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CAHIERS MÉTAPSYCHIQUES ESOTERIQUES ET TRADITIONNELS. TROISIÈME ANNÉE - NUMERO 13

SCIENCES MÉTAPSYCHIQUES

I. - QUESTIONS PSYCHIQUES partie dirigée par Bertrand de CRESSAC, Ing. E. C. P.

Le Problème des Guérisseurs

Lors du Débat « Pour ou contre les guérisseurs », organisé par l'A.F.E.M. le 3-12-1952, dans le cadre des Conférences de l'Omnium Littéraire, la superbe improvisation du Dr J. Morlaas, orateur de classe exceptionnelle, avait été extrêmement remarquée.

Nous sommes heureux d'en publier, aujourd'hui, la substance qui, croyons-nous, pose et résoud, d'une façon à la fois très objective et très honnête, une question très délicate, à l'origine d'innombrables polémiques, souvent âpres et passionnées.

(N.d.l.R.).

Y a-t-il un problème des guérisseurs? A notre sens non, moyennant qu'on veuille bien s'en remettre à. un examen strictement objectif des faits.

Tout d'abord, les guérisseurs guérissent-ils , Nous affiirmons, pour notre compte qu'ils guérissent, Cependant, à notre affirmation deux réserves: ils guerissent non pas tous les troubles mais seulement certaines variétés de troubles. L'objection sera immédiatement laite qu'il en va de même pour les médecins, même les plus savants. Aussi précisons-nous que la médecine guérit des troubles qu'aucun guérisseur ne guérira et aussi que le champ de la guérison ne s'est pas élargi pour les guérisseurs, depuis qu'ils existent, alors qu'il ne cesse pas de s'élargir et ne cessera pas, à l'avantage de la médecine scientifique

Ces positions définies, il nous faut, pour les éclairer, quitter l'immédiat de la question et ébaucher certaines considérations qui serviront de fondement à notre exposé critique. Il n'y a dans l'opposition guérisseurs-médecins, qu'un malentendu par compréhension erronée du fait biologique et plus encore du fait humain. En gros, trois positions :

Le phénomène vie est réductible à une donnée physicochimique. Il est particulier par la complexité des éléments engagés et interagissants. Leur connaissance de plus en plus précise et détaillée rendra compte de plus en plus largement des phénomènes de la vie, vie spirituelle comprise, celle-ci n'étant ni par nature, ni par les effets, séparable des opérations physico-chimiques. Position matérialiste — déterministe requérant des méthodes de guérison uniquement scientifiques.

Seconde position que nous appellerons dualiste, qui distingue le corps et l'esprit. Le premier, résultante d'opérations physico-chimiques pures, le second ayant une nature, des effets et une destinée à lui séparée en tous ses attributs des objets matériels. Une simple liaison existe entre l'un et l'autre, l'esprit commande le corps comme l'ouvrier commande la machine, avec toutefois cette nuance que l'esprit directeur est capable d'innovations, de combinaisons d'attitudes, non seulement innombrables, mais imprévisibles, et que, d'autre part, les mécanismes, mis en œuvre ont des rouages d'une richesse et d'uni souplesse adaptés à une puissance quasiment sans bornes de l'esprit. En ce cas une médecine spirituelle est concevable, mais lointaine, distante, le corps restant lui, pure matière, ne pouvant pas se refaire sous l'action de l'esprit.

Troisième position celle de l'uniciste. Il reconnaît la nature matérielle des corps vivants, mais d'une matérialité entièrement à part de la matière brute, en ceci qui si les linéaments sont de structure physico-chimique, s'ils opèrent selon les lois de la physico-chimie, ils sont investis de qualité spirituelle. Investissement fondu en leur structure, inséparable d'elle, esprit structurant, structure spiritualisée en telle sorte que toute distinction analytique est impossible et lue l'observateur d'un côté, le penseur de l'autre, chacun à son plan et à sa manière, reconnaissent dans la matère vivante une donnée à part. Sous un aspect il rejoint la matière et sous l'autre s'en sépare absolument en tant que matière animée. Cette conception me paraît, dans son ampleur, pouvoir rendre compte non seulement dis étonnants aspects de la vie mais aussi de l'efficacité des actions spirituelles sur le corps, des opérations de guérison qui souvent ne recourent pas aux remèdes et aussi de la majeure partie des guérisons impliquant apparanment l'efficacité des remèdes.

Le dualisme affirmait l'esprit, mais à l'écart du corps, comme un meneur d'œuvre du dehors : l'unicisme affirme, à l'opposé, l'intime fusion des deux en telle sorte que l'esprit est répandu dans tout l'être animal e| que chaque élément du corps, chaque élément fonctionnellement constitué, se présente comme un individu. Chaque cellule est un individu, nême lorsqu'elle est agrégée à un ensemble qui constitue l'organe. Celui-ci, a son tour, est un individu, agrégé à un ensemble d'autres organes qui forment l'individu global. Chacun de ces éléments, du plus réduit au plus évident, coopèrent à une harmonie d'ensemble qui fait la vie le la personne.

Et cette personne est reconnue telle parce que située dans le social, c'est-à-dire agrégée, à son tour, à un ensemble de personnes de plus en plus élargi : famille, région, pays, humanité.

Le fait de l'agrégation de personnes entraînant la vie de société qui va de pair à mesure que l'on monte jusqu'aux collectivités humaines, avec un développement du système nerveux de plus en plus complexe anatomiquement, physiologiquement etefficace fonctionnellement. A côté des activités ordonnes, mises au compte de l'instinct des sociétés animales, on voit poindre, même chez l'animal, l'initiative, ébauche de liberté. Chez, chacun d'eux, même les plus humbles : fourmis, abeilles, si notre observation pouvait être assez fine, peut-être découvririons-nous une qualité de personne comme elle, se manifeste chez le chien dont on dit qu'il est intelligent ou stupide, chez les singes anthropoïdes capables d'actes supérieurs que nous faisons relever de ce que nous dénommons l'intelligence.Il est bien sûr que la distinction de l'homme est de la posséder tant, que par elle il se fait maître des choses, exploite, défait, refait, ordonne selon son imagination de plus en plus dominatrice.

Mais même à cette degré de développement du système neuro-encéphalique il n'y a pas lieu de le considérer comme le tout de être pensant. Le cerveau ne crée pas la pensée, en lui se synthétisent pour leur expression, leur mise au dehors et du point de vue social, de leur communication, les immobrables pensées des individus m nombrables du corps.

Chacun d'eux deléveloppe son activité selon son type lui-même commancedé par le schéma héréditaire. Mais l'observation des faits expérimentaux et mieux encore des faits chimiques faitsdiscerner à l'avantage de chacun d'eux une marge d'initiative, de portée et d'originalité variable selon l'individu et l'organe qui l'incorpore, mais aussi selon les nécessités de la situation.

A l'ordinaire part exemple, les téguments sont le siège d'une desquamation de la couche cornée continuellement remplacée par les couches de cellules qui affleurent et se kératmisent dans ce but. Mais si la situation nouvelle, plaie, rupture des contacts, plaie — perte de substance survient tout aussitôt se déclanchent des activités de reconstruction. Il y a la en dehors de toute décision et application consciante de la personne, une élaboration réparatrice qui désïigne liberté d'adaptation. Il s'agit de rétablir la morphologie typique. Il s'agit d'autres fois d'assurer la fonction compromise lorsqu'après ablation d'un rein l'autre s'hypertrophie ou lorsque dans les cirrhoses du foie par exemple un tissu compensateur se forme, en suppléance du tissu dégénéré par sclérose.

Ainsi discernons nous des activités locales de tissu, d'organe, apparentées aux activités de la personne — individu social - en ceci qu'elles désignent liberté, initiative, adaptation, maintenance des formes et des fonctons du type. normalement donc, à notre insu, chaque élément de notre etre opère en vue du tout, s'y subordonne, maintenant ou rétablissant son unité.

Si nous entendons par social la condition des personnes vivant côte à côte, dépendantes les unes des autres, interagissant, nous pouvons dire que ces conditions de vie et d'interaction sont d'un ordre très différent de celles régissant leurs relations avec les éléments du Cosmos. Ceux-ci nécessitent la seule intelligence. Dans les rapports humains l'intelligence non moins nécessaire, n'opère plus absolument, elle subit l'influence de l'affectivité, du sentiment, lequel se mêle à elle dans un 'complexe intime tel que les uns se manifestent comme des rationels, ceux dont les spéculations sont ordonnées par la raison rai-sonnante, d'autres au contraire gauchissant leurs raisonnements par des nuances de sensibilité plus ou moins accusées jusqu'à être désignés parfois comme de purs affectifs, des sentimentaux. Et même l'emprise sentimentale va parfois jusqu'à altérer les mécanismes de la raison, comme il arrive fréquement en psycho-pathologie. Or quel est le mécanisme du« plaire » du « déplaire » du « convaincre » ou du « ne pas convaincre dans une même situation, les mêmes arguments étant avancés? La raison opère avec les instruments de la logique. Le « plaire « « déplaire», le « goûter », « ne pas goûter », le « prendre plaisir à » « ne pas prendre plaisir à » sont des effets dont le mécanisme nous échappe et nous savons que ces effets là, créant l'état d'âme, interviennent dans tous les rapports humains jusqu'à submerger parfois toutes les raisons de la raison raisonnante.

Ce que nous savons aussi par une simple observation de nous-même c'est que l'état d'âme se reflète en un certain état corporel. L'inquiétude morale entraîne un mal-être du corps et vice-versa. Ainsi, personnellement et socialement considérés, corps et esprit se découvrent intimement confondus.

Cette notion est capitale. A telle enseigne que nous pouvons affirmer que la plupart des désordres pathologiques du corps ne sont que la conséquence d'un malaise de l'âme. L'inquiétude tire les trails, dessèche la bouche, coupe l'appétit, altère le goût, désorganise l'intestin, etc. Mais elle peut aussi dëclancher une 'crise d'asthme, une poussée d'urticaire; une peur peut etre à l'origine d'une jaunisse et l'on connaît des émotions vives, créatrices de calvitie, de goitres exophtalmiques et cent autres tableaux de la nosologie la plus classique. Ce sont là, bien sûr, des efforts massifs et paroxystiques : ce sont les moins habituels, les plus marquants et tels que le lien de cause à effet s'établit aisément.

Il n'en vas pas de même lorsque la dyspepsie, l'asthme et autres malaises sévissent chroniquement avec l'amaigrissement, parfois la fièvre pour l'explication desquels les examens de laboratoire ont été pratiqués sans qu'aucune explication nette du mal ait pu surgir, sans que, d'autre part, les multiples thérapeutiques symptomatiques ou générales mises en œuvre aient procuré aucun soulagement. En ce cas, la mauvaise humeur du malade, son désenchantementt, sont considérés comme la résultante logique de sa mauvaise condition physique, bien qu'il y ait lieu de renverser les propositions.

Quatre-vingt-dix pour cent des consultants, attachés à leurs maux physiques souffrent d'un malaise spirituel, dont ils ont parfois conscience, en "croyant s'en être accommodés : « J'en ai pris mon parti, la vie continue ! » ou bien n'en ont pas conscience, ne réalisant pas que telle condition morale de leur existence ou tel événement subi, exercent une inhibition et empêchent leur épanouissement spirituel.

De par l'unité de l'être, cet état de plus en plus incrusté, devenu comme une seconde nature se projette corporellement en des troubles diffus ou bien en ces perturbations fonctionnelles qui constituent les dyspepsies gastriques ou intestinales, les maux de tête, les grandes fatigues, même des douleurs en n'importe quel territoire et parfois très vives...

Ces « souffrants » relèvent-ils de la thérapeutique médicamenteuse? Ou mieux, guériront-ils après administration de drogues savamment prescrites ? Pourrons-nous conclure que c'est elles qui ont opéré ? Nous n'en croyons rien. Nous pensons que la guérison résulte de l'action humaine du médecin. Actions de types divers dont l'analyse allongerait exagérément cet exposé, action au mécanisme imprévisible : vertu de la voix, du regard, du geste, de la stature qui ont créé la confiance et revigoré un être, engourdi dans sa détresse, qui ont même parfois fait renaître un goût de vivre affadi, presque éteint, comme se débilitèrent avec lui et s'éteignirent les énergies ordonatrices des divers organes, affectés en raison des corrélations électives.

Action surtout des paroles prononcées, de ce qui fut dit, de la confiance suscitée et soutenue par la médication donnée. A chaque prise, plus ou moins la scène du réveil s'évoque, le médicament véhicule la guérison ' annoncée. Il sert d'intermédiaire entre le guérisseur et I celui qui attend la guérison s'y adjoignant tout ce que le respect de la science et de ses matérialisations peut comporter de force quand la matière choisie l'a été par celui-ci et non tel autre.

J'ai substitué guérisseur à médecin. Voici la jonction faite. Tout médecin doit en effet posséder le aptitudes psychologiques du guérisseur. En quel cas doit-il leur donner la prévalence. La difficulté est souvent grande. Il y faut tout à la fois tact, intuition et savoir vaste autant précis. Médecine psychologique et médecine scientifique peuvent-elles se distribuer en des domaines précis? La première n'aurait-elle pour champ que le fonctionnel, l'autre le lésionnel ou plus largement l'anatomique — mais ne voit-on pas les verrues, néo-formation d'un type normal, céder à la psychothérapie et tout aussi bien les ulcères digestifs, eux, carrément lésionnels ?

Il n'est donc pas nécessaire d'insister pour souligner la difficulté de l'entreprise thérapeutique. La plus humble engage beaucoup de prudence, de réflexion, de savoir.

En tel cas nous nous serons convaincus que l'action doit, avant tout, porter sur la personne spirituelle et, au fond de nous-mème, nous ne reconnaîtrons au médicament prescrit à titre complémentairel'exigence du malade est ordinairement telle que l'efficacité dont notre verbe l'honore.

Mais s'il y a agression microbienne, bronche penumonie, diphtérie, tétanos, ou parasitaire : syphilis, amibiase, paludisme, penserons-nous guérir par le seul effet du regard ou de la parole ? Non ! nous chercherons la médication physique, chimique ou sérologique la mieux indiquée. Ceci sans négligence de notre emprise spirituelle étant convaincu, j'ai essayé déjà de l'établir, que l'union du corps et de l'esprit requiert de notre part le développement chez le malade du maximum d'énergie spirituelle pour qu'elle suscite au maximum les énergies défensives des cellules et des organes.

Mais, diront les guérisseurs, nous sommes assez consciencieux pour ne pas nous charger de ce cas d'agression extérieure, pas plus que nous ne nous chargerons de ces malades victimes de ces dégénérescences organiques engendrant les artérites, les scléroses rénales ou hépatiqus. Nous ne nous occuperons pas davantage de ces maladies, à l'étiologie mystérieuse, du sang, des os, pas plus que des divers cancers. Nous laissons donc aux médecins un champ immense, ne nous reservant rien de plus que ce que le bon sens, se reposant sur les dires et la présentation du malade, la durée de sa maladie, les échecs des nombreux médecins consultés et qui ne se sont pas alarmés, désigne comme de notre domaine ; car enfin, la majorité de nos clients ne sont-ils pas des dégoûtés d'une médecine incapable ?

Ce dernier point est vrai. Et il l'est parce que nombre de médecins, au lieu de se vouloir à la fois guérisseurs et thérapeuthes savants, ne revendiquent que cette dernière qualité et ne veulent tirer prestige que d'elle. Le jour où le médecin considérera la médecine à la fois comme art et science, le dosage de l'un et de l'autre relevant de ce que nous désignons par « flair », « sens clinique », lui-même à mes yeux, suprême intuition artiste, ce jour qui est proche, le guérisseur n'aura plus sa place. Je dis n'aura plus sa place. Il l'a donc ? Il l'a en fait. Les guérisseurs prolifèrent, on se presse en foule chez eux. Pourquoi Problème de simple psychologie sociale que je ne puis ici détailler. Mais certainement pas problème de don, étant entendu don physique : irradiation personnelle, magnétisme, voyance psychique ou métapsychique s'exerçant en tout temps, en tout lieu, à l'avantage des cent consultants quotidiens...

Quiconque, convaincu qu'il peut guérir, s'applique à vouloir guérir, à chance de réussir de très nombreuses cures, de celles que j'ai essayé de délimiter. Mais seulement essayé, car étant donné ma philosophie, arrêté par ma seule connaissance biologique et chimique, il m'est impossible d'assigner les limites du pouvoir personnel de guérir. Ceci dans une considération générale, considération philosophique encore. Mais pour rester sage, au contact des faits,car il s'agit de personnes et de faits de maladie, la sagesse, le bon sens du guérisseur, suffisent-ils à le préserver d'erreurs aux conséquences très graves ?

Un jeune adulte consulte pour maux de tête : sa mine est bonne, il s'alimente, dort bien, ne maigrit pas ; peut-être souffre-t-il de quelque déception. Est-il cas plus banal et apparemment plus bénin ?...

A priori, pour l'exercice d'une médecine prudente, il n'y a pas de cas bénin. Avant de conclure a la bénignité et à procéder comme convenable, le médecin se demandera par exemple : s'agit-il d'une syphilis secondaire, d'une tumeur cérébrale, d'une insuffisance rénale ? Pour en décider, il faut qu'il sache la médecine.

Le guérisseur est-il à même d'abord de se poser ces questions, en second lieu de les résoudre ?Car, selon la conclusion la décision thérapeutique sera absolument différente.

Pour conclure le guérisseur peut-il guérir ? Oui, certes — le médecin neuf fois sur dix opère comme le guérisseur.

Dès lors le guérisseur a-t-il sa raison d'être ? Non parce que s'il a l'art de guérir il lui manque la science, c'est par elle qu'il acquiert le droit de soigner, très souvent il a l'art d'instinct. Il lui reste le devoir d'enrichir sans cesse l'un et l'autre.

Docteur J. Morlaas.

A l'heure dite

Redwood City (Californie), 24 août. — Mrs Edythe Hanson, 32 ans, fut récemment hospitalisée. Il y a un mois, de retour au foyer conjugal, elle dit à son époux : «Je mourrai le 2i août, à 11 h. 45 ».

A neuf heures, le 21 août, Mrs Hanson s'endormit. Son sommeil présentait un caractère insolite. Son époux appela le médecin qui, à 11 h. 45, ne put qu'annoncer la mort de sa cliente.

M. Hanson explique la prédiction de sa femme par la foi ardente de celle-ci.

« Le Figaro » 25/26 août 1951.

SCIENCES MÉTAPSYCHIOUES

II. - QUESTIONS RADIESTHÉSIQUES

partie dirigée par Maurice LE GALL, A. E. de Polytechnique

La Radiesthésie

I

GENERALITES

Nous réunirons sous ce titre « Radiesthésie » dû, paraît-il, à l'abbé Bouly, toutes les pratiques ayant pour but d'effectuer des recherches variées dans les domaines physique ou biologique au moyen d'une baguette ou d'un pendule.

Le caractère général de ces recherches réside dans le fait que le « radiesthésiste », incapable comme tout être humain de découvrir, par des moyens normaux, la solution des problèmes qu'il se pose, devient subitement à même de l'obtenir sans effort dès qu'il tient un pendule ou une baguette en utilisant des procédés techniques que la Science rejette et dont le sens commun s'étonne.

Etymologiquement « radiesthésie » signifie « sensibilité aux radiations » : ce terme a été choisi par son auteur et adopté par ses confrères parce que presque toutes les théories qui se proposent d'expliquer les succès des radiesthésistes supposent que l'homme reçoit des radiations émises par l'objet cherché et se trouve ainsi conduit à se diriger vers cet objet. L'abbé Mermet a présenté ces radiations sous une forme originale :

« TOUS LES CORPS NOUS REGARDENT D'UN RAYON OBSCUR ».

Bien entendu les biologistes ne connaissent pas la sensibilité que ces théories supposent et les physiciens ont peine à admettre les radiations émises par un trésor, une vieille casserole, un portefeuille, un chiffre de profondeur, une qualité d'eau, l'âge d'un sujet étudié,... etc.

D'autre part les radiesthésistes obtiennent des succès authentiques en remplaçant, dans leurs recherches, le terrain lui-même par un plan ou un croquis quelconque : dans ce cas, la distance étant très grande entre eux et l'objet de l'exploration, il prennent le nom de têléradiesthésiste ». La téléradiesthésie paraissant difficilement explicable par les radiations, un grand nombre de radiesthésistes ont pris le parti de la nier purement et simplement; d'autres l'ont rejetée dans te domaine occulte de la voyance ; d'autres enfin ont tenté de l'expliquer et se sont lancés dans de telles divagations qu'ils ont rompu le lien fragile qui reliait le radiesthésistes au monde savant. En voici un exemple :

«Tous les plans verticaux dans la nature font de la désintégration atomique avec hélium en bas, argon en haut. Le plan d'une maison et tous les murs érnettent des ondes verticales d'hélium et d'argon ; on l'a constaté, témoins en mains. Un plan même al'échelle ne donne rien à moins que l'on ne pose dessus un corps radioactif ou un radium. On fait naître le phénomène de désintégration que de Broglie appelle la radio-activité induite. On constate qu'à ce moment tout le plan est devenu radioactif et que tous les plans verticaux représentant les murs donnent de l'hélium que l'on constate avec ce témoin en main.

Le plan étant à l'échelle, on a donc un faisceau d'hélium vertical dans l'atmosphère ayant la forme du plan. D'autre part dans la maison s'est formé un faisceau semblable d'hélium ,semblable puisque le plan est a l'échelle. Entre eux deux joue la loi de Newton, la lui des semblables (comme entre un appareil de T.S.F. d'émission et un appareil de réception réglés à la même fréquence).

Rien d'étonnant alors que ce qui se passe d'un côté se passe de l'autre... » (*).

(*) Jean Doisy, Sourciers et sorciers, p. 162.

On conçoit qu'à la lecture de textes de ce genre un esprit scientifique se désintéresse de la question radiesthésique : du reste ces pseudo-explications négligeant l'homme et l'intrument dont il se sert sont pour le moins inutiles.

Voilà pourquoi la radiesthésie offre le spectacle paradoxal d'une science ou d'un art (nous déterminerons bientôt le terme convenable) dont la notoriété devient de plus en plus étendue, tant en France qu'à l'étranger, dont le grand public connaît les réussites relativement nombreuses et qui se trouve en butte aux critiques violentes et même passionnées de la part d'hommes réputés pour leur esprit scientifique et la sûreté de leur jugement. Ces sceptiques, détracteurs ou ennemis de la radiesthésie, considèrent ses adeptes comme des hallucinés ou des charlatans et placent leurs explications dans l'une des deux catégories suivantes : divagations sans bases sérieuses ou théories établies dans un but commercial.

Il existe certainement chez les radiesthésistes des hallucinés et des charlatans et il ne faut pas s'en étonner : cela prouve simplement qu'ils sont des hommes comme les autres et non des névropathes, tous déficients au point de vue mental, selon les insinuations de certains auteurs.

Nous savons bien que les officiels (pour parler le langage sportif) entourent d'une atmosphère d'hostilité chaque découverte, chaque progrès et chaque invention : les chemins de fer, le téléphone, l'avion, le phonographe, etc., ont entendu à leur naissance ce qu'entendent d'habitude les tableaux d'une exposition mais ils ont triomphé de l'hostilité. Depuis des siècles les baguettisants cherchent et trouvent des sources et des tréscors : les pendulistes font de même et élargissent leur champ d'action malgré les critiques et les sarcasmes. Il est intéressant de réfléchir sur le traitement spécial qui est réservé aux radiesthésistes.

Les savants démontraient, par calculs ou raisonnement, que la lumière électrique serait irréalisable pratiquement parce que trop onéreuse, que le déplacement dans l'air donnait lieu à une vitesse critique de 36 km. à l'heure : quand cette vitesse fut dépassée par les ballons dirigeables ils reportèrent leur calcul à 100 km. puis quand l'avion dépassa largement cette limite ils effectuèrent un repli prudent jusqu'à la vitesse du son, inventant le fameux « mur du son » qui s'écroule devant l'expérience...

Ils démontraient le mal d'auto, la mal d'avion avant l'avion anticoqueluche pour enfants convalescents...

Mais aucun savant ou soi-disant tel qui maltraite ou condamne les radiesthésistes par la parole, la presse ou la Radio n'est capable de démontrer, même provisoirement, que les faits de la cause sont impossibles : il se contente de les nier et de tourner en ridicule (cequi n'est pas difficile) les théories dont nous avons signalé la pauvreté ou les extravagances.

Evidemment pendant ces discussions plus on inouïs anodines le radiesthésiste continue de travailler, c'est-à-dire d'essayer, de réussir, deperfectionner sa technique et lors que son pendule s'agite en orbes régulières au dessus d'une veine liquide ou d'un organe malade, pensant aux jugements de MM. Boll, Guichant, Cuénot el autres, il peut dire comme Galilée : « Et pourtant il tourne ».

Nous pourrions nous contenter de reconnaître le caractère merveilleux et incertain des exploits radiesthésistes et dire avec Victor Pourcel : « En dépit de ces aléas, une longue attention apportée aux faits nous contraint d'affirmer qu'il y a là quelque chose de très intéressant. Mille expériences manquées ne prouvent rien, une seule peut être décisive. Nous avons, pour notre part, assiste a plusieurs expériences décisives » (*). Cette 'conduite serait approuvée par les disciples de Bergson estimant que « un seul fait bien étudié avec des détails suffisamment précis peut être à lui seul toute une démonstration mais nous estimons qu'il y a mieux à faire. Non- nous étonnons de cet antagonisme qui oppose des hommée tous épris de vérité — les uns affirmant, les autres niant, aucun ne démontrant — et nous ri'accepteront pas une situation aussi peu flatteuse pour l'espèce humaine.

(*) Plaidoyer pour le corps, p. 96, note n° 1.

Deux questions doivent être résolues avant que l'unaniminté se fasse sur la chose radiesthésique :

1° Les faits existent-ils ?

2° S'ils existent, pourquoi une démonstration claire et précise n'est-elle pas encore intervenue en leur faveur ?

Remarquons, en effet, que l'unanimité est nécessaire en ce qui concerne la réalité des faits : comme elle fait défaut actuellement, nous avons affaire à l'un des deux vices suivants :

erreur des adeptes si les faits sont illusoires ; ignorance des sceptiques s'ils sont réels.

Car il s'agit ici de faits et non de théories : on peut (et même on doit) discuter sur la gravitation universelelle mais tous les hommes doivent être d'accord sur la chute des corps.

II

LA RADIESTHESIE DEVANT LES HOMMES

A. Les Adeptes.

Au lieu de trouver simplement deux groupes parmi les hommes qui possèdent une opinion sur la Radiesthésie nous devons en dénombrer trois, car, à l'intérieur de celui des adeptes, nous distinguons deux tendances qui s'opposent.

a) Les radiesthiésistes physiques qui expliquent leurs opérations par la perception d'une radiation qu'ils appellent onde, ondulation, vibration ou rayonnement et qui serait émise par l'objet de la recherche : il y aurait donc analogie entre cette perception spéciale et celle d'une odeur par le sens de l'odorat ou de la lumière par celui de la vue. Ils envisagent par conséquent un sens radiesthésique que le docteur Ch. Richet appelait le 6 sens au temps que les sens étaient cinq, car actuellement les biologistes en connaissent au moins huit (*).

(*) Marcel Boll, Le mystère des nombres et des formes, p. 57.

A la tête de ce groupe citons M. Armand Viré, docteur es sciences, qui justifie sa position de la façon suivante, en invoquant le rôle du témoin « Si l'on intercale un corps quelconque dans la main ou à l'extrémité de la baguette, les phénomènes du mouvement ne se produisent plus qu'en présence du meme corps. C'est là un l'ait absolument général et pour lequel je n'ai pas encore personnellement trouvé d'exception » (*).

(*) Cité par Georges Barbarin. Qu'est-ce que la Radiesthésie ? p. 72.

b) Les radiesthésistes mentax. Dépuis quelques années une tendance nouvelle se fait jour : son développement est dû, sans doute, à l'influence de M. Christophe qui fit remarquer qu'au début de l'opération, le radiesthésiste oriente son esprit vers l'objet à recherche) et que cette «orientation mentale» est si importante qu'elle consti tue le point capital de l'opération. Quelques tenants de cette doctrine la justifient également par le rôle du témoin : mais ils citent le cas de l'abbé Mermet qui « n'ayant une fois que de l'argent pour chercher de l'or délibéra en lui-même que cet argent était de l'or et réussit sa recherche comme à l'accoutumée ».

Cette expérience montre que la convention mentale (disent les mentalistes) possède la primauté sur la réalité de la matière.

Notons en passant et avec regret que personne n'a étudié à fond cette expérience de l'abbé Mermet, expérience que chacun peut répéter très facilement. Des radiesthésistes physiques l'ont rejetée dédaigneusement car « ce serait donc la négation du rayonnement de la matière, tout au moins dans le champ de l'entendement humain » (*).

(*) Georges Barbarin : op. cit. p. 72.

Quant aux mentalistes qui auraient dû reconnaître dans cette expérience mémorable la véritable nature du Fait radiesthésique, tout au moins la valeur réelle du témoin, ils se sont contentés de dire que la radiesthésie aurait pour base une faculté mystérieuse de l'esprit.

Le groupe mental est certainement le plus nombreux et il se grossit sans cesse des transfuges de l'autre groupe. L'un des plus distingués, M. H. Penet expose ainsi sa méthode :

« J'opère uniquement par orientation mentale et avec témoin dans la main gauche, celle-ci étendue pour formol antenne et la pensée dirigée et maintenue sans effort sur l'objet de la recherche (*). On trouve ici l'orientation mentale combinée avec le témoin qui émet son onde propre et la main formant « antenne » qui doit capter les ondes de l'objet recherché syntonisées avec celles du témoin.

Mais ensuite M. H. Penet ajoute, ce qui fait marquer un avantage aux mentaux : « Je dois dire que je n'obtins couramment des succès qu'à partir du moment où je me rendis compte que c'était réellement par la pensée que je devais conduire mes recherches pour les réussir ».

Comme les uns et les autres obtiennent de brillantes réussites dans leurs domaines particuliers d'investigation et qu'en définitive leurs procédés sont à peu près les memes, on peut dire qu'une grande confusion règne au camp de la baguette et du pendule.

(*) Cité par Georges Luy. Devenez radiesthésiste.

Avant de passer chez les sceptiques, notons que les adeptes de la radiesthésie se signalaient :

1° Par un caractère général de chercheurs patients doux et modestes qui manifestent seulement un orgueil légitime quand ils découvrent un nouveau rayon mental (Germain Brochenin), solaire (abbé Mermet), fondamental (abbé Mermet et bien d'autres) ou capital... ou bien quand ils inventent une méthode aussi personnelle que compliquée.

2° Par un état d'esprit qui tient plutôt de l'apostolat que du mercantilisme. Un radiesthésiste se croit détenteur d'un secret concernant la vie sociale de l'homme et il se considère comme chargé de mission auprès de ses contemporains qu'il tient à faire profiter de ses découvertes.

Cet état d'esprit mérite d'être noté car il ne correspond pas du tout à celui qu'on s'attend à observer chez les sectateurs des sciences dites occultes : le radiesthésiste ne fait pas mystère de ses goûts ni de ses travaux : on ne peut lui reprocher l'allure inquiétante et solitaire du sorcier d'antan : au contraire il est juste de regretter qu'il ait trop fourni d'explications dans un langage qui ne respecte pas souvent la valeur usuelle des termes physiques dontil émaille ses hypothèses. Déplorons-le avec indulgencecar si l'incertitude du langage est inconnue dans lessciences, 'c'est bien à elle que nous devons l'immense etbabèlien édifice des systèmes philosophiques. Remarquons aussi que l'explication des phénomènes, elle est l'un des buts de la Science n'est pas indisponsable à leur connaissance ni même à leur utilisation : en touscas elle est étrangère au problème de la réalité des faits dont nous avons fait le premier point de l'étude radiesthésique. B. Les Sceptiques.

Dans la foule des sceptiques nous voyons des hommes animés de sentiments tout différents : le uns considèrent les radiesthésistes comme des gens peu dangereux qu'il vaut mieux ne pas contredire : les autres, beaucoup plus nombreux, négateurs acharnés, les invectivenl avec une passion qui étonne chez des hommes de science que l'on aimerait à croire de calmes dépositaires de la vérité. On compte en effet parmi les sceptiques acerbes une forte proportion de professeurs titulaires de chaire scientifiques importantes. Ceci ne doit pas nous étonner beau coupcar la pratique de l'enseignement n'est pas de nature adévelopper forcément l'imagination : en outre les sciences, à cause de leur esprit d'analyse indispensable etde leurs classifications inévitables, peuvent empêcher le savant de s'élever à un niveau suffisant pour apercevoir, dans une vision synthétique, tout l'ensemble inclas-sable et complexe que constitue la vie. L'homme de science est souvent condamné à ressembler à l'astronome de la fable à moins qu'un éclectisme rare lui permette de devenir alors le plus complet de ses semblables.

Depuis que la Science dispose des nouvelles techniques, des nouveaux instruments plus puissants et plus sensibles que le siècle dernier eût pu l'imaginer, elle découvre dans l'infiniment petit des mondes complexes où Cache le mystère de la vie ; l'homme qui observe l'apport continu des sciences à la Connaissance, sans cesse en progres et jamais satisfaite, peut répéter avec le penseur qu'effrayait le silence des espaces infinis : « La sphère de nos connaissances grandit tact avec l'inconnu ».

Aussi le véritable savant, celui qui ne craint pas d'explorer les limites du domaine scientifique, ressent la plus grande joie de l'intelligence en voyant reculer le mur l'Impossible et son langage d'où disparaît le « veto l'ignorance >> témoigne à la fois la modestie de l'explores leur et la sympathie bienveillante envers les chercheurs désintéressés auxquels le mystère s'offre généreusement

L'un des plus grands savants de notre temps a ecrit une page que nous reproduisons ci-dessous avec la satifaction immense d'y voir clairement mentionnés : la question mal posée des radiations dont les radiesthésistes seraient récepteurs, la situation délicate des chercheurs désintéressés parmi les charlatans et les ignorants, le regret que nous avons exprimé de lire des textes que ne respectent pas le sens des termes usités par les physiciens et enfin la qualité spéciale de phénomènes relevantdeux sciences très différentes.

« On a beaucoup parlé, on parle encore beaucoup, de l'existence possible de phénomènes encore mal connus seraient situés d'ailleurs pour la plupart à la limite de la Biologie et de la Physique. Je pense, en écrivant lignes, aux phénomènes qui interviendraient dans l'art des baguettisants ou dans les recherches métapsychiques ou encore à ces rayonnements mal définis dont l'émission serait liée, selon certaines affirmations, au fonctionnel ment des organismes vivants. Au risque de contriste beaucoup de personnes de bonne foi, je dois dire que l'existence de la plupart de ces phénomènes ne me parail pas aujourd'hui établie scientifiquement d'une façon serieuse. Sans doute, beaucoup de chercheurs honnêtes, animes du seul désir de découvrir des vérités nouvelles, sont livrés et se livrent à l'étude de ce qu'ils estiment sincèrement constituer des faits réels d'un ordre encore mal connu. Malheureusement, à eux se sont mêlés trop souvent des charlatans guidés par des sentiments interessés et cette circonstance rend particulièrement difficile de contrôler l'exactitude des résultats obtenus d'autant plus que les chercheurs de bonne foi sont souvent eux mêmes, en pareille matière, victimes d'illusions et d'autosuggestions. De plus un grand nombre de ceux qui écrivent sur ce sujet font preuve d'une instruction scientifique générale vraiment insuffisante, confondent les notions les plus distinctes et interprètent les théories de la Physique moderne de la façon la plus fantaisiste. Bien souvent on en voit émettre gravement des affirmations tellesque celles-ci : « Il est bien connu aujourd'hui que chaque substance chimique possède son rayon » et des phrases de ce genre n'ont aucun sens précis pour les physiciens sérieux » (*).

(*) Louis de Broglie. L'Avenir de la Science. Coll. Présence», p. 23.

LA REALITE DES FAITS

Nous avons noté que les explications diverses invoquent soit une perception ayant pour origine un sent inconnu soit une faculté de l'esprit complètement ignorée. Scientifiquement nous pourrions rejeter les faits et leur, explications, à moins que nous ne soyons persuadés etc'est bien notre opinion — que la biologie etla psychologie ne soient pas encore assez développées pour pouvoir rendre compte de tous les phénomènes humains. I s'agit en effet de phénomènes dans la production desquels I homme intervient bien comme l'un des réactifs pour employer langage des chimistes.

Actuellemen tous les radiesthésistes, sauf quelques attardés qui peuvent être aussi d'excellents praticiens ont admis « comme fait absolument certain que le pendule ne tourne pas seul et que la baguette n'agit pas d'elle-meme » (*).

Récemment des radiesthésistes belges, tenants de la radiesthésie physique », ont tenté une curieuse expérience : ils ont fixé solidement sur un bloc de béton une potence à laquelle ils sont suspendu un pendule. Ce pendule qui pouvait, tenu par un homme, servir à la recherche radiesthésique, s'est comporté, pendu à une potence fixe, comme un corps inerte : on aurait pu s'en douter.

Par conséquent c'est le radiesthésiste lui-même qui. parun processus extrêmement mystérieux, sérait conduit a mettre en mouvement baguette ou pendule à l'instant ou il se trouve en présence de la vérité cherchée.

(*)Brochenin. Le pendule et la baguette des sourciers. Traité de radiesthésie et de téléradiesthésie, p. 272.

Dans ces conditions, si le spectateur d'une opération radiesthésique voit bien les mouvements de l'instrument employé, il ne peut absolument rien deviner de ce qui passe dans la personne de l'opérateur : la radiesthesie est donc un moyen de connaissance immédiate pour cellui qui la pratique et nous sommes obligés de croire sur parôle le radiesthésiste sans pouvoir même vérifier s'il réellement appliqué la méthode qu'il aurait annoncé au préalable.

Précisons davantage la position du critique devant l'opérateur.

Lorsque le radiesthésiste annonce le résultat d'une recherche, il ne fait qu'énoncer la solution d'un problème cette solution n'est jamais qu'une vérité qui aurait pu etre découverte par d'autres procédés ou même par hasard il est donc toujours impossible de vérifier qu'une operation radiesthésique vient d'être réalisée. S'il semble inadmissible que la vérité trouvée par le radiesthésiste puisse être connue par un autre moyen, il y a préjugé favorable à l'égard de la radiesthésie mais scientifiquement n'est tenu de l'admettre.

Par exemple, on demande à un radiesthésiste de cher cher sur un plan où se trouve une certaine personne a opère — dit-il — par téléradiesthésie en balançant un pendule au-dessus du plan et il annonce « Carpentrasce qui est exact et qu'il ne pouvait savoir. Rien n'est démontré en ce qui concerne la méthode employée effettivement, la valeur exacte des appareils utilisés ouprocessus par lequel la connaissance a été révélée à l'operateur : le sceptique admettra évidemment qu'un homme a dit : « Garpentras » quand il devait dire : « Garpentras mais il n'admettra pas autre chose et il aura raison : tout au plus pourra-t-il affecter aux affirmations du radiesthésiste un coefficient de probabilité correspondant à ses pourcentage de réussites, affectation sans rigueur scientifique et surtout absolument néfaste pour les progrès de la radiesthésie comme nous le montrerons plus loin,

On démontre la marche en marchant parce que la marche modifie les positions respectives du démonstrateur du sceptique : l'opération radiesthésique n'étant que la découverte d'une vérité par un procédé entièrement subjectif ne modifie en rien les positions respectives de l'adepte et du sceptique. C'est ce que les siècles passés presentaient à notre ëtonnement et que nous avons compris dès que nous avons saisi le rôle essentiel de l'homme qui tient le pendule ou la baguette.

LE RADIESTHESISTE SEUL SAIT SI, OUI OU NON, LA RADIESTHESIE EXISTE

Excusons donc le sceptique pour ses critiques et ses attaques, d'autant plus que le radiesthésiste annonce lui-même que l'opération lui échappe complètemenl et qu'elle est totalement inconsciente.

Par conséquent la réalité des faite radiesthésiques est essentiellement indémontrable et les sceptiques ne pourront réellement être convertis qu'a la condition de prendre en mains eux-mêmes l'instrument necessaireà l'expérimentation individuelle.

Art ou science.

Une expérience de radiesthésie est toute différente d une expérience de physique ou de chimie devant laquelle les hommes sont de simples observateurs qui vérifient l'application nouvelle d'une loi connue dans un milieu expérimental simple où l'homme n'intervient pas.

En physique, l'opération est contrôlable depuis le commencement jusqu'à la fin, le milieu expérimental est en général simple et connu, l'homme reste en dehors de l'opération absolument objective.

En radiesthésie, l'opération échappe au contrôle d'un observateur, le milieu expérimental est totalement inconnu, l'homme est lui-même le siège des phénomènes qui constituent l'opération essentiellement subjective.

Dans ces conditions nous pouvons affirmer que la Radiesthésie ne sera jamais une science: elle sera, au plus, un art capable de résultats réguliers s'il est possible d'établir ses techniques scientifiquement, c'est a dire au moyen de l'observation et de l'expérimentation qui on1 créé les sciences elles-mêmes.

Nous voyons une analogie se dessiner entre la radiesthésie et la médecine. La médecine est une science par ses méthodes d'observation et d'expérimentation, un art par le rôle qu'y jouent l'intuition et l'imagination : une science doublant, un art, un art reposant sur une science (*).

(*) R. P. Samson. La souffrance et nous.

L'homme intervient par ses qualités propres dans l'exercice de la médecine : en effet chacun sait qu'il y a de lions médecins, de meilleurs et de moins bons.

La radiesthésie et les radiestésistes se présenteront un jour prochain au public avec des caractéristiques analogues mais nous devons reconnaître que les médecins possèdent une avance considérable sur les radiesthésistes.

En effet ceux-ci, à part quelques rares exceptions, n'ont pas encore rejeté un empirisme rappelant celui des médecins de Louis XIV qui ont tué sa descendance à coups de clystère et d'ëmètique.

Nous montrerons que le climat actuel de la Connaissance, créé par les récentes études des sciences et de la philosophie, est éminemment favorable au progrès de l'art radiesthésique ; après des réussites encourageantes nous avons décidé d'introduire en radiesthésie l'observation et l'expérimentation pour atteindre les deux buts suivants :

1° La sécurité aussi grande que possible dans les recherches radiesthésiques.

2° La découverte du vrai visage de cet art, découverte susceptible de ramener la paix entre deux camps opposés où l'on ne trouve guère que des chercheurs de bonne volonté.

Le premier devoir.

Le premier devoir de l'homme de science est de débarrasser le champ expérimental de tout ce qui est inutile afin de tenir sous son contrôle tout ce qui est nécessaire et de ne pas gaspiller une attention que des expériences délicates réclament tout entière.

Balayons donc le laboratoire d'où disparaîtront l'entonnoir en verre renforçateur du pharmacien V..., le batteur à œuf résonateur de Madame de M... et même le condensateur au mica de Madagascar de M. l'Ingénieur P...

Ne gardons simplement que le personnel et le matériel indispensables, juste le nécessaire et le suffisant de toute Opération radiesthésique : il ne restera guère que le pedule et l'homme.

Nous avons vu que pendule et baguette ne sont que des instruments qui seront agités à l'instant que se manifestera la solution désirée : leur étude ne présente donc pas un grand intérêt. Ils sont seulement l'aiguille du voltmètre qui signale le mouvement de l'équipage intérieur ou le fanion qui, dans la tranchée des objectifs, annonce le rigodon... ou encore la sonnette qui fait connaître l'ouverture d'une porte.

Nous étudierons ces instruments dans loua les détails mais il est logique d'étudier auparavant l'homme qui les emploira, car l'outil est fait pour la main de l'homme et non l'homme pour l'outil.

Maurice Le Gall,

A. E. Polytechnique.

ÉSOTÉRISME ET TRADITION

sous la direction de J. RENARD

Guide pratique du Magnétiseur-Guérisseur

Comment magnétiser les malades par Maurice GAY (*)

(*) Voir le n° 11 des Cahiers métapsychiques.

Un certain nombre de lecteurs des Cahiers Métapsychique m'ont demandé, à la suite de la publication de mon étude sur les Guérisons à Distance (2), d'apporter quelques précisions sur les soins que l'on peut donner aux malades lorsqu'on se trouve auprès d'eux. Je n'ai pas l'intention, dans le présent article, de

(1) Maurice Gay traite ici du problème du magnétisme sous l'angle pratique mais également ésotérique. Ses conclusions semblent différer radicalement de celles du Dr Morlaas (énoncées dans la première partie de cette revue). En fait, il n'en est rien. Les points de vue diffèrent simplement. Le Dr Morlaas dit en page 9 : « Le guérisseur peut-il guérir Oui, certes ». Puis, en conclusion, il lui dénie sa raison d'être, prétestant que le médecin, neuf fois sur dix, en fait autant ! (Ce qui reste d'ailleurs à démontrer). Conclusion facile ! Si le guérisseur guérit, c'est l'essentiel. Et Maurice Gay, sans s'occuper des arguments « officiels » nous dit simplement « comment » s'opère cette guérison.

J. Renard.

disséquer tout le processus thérapeutique des passes magnétiques. Cela nécessiterait un développement considérable et, de plus, cela ferait double emploi avec un certain nombre d'ouvrages importants qui traitent de ce sujet.

Je n'entreprends pas ici d'aider la formation et l'épanouissement d'éventuels guérisseurs. Je ne veux que préciser, sous une forme très concise, quelle doit être la conduite à tenir par le guérisseur en présence des principales maladies devant lesquelles il sera amené à intervenir. Cette étude se divisera donc en deux parties très distinctes, la description sommaire des différents types de passes et de quelques autres agents magnétiques, puis la façon de les utiliser dans les affections des différents organes du corps.

Je n'ai pas besoin de répéter ici qu'avant de se lancer dans de semblables cures, il est indispensable que le guérisseur connaisse à fond toute la constitution anatomique occulte de l'homme. Il ne faut pas, en effet, que le guérit soitun empirique, il faut qu'il comprenne comment et pourquoi il agit d'une façon déterminée. Je ne saurai trop conseiller aux débutants de lire et d'étudier très attentivement le prestigieux «Livre du Médium Guérisseur» de José Lhomme (*) QUI contient le minimum indispensable de bases. De plus, ne voulant pas me répéter je renvoie mes lecteurs à ma précédente étude sur « Les Guérisons à Distance » pour tout ce qui concerne le caractère primordial de la prière comme agent curatif, Cela semblera peut-être surprenant à quelques-uns, mais même dans les soins magnétiques, la prière demeure l'élément capital sans lequel aucune thérapeutique hermétique ne peut être couronnée de succès. Jamais, le guérisseur ne doit oublier cela. Et c'est uniquement parce que la prière est le moteur de la guérison hermétique, que le guérisseur doit être désintéressé et que tous les soins doivent être gratuits.

(*) Dervy, éditeur, 18, rue du Vieux-Colombier, Paris (33").

Le contact direct avec le malade comporte un avantage essentiel sur tous les soins à distance. Le guérisseur peut expliquer au patient ce qu'il fait et provoquer ainsi sa confiance et sa foi. La conversation peut amener un actif échange de pensées entre l'émetteur et le récepteur des fluides. C'est un lait d'observation courante que la visite du guérisseur, tous les deux ou trois jours, a beaucoup plus d'effet sur le malade que les prières lointaines, même répétées plusieurs fois dans la journée,

La connaissance de la constitution occulte de l'homme permettra au guérisseur de concevoir comment ses fluides agissent. Avec de l'entraînement, il arrivera vite à en régler l'émission et la pénétration, de même qu'il arrivera rapidement à adapter ses soins au cas particulier que constitue chaque malade. Le guérisseur ne doit jamais oublier qu'il n'est qu'un simple relai et qu'il doit s'efforcer, en toutes choses, de conserver intactes toutes les qualités qui conditionnent le fonctionnement optimum de ce relai. Il n'est que le trait d'union qui réunit deux forces de signe opposé : Les Forces Spirituelles Supérieures, d'une part, et le malade, de l'autre. Il doit donc, tout d'abord, conserver une liaison permanente et efficace avec chacune de ces deux forces. Il doit, par ailleurs, maintenir constamment le poste de relai qu'il constitue, en bon état de marche.

La liaison avec les forces spirituelles supérieures implique, chez le guérisseur, un degré relativement avancé d'évolution. I! faut que le guérisseur prenne conscience de l'intense force vitale qui sature l'atmosphère pour être à même d'y capter à tous moments l'influx bénéfique dont le malade a le plus urgent besoin. II faut bien entendu que le guérisseur apprenne à se relaxer complètement, à rester neutre, à respirer largement et intégralement, en quatre temps égaux (inspiration-repos-expiration-repos) pour pouvoir puiser à la Source de Vie Universelle toutes les forces qu'il distribuera.

La liaison avec le malade doit avant tout être mentale. Nous reviendrons plus loin sur la liaison fluidique. Le guérisseur doit éprouver pour son patient un puissant amour fraternel capable de renverser les montagnes. Il doit arriver à percevoir les souffrances du malade, et, dans une certaine mesure, à les ressentir. Mais il ne faut pas, non plus, que cette sensibilité excite exagérément son système nerveux au point d'entraver l'émission d'énergie vitale qui traverse le corps du guérisseur. Cette trop grande émotivité donne alors facilement au guérisseur une impression d'impuissance en face du mal, qui laisse planer un doute sur la toute puissante miséricorde Divine.

Au contraire, le guérisseur, tout en pénétrant l'acuité d'une souffrance, doit en concevoir les raisons et la cause; il doit essayer de faire partager au malade cette connaissance qu'il a des lois occultes qui régissent l'univers. Car dès que le malade a compris, la cause du mal disparaissant, ses effets physiques se résorbent aussitôt. J'ai fréquemment entendu des guérisseurs constater que des malades guéris par eux, de façon médicalement inespérée, étaient facilement victimes d'accidents sans aucun rapport avec la première maladie. Cela provient de ce que l'on a supprimé les effets d'une épreuve, sans toucher à la cause profonde qui est toujours mentale et psychique. C'est l'explication de la phrase de Jésus à un de Ses malades : — Va, tes péchés te sont remis! ». C'est pourquoi les véritables guérisseurs doivent considérer leur mission comme un apostolat, chaque malade devant toujours être, aux yeux du guérisseur, une âme à guérir et à faire évoluer.

Enfin, le guérisseur doit respecter sa mission et la protéger contre lui-même. Le poste de relai doit toujours être parfaitement huilé, tout doit y fonctionner normalement. Un guérisseur n'a pas le droit d'être malade. Il n'a pas le droit de risquer la contamination des fluides bénéfiques qui le traversent. 11 se trouve donc dans l'obligation de respecter certaines disciplines de vie. Son régime alimentaire doit être particulièrement sobre. Le guérisseur qui réfléchit à ses responsabilites est du reste presque fatalement amené à adopter le régime végétarien. Est-il besoin de dire que le guérisseur doit être tempérant, qu'il doit fuir les fatigues excessives et brutales, renonce) aux excitants comme aux stupéfiants, pour ne rechercher la reconstitution de ses forces que dans l'utilisation rationnelle de la nature.

Il faut se méfier comme de la peste du mot « guérisseur ». Si ce mot est signe d'espoir et de lumière pour le malade, il constitue l'écueil le plus important du développement des facultés curatives. Il risque de faire prendre le poste de relai pour le moteur et il est la source de l'orgueil et de la vanité. N'oublions jamais que nous ne sommes que des intermédiaires, des médiums-guérisseurs, notre action n'en sera que plus efficace.

Dans une récente étude, Emmanuel d'Hoogsvorst déclarait lumineusement que « les hommes sont des malades affaiblis, vampirisés par une lente et mortelle consomption, mais ce sont des malades qui s'ignorent le plus souvent, car il a été donné à très peu d'entre eux de voir un homme en bonne santé à qui ils se puissent comparer. Mais bien que déchue et obscurcie, la nature de l'homme n'a pas été modifiée (depuis la chute originelle) en essence et en substance : il subsiste en lui comme une lumière enfouie dans les ténèbres, un inaltérable noyau d'immortalité, comme un feu vivant mais endormi. C'est une semence dans le sein de la terre refroidie par l'hiver. C'est la Belle-au-bois-dormânt condamnée à dormir pendant mille ans jusqu'à ce que le prince charmant vienne la réveiller. « Et ce n'est justement pas une des moindres tâches du guérisseur que de faire soupçonner au malade cet « inaltérable noyau d'immortalité » qui sommeille en lui. Il le fera évidemment par les révélations que sa conversation peut amener au patient, mais aussi et surtout par son exemple personnel. Grâce au feu d'amour intérieur qui brûle en lui, le guérisseur arrivera progressivement à se réaliser suffisamment pour absorber directement, et à l'état pur la vivifiante manne céleste que Dieu répand à profusion dans la nature. C'est uniquement par cette constante Eucharistie révélée par le Christ (Jean, VI, 52 à 58), que les initiés, les seuls véritables guérisseurs, arrivent à faire de leur corps physique un tel condensateur de forces vitales, que, dans les cas extrêmes, il résiste à la corruption de la mort. Il ne faut du reste pas chercher ailleurs la raison pour laquelle l'Eglise Catholique Romaine essaie toujours de détecter cette conservation du corps physique « en odeur de sainteté » chez ceux qu'elle désire canoniser.

C'est pourquoi, qu'on le veuille ou non, l'apprenti guérisseur est un candidat à l'initiation. Et quelle que soit l'initiation antique ou moderne à laquelle le futur guérisseur est amené à faire appel, il découvrira tôt ou tard le secret magistral qui le conduira à suivre la nature et à travailler en complète harmonie avec le cycle de ses révolutions. De même que la force du judoka consiste à ne pas résister à l'effort de son adversaire, la force du guérisseur consiste à ne pas violenter la nature et à profiter de son impulsion pour agir. Ce n'est que l'application du second des grands principes hermétiques, celui de Correspondance : « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ce qui est en bas est comme ce qui est en haut » qui reste la loi universelle la plus féconde pour l'évolution humaine puisqu'elle permet à notre intelligence de déduire l'Inconnu du Connu et « de comprendre l'archange, en étudiant la monade ».

Il est certes difficile de faire concevoir tout cela à un homme qui souffre, mais il importe que le guérisseur prêche par l'exemple :- son abnégation et son dévouement qui ne craignent pas la contagion, déclencheront toujours chez le malade et dans son entourage, de salutaires réflexions sur les principes mystiques qui régissent notre humanité. Avant d'être un médecin, le guérisseur se doit d'être un apôtre.

Avant de définir les différentes sortes de passes, il est indispensable de rappeler les principes élémentaires de la polarité humaine. Si l'on trace une ligne verticale qui divise le corps humain en deux parties égales et qui passe par la pointe du nez et par l'ombilic, tout le côté droit du corps, y compris la ligne, et le front, sont positifs. Tout le côté gauche, la colonne vertébrale et la nuque, sont négatifs. En appliquant à cette constatation expérimentale les lois élémentaires du magnétisme, nous comprendrons facilement que la mise en rapport de deux pôles de même nom (positif contre positif, ou négatif contre négatif) favorise et excite les échanges, accélère la circulation, réchauffe, fortifie, alors que la mise en rapport de deux pôles de noms contraires (positif contre négatif) calme, détend et décongestionne.

Dernier conseil d'ordre général avant d'analyse les procédés susceptibles d'être employés, le guérisseur doit toujours se représenter l'organe atteint comme étant parfaitement tain. Il ne doit pas avoir devant les yeux le cliché de la lésion, mais celui de la guérison obtenue. De même que le dessinateur qui trace une droite, fixe le point terminal de la trajectoire de son crayon, de même le guérisseur qui entreprend une cure vise le résultat recherché.

Tout ceci étant dit, nous pouvons maintenant étudier les différentes passes et, en premier lieu, la plus importante de toutes pour la suite de la cure, LA PRISE DE CONTACT entre le malade et le guérisseur. Vous comprendrez facilement I importance de cette opération lorsque vous comprendrez qu'elle constitue le branchement du courant fluidique qui relie le guérisseur au malade. Il ne faut pas oublier, en effet, que les fluides de chaque guérisseur correspondent à une longueur d'ondes déterminée et que, d'autre part, la réceptivité du patient, est, elle aussi, adaptée à une amplitude de longueur d'ondes qui n'est pas obligatoirement celle utilisée naturellement par le thérapeute. 11 convient donc de régler ces deux longueurs d'ondes pour rendre possible la réception de l'une par l'autre. C'est pourquoi la prise de rapport est plus longue et plus épineuse au cours des toutes premières séances de soins, pour devenir pratiquement inutile au bout de quelques séances. Il est cependant prudent de toujours commencer les séances par une rapide prise de rapports.

Il faut pour cela que le malade soit installé le plus commodément possible et qu'il s'efforce de se détendre au maximum pour éliminer toutes les crispations physiques et tous les soucis mentaux susceptibles de paralyser l'action magnétique, Il faut se souvenir que la volonté est toujours capable de résister au magnétisme. Cette détente du malade qui. dans la théorie, semble évidente et sortir du bon sens le plus élémentaire, est parfois assez délicate à obtenir, dans la pratique. Certes, le magnétiseur exercé prend facilement le dessus, mais, surtout dans le magnétisme curatif, on doit éviter les violences psychiques. La caractéristique essentielle du magnétiseur curatif devant toujours rester la douceur.

Le patient étant détendu, le guérisseur se placera devant lui assis sur un siège légèrement plus élevé que celui du malade (à tous les points de vue, le tabouret de piano, est le siège le plus pratique pour le magnétiseur), et posera ses mains à plat sur celles du sujet, paumes contre paumes. Lors des premières séances la prise de contact peut durer plusieurs minutes et même un quart d'heure.

Certains guérisseurs préfèrent rester debout pour cette prise de rapports et pour ne pas occasionner une gêne physique au malade, ils placent leurs paumes sur son front. C'est un procédé qui réussit parfois avec certains sujets rétifs.

Dans une de ces positions, le magnétiseur exercera alors sa volonté à adapter ses fluides au malade et à les faire pénétrer en lui. Cette action volontaire doit être douce et continue, et éliminer complètement les secousses et les jets brutaux de fluides.

Avec un peu d'expérience, chaque guérisseur arrive rapidement à ressentir avec certitude le moment où ses fluides pénètrent. Cela se traduit généralement par une impression de chaleur persistante et légèrement moite, au creux des paumes, s'accompagnant parfois de légers picotements à l'extrémité des doigts.

Une fois le contact établi, le guérisseur se livre alors aux soins magnétiques proprement dits. Il est tout-à-fait inutile de dévêtir ou de découvrir le malade pour lui faire des passes. Il faut cependant éviter une trop grande accumulation de tissus d'origine animale (laine, soie) qui sont plus ou moins imperméablés aux fluides ou qui, tout au moins, restent imprégnés de leur propre magnétisme qui risque de déformer celui du guérisseur. La plus simple de toutes les passes est immobile, c'est :

L'imposition des mains.

C'est le plus ancien des procédés magnétiques. Raoul Montandon à su condenser son principe en quelques mots : — « Mets la main sur le mal, et dis qu'il s'en aille ». Il suffit de présenter la paume des mains, grandes ouvertes, devant la partie malade soit en la touchant très légèrement, soit en restant à quelques centimètres. Les mains ainsi placées, le guérisseur projette son fluide de façon îente et continue. Quelle que soit la durée de cette imposition, le guérisseur ne doit jamais éprouver la moindre impression de raideur ou de contraction.

L'imposition des mains restaure l'équilibre du malade, lui restitue des forces et le calme considérablement. Elle est particulièrement efficace dans tous les cas d'engorgement.

Les passes longitudinales.

Elles doivent toujours s'effectuer en descendant, de la tête aux pieds. Elles doivent être faites à un ou deux centimètres du corps et doivent être pratiquées très lentement. Elles sont éminemment chargeantes et revitalisantes. Au début d'un traitement, il est souvent souhaitable de saturer le malade de fluides d'abord de



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