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La baguette divinatoire.
- Le pendule
explorateur. - La lecture des pensées.
Les croyances et les superstitions populaires,
devançant en cela la spéculation philosophique, ont toujours attribué une
très grande importance aux mouvements subconscients de nos membres. Nous
sommes tellement convaincus que nos bras et nos jambes sont faits pour obéir
aveuglément à tous les caprices de notre volonté personnelle, que nous
sommes absolument stupéfaits quand nous constatons chez eux une émancipation
passagère. Qui n'a été surpris par une crampe, un tremblement, un
mouvement involontaire de ses membres ? Mais cet étonnement augmente et
devient bientôt une terreur superstitieuse quand ces mouvements, qui nous échappent,
prennent un sens, expriment une idée, un conseil, une menace. C'est une
intelligence qui parle, ce doit être un esprit étranger à
l'humanité, bon ou mauvais, qu'il faut implorer ou qu'il faut craindre.
Une des pratiques les plus anciennes et les plus
simples pour ces révélations mystérieuses est l'usage de la baguette divinatoire. C'est une
baguette, ordinairement de coudrier, qui a la forme d'une fourche et qui
servait autrefois dans les campagnes pour découvrir les sources, les métaux
cachés et même les traces des criminels. Le devin, car ce n'est qu'une
personne privilégiée qui peut se servir de cet instrument, prend dans ses deux
mains les deux branches de la fourche et s'avance sur le terrain qu'il doit
explorer, en ayant soin de ne pas bouger volontairement les bras. Si, sur un
point du parcours, la baguette oscille, s'incline jusqu'à tordre les
poignets du devin qui ne peut résister, c'est là qu'il faut fouiller
pour trouver les sources ou les trésors. Le fameux Jacques Aymar conduisit même
ainsi les magistrats sur la piste de deux criminels depuis Lyon jusqu'à
Toulon [144]. Il est probable que, dans quelques campagnes, subsiste encore la
croyance aux révélations de la baguette divinatoire.
Si les devins de village ont recours à la
baguette de coudrier, il y a dans les villes des diseuses de bonne aventure qui
se servent d'un procédé plus élégant. Un anneau suspendu au bout d'un fil
plonge dans un verre : la sybille tient l'extrémité de ce pendule explorateur et lui pose des
questions auxquelles il doit répondre par les mouvements ou les battements de
l'anneau contre le verre. Ce petit jeu mérite quelque célébrité, car il a
provoqué les premières recherches de M. Chevreul et il a été le point de
départ des études expérimentales sur les phénomènes subconscients de
l'esprit humain.
Cependant un autre jeu de salon a hérité aujourd'hui
de la faveur accordée autrefois au pendule. Cet exercice est appelé en
Angleterre, où il est très répandu, le « willing game », le jeu du vouloir,
et en France la lecture des pensées ou
le cumberlandisme, du nom de celui
qui l'a introduit il y a quelques années. J'emprunte la description du
cumberlandisme à des auteurs qui en ont fait une étude minutieuse et qui
nous indiquent les termes usuels qui le caractérisent. Le « willing
game » a lieu ordinairement ainsi : un membre de la société qui doit
jouer le rôle de « thought reader », lecteur de la pensée, ou de
« percipient », devin, quitte la salle ; les autres personnes
qui restent choisissent quelque action simple qu'il doit accomplir ou cachent
quelque objet qu'il doit trouver ; le devin est alors ramené et un ou
plusieurs « willers », conducteurs, lui touchent légèrement la
main ou l'épaule. Dans ces conditions, l'action choisie est souvent assez vite
accomplie ou bien l'objet est retrouvé. Le « willer », le conducteur
affirme cependant et avec une parfaite bonne foi qu'il n'a donné aucune
impulsion directrice [145]. » J'ai eu l'occasion d'assister une fois à une séance
de ce genre donnée par un Russe, Osip Feldmann, qui a eu, il y a quelques
années, une assez grande réputation comme émule de Cumberland. Quoique des
séances de ce genre, surtout lorsqu'elles sont publiques, laissent toujours
quelque doute et ne puissent pas être rapportées avec autant de confiance
que des expériences personnelles, je crois que, dans ce cas, les mesures de
précaution contre des supercheries possibles étaient assez bien prises. Dans
cette séance de « mentévisme », comme il disait, Osip Feldmann
arrivait, non pas toujours, mais assez souvent, à exécuter l'acte auquel
on pensait en lui serrant fortement le poignet. Il réussissait mieux les
expériences compliquées que les plus simples, celles qui comportaient beaucoup
de mouvements que celles qui devaient être faites sur place. Il
réussissait également mieux avec certaines personnes qu'avec d'autres :
ainsi, j'essayai en vain de le diriger, il ne comprit rien à ce que je
pensai, tandis qu'il comprenait très bien plusieurs de mes amis. Il
parvenait même à comprendre une personne qui ne le touchait pas,
mais se contentait de le suivre partout en restant à un mètre de
distance : cette expérience est déjà décrite en Angleterre [146]. Mais voici un tour de force de ce genre que je n'ai vu rapporté
nulle part. Au lieu de se faire tenir directement par la personne qui avait choisi
l'action à accomplir et qui jouait le rôle de « willer », il
interposait entre elle et lui une troisième personne totalement
ignorante de ce qu'il y avait à faire et dont le rôle consistait
uniquement à tenir d'un côté le poignet du devin et de l'autre la main
du willer sans penser elle-même à rien de précis. J'ai vu cette
expérience curieuse réussir une fois avec beaucoup de précision.
Il n'est pas nécessaire, pour voir des expériences de
ce genre, d'assister aux séances toujours un peu suspectes données par des
devins de profession, beaucoup de personnes peuvent, sans aucune préparation,
les réussir très bien. J'ai vu des jeunes filles jouer ce rôle de devin
d'une manière remarquable et, simplement dirigées par une personne qui
leur tenait la main et s'efforçait de rester immobile, non seulement faire les
mouvements, mais même écrire, comme sous la dictée, les mots que cette
personne pensait.
Nous avons rapproché ces trois faits, la baguette
divinatoire, le pendule explorateur et la lecture des pensées, qui sont
certainement analogues. Il est évident que l'on ne peut expliquer ces
phénomènes de mouvement par l'action des objets physiques extérieurs,
des sources, des métaux, des traces des criminels, des objets cachés, sur la
baguette ou sur le devin, comme beaucoup l'ont cru autrefois [147]. « Pourquoi, disait déjà Gasparin, les corpuscules de
l'eau ne se font-ils pas sentir quand on est à la poursuite de l'or,
pourquoi la baguette d'Aymar tournait-elle sur les traces des assassins et
demeurait-elle insensible aux corpuscules d'un grand fleuve comme le
Rhône [148] ? » En Angleterre, où l'on a, pour toutes ces
questions, une curiosité intelligente et active, plusieurs observateurs ont
entrepris, afin d'étudier la baguette divinatoire, une série d'expériences
longues et coûteuses que l'on n'aurait jamais songé à faire en
France. On trouverait le compte rendu de ces expériences dans les articles de
MM. Sollas [149] et Edw. Pease [150], qui donnent en outre une bibliographie complète sur la
question.
La conclusion de ces recherches fut celle que l'on
pouvait attendre. « Tout dépend de la perspicacité ordinaire du devin et
la baguette n'y est pour rien... L'action de l'objet caché ne porte pas sur la
baguette, mais sur l'esprit du devin. » C'est à la même
conclusion que parvient M. Chevreul quand il montre que les objets physiques
n'influent pas sur le pendule, mais que la pensée ou la vue d'un mouvement
détermine ses oscillations : « Lorsque je tenais le pendule à
la main, écrit-il, un mouvement musculaire de mon bras, quoique insensible pour
moi, fit sortir le pendule de l'état de repos et les oscillations une fois
commencées furent bientôt augmentées par l'influence que la vue exerça pour me
mettre dans cet état particulier de disposition ou de tendance au mouvement [151]... »
Imagine-t-on que le pendule doit osciller dans un
sens, il prend ce mouvement ; se représente-t-on qu'il s'arrête, il
reste immobile [152]. Enfin il est évident que c'est la pensée du conducteur qui joue le
rôle principal dans les expériences de lecture des pensées. Dans la séance dont
j'ai parlé, le devin semblait une fois se tromper et faire un tout autre acte
que celui qui avait été choisi, nous en fimes la remarque ; « mais
c'est moi qui me trompe, répondit celui qui le conduisait, j'avais oublié l'acte
qui était convenu et je pensais à autre chose. » « J'ai
remarqué, écrit un observateur anglais, que si un objet a été d'abord caché
dans un endroit, puis déplacé pour être mis dans un autre, la personne
qui me conduit ne manque pas de me mener d'abord à la première
place, puis elle m'entraîne à la véritable [153]. » En un mot, dans toutes ces expériences, le rôle de la
pensée est indiscutable.
Mais il ne faut pas oublier que, dans tous ces cas, le
sujet qui a tenu la baguette, le pendule, ou qui a dirigé le devin, affirme, et
nous avons souvent des raisons suffisantes pour croire à sa sincérité,
qu'il n'a fait aucun mouvement volontaire et qu'il est le premier surpris de
voir les phénomènes qui ont lieu. Plusieurs personnes à qui j'ai
fait tenir le pendule de Chevreul furent stupéfaites et effrayées de voir
l'anneau m'obéir et osciller dans le sens que j'indiquais. Le mouvement est
cependant réel ; « les patients, dit un expérimentateur, prétendent
n'avoir pas bougé quand en réalité ils se sont servis de ma main comme d'une
plume [154]. » Il faut bien en conclure qu'ils ont remué lº sans le vouloir et 2º sans le savoir.
lº Le premier point,
c'est-à-dire le mouvement produit sans le vouloir, ne doit plus nous
surprendre ; nous savons déjà que la volonté n'est pas nécessaire
pour produire des actes les plus compliqués, que des perceptions, ou même
des sensations, s'accompagnent ou s'expriment toujours par des mouvements
quand elles sont isolées. Ici, on prie le sujet de ne penser qu'à une
seule chose et les images restent, par conséquent, aussi isolées que possible.
Aussi, tantôt les paroles, comme dans mes expériences sur le pendule, ou bien
la vue d'un mouvement suffisent pour le provoquer. M. A. Bertrand, reprenant
l'expérience de M. Chevreul, a même montré que l'imagination d'un
mouvement produit les mêmes effets que la perception réelle. « Le
cercle que j'imagine, dit-il, donne une impulsion tout aussi nette, quoique
peut-être plus faible, que le cercle que j'aperçois [155]. » Pour pouvoir reproduire cette expérience, il faut
appartenir au type visuel et avoir habituellement des mouvements déterminés par
des images visuelles. C'est pourquoi plusieurs personnes, qui agissent
d'ordinaire autrement, ne peuvent pas mettre le pendule en mouvement par ce
procédé. Nous savons déjà, par toutes les études précédentes, que l'on
peut sans hésitation conclure comme M. Chevreul: « Il y a donc une liaison
intime entre l'exécution de certains mouvements et l'acte de la pensée qui y
est relative, quoique cette pensée ne soit pas encore la volonté qui commande
aux organes musculaires [156]. »
2º Mais il y a une
seconde question qui me paraît au moins aussi intéressante et dont on ne
tient pas assez compte ordinairement. Pourquoi ces individus font-ils ces
mouvements sans le savoir ? Un
mouvement automatique déterminé par une image n'est pas forcément un mouvement
ignoré. Quand nous bâillons en voyant bâiller quelqu'un, nous savons bien ce
que nous faisons. Le mouvement est provoqué par l'image visuelle ou
auditive ; soit, mais pourquoi n'amène-t-il pas à sa suite
la sensation musculaire qui suit d'ordinaire tout mouvement. Il y a évidemment
là un commencement d'anesthésie au moins momentanée et systématique.
J'ai cru observer que les individus qui appartiennent au type moteur ou musculaire
ne sont pas, comme on pourrait le penser, les meilleurs sujets pour ce genre
d'expériences. Habitués à se servir de leur sensations musculaires et
à y faire attention, ils ne laissent pas passer inaperçus ces mouvements
involontaires de leur main et ils les arrêtent dès leur début. Ce
sont, au contraire, les auditifs et surtout les visuels qui réussissent le
mieux, car ils ne tiennent jamais grand compte de leurs sensations musculaires.
Dans ce cas en particulier, absorbés par l'image à laquelle on les force
à faire attention, ils négligent entièrement les sensations
musculaires. Mais c'est exactement le mécanisme que nous avons rencontré dans
la formation des actes subconscients, et on peut dire que, dans toutes les
expériences que nous avons rappelées, il y a au moins un commencement de
désagrégation psychologique avec sensations et mouvements subconscients.
Pour le vérifier, nous remarquerons que ces
expériences du pendule explorateur, par exemple, réussissent d'autant mieux que
l'on choisit un sujet chez qui cette désagrégation psychologique est plus nette
et plus avancée. Entre les doigts d'une hystérique anesthésique, le pendule
fait merveille et exécute tous les mouvements possibles, parce que l'anesthésie
musculaire est déjà complète et que ces sensations ne viennent
pas gêner le mouvement produit par les images visuelles ou auditives. Jusqu'ici
ce ne sont que des mouvements très légers, « peut-être moins
une contraction qu'un relâchement de la tension musculaire au moment où
le pendule ou le devin s'avance dans la bonne direction [157] ». Le groupe des phénomènes subconscients n'intervient
pas d'une manière active, il se contente de retenir au dehors de la
conscience normale les sensations musculaires. Mais quelquefois les choses ne
sont pas aussi simples, et les mouvements produits ne sont pas uniquement
explicables par l'action des images conscientes. Le mouvement, à peine
commencé par leur influence, est augmenté, précisé, interprété tout à
fait à l'insu du sujet. Pour expliquer l'expérience particulière
d'Osip Feldmann que j'ai rapportée, il faut supposer que la personne
intermédiaire entre le willer et le devin répétait, sans le savoir, de la main
gauche les impressions qu'elle avait reçues, sans les sentir, sur sa main
droite. Le devin qui se laisse guider n'interprète pas toujours
consciemment les petites impulsions qu'il reçoit. Il est lui-même tout
surpris de l'acte qu'il a accompli et dont il ne se rendait pas compte en le
faisant [158]. Il assure qu'il n'a pas senti comment on le dirigeait et qu'il ne
sait pourquoi il a fait une chose au lieu d'une autre Bien mieux, on a vu des
personnes jouer ce rôle de devin, sans avoir l'air de comprendre les petites
impulsions qui leur étaient communiquées, ne rien accomplir, et cependant
pouvoir dire exactement ce qu'on avait pensé, ce qu'on avait voulu leur faire
faire, si on les hypnotisait quelque temps après l'expérience [159]. La sensation avait si bien appartenu à la seconde conscience
qu'elle ne se manifestait que dans la seconde existence mise au jour par le
somnambulisme. Il y a donc, dans certains cas, plus qu'un acte automatique,
manifestation involontaire d'une image visuelle ou auditive ; il y a une
véritable action subconsciente, une véritable collaboration de la seconde
personnalité avec la première.
Une pareille collaboration, évidente dans certains
cas, n'est pas toujours facile à comprendre. N'avons-nous pas admis,
tout en faisant des réserves, que les deux groupes de phénomènes
s'ignoraient réciproquement et que, par conséquent, ils ne pouvaient pas
collaborer à une même œuvre. Sans doute, les deux
personnalités (nous les nommons ainsi par convention, car, dans le cas présent,
la seconde est loin d'être complète) ne se connaissent pas
directement et ne réunissent pas les différentes pensées dans une même
conscience. Mais elles peuvent se connaître indirectement, comme nous pouvons
connaître les idées d'autrui. Un des sujets dont j'ai parlé, N.... mêlait
quelquefois dans son écriture automatique des mots qui n'avaient point de sens,
mais qui étaient la reproduction de ceux qu'elle prononçait par la bouche. Si
je lui faisais faire une opération arithmétique inconsciemment par l'écriture
et si une autre personne lui demandait de prononcer des chiffres consciemment,
on constatait dans l'écriture la confusion des deux sortes de chiffres. Ce
mélange eut lieu aussi, mais très rarement, chez Léonie je ne me
souviens pas de l'avoir jamais constaté avec Lucie mais il s'explique
facilement. Il suffit que je prononce un mot pour que la main du sujet l'écrive
automatiquement ; pourquoi n'écrirait-elle pas aussi comme sous la dictée,
les mots que prononce la bouche même du sujet? La communication entre les
deux personnalités est ici le son de la parole, comme entre des personnes
normales. Mais allons plus loin: nous savons que la seconde personnalité
possède la sensibilité tactile et musculaire dans les membres
anesthésiques et que cependant la première personne peut les mouvoir au
moyen des images visuelles. N'est-il pas naturel que l'inconscient sente ces mouvements
qu'il n'a pas produits, mais qu'il constate. J'ai suggéré à Léonie que
si elle touche mon papier, elle aura le bras contracturé. Elle a oublié
complètement ce commandement et veut faire une plaisanterie en déchirant
mes notes suivant sa déplorable habitude : à peine a-t-elle touché
le papier que son bras se raidit. La contracture est bien produite par la
seconde personne, qui d'ailleurs s'en vante par écrit: elle a donc senti, par
le sens kinesthésique, le mouvement que Léonie faisait, elle, au moyen des
images visuelles, et le contact du papier. Une des observations qui m'ont paru
les plus originales, dans l'article de MM. Binet et Féré sur les actes
inconscients des hystériques, a rapport à ce qu'ils appellent,
très heureusement, le bégaiement de l'écriture. Une hystérique,
anesthésique de la main droite, ne pouvait écrire, même spontanément,
sans répéter deux ou trois fois, et à son insu, la même lettre. La
collaboration est, dans tous ces exemples, évidente : l'acte est commencé
par la conscience normale, grâce aux images qui lui restent ; cet acte
provoque une sensation musculaire ou autre, chez le second personnage et
celui-ci faible, inintelligent, la répète ou la développe
automatiquement.
Cependant, dans certains cas, cette explication de la
collaboration ne doit pas être suffisante. Il est très probable
que la pensée consciente amène, par association d'idées, d'autres
pensées qui, elles, sont subconscientes et qui se développent alors à
leur façon, sans que la personne qui a senti le premier phénomène sente
les suivants. Cette supposition semble bizarre, car il faut admettre que les
phénomènes sont, d'un côté, réunis par l'association des idées et, de
l'autre, désagrégés en deux perceptions personnelles, mais cela ne nous paraît
pas incompréhensible. Cependant comme l'explication de ce fait est plus
délicate et qu'il joue en réalité un rôle assez faible dans les expériences que
nous venons de rapporter, nous renvoyons cette discussion à la fin de ce
chapitre où nous rencontrerons des phénomènes de ce genre plus
nombreux et plus précis.
Il suffit de constater ici que, soit d'une
manière soit de l'autre, la collaboration des deux groupes de
phénomènes est nécessaire. M. Chevreul pousse aussi loin que possible
l'explication des faits par la tendance au mouvement créée par les images
conscientes, mais quand les faits dépassent cette théorie, il retombe dans les
explications banales par la fourberie et la simulation. Il faut voir alors
comme M. de Mirville triomphe facilement, en montrant que le pendule
enregistreur peut être très spirituel sans que la personne qui le
tient en sache rien, et il revient à son refrain : c'est le démon
ou ses agents subalternes qui parlent par le pendule. Il faut aller plus loin
que M. Chevreul et, après avoir admis des actes sans volonté, il faut
parler des pensées sans conscience ou en dehors de notre conscience, si l'on
veut se débarrasser des innombrables petits diables de M. de Mirville.
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