L'automatisme psychologique - deuxième partie.

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La distraction et les actes subconscients

L'anesthésie était la condition essentielle des phénomènes précédents ; la catalep­sie n'existait normalement que sur les membres insensibles et disparaissaient dès le retour de la sensibilité. Or tous les observateurs ont remarqué incidemment que quel­quefois les membres sensibles participaient à cet état et restaient, ne fût-ce qu'un moment, dans la position où on les mettait. J'ai cherché quelles étaient les conditions de ce nouveau fait et elles m'ont semblé tenir à un état de distraction momentané du sujet. La distraction en effet, comme nous l'avons vu, équivaut chez les hystériques à une anesthésie au moins momentanée.

Léonie étant bien réveillée, je la laisse causer avec une autre personne et, pendant un instant où, tout entière à la conversation, elle ne songeait plus à moi, je soulève doucement son bras droit ; ce bras reste en l'air, continue le mouvement commencé, etc., se comporte exactement comme faisait tout à l'heure le bras gauche. Il y a cependant une différence entre les mouvements inconscients du bras droit et ceux du bras gauche, c'est qu'ils existent dans celui-ci, même quand Léonie est prévenue et fait attention à moi, pourvu que le bras soit dissimulé par un écran, l'anesthésie du bras gauche rendant inutile la distraction ou plutôt étant elle-même une distraction suffisante; tandis que les mouvements inconscients du bras droit n'existent que si l'attention de Léonie est complètement distraite sur un autre objet. Cesse-t-elle de parler, elle s'aperçoit de ce que fait son bras droit et l'arrête de suite. Sans doute, théoriquement, le mouvement inconscient peut-être plus facilement simulé par le bras droit sensible que par le bras gauche anesthésique [25], mais nous ne nous arrêterons pas à cette objection trop générale et trop vague qui porterait sur toute espèce d'expéri­mentation psychologique. C'est à l'observateur à prendre ses précautions et à mettre à l'épreuve la bonne foi du sujet dans une foule d'expériences préalables. La meilleure preuve de la réalités des faits nous semble être, comme nous l'avons dit, dans leur complication, dans le lien que les expériences ont les unes avec les autres : le plus souvent le sujet ne comprend pas ce que l'on fait et il simulerait tout de travers.

Si la distraction précédente a produit une anesthésie momentanée du sens tactile et musculaire dans le bras droit, elle pourra produire d'autres anesthésies pour les autres sens. Voici d'abord une anesthésie visuelle obtenue par ce moyen. Quand les yeux de Léonie sont ouverts et que je ne me sers pas d'écran, il n'y a pas de mouvements inconscients, le mouvement que je commence s'arrête de suite. Mais, dès qu'on lui parle, le bras gauche se relève et reprend, même devant les yeux, la position que je voulais lui donner. Il avait enregistré l'ordre sans pouvoir l'exécuter ; à la première occasion, c'est-à-dire à la première distraction de Léonie, il se hâte de reprendre sa place.

La même distraction produira (sans qu'il soit possible dans ce chapitre d'expliquer comment) des anesthésies particulières de l'ouïe au moins pour mes propres paroles. Léonie, avec cette distraction facile qui est, comme nous l'avons vu, le propre des hystériques, écoutera les autres personnes qui lui parlent, mais ne m'écoutera plus et ne m'entendra pas, même si je lui commande à ce moment quelque chose. Cette femme ne présente pas, comme d'autres sujets, une véritable suggestibilité à l'état de veille. Si je m'adresse directement à elle et lui commande un mouvement, elle s'éton­ne, discute, et n'obéit pas. Mais quand elle parle à d'autres personnes, je puis réussir à parler bas derrière elle sans qu'elle se retourne. Elle ne m'entend plus, et c'est alors qu'elle exécute bien les commandements, mais sans le savoir. Je lui dis tout bas de tirer sa montre, et les mains le font tout doucement ; je la fais marcher, je lui fais mettre ses gants et les retirer, etc., toutes choses qu'elle n'exécuterait pas si je les lui commandais directement quand elle m'entend. Il en est de même dans d'autres états. Dans son premier somnambulisme, état de Léonie 2, elle est si peu suggestible qu'elle paraît toujours agir avec indépendance et que d'ailleurs elle s'en vante. En fait, il faut crier très fort et répéter longtemps la même phrase, quand on veut lui faire direc­tement une suggestion. Mais on peut procéder autrement, la laisser causer avec une autre personne, ce qui la distrait beaucoup plus encore qu'à l'état de veille, puis lui parler tout doucement et les commandements que l'on fait ainsi sont immédiatement exécutés sans qu'elle s'en aperçoive [26]. Un jour, Léonie 2, tout affairée, causait avec des personnes présentes et m'avait complètement oublié ; je lui commandai tout bas de faire des bouquets de fleurs pour les offrir aux personnes qui l'entouraient. Rien n'était curieux comme de voir sa main droite ramasser une à une des fleurs ima­ginaires, les déposer dans la main gauche, les lier avec une ficelle aussi réelle et les offrir gravement, le tout sans que Léonie 2 s'en fût doutée ou ait interrompu sa conversation. Ces mêmes faits n'existent pas dans le deuxième somnambulisme, en l'état de Léonie 3 car, ainsi que nous l'étudierons plus loin, elle n'entend plus que moi et ne peut plus par conséquent être distraite.

Les mêmes suggestions par distraction se rencontrent très facilement chez d'autres sujets. C'est chez Lucie que je les avais remarquées pour la première fois pendant le somnambulisme et pendant la veille sans les bien comprendre. Au début, elle acceptait mes ordres ou bien les refusait et alors ne les exécutait pas. Pour éviter ces résistances, je lui commandais à voix basse quand elle n'y faisait pas attention et alors elle exécutait toujours ce que j'avais dit sans protester. Mais je fus alors tout surpris de voir qu'elle exécutait inconsciemment. Je lui ai dit de faire un pied de nez et ses mains se placent au bout de son nez. On l'interroge sur ce qu'elle fait, elle répond toujours qu'elle ne fait rien et continue à causer pendant longtemps, sans se douter que ses mains s'agitent au bout de son nez. Je la fais marcher au travers de la cham­bre, elle continue à parler et croit être assise. Bien plus, j'essayai un jour, sans l'avoir prévenue, une autre expérience : je priai une autre personne, M. M.... de lui com­mander un acte en mon absence, mais en mon nom. Au milieu de la journée, M. M... dit derrière elle : « M. Janet veut que les deux bras se lèvent en l'air. » Ce fut fait immédiatement, les deux bras restèrent contracturés au-dessus de sa tête. Mais Lucie n'en fut aucunement émue et continua ce qu'elle disait. Quand on produisait ainsi une action permanente, comme la contracture des bras, on pouvait la forcer à s'en aper­cevoir en la contraignant à chercher ses bras, à les regarder, à essayer de les mouvoir. Alors elle s'effrayait, gémissait et aurait commencé une crise si, par un mot, on ne supprimait tout le mal. Mais, une fois guérie et les larmes encore dans les yeux, elle ne se souvenait plus de rien et reprenait ses occupations au point où elle les avait interrompues. La suggestion inconsciente chez elle, comme chez Léonie d'ailleurs, pouvait s'opposer à sa volonté consciente. Lorsque l'une ou l'autre refusait de faire ou même de dire quelque chose, il suffisait de les distraire et de le leur commander tout bas, elles le faisaient sans le savoir ou disaient brusquement la phrase au milieu d'une conversation qu'elles reprenaient ensuite, sans se rendre compte de l'interruption. Par exemple, le docteur Powilewicz demande à Lucie de chanter quelque chose, elle refuse énergiquement. Je murmure derrière elle : « Allons, tu chantes, tu chantes quelque chose. » Elle arrête sa conversation et chante un air de Mignon, puisreprend sa phrase, convaincue qu'elle n'a pas chanté et ne veut pas chanter devant nous.

La plupart des autres sujets nous présenteraient, en grand nombre, des phéno­mènes identiques avec des variantes insignifiantes ; il est plus intéressant d'examiner les mêmes faits sur un sujet d'un tout autre genre. Les sujets précédents sont des femmes hystériques, qui ont été fréquemment hypnotisées auparavant. Il s'agit cette fois d'un homme, P.., âgé de quarante ans, que nous n'avons aucune raison de considérer cor-me hystérique et qui n'a jamais été hypnotisé, P... est amené à l'hôpital dans le service du Dr Powilewicz pour une attaque de délire alcoolique subaigu. Nous avons déjà décrit les suggestions que l'on pouvait lui faire en s'adressant directement à lui et qu'il exécutait consciemment ; mais il présentait aussi des actes d'un autre genre.

Pendant que le médecin lui parlait et lui faisait expliquer certains détails de sa profession, je me mis derrière lui et lui commandai de lever les bras ; la première fois, il me fallut toucher le bras pour provoquer l'acte, l'obéissance inconsciente eut lieu ensuite sans difficulté ; je le fis marcher, s'asseoir, s'agenouiller, le tout sans qu'il le sût. Je lui dis même de se coucher à plat-ventre sur le sol, et il tomba immédia­tement, mais sa tête se levait encore pour répondre aux questions du docteur. Celui-ci lui dit: « Comment vous tenez-vous donc, pendant que je vous parle. - Mais, dit-il, je suis debout près de mon lit, je ne bouge pas. - Vous ne voyez donc pas comme vous êtes devenu petit ? - Oh, j'ai toujours été plus petit que vous, mais je ne suis pas plus petit qu'à l'ordinaire. » Je ne pouvais croire qu'un homme dans son bon sens, car il ne délirait pas, et bien éveillé pût croire être debout quand il était couché par terre sur le ventre. En réalité, il y avait une sorte d'hallucination qui venait se joindre à l'incon­science pour produire ce résultat singulier. Le lendemain, quand je voulus recom­mencer l'étude, cette disposition du malade aux actes inconscients avait beaucoup diminué ; deux jours après, tout avait disparu. Le délire alcoolique avait cessé et avec lui ces phénomènes d'inconscience.

Nous n'avons étudié jusqu'à présent que des actes suggérés de cette manière à l'insu du sujet pendant sa distraction ; qu'arriverait-il si nous suggérions des halluci­nations et non des actes ? À première vue, cela semble presque absurde, car une hallucination ne saurait être inconsciente ; faisons cependant l'expérience quand même, elle nous montrera qu'une suggestion de ce genre peut se réaliser de deux manières absolument différentes. L'une est assez simple ou du moins se rattache assez facilement à tous les actes subconscients que nous venons d'examiner. La suggestion semble s'exécuter sans que le sujet en sache rien, sans qu'il en ait conscience et ne se manifeste à nous que par des actes ou des expressions de la physionomie, comme tous les actes précédents. M. Ch. Richet a déjà signalé cette façon dont une halluci­nation pouvait se réaliser et a fait remarquer combien le phénomène était curieux. Il donne un verre d'eau à une personne en lui suggérant que l'eau est amère, cette personne fait en buvant toutes sortes de grimaces : quand on l'interroge et qu'on lui demande si l'eau est amère et mauvaise : « Mais non, dit-elle, l'eau n'est pas amère et cependant je ne puis m'empêcher de faire des grimaces comme si c'était amer. » Le même sujet à qui on a dit qu'il y avait un serpent devant lui recule avec des gestes de terreur, tout en disant qu'il ne voit rien devant lui [27]. C'est tout à fait de cette façon que les choses se passent avec Lucie : si je lui dis tout bas (toujours par le même procédé de la distraction et non par suggestion directe qui aurait un autre résultat) qu'il y a un papillon devant elle, la voici qui le suit des yeux, fait des gestes pour l'attraper, etc., tout en parlant d'autre chose, et, en disant, si on l'interroge, qu'elle ne voit rien. C'est là un phénomène identique aux précédents, les choses se passaient de même quand Léonie cueillait des fleurs sans le savoir.

Mais bien souvent, et avec la plupart des autres sujets, les choses se passent autre­ment. Le commandement n'est pas entendu par le sujet, l'origine de l'hallucination est inconsciente, mais l'hallucination elle-même est consciente et entre tout d'un coup dans l'esprit du sujet. Ainsi, pendant que Léonie ne m'écoute pas, je lui dis tout bas que la personne à qui elle parle a une redingote du plus beau vert. Léonie semble n'avoir rien entendu et cause encore avec cette personne, puis elle s'interrompt et éclate de rire : « Oh! mon Dieu, comment vous êtes-vous habillé ainsi, et dire que je ne m'en étais pas encore aperçue. » Je lui dis de même tout bas qu'elle a un bonbon dans la bouche ; elle semble bien n'avoir rien entendu et, si je l'interroge, elle ne sait ce que j'ai dit, mais la voici maintenant qui fait des grimaces et qui s'écrie : « Ah! qui est-ce qui m'a donc mis cela dans la bouche ? » Ce qui me paraît le plus singulier, c'est que, si je parle directement à ce sujet (qui est peu suggestible directement), et si je lui commande une hallucination de la sorte, il va me résister, dire que c'est absurde et en réalité n'éprouvera pas l'hallucination, à moins que je n'insiste très fort. Tandis que, si je fais le commandement par distraction, Léonie ne saura pas si je lui com­mande quelque chose, ne me résistera pas, et éprouvera tout de suite cependant l'hallucination commandée. Ce phénomène est fort complexe, il comprend un mélange de faits inconscients et de faits conscients reliés à un certain point de vue et cependant séparés à un autre. Nous avons cru nécessaire de signaler ici son existence pour ne pas laisser une lacune grave dans l'énumération des suggestions par distrac­tion, mais nous ne croyons pas pouvoir en montrer d'autres exemples variés et les discuter avant d'avoir terminé d'autres études ; nous reprendrons plus tard leur examen.

Revenons aux phénomènes qui sont uniquement et complètement subconscients : un caractère facile à constater c'est l'intelligence qui peut se manifester dans de pa­reils faits séparés de l'esprit normal du sujet.

Nous ne sommes plus en présence d'une catalepsie partielle où les actes sont simplement déterminés par une sensation ou une image ; nous sommes plutôt, comme nous le verrons, en présence d'un somnambulisme partiel, où les actes sont détermi­nés par des perceptions intelligentes. Le sujet ne répète pas les paroles, il les inter­prète et les exécute ; il y a donc là de l'intelligence qu'il assez facile de manifester de différentes manières.

Ainsi je commande à Léonie de lever le bras, non pas immédiatement, mais quand j'aurai frappé dix fois dans mes mains. Je frappe dans mes mains, et, au dixième coup, le bras se lève. Tout cela a été pour elle inconnu, le commandement, le bruit des coups dans mes mains, et l'acte lui-même: il y a ici évidemment un phénomène de numération inconsciente. Mais ces calculs inconscients, ayant été étudiés plus complètement à propos d'un autre problème, nous remettrons un peu leur étude. Je donne à Léonie une autre suggestion intelligente également, celle de répondre à mes questions par un signe, non pas de la bouche (ce qui est possible, mais ce qui interrompt la conversation normale), mais par un signe de la main ; vous me serrerez la main pour dire « oui », et vous me la secouerez pour dire « non ». Je lui prends la main gauche qui est anesthésique, elle ne s'en aperçoit pas et cause avec d'autres personnes. Puis je cause aussi avec elle, mais sans qu'elle paraisse m'entendre : sa main seule m'entend et me répond par de petits mouvements très nets et très bien adaptés aux questions.

Allons plus loin, si nous ne voulons pas la faire parler sans qu'elle le sache, nous pouvons du moins la faire écrire ; je lui mets un crayon dans la main droite et la main serre le crayon, comme nous le savons ; mais, au lieu de diriger la main et de lui faire tracer une lettre qu'elle répétera indéfiniment, je pose une question : « Quel âge avez-vous ? Dans quel ville sommes-nous ici ?... etc. », et voici la main qui s'agite et écrit la réponse sur le papier, sans que, pendant ce temps, Léonie se soit arrêtée de parler d'autres choses. Je lui ai fait faire ainsi des opérations arithmétiques par écrit, qui furent assez correctes ; je lui ai fait écrire des réponses assez longues qui mani­festaient évidemment une intelligence assez développée.

Ce genre d'écriture est connu sous le nom d'écriture automatique, expression assez juste si l'on veut dire qu'elle est le résultat du développement régulier de certains phénomènes psychologiques, mais par laquelle il ne faut pas entendre, je crois, que cette écriture n'est accompagnée d'aucune espèce de conscience. M. Taine, dans la préface de son ouvrage sur l'Intelligence, montre très bien la possibilité et l'intérêt de ce phénomène singulier : « Plus un fait est bizarre, plus il est instructif. À cet égard, les manifestations spirites elles-mêmes nous mettent sur la voie de ces découvertes, en nous montrant la coexistence au même instant, dans le même individu, de deux pensées, de deux volontés, de deux actions distinctes, l'une dont il a conscience, l'autre dont il n'a pas conscience et qu'il attribue à des êtres invisibles... Il y a une personne qui, en causant, en chantant, écrit sans regarder son papier des phrases suivies et même des pages entières, sans avoir conscience de ce qu'elle écrit. À mes yeux, sa sincérité est parfaite ; or, elle déclare qu'au bout de sa page, elle n'a aucune idée de ce qu'elle a tracé sur le papier. Quand elle le lit, elle en est étonnée, parfois alarmée... Certainement on constate ici un dédoublement du moi, la présence simultanée de deux séries d'idées parallèles et indépendantes, de deux centres d'ac­tions, ou, si l'on veut, de deux personnes morales juxtaposées dans le même cerveau ; chacune a une œuvre, et une œuvre différente, l'une sur la scène et l'autre dans la coulisse [28]. »

La distraction jouait déjà un rôle considérable dans les suggestions ordinaires exécutées consciemment que nous avons étudiées dans le chapitre précédent ; mais alors elle ne portait que sur les idées antagonistes et laissait subsister la conscience de l'acte suggéré lui-même. Nous venons de voir que la distraction donne naissance à une autre espèce de suggestions ; pendant que la conscience distraite est occupée d'idées indifférentes, l'acte suggéré s'exécute également mais à l'insu du sujet. En un mot, la distraction semble scinder le champ de la conscience en deux parties : l'une qui reste consciente, l'autre qui semble ignorée par le sujet. Les suggestions précé­demment étudiées provoquaient des phénomènes appartenant à la première partie du champ de la conscience ; celles que nous signalons maintenant déterminent des actions qui semblent rester dans la seconde et qui gardent complètement l'apparence des catalepsies partielles et inconscientes. Avant d'expliquer ces faits davantage, il nous faut les voir sous d'autres aspects et dans d'autres circonstances.

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