précédent. Aussitôt elle fut écrite intégralement. »

« Les faits d'expérimentation dans cette voie, dit Aksakof, ne sont pas nombreux, mais ils existent. Ainsi M. Colman témoigne que la fille du juge Edmonds, miss Laure, « pouvait parfois, a volonté, dégager au dehors (extérioriser) son esprit et le faire apparaître sous sa propre forme, et délivrer ainsi des messages aux personnes qui lui étaient sympathiques. »

Miss Mapes, la fille du professeur Mapes, assura de son côté a M. Colman que «son amie miss Edmonds lui était apparue et lui avait délivré des messages, quoiqu'elles fussent séparées l'une de l'autre par une distance de 20 milles anglais. » M. Colman cite encore un cas de ce genre. (Voir Spirilualism in America, p.4, et  Spiritualist, 1873, p. 470.)

Expériences de W. Crookes.

« Apparitions lumineuses.

« Ces manifestations étant un peu faibles exigent, en général, que la chambre ne soit, pas éclairée. J'ai a peine besoin de rappeler a mes lecteurs que, dans de pareilles conditions, j'ai pris toutes les précautions convenables pour éviter qu'on ne m'en imposât par de l'huile phosphorée ou par d'autres moyens. Bien plus, beaucoup de ces lumieres étaient d'une nature telle que je n'ai pu arriver a les imiter par des moyens artificiels.

« Sous les conditions du contrôle le plus rigoureux, j'ai vu un corps solide, lumineux par lui-meme, a peu pres de la grosseur et de la forme d'un ouf de dinde, flotter sans bruit a travers la chambre, s'élever par moments plus haut que n'aurait pu le faire aucun des assistants en se tenant sur la pointe des pieds et ensuite descendre doucement sur le parquet. Cet objet fut visible pendant plus de dix minutes, et avant de s'évanouir il frappa trois fois la table avec un bruit semblable a celui d'un corps dur et solide.

« Pendant ce temps le médium était étendu sur une chaise longue et paraissait tout a fait insensible.

« J'ai vu des points lumineux jaillir de côté et d'autres se reposer sur la tete de différentes personnes ; j'ai eu réponse a des questions que j'avais faites par des éclats de lumiere brillante qui se sont produits devant mon visage et le nombre de fois que j'avais fixé. J'ai vu des étincelles de lumiere s'élancer de la table au plafond, et ensuite retomber sur la table avec un bruit tres distinct. J'ai obtenu une communication alphabétique au moyen d'éclairs lumineux, se produisant dans l'air, devant moi, et au milieu desquels je promenais ma main. J'ai vu un nuage lumineux flotter au-dessus d'un tableau, » etc.

« Nombre de fois, moi-meme et d'autres personnes avons vu une main pressant les touches d'un accordéon, pendant qu'au meme moment nous voyions les deux mains du médium qui quelquefois étaient tenues par ceux qui étaient aupres de lui.

« Les mains et les doigts ne m'ont pas toujours paru etre solides et comme vivants. Quelquefois, il faut le dire, ils offraient plutôt l'apparence d'un nuage vaporeux condensé en partie sous forme de main. Tous ceux qui étaient présents ne le voyaient pas également bien. Par exemple, on voit se mouvoir une fleur ou quelque autre petit objet, un des assistants verra une vapeur lumineuse planer au-dessus; un autre découvrira une main d'apparence nébuleuse tandis que d'autres ne verront rien autre chose que la fleur en mouvement. J'ai vu plus d'une fois, d'abord un objet se mouvoir, puis un nuage lumineux qui semblait se former autour de lui, et enfin le nuage se condenser, prendre une forme et se changer en une main parfaitement faite. A ce moment, toutes les personnes présentes pouvaient voir cette main. Cette main n'est pas toujours une simple forme, quelquefois elle semble parfaitement animée et tres gracieuse ; les doigts se meuvent et la chair semble etre aussi humaine que celle de toutes les personnes présentes. Au poignet ou au bras elle devient vaporeuse, et se perd dans un nuage lumineux.

« Au toucher, ces mains paraissent quelquefois froides comme de la glace et mortes ; d'autres fois, elles m'ont semblé chaudes et vivantes, et ont serré la mienne avec la ferme étreinte d'un vieil ami.

« J'ai retenu une de ces mains dans la mienne, bien résolu a ne pas la laisser échapper. Aucune tentative ni aucun effort ne furent faits pour me faire lâcher prise, mais peu a peu cette main sembla se résoudre en vapeur, et ce fut ainsi qu'elle se dégagea de mon étreinte ».

L'écriture directe produite, sans le concours d'une main apparente, sur du papier, comme les expériences de Crookes avec MIle Fox ; celles de Zollner et du docteur Paul Gibier, sur des ardoises, avec Sleede ; de meme que le moulage des mains fluidiques, rentrent, d'apres les savants que nous citons, dans cette catégorie.

Ce qui tend encore a prouver cette assertion, c'est l'empreinte du visage d'Eusapia, obtenue, dans les memes conditions, ces dernieres années.

Souvent les observateurs ont constaté que l'apparition n'était que le double du médium. Malgré cela, ces faits n'infirment pas ceux que nous étudierons a la fin de ce chapitre.

4e Catégorie. - « L'action physique et psychique de l'homme, dit Aksakof, n'est pas confinée a la périphérie de son corps. » Les faits qui précedent et ceux qui vont suivre affirment cette proposition.

En effet, si nous donnons aux phénomenes animiques la créance qu'ils méritent, nous sommes contraints a marcher dans la voie tracée par les savants qui ont étudié ces faits et qui nous les donnent dans toute leur exactitude. Mais si, a priori, sans réflexion sérieuse et surtout sans examen, nous rejetons ces faits, si nous nous obstinons a les croire impossibles, nous resterons ignorants et jamais nous n'aurons la satisfaction bien grande que procure la connaissance des vérités peu connues ou ignorées, mais qui ne demandent qu'a se révéler.

Quel intéret auraient ces expérimentateurs consciencieux a soutenir des faits non contrôlés, insuffisamment étudiés ou erronés ? Nous ne saisissons point leur but : il est donc plus logique d'admettre leur bonne foi et de croire ce qu'ils affirment.

Nous n'ignorons certes pas que toutes les vérités ont eu le plus grand mal pour s'implanter, et nous savons aussi combien la vieille routine est encore puissante. Et lorsqu'une vérité renverse les dogmes scientifiques ou les dogmes philosophiques et religieux elle est toujours mal accueillie. Comment voulez-vous que les hommes qui ont créé des lois scientifiques, qu'ils ont crues immuables, détruisent ce qu'ils ont édifié avec labeur et peine ? Mais, et cela est déja arrivé, leurs neveux ou leurs arriere-neveux saperont ces lois imparfaites et les remplaceront par d'autres qui, peut-etre a leur tour, seront reconnues impuissantes pour expliquer des faits nouveaux.

Nier l'action extracorporelle de l'homme, son objectivité, apres les effets qui la justifient, c'est vraiment s'obstiner d'une façon regrettable.

La nature a bien dévoilé quelques-uns de ses secrets, mais il en reste encore d'innombrables a connaître, et ce n'est pas la négation systématique qui réalisera un progres dans un ordre quelconque de nos connaissances.

Plus que bien d'autres, ces faits, produit de l'organisme humain, méritent toute notre attention, car ils nous ouvrent des horizons a peine entrevus d'ou nous pouvons tirer des trésors insoupçonnés. Il est donc du devoir des savants modernes de pénétrer ces secrets et de les enseigner comme ils enseignent d'autres connaissances acquises.

Nous avons déja dit que la forme plus ou moins matérialisée des apparitions, dans la plupart des cas, a une grande ressemblance avec le médium, le fait a été maintes fois constaté, et nous devons en conclure que, le plus souvent, on se trouve en présence d'un dédoublement du sujet, que ce dédoublement soit partiel ou total.

D'apres Aksakof, le premier cas bien constaté se serait produit vers 1855, dans des séances obscures faites par les freres Davenport.

« Au beau milieu de la séance, dit Aksakof, qui s'est bien documenté, un agent de police ouvrit sa lanterne sourde et éclaira la chambre. Alors se passa une scene étran



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Titre Originel: Book Title : LE MAGNETISME HUMAIN
 

Ces livres vous sont proposés dans le cadre d'un projet culturel.
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Il s'agit de techniques puissantes, aux effets beaucoup de fois extraordinaires, ayant leurs bases dans des concepts energétiques. (elles sont l'équivalent en occident de tradition millénaires basés sur l'énergie paragonables la tradition de la kundalini).

Ce sont des techniques aussi utiles dans la vie pratique: elles peuvent etre utiles dans la thérapie, dans les situations personnelles (magnétisme personnel), dans les rélations et dans beaucoup d'autres situations.

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Dr. Paret et un amis ont été initiés dans la tradition originelle par l'un des dernier pratiquant, un des très rares fascinateurs magnétiques encore vivant, qui vivait en retrait, et ne voulait pas que ce trésor de connaissance se perdait.

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Elles sont des techniques très puissantes, qui ouvrent à nouvelles dimensions, soit spirituelles que pratiques.

Dans beaucoup de cas elles vont au delà des techniques plus modernes, soit comme simplicité que comme efficacité.
La connaissance de deux approches est conseillé. Nous mèmes, au début, nois avions recherché dans la modernité l'explication des résultats, pour nous rendre compte finallement qu'il s'agissait d'une technique à soi-meme.

Pour reinseignements sur nos prochains cours vous pouvez nous contacter à travers:
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Ce que nous venons d'étudier est ce de plus puissant et simple qui existe par rapport aux techniques mentales. Nous avons obtenu d'innombrables résultats avec notre approche de recherche qui se base sur la recherche de la reproducibilité. Ce projet unique à la recherche d'anciennes traditions secrétes est en collaboration avec: le Consortium Académique euro-asiatique CAIRN, avec l'Association Française d'Etudes Metapsychiques (fondée en 1941) et avec:


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