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CAHIERS MÉTAPSYCHIQUES ESOTERIQUES ET TRADITIONNELS. TROISIÈME ANNÉE - NUMERO 10

SCIENCES MÉTAPSYCHIQUES

sous la direction du V B. de CRESSAC-BACHELERIE, Ingénieur E. C. P.

Radiesthésie et Voyance (*)

(*) Ce sujet a été complètement traité par le Colonel Le Gall, lors de sa conférence du cycle d'Enseignement de l'A.F.E.M. le 15-II-51.

On a beaucoup trop écrit sur la Radiesthésie et je crains que cet art se présente à vous sous des aspects très variés qui en feraient une sorte de branche occulte indéfinie et même indéfinissable : vous croyez aussi que les radiesthésistes ne sont pas d'accord sur le moindre principe et que, par conséquent il faut attendre pour parler le la radiesthésie que ses pratiquants aient unifié leurs croyances et codifié leurs techniques.

Or j'ai le plaisir de vous annoncer que le temps est proche où ce sera chose faite.

Je me propose de vous présenter la radiesthésie d'une façon claire et rationnelle qui doit faire l'unanimité dans nos rangs et de vous montrer son caractère spécial qui la distinguera de la voyance que vous connaissez avec laquelle la comparaison sera facile et profitable.

Qu'est que la Radiesthésie ?

Il suffit de s'élever un peu au-dessus des procédés variés et des discussions stériles pour reconnaître, dans toute opération de radiesthésie, deux phases bien distinctes : à la fin de l'opération le radiesthésiste annonce une vérité qu'il vient de découvrir par une technique particulière ; avant cette annonce son instrument (pendule ou baguette) a effectué le mouvement-réflexe qu'il attendait.

La radiesthésie est donc un moyen de connaissance dans lequel la connaissance est acquise au moyen d'un mouvement réflexe qui lui était associé, véritable réflexe conditionné.

Comme il a bien fallu que l'opérateur pose la question dont la vérité cherchée est la réponse et choisisse une méthode qui associe le réflexe attendu à la vérité recherchée, nous pouvons dire, sans crainte de démenti que l'opération radiesthésique comporte quatre phases successives : poser la question, choisir la méthode, attendre le réflexe-réponse, exprimer la solution.

L'unanimité est en train de se faire parmi les opérateurs depuis qu'il est admis (sauf par quelques marchands de pendules) que pendules et baguettes ne sont pas autre chose que des amplificateurs de mouvement, analogues aux aiguilles des instruments de physique : il rendent visibles un mouvement du corps qui serait imperceptible de même que l'aiguille du volmètre permet de juger facilement la rotation de son axe dont la perception serait difficile et l'évaluation impossible.

Donc tout se passe en l'homme et par l'homme : si on examine les méthodes diverses employées par les opérateurs, on trouve, au fond, peu de différences : ce sont ; surtout des procédés de détail qui marquent les opposilions et aussi des explications théoriques dont l'intérêt est très discutable.

Il nous suffit, ce soir, de constater le caractère permanent et général de la Radiesthésie, moyen de connaissance très particulier.

La connaissance intuitive

La connaissance obtenue par la radiesthésie ne s'accompagne pas de sensations analogues à celles qui procurent la connaissance sensible, scientifique ou normale : c'est une connaissance qui ne nécessite aucun raisonnement et qui constitue une prise directe de la vérité ; on l'a appelée connaissance supranormale, paranormale, perception extrasensorielle, etc.. : son vrai nom est connaissance intuitive.

Mais le caractère particulier de la radiesthésie donne a la connaissance intuitive qu'elle obtient une qualité particulière : en réalité le radiesthésiste ne perçoit pas la verite elle-même, c'est la production d'un mouvement attenduqui la lui révèle indirectement.

Il se passe quelque chose de semblable au tir à la cible oule tireur ne voit pas ses balles arriver au but mais aprend le succès de son tir par le mouvement convenu du marqueur qui agite le drapeau dans la tranchée.

Radiesthésie et voyance

Entre la divination indirecte du radiesthésiste et celle plusdirecte du voyant, il y a deux différences : 1 la divination radiesthésique ne peut être que particuliere : la vérité associée au réflexe peut seule être connue : il faut donc une opération par vérité élémentaire tandis que la voyance peut s'exercer de façon globale, synthétique : une scène complète peut être décrite par 2 la divination radiesthésique utilise une faculté spéciale de l'être humain qui s'est révélée d'une sensibilité tout à fait imprévisible. Du reste, parmi les qualités requises pour être bon radiesthésiste, la sensibilité est de beaucoup la plus répandue au point qu'on peut affirmer qu'acune erreur n'est due en radiesthésie à un manque de sensibilité. Parconséquent la radiesthésie présente un caractère de genéralité et de régularité que les voyants ne connaissentpas.

Généralité de la radiesthésie

On sait que les radiesthésistes sont en très grand nombrele jour prochain où cet art sera mieux connu et degagedu bas occultisme qui l'obscurcit encore et quand chacun saura qu'aucun don spécial n'est nécessaire, le nombre des opérateurs croîtra énormément.

D'autre part la publicité actuelle dont profite ou ...souffre la radiesthésie a appris que tous les domaines lui sont ouverts.

M. Marcel Boll cite, en particulier : l'eau, le pétrole, les os, les métaux, les minerais, les cavités, les maladies, les microbes, le sexe, le criminel, les cadavres, les disparus, les parachutistes ennemis, les fourmillières, les champignons vénéneux, les convenances de caractères, l'infidélité conjugale, etc..

On pourrait allonger cette liste en y comprenant tout ce que l'homme peut connaître : la Radiesthésie est un moyen de connaissance qui, comme la connaissance scientifique peut s'appliquer à une multitude de faits et d'idées.

Régularité de la radiesthésie

La régularité des réussites est presque exclusivement due à la perfection de la première phase de l'opération, c'est-à-dire à la perfection avec laquelle l'opérateur pose la question.

C'est là que réside la difficulté de l'opération, contrairement à ce qu'on pourrait "croire à première vue: le radiesthésiste doit poser la question avec précision et pour le faire, il doit penser clairement à ce qu'il va chercher, le définir sans ambiguïté, se représenter exactement l'objet inconnu ou la qualité à découvrir.

On peut donc définir nettement la limite de chaque opérateur : celui-ci ne peut opérer avec régularité que : dans le domaine où il peut penser correctement.

La voyance du radiesthésiste est caractérisée par : sa technique particulière, sa généralité d'application, ses limites de nature psychologique.

Elle se distingue aussi des autres formes de voyance par une possibilité d'étude d'une efficacité exceptionnelle comme deux exemples le montreront tout à l'heure.

LES DEUX VOYANCES

Les voyants peuvent être divisés en deux familles distinctes d'après le caractère de leurs visions. Certains ont l'impression de voir une scène, un personnage ou un objet par une sorte de vision paroptique comme disait Jules Romains ; les autres parviennent à la même connaissance par un processus entièrement abstrait, apprenant ce qu'ils découvrent comme si on leurracontait la vérité dont ils vont être les interprètes. On retrouve en somme les deux genres de la connaissance normale : j'ai vu et on m'a dit. Les voyants sont donc visomanciens ou verbomanciens : en face d'une même scène ils se comporteront différemment. Les premiers seront plus brillants dans leur exposé des détails mais sujets aux erreurs dues à l'explication des formes tandis que les seconds seront plus aptes à saisir le sensprofond et les grandes lignes avec exactitude mais sansle détail caractéristique qui donne le relief au récit, Laradiesthésie, avec son caractère de connaissance indirecte et élémentaire, classe ses adeptes dans la catégorie des verbomanciens, eux qui travaillent en aveugiespar la vertu de l'intuition. LA VOYANCE ET L'UNITE HUMAINE L'unité humaine est une telle réalité que l'une des formes de voyance peut coexister avec l'autre et même preparer son.éclosion. Aufond il se passe dans ce domaine de la connaissance intuitive ce qui est de règle dans la connaissance normale: en développant sa puissance de perception abstraite on augmente l'efficace de sa sensibilité : c'est l'entraînementde l'attention qui est cause de 'cet accroissement. Cepoint très important va être éclairé par les deux exemples suivants : il s'agit d'études psychologiques réalisee par radiesthésie en mesurant au pendule les facultés et tendances composant un individu et en refaisant ensuite la synthèse de sa personnalité: cette méthode est tout a fait logique puisqu'elle utilise la radiesthésie selonsa nature de moyen de connaissance fournissant des veritesd'ordre élémentaire. Premier exemple Unjour, en captivité, je commençais l'étude de l'auteur inconnu de quelques lignes copiées dans un journal : tout a coup je vis, comme s'il était près de moi, un commandant nommé B... d'une baraque voisine. Je repris mes mesures gêné par cette image qui, selon moi, venait comme une distraction : je voulus la chasser mais n'y pus parvenir et c'est dans un état d'énervement extrême que je terminai cette étude psychologique. En sortant pour remettre mon travail à celui qui m'avait confié le document, j'eus la révélation de ce qui s'était passé et j'annonçai: « Voici l'étude psychologique du commandant B... à la stupeur du camarade qui ne pouvait comprendre comment j'avais connu le nom du copiste.

La connaissance verbomantique de cet homme avait rappelé l'image connue de sa personne.

L'exemple suivant est plus complexe et plus intéressant car il a la valeur d'une expérimentation menée logiquement avec la technique adéquate.

Deuxième exemple

J'étudiais une jeune fille (mon étude n° 71) d'après une lettre, et, en rédigeant le texte au moyen des mesures, je regrettais de connaître seulement sa personnalité et non son visage.

Je me rendais compte que son profil psychologique détaillé et précis me livrait son caractère dans toute son intégralité et je supposais que l'intuition ne devait pas se limiter à une portion de connaissance : je risquai donc quelques descriptions de son visage: « ...et dans ses yeux clairs bien ouverts sous des sourcils droits que la mode n'a pas remplacés par un trait de crayon, on lit une froide résolution... ».

Son fiancé ne démentit aucun détail.

Quelques mois plus tard, de passage à l'infirmerie, je vois à la tête d'un lit inoccupé une photographie de jeune fille devant laquelle je tombai en arrêt : des yeux clairs sous d'épais sourcils horizontaux me regardaient comme s'ils voulaient me dire : « Me voici ! ».

J'avais oublié la jeune fille 71 que je n'avais jamais vue (même en photo évidemment) mais je l'ai reconnue c'était bien elle comme la vérification fut rapidement faite.

Le phénomène inverse de celui du premier exemple venait de se produire : la vision du visage avait rapele la connaissance de la personne.

Conclusion

On verrait par d'autres exemples avec quelle régularité se présente la connaissance intuitive du radiesthésiste pourpeu que celui-ci emploie une méthode simple et claire, comme celle qui a été esquissée au cours de cette etude, et on admettrait facilement la définition que M.

le Vicomte Henry de France a proposée pour la radiesthesie une intuition dirigée.

Il est bien certain aussi, comme l'a remarqué M. Christophe, qu'un radiesthésiste possédant quelque aptitude à lavoyance trouve dans l'exercice de son art l'occasion de la développer.

En serrant au plus près la vérité, on peut dire que la radiesthésie est un moyen de connaissance d'une sûreté et d'une facilité exceptionnelles (si on respecte sa nature exclusivement humaine, bien entendu) et que, par conséquentla radiesthésie dispense d'être voyant.

M. Le Gall. Ancien élève de Polytechnique.

Apres son exposé très applaudi, M. Maurice Le Gall repondità plusieurs questions qui lui permirent de développerquelques points du plus haut intérêt. . Enparticulier, à la question : « Peut-on dévoiler l'avenir comme le présent ou le passé ? il répondit par cette comparaison qui obtint le plus vif succès : Une caravane de 100 chameaux traverse une oasis : chameaux l'ont dépassée : 10 chameaux s'y trouvent devant un bédouin pour lequel ils sont présents. Pour ce bédouin, 30 chameaux sont passés, 10 sont prê-sents et 60 sont futurs. Un aviateur survole le désert : il aperçoit d'un coup d'oeil l'oasis, le bédouin et les 100 chameaux qui, pour lui, sont tous présents ».

Lesappellations de présent, passé et futur sont subjec-ellestives elles pendent du point de vue de l'observateur. A ce propos, on peut refaire un parallèle entre la radiesthésie et la voyance : celle-ci est presque entièrementpassive alors que le radiesthésiste dispose d'une technique qui lui permet de « poser la question » à sa guise, en particulier dans le temps et dans l'espace, donc de choisir le point de vue.

Par conséquent ne nous étonnons pas si les voyants sont souvent gênés pour dater leurs visions .- des scènes vues peuvent être des prémonitions, des images actuelles ou anciennes : beaucoup de prophètes ont d'ailleurs mis au passé leurs prédictions.

Par contre le radiesthésiste qui connaît son métier doit savoir à quel moment précis il applique sa pensée divinatoire : la soi-disant rémanence n'est pas autre chose qu'une position de repli pour questions vagues.

(N. D. L. R.).

Pour ou contre un contrôle parapsychologique M. Masse, administrateur délégué de l'Institut Métapsychique, s'est récemment fait le porte-parole de cet organisme pour préciser sa position à l'égard des voyants, médiums, guérisseurs professionnels et de l'éventualité d'un « ordre » pour le contrôle de leurs activités.

Si l'on en croit son porte-parole, cet organisme prétend, en deux mots, se laver les mains de ce grave problème (*).

(*) V. Revue Métapsychique n° 18, p. 128.

« De temps à autre, certains réformateurs bénévoles, nous dit M. Masse, rêvant à un Ordre des médiums, à un Statut des métagnomes, à une fonction publique des guérisseurs, proposent l'organisation d'examens, devant des « spécialistes » et la délivrance de titres officiels aux candidats reconnus sérieux. Aucun avantage pratique ne pourrait en résulter... » et il conclut: « ...l'I.M.I. n'est et ne peut être, le répondant de personne ».

Nombreuses sont, au contraire, les personnalités estimant suuhaitable la réalisation d'un tel projet. Le Dr Claoué, dont lanotoriété est immense et dont chacun connaît l'activité et les campagnes, a soutenu, avec brio et vigueur, un point de vue diamétralement opposé à celui exprimé par le distingué metapsychiste, relativement aux guérisseurs. Nous-mêmes serions fort désireux de voir enfin abandonner un statu quo, pré-judiciable et routinier, en ce qui concerne les voyants professionales (*).

(*)Etant administrateur de l'Institut Métapsychique, j'avais déposé, Il y 2 à 3 ans, un projet très détaillé qui aurait permis un contrôle facile et avantageus des voyants professionnels, un instrument de recherche précieux pour les métapsychistes et une garantie non négligeable pour le public. Ce projet m'a été rendu, lors de ma démission, sans jasais avoir l'objet du moindre examen. — (B. de C).

De quoi s'agit-il donc ?... Pour ne parler que de Paris, il existe, dans la capitale, quelques centaines de voyants, médiums et guérisseurs professionnels — d'aucuns prétendent les compter par dizaines de mille — qui tirent des revenus, souvent considérables, de dons reels ou supposés. Une clientèle innombrable, souvent haut placée, agit d'après leurs conseils.

Or, si le phénomène de voyance est, pour ne parler que de psychiquement et philosophiquement, d'une importance tout à fait primordiale, il n'en reste pas moins patent que le laissergalvauder présente un double risque grave : l'un affecte l'ordre public et intéresse sans conteste les gouvernants, l'autre - et ce n'est pas le moindre pour nous — concerne, au premier chef,tous ceux qui se penchent avec sympathie sur ces problèmes métapsychiques.

Nul ne saurait, en effet contester que d'innombrables filous, s'ayant aucune trace de qualité métapsychique, ne se soient glisses dans la petite cohorte des métagnomes véritables, pour tirer d'imposantes ressources d'une escroquerie systématique,haussée à la taille d'une véritable industrie. De multiples scandales en portent l'évident témoignage.

Le gouvernement, qui aurait son mot à dire devant un état de choseset sans aucun moyen de séparer le bon grain de l'ivraie, devrait logiquement interdire l'exercice d'une profession trop souvent douteuse et dont les errements sont préjudiciables à un public naïf et mal informé.

Est-ce cela que l'on veut ? Est-ce un un interdit biblique, rétrograde et enténêbré, que l'on désire voir réinstaurer ? Il n'est pas un métapsychiste, bien assuré que ses recherches en subiraient, par contre coup, un choc terrible, qui pourrait s'en faire le champion...

En fait, si l'Etat manifeste à cet égard une carence coupable, mais peut être momentanée, c'est qu'il en tire lui-même des bénéfices immoraux par le truchement de la « patente » attribuée sans discernement. En sera-t-il de même demain ?

C'est pourquoi, il serait de l'intérêt, pour ne pas parler du devoir, de quiconque s'intéresse, de près ou de loin, aux phénomènes métapsychiques de se désolidariser catégoriquement des charlatans et des escrocs, tout en aidant, dans toute la mesure du possible, les personnes dont les qualités métapsychiques ont pu réellement être constatées.

Par ailleurs, tous les métapsychistes, quels qu'ils soient et qu'ils le veuillent ou non, sont inévitablement solidaires, dans l'esprit du public, des désordres observés dans les milieux où ils ont coutume d'évoluer et ils ont le choix d'être considérés, à leur gré, comme des escrocs ou comme des sots.

Même sans aucun souci du qu'en dira-t-on, tient-on, tant que cela à une semblable réputation ?...

Outre l'avantage moral incontestable que cela présenterait, cela permettrait une meilleure éducation du public et éviterait les ironies, trop légitimes et trop faciles, à l'égard de « voyants » par trop inférieures et sans conscience.

Sans doute, comme le fait excellemment remarquer l'éminent métapsychiste, est il est impossible de garantir la perrenité des dons reconnus, mais, quel examen, quel concours apporte semblable garantie ?

Il importe pourtant, chacun en conviendra, par exemple à un employeur, qu'un candidat au baccalauréat, latiniste ou mathématicien, ait été, « un jour », en mesure de subir avec succès certaines épreuves.

Or, il existe, — et on peut en imaginer beaucoup d'autres — divers tests permettant de mettre en évidence, de façon certaine, les qualités médiocres pu remarquables des personnes désireuses de faire connaître ou de monnayer leurs talents. De plus, tout métapsychiste sait que pratiquement, les très bons sujets ont certes leurs « éclipses » et parfois leurs extinctions, mais qu'ils conservent aussi souvent fort longtemps leurs qualités.

C'est pourquoi, pour conclure, nous pensons, pour notre part, queon seulement l'intérêt mais encore le devoir de tout métapsychiste est évident et tout tracé: « Préparer et organiser le controle rationnel des voyants; apporter à l'Etat un concours eclairé dans le maintien de l'ordre public ».

Toutes ces raisons d'ordre « moral » ne tiennent pas en fait, le moindre compte de l'intérêt « intellectuel » majeur, effort à la recherche métapsychique par de tels « examens » systématiquement organisés. Elles passent aussi sous silence la considération évidente qu'en retirerait la métapsychique auprès du grand public.

Sans doute, dans l'état actuel des choses, la politique à la PoncePilate est elle la seule possible pour un organisme métapsychique pris isolément. On ne manquerait pas, en effet, de lui objecter, rapidement, sa partialité plus ou moins rémunérée, sévérité excessive, ou son indulgence coupable.

Il y aurait là une série d'écueils dont aucun groupement, livré a ses seuls moyens, ne pourrait présentement triompher, quelles quesoient son autorité, sa bonne foi et l'excellence de ses methodes.

Aussi est-il légitime de dire, dans l'état actuel des choses, comme l'écrit M. Masse : « ... Et c'est pourquoi, pour conclure, l'I.M.I. s'interdit rigoureusement de servir d'intermédiaire entre consultants et consultés, bien qu'il soit incessamment sollicité (quand il n'est pas sommé sur le mode impérieux) d'avoir à senseigner d'enthousiastes amateurs... ». Ce besoin impérieux du public, aussi souligné, avec tant de netteté, montre donc surabondamment que l'abstention est une solution paresseuse, indigne de quiconque veut penser clair loin des ornières de la routine. Des qu'à la politique présente de division des milieux métapsychiques aura succédé une politique cohérente de fédération de ces mêmes milieux, il sera tout à fait possible et même aisé de creer, avec le concours des personnalités les plus en vue de lamétapsychique, l'organisme que nous avons depuis longtemps preconisé et que nous préconisons encore.

Il suffirait de le vouloir... Comme elle l'a proclamé à plusieurs reprises, l'A.F.E.M. esttoujours prête à s'associer à tout effort constructif qui pourrait etre fait dans, ce sens !... B. de Cressaç.

Un Fait Télépathique ?

Notre excellent collaborateur H. Darrigrand nous a communiqué cette observation qui peut constituer un fait télépathique intéressant. En voici la teneur :

J'avais 'connu, au cours de la guerre 14-18 un officier de réserve, qui avait été mon instructeur dans un cours d'aspirant d'artillerie, en 1917 je crois bien. Il s'appelait Gougaud. Je l'avais revu seulement une fois depuis 1917 ; c'était dans un train en 1942 ou 1943. Je ne pensais jamais à lui.

Or, étant allé récemment à Milan, et rêvassant vaguement dans le train entre le lac Majeur et Milan, le dimanche 12 mai 1951, après avoir admire le lac Majeur et les iles Borromées, tout à coup je réalisais que je pensais à Gougaud, en me demandant s'il était encore en vie. Rien ne pouvait me faire croire que sa vie était menacée (quoiqu'il m'eût toujours paru, même jeune, plus vieux, que son âge). Je répète que je n'ai sûrement jamais pensé à a lui depuis 1943.

Rentré en France le jeudi 16 mai, je trouvais dans le train un exemplaire du journal Le Monde (que je ne lis presque jamais) ; ce devait être Le Monde du 16, paraissant à Paris le 15. Je parcourus Le Monde. J'y regardai la notice nécrologique, que je ne lis jamais ni dans le Figaro, mon canard habituel, ni dans Le Monde les rares fois que je le lis. Ce jour-là même, je ne l'avais pas lue, et ne l'ai d'ailleurs pas lue ensuite non plus, dans le Figaro, que j'avais acheté et que j'avais lu avant Le Monde..

Je tombai aussitôt sur le nom de Gougaud ; on annonçait sa mort subite au Mans, le 9 mai, et ses obsèques. Je ne savais même pas qu'il habitât Le Mans, je croyais qu'il habitait vers Caen ou Cherbourg.

Tel sont les faits, strictement et objectivement contés.

Peut-on v voir un phénomène de télépathie ?

Procès du déterminisme sous l'angle Métapsychique M. Edouard LEFRANC a magistralement ouvert le procès du Determinisme (*) en démontrant que la formuale bien connue de LAPLACE, qui est à la base du « credo » des partisans du Determinisme absolu, ne pouvait s'appliquer rigoureusement qu'aux phénomènes purement matériels et non aux phénomènes qui sont du domaine de l'esprit, et en particulier aux actes volonlaires dans lesquels l'être conscient et pensant se comporte comme un véritable « créateur d'énergie » au moins partiellementindépendant de ce déterminisme, c'est-à-dire pourvu d'un certain libre-arbitre. Nous avons en effet l'impression bien nette que nous pouvons tous, à notre gré, et librement remuer un doigt ou ne pas le remuer. C'est là une expérience que chacun peut répéter à satiété jusqu'à en obtenir une absolue conviction.

(*) V. Sciences Métapsychiques » (1946-1), 8 rue Rougemont, Paris - IX . Le n° 125 francs + frais postaux.

Devant un jury parfaitement impartial, l'éloquent plaidoyer deM. LEFRANC entraînerait certainement la condamnation unasimedu Déterminisme absolu. Mais il est sans doute des penseurssavants ou philosophes qui n'admettront pas les conclusionsde l'avocat du Libre-Arbitre en raison de leurs opinions préconçueset basées sur des considérations personnelles dont sousn'avons pas à discuter ici la valeur.

Ces opposants se divisent en deux groupes qu'on peut imaginer, comme dans une assemblée parlementaire, l'un à l'extrême droite et l'autre à l'extrême gauche de notre Jury en face de cettefameuse formule de LAPLACE qu'il est bon de rappeler.

La voici :

Une Intelligence qui, pour un instant donné, connaîtrait toutes les forces dont la Nature est animée et la situation respective des êtres qui la composent, (si d'ailleurs elle « était assez vaste pour soumettre ces données à l'analyse), « embrasserait dans une même formule le mouvement des plus « grands corps de l'Univers et ceux du plus léger atome. Rien « ne serait incertain pour elle, et l'avenir, comme le passé, « seraient présents à ses yeux ». La Droite objectera :

« Pour nous, cette Intelligence que vous imaginez existe « réellement : c'est celle du Créateur de l'Univers, et c'est « elle seule. C'est aussi cette Intelligence seule qui possède « un pouvoir réellement créateur d'énergie, à l'exclusion de tout « être vivant, fût-il le mieux instruit de tout ce qui se passe « dans l'Univers. Il est donc impossible d'attribuer à l'être « humain un pouvoir créateur quelconque, même de la plus « faible quantité d'énergie imaginable ».

Nous répondrons :

Avec vous nous admettons que la Cause infiniment Intelligente de l'Univers a <c insufflé » (métaphoriquement parlant « aux êtres pensants que nous sommes un « souffle de vie », selon l'expression allégorique de la Bible. Nous sommes donc à vrai dire les enfants, les fils de cette Intelligence éternelle. Or tous les êtres vivants aussi bien ceux du règne végétal que du règne animal) participent tous aux attributs essentiels de leurs ascendants ou procréateurs. Pourquoi donc fenez-vous une inexplicable exception à l'égard de l'être pensant humain en lui refusant la moindre parcelle de ce pouvoir créateur qui existe en proportion infinie dans la Divinité ?

Rappelez-vous ce passage biblique : « Et YaHWEH Dieu dit « Voici que l'Homme est devenu comme l'un de nous ! (Genèse, Ch. III, v. 22).

Sans preuve, et même en contradiction formelle avec vos Ecritures affirmant que le corps de l'homme a été tiré « du limon de la Terre » et son âme du « souffle divin », (c'est-à-dire de l'essence divine elle-même, nous savons que vous répondrez :« La Divinité a tiré l'âme humaine non de sa propre essence, mais du néant absolu !» — et cela en contradiction encore avec votre axiome scolastique disant : « ex nihila nihil ou (( rien ne peut sortir de rien ».

Pour échapper, ou essayer d'échapper à cet amas de contra-dictions, vous vous réfugierez, nous le savons, dans votre ultime argument qui sera celui-ci : « Dire que l'Homme est « fils de la Divinité d'une façon plus ou moins analogue à la filiation des êtres vivants, c'est tomber (!!!) dans l'erreur soit de la doctrine dite « émanatiste », soit de la doctrine dite « panthéiste », toutes deux, sévèrement condamnées par l'Eglise ».

Soit ! mais remarquez que c'est cette même Autorité, que vousconsidérez comme infaillible qui a également condamné comme absurde et hérétique l'hypothèse héliocentrique de COPERNIC, C'est donc une bonne référence et d'un heureux presage pour la vitalité et la véracité de l'hypothèse « émanatrice »... Il suffit de laisser agir le Temps, ce grand réformateur des erreurs humaines... qui sont, certes, bien pardonnables pourvu qu'on ne s'y attarde pas en dépit des progrès de l'înteligence et des Sciences humaines ! '

La Gauche à son tour, objectera :

Nous acceptons pleinement la formule de LaPLACE, tout en la considérant comme une hypothèse actuellement irréalisable, mais... qui sait ce que nous réservent dans l'avenir les foudroyants progrès de nos Sciences?...

Quant à votre thèse attribuant à un être vivant quelconque un « pouvoir créateur d'énergie », si minime soit-elle, nous ne pouvons l'accepter parce qu'elle est en contradiction formelle avec les lois naturelles de la Thermo-dynamique mises en évidence par nos Savants, et que le public résume en cette formule devenue proverbiale : « dans l'Univers, rienne se perd, et rien ne se crée ». Notre conviction est que le mot lui-même de création est dépourvu de sens réelpratique, obectif.

Enfin, pour ce qui est de votre distinction entre les phénomenesde la Matière et ceux de l'Esprit, là encore nous ne pouvons vous suivre, car cette distinction est loin d'être demontrée, et nous tenons au contraire comme suffisamment prouvepar l'expérience qu'il n'est pas et ne peut pas être de Penseesans un cerveau convenablement agencé pour la produire par des procédés que nous estimons d'ordre biologique, alors que vous recourez à l'hypothèse indémontrable de procedes extra-biologiques, ou comme vous dites, spirituels. Nous restons donc partisans du déterminisme absolu selon la formule de LAPLACE, avec toutes ses conséquences ». Ennous plaçant toujours sur le terrain même de nos contracteuren employant leurs propres armes, nous répondrons : Dequel droit étendez-vous au domaine de la Volonté humaine une formule que LAPLACE a manifestement limitée au domaine de la position relative des composants matériels de l'Univers? L'intelligence imaginée par LaPLACE connaîtrait, il se peut, les divers emplacements successifs « des plus grands corps et du plus léger atome » ; elle saurait aussi probablement résoudre le fameux problème des trois corps en mouvements relatifs, compte tenu même des variantes dues à la Relativité, car tout cela est strictement « déterminé ». Cette super-Intelligence pourra calculer exactement l'orbite d'une lointaine comète, mais ne calculera jamais exactement l'orbite du vol d'une mouche. On pourra toujours la mettre au défi de prédire, ne serait-ce que d'une seconde à l'avance, si tel homme, selon l'exemple proposé par M. LEFRANC, va mouvoir son petit doigt, ou le laisser au repos.

La Pensée, dites-vous, est essentiellement dépendante du cerveau. Mais quelle preuve en apportez-vous ? Simplement que, vous n'avez jamais pu voir sous le scalpel du chirurgien ni l'âme ni la pensée ? Mais avez-vous mieux vu cette sorte de « ficelle élastique » qui, sous le nom de « gravitation universelle » relie infailliblement la Lune à la Terre ou la Terre au Soleil ?... Outre que notre grand BERGSON a démontré que la Pensée débordait infiniment les limites du Cerveau, n'avez-vous pas entendu dire maintes fois que nos chirurgiens ont constaté des cerveaux réduits par blessures de guerre en véritables bouillies informes n'empêchaient pas toujours leurs malheureux possesseurs de penser et exprimer leurs pensées ? ? ? Votre argument manque totalement de preuve, c'est le moins qu'on puisse en dire. Et les expériences métapsychiques en cours sont en voie d'infirmer définitivement votre toute gratuite assertion.

Vous faites appel aux lois de la Thermo-dynamique, mais ces lois de CARNOT et CLAUSIUS reposent sur un « postulat », sur une hypothèse qui est loin d'être démontrée, à savoir que « la somme des unités d'énergie de l'Univers pourrait être exprimée, (si on la connaissait) par un nombre entier, fini, limité ». Cette quantité serait alors rigoureusement invariable, ce qui impliquerait l'impossibilté d'imaginer une création (ou rapport miraculeux d'une nouvelle quantité d'énergie).

suivre) Docteur CANTENOT.

ESOTÉRISME ET TRADITION sous la direction de J. RENARD

Comment se protéger contre les envoûtements I. - SYMPTOMES DE L'ENVOUTEMENT Lesenvoûtements réels sont assez rares à cause de leur difficultetechnique de réalisation, à cause de la défi-rience de volonté de la plupart de ceux qui veulent en faire, a cause, dans les villes, surtout, des milliards d'ondes qui les gênent. D'autre part, il y a souvent, chez ceux qui se disent envoûtes, une imagination excessive, ou quelque maladie cachée, ou quelque mauvais état mental a soigner. Encore, en sens contraire, faut-il qu'un médestin soit assez averti de ces choses pour ne point, niant les possibilités d'envoûtement, prendre toujours celui-ci pour simple cas pathologique qu'il voudra, mais ne pourra Il y a des envoûteurs et des envoûtés, c'est certain. A quoi peut-on les reconnaître ?

Commençonspar « le type » envoûteur :

Sansdoute, il faut se garder en premier lieu d'un jugement téméraire, et ne pas accuser quelqu'un de ce crime, à tort et à travers, même si on le sait méchannt même s'il a une mine patibulaire, même si l'on a quelque chose à lui reprocher, même si l'on sait qu'il est votre « ennemi ». Néanmoins, il est permis de le soupçonner et dans ce cas, une investigation s'impose.

La première chose à se demander, c'est s'il est capable d'envoûter. Croyez-vous qu'il a vraiment une volonté sur fisante, ce qui se voit aux détails de sa vie courante Croyez-vous qu'il s'occupe d'occultisme, qu'il est au courant de la magie noire ? Vous a-t-il parlé lui-même de magie, sorcellerie, etc. ? Un peu de perspicacité psychologique vous suffira. D'autre part, tenez compte des renseignements ci-dessous et tâchez de vous documenter pour voir ou savoir si la personne soupçonnée présente les symptômes suivants :

Très souvent, quelqu'un qui se livre habituellement aux manigances de goétie est marqué d'une tare physique atteignant soit le visage (tache de vin, loucherie, œil roua et larmoyant), soit le corps (bosse, boîtierie, etc.). Et c'est cette tare qui, lui donnant la haine de la société, le pousse aux manœuvres de nuisance, avec la joie sadique de faire du mal. En général aussi, c'est plutôt un vieux les jeunes ayant d'autres soucis en tête. Parmi les métiers à la campagne, qui attirent le soupçon de sorcellerie, un cite la maréchalerie (le feu de la forge est comme un diminutif des fournaises diaboliques), la profession de tailleur, celle de berger surtout, mais aussi celle de cor donnier et encore les sages-femmes, les sourciers, la rebouteux, les braconniers... N'allez pas pour cela accabler de vos suspicions tel pauvre bossu que vous connais sez ou tel maréchàl-ferrant !... Il s'agit seulement ici, a d'après Charles Lancelin dans sa Sorcellerie des Campé gnes, de quelques remarques dont il faut se garder de faire des généralités.

A un autre point de vue, les envoûteurs sont astrologiquement — et en toute logique — marqués plutôt de influx de Saturne, de Mars et de la Lune à des doses variables.

Qui est versé, en effet, dans la Science Astrale, sait que la Lune donne de l'imagination, que Saturne en mai vais aspect pousse à la méchanceté, à la haine, à la soûrnoiserieala vengeance ; que Mars est un influx de dynamisme favorisant le développement de la volonté— pour te mal comme pour le bien. Donc, tâchez de connaître la date de naissance de qui vous vous méfiez et faite faire son theme de naissance » par un astrologue sérieux, psychologue et réellement occultiste. Physiquement, le type très saturnien a le visage allongé et en quelque sorte rectangulaire (ou triangulaire), l'ossaturevisible, le front à bosses accusées, les arcades saillantes, les yeux de couleur foncée et le teint plombe le nez long à convexité brusque (genre bec d'aigleou de vautour), la bouche serrée, à coins abaissés, les levres minces, la stature voûtée, le corps maigre, le regard triste et froid, la voix gutturale et grave, la diction trainante et le geste circonspect. Il a les doigts noueux les lignes palmaires profondes.

Si vous pouvez avoir une lettre d'un type de ce genre, vous y remarquerez une écriture tassée, anguleuse, aux majuscules petites, aux lettres fermées (les a, o, g). Un bon graphologue vous renseignera plus copieusement, car, a sescaractéristiques, il s'en ajoute d'autres marquant la bassesse d'âme, la bizarrerie, la dissimulation, la fausseté, la haine, la fourberie, etc.

Je ne crois pas utile de vous donner le portrait du marsien, car s'il a pour défaut possible la cruauté, il a desqualités (le saturnien peut en avoir aussi!) et son influx en magie (blanche ou noire) ne vient qu'en apport sur le plan de réalisation. J'indique seulement qu'on reconnait graphologiquement la dose de volonté à l'aspect des barres des « t » qui, dans ce cas, sont énergiquement tracees.Laissons aussi les lunaires à visage rond, car L'imagination peut engendrer des saints contemplatifs, d'héroïques marins, des poètes, etc..

En bref, si vous soupçonnez quelqu'un, dans le cas où vouscraignez de lui un envoûtement, confiez si possible a une personne compétente les éléments d'une étude astro-chiro-graphologique.

Passons au « type » de l'envoûté — à celui qui l'est vraiment :

En genéral, il est sombre, triste, inquiet, parfois agité, souvent abattu ; des douleurs le parcourent, avec parfois des crises aiguës ; il a le système nerveux déréglé, et son corps est miné. Il porte souvent — signe important — des traces de coups, de griffes, des « bleus » visibles surtout au réveil si l'envoûteur, ce qui a lieu souvent, l'a « manœuvré » pendant qu'il dormait.

Voici la description, abrégée, d'une envoûtée examinée par le Dr Teutsch : « Elle avait les yeux enfoncés dans leur orbite, mornes, immobiles, n'ayant rien d'humain. Elle se plaignait d'être tourmentée la nuit par des Esprits. Elle avait presque constamment des sensations de brûlures et de piqûres aux membres, au dos, à la tête, à la poitrine. Pendant des quinze jours, des stries rouges la marquaient, au-dessus du sein gauche, et semblables à des griffes de chat ».

L'envoûtement d'amour rend, lui, le sujet non douloureux, mais languissant, sans volonté ; souvent la pudeur s'efface en lui. S'il succombe à qui l'envoûte, il ne le fera pas avec cette joie, cette sympathie qui caractérisent le véritable amour, mais il subira une sorte de viol, avec une soumission sans ardeur. Dans, ces conditions, est-ce vraiment la peine d'employer l'envoûtement pour aboutir à un tel résultat ? Certains auteurs affirment que l'envouteur d'amour, dans le succès, n'a qu'une impression de tristesse et de remords qui le conduit parfois au suicide

Conclusion : si vous craignez d'être envoûté, consultes une personne sérieuse s'occupant d'occultisme. Elle vous dira si votre cas relève où non de la médecine, ou s'il y a lieu de vous désenvoûter.

II. - PRÉCAUTIONS GÉNÉRALES CONTRE L'ENVOUTEMENT

Elles sont nombreuses, diverses de qualité, d'efficacité Les unes ont une allure sensée et d'autres une allure bizarre. En voici de scientifiques en quelque sorte, et en voici d'empiriques, de traditionnelles, qui n'ont pour elles qu'un bon pourcentage de résultats probants. Dans le domaine de l'Occulte, on doit ne sourire de rien, ne pas s'en tenir à la logique ordinaire, car il a ses logiques secrètes. Toutefois, dans cette liste qu'on pourrait encore allonger (elle formerait tout un volume!), je ferai un choix pour écarter 'ce qui se pratique autre part qu'en nos pays, ce qui paraît réellement par trop de la fantaisie superstitieuse, de la nigauderie populaire, et dans bien des cas je donnerai la raison qui paraît justifier le succès du procedé.

Naturellement, aucun ordre n'est possible en cette énumeration qui répond à la multiplicité des sortes diverses du Maléfice.

Ne jetez jamais dehors des démêlures, rognures d'ongles, poils, bouts de linge intime, etc., que trop souvent on met aux ordures et qui, de là, vont dans la rue ou sur laroute ; mais brûlez-les. Vous savez, en effet, qu'ils peuvent servir à faire un voult ;

Soyez circonspect dans vos relations, de quelque nature qu'elles soient, même amicales et amoureuses, et ne vous confiez à quelqu'un que lorsque vous êtes bien sur qu'il n'est pas un être de perversion, capable d'un acte de nuisance magique, parce qu'il n'est pour cela, ni assez méchant, ni assez instruit de ces choses ; N'acceptez jamais rien d'une personne suspecte ou meme qui vous est absolument inconnue (il arrive, en voyage, sur la route, etc., qu'on se lie quelques minutes avec quelqu'un et, sans façon, qu'on accepte une cigarette un bonbon, etc. Excusez-vous poliment). On ne sait jamais si un quidam rencontré n'est pas hanté du besoin de nuir. De même, modérez les poignées de mains (les mains sont agents fluidiques) ; Evitez le regard (appuyé, bien entendu) d'une personne rencontrée au hasard. Si cette personne insiste dansla possibilité d'une « jettatura » (mauvais œil), faites--lui subrepticement les cornes, sans qu'elle s'en apercoive, en dirigeant vers elle le médius et l'index écartes en forme de fourche, en murmurant « corna ! ». Cette pratique italienne est bien connue. Il s'agit là de ce qu'on appelle un mot cabalistique. Il est divers autres mots cabalistiques de protection dansla crainte d'avoir l'astral troublé par un envoùtement ou une intention mauvaise. Tels sont : Ada Rama ! Gratis ! Salomonus ! Perditi ! etc. Une célèbre voyante pourquoi ne pas la nommer : Luce Vidi — a confié à l'un de nos amis, qu'elle reçut de l'Invisible une sorte de mot de passe pour dissiper les mauvais fluides, une nuit qu'elle en était tourmentée. C'est le mot Embata, dont elle n'a trouvé l'origine dans aucune langue. Elle pense qu'il faut le prononcer M'bata, le rapprochant ainsi de certains dialectes africains. Enfin, à ce propos, rappelons) qu'il est des mots maléfiques à ne jamais prononcer ; entre autres : Diable ! Malédiction ! Misère ! Malheur Damnation ! Quelle guigne ! etc. Tout blasphème peut être également maléfique ;

6° Saluez les bergers rencontrés, ou tout au moins répondez toujours à leur salut, afin d'éviter leur hostilité

7° Si vous possédez un objet appartenant à une personne soupçonnée de sorcellerie, si vous trouvez au seuil de votre porte ou sur un chemin que vous parcourez souvent, un objet suspect, jetez-le au feu ;

8° Si quelqu'un vous demande l'heure, donnez-là toujours inexactement, à cinq ou dis minutes près, afin qu'en cas d'une suggestion voulue faite à l'heure fixe, contre vous-même ou contre un autre, ce décalage la rende inopérante ou au moins l'affaiblisse. Il va de soi qu'il ne s'agit pas ici de tromper quelqu'un qui se hâte vers une gare pour ne pas manquer son train, ou d'autres cas analogues

9° Lavez-vous souvent les mains à l'eau courante. L'eau est purificatrice, ainsi que le feu. Usez d'eau bénite pour les signes de croix. Il n'est nullement ridicule de croire que, puisque l'eau peut être magnétisée, elle peut aussi s'imprégner des bons fluides -d'une bénédiction. A propos du signe de croix, qui est un geste de protection, Sabazius nous enseigne que celui que l'on fait d'habitude est trop court, puisqu'il ne va en hauteur que de la tête à la poitrine sans protéger le. reste du corps. Avant de vous endormir -- ou de vous lever — faites-en donc un, étant couché, très ample, allant de la tête au bas du ventre, et même aux pieds.

Sur l'Eau, le même auteur a aussi des remarques très justes : elle est, dit-il, un grand dissolvant dans la nature. En Magie, l'eau lustrale, l'eau bénite-, l'eau magnétisée, l'eau dite miraculeuse (de Lourdes ou d'ailleurs) jouent de même un grand rôle de fixateur et de neutralisateur. Elle fixe les forces errantes, les garde, fait fonction d'accumulateur et peut alors servir de véhicule à des fores (bonnes ou mauvaises).

Il conseille d'avoir chez soi de l'eau ordinaire, mais de préférence une de ces eaux chargées de bons fluides, et de la conserver dans un récipient non poreux (donc verni a l'intérieur). Le matin, on y jettera quelques grainsde sel et d'encens en récitant une prière de bénédiction. On l'emploiera (en cas d'envoûtement craint ou realisé) pour s'en laver les mains et le visage et pour de nombreux signes de croix. Jerappelle qu'on peut acheter de l'encens (notamment a l'eglise de Saint-Sulpice, a Paris) et de l'eau bénite (notamment dans la même ville, à l'église Saint-Merri) ; Le charbon de bois est aussi une matière très absorbante, utilisée comme on le sait pour purifier l'eau, détruire les gaz délétères. Or, il absorbe'aussi les miasmes psychiques. Mettez donc du charbon de bois dans une assiette remplie d'eau, et placez-la, soit sous votre lit (du cotede la tête), soit près du seuil intérieur de la porte d'entrée, soit dans un coin sombre, de façon à ce qu'on ne puisse pas l'apercevoir ou tout au moins à ce qu'elle n'attire pas l'attention. Changez l'eau tous les deux ou troisjours, et de charbon chaque semaine, en jetant au feu celui qui ne sert, plus. On peut aussi porter sur soi, dans un sachet de soie ou de lin, une rondelle de charbon de bois (plutôt de bois d'aulne ou de peuplier) et la brûler, avant de la remplacertous les sept jours ; Un autre moyen de dérivation des mauvais fluides est l'emploi des pointes. Comme le paratonnerre dérive le danger de la foudre en la dispersant en terre, les poinlesdispersant l'espèce d'électricité psychique que forment les ondes malfaisantes. Cela est très connu des magistes qui tous ont une « épée magique » dans leur matériel, et dessorciers qui la remplacent par un poignard ou un batonmuni d'un clou. Vous pouvez, vous aussi, avoir un bâton clouté, ou de longues aiguilles à tricoter placées autourde votre lit pour vous protéger, la nuit, ou encore une planchette cloutée, mise sous le lit, ou sous votre siege habituel ;

La Tradition indique, comme plantes propres à la protection contre l'envoûtement et tous maléfices : l'angelique, l'armoise, la bétoine, le bouleau (écorce), le datura le gui. On peut les porter sur soi dans un petit sachet.

Les parfums réputés comme dissipant les influences néfastes sont le santal, l'encens (surtout l'encens liturgique acheté dans une église), le musc, le benjoin, le storax, la myrrhe et le galbanum. Ces parfums sont surtout faits pour être brûlés, dans une cassolette, un brûle-parfum, un encensoir. On peut les bénir avant de les jeter sur les charbons ardents. Leur fumée est un bon préservatif, surtout si, pendant qu'elle se dégage, on prie ou si l'on essaie la force d'un « choc en retour » contre l'envoûteur présumé ;

A propos du « choc en retour », voici ce qu'il faut faire au cas où, vous connaissant un ennemi, vous craignez qu'il vous ait envoûté (à cause de malaises ressentis et suspects) : imaginez fortement que cet ennemi est là, devant vous. Visualisez-le, avec son individualité, son visage, ses gestes, ses vêtements, sa voix, ses yeux. Forcez-vous à croire, par une affirmation vigoureuse, que vous êtes plus fort que lui. Avec une volonté impérieuse et tenace, renvoyez-lui par la pensée le mal dont vous souffrez, à la tête si c'est à la tête, et en fixant du regard sa tête dans l'image que vous vous faites de lui, aux pieds si c'est aux pieds ; bref, à l'organe atteint (c'est souvent le cœur, le poumon, le foie, l'intestin). Par un mécanisme bien connu en Occultisme, les ondes malfaisantes se heurtant à une volonté plus forte qu'elles, retournent à l'émetteur avec une force doublée ;

Mais un conseil s'ajoute à celui-là. Cet effort de préservation, qui doit être fait non dans un esprit de vengeance, mais dans un esprit de légitime défense, faites-le suivre d'un effort de pardon. Et dites-vous que, si l'Ennemi à qui vous pardonnez du fond du cœur et sans ré- serve, est à ce moment-là en état de réceptivité, il doit faire la paix avec vous. Dans le cas contraire, vous avez acquis, une force qui vous place au-dessus de lui et, dès lors, il ne peut plus rien contre vous, ou tout au moins, il peut beaucoup moins ;

Mais surtout, et ce sera mon dernier conseil, soyez en bon état moral constant. Une sérieuse hygiène mentale et spirituelle est la vraie et la meilleure cuirasse contée tout effort de maléficience. Un être psychiquement bas dit Sabazius, n'en peut atteindre un autre plus évolue que lui. Les forces du mal se coalisent en vain contre un bouclierde prière, de charité, de pardon. Il y a donc lieu, en cas d'envoûtement, de faire appel aux forces spirituelles d'Eu-Haut, de prier selon la religion qu'on a — car le riteconfessionnel importe peu, — de faire le bien autour de soi (dons aux pauvres, visites aux malades, réconforts a ceux qui souffrent physiquement, moralement ou matériellement) ;

Il n'est pas mauvais, si l'on se sent faible psychiquement, d'avoir recours à une charrie occulte, entendons par la de faire partie d'un groupe (confrérie, secte, ordre, etc.), qui vous soutient et dont vous vous incorporez la force collective, ou encore de demander à une chaîne, sans enfaire partie, de vous aider de sa force occulte par example, à une congrégation de novices ou de moines, et à ce point de vue sont renommés les Chartreux, les Clarisses et les Bénédictines), ou enfin de vous adresser a un occultiste (homme ou femme) habitué à utiliser sonpropre psychisme en faveur des autres. Pour, ma part j'ai beaucoup fait de bien dans ma vie dans ce sens-la connaissant à fond les pratiques occultes nécessitées par tel ou tel cas ; Enfin, il y a encore des moyens de protection : talismans et prières rituéliques. III. - TALISMANS ET PRIÈRES RITUÉLIQUES Laquestion des talismans a été et demeure fort controversee. Et je la suppose résolue pour vous dans le sens de la foi en leur action sous la double condition qu'ils soient bien faits, par une personne compétente, et que teurport soit accompagné de certains exercices psychiques.Ilva de soi que les « porte-bonheur » qu'on achète dans le commerce n'ont pas la moindre valeur psychique. Mais en ont certains objets consacrés (j'ai dit pourquoi en partant de l'eau bénite) ou établis dans des conditions spéciales. Passons-les en revue : Il y a d'abord les talismans dits astrologiques, fort diverssuivant les conceptions occultistes de ceux qui les etablissent. Carrés de carton, parfois magnétisés, composesd' après l'horoscope du porteur, et mis dans un sachet, additionnés de certaines choses en correspondance astrale avec l'influx planétaire dont on veut capter la puissance bénéfique — ou plaques de métal, ou morceau de parchemin, il y a quantité de façons d'opérer. En voici quelques-unes :

Prenons, par exemple, le talisman de Mars, qui est celui que je conseille pour renforcer le dynamisme de la volonté et vaincre les ennemis (donc un envoûteur présumé). L'opérateur prendra une plaque ronde ou carrée de fer (métal de Mars), choisira un mardi (jour de Mars), à une heure marsienne et, si possible, à l'époque du passage du Soleil dans les signes du Bélier ou du Scorpion (signes de Mars) ; il s'armera d'un burin rouge (couleur de Mars), se vêtira si possible d'étoffe rouge et, sur le recto, gravera un glaive dans une pentagramme entouré d'un cercle et des noms des génies de Mars ; au verso, un hexagramme dont chaque pointe s'ornera d'une des six lettres du nom de Phaleg, avec, au centre, l'hiéroglyphe de Mars. Puis il parfumera ce talisman à la fumée d'un' ou plusieurs végétaux de Mars... On le voit, pour un tel travail, il faut être documenté et le premier venu ne peut le faire.

On peut aussi réaliser un talisman de Mars sur carton magnétisé, comme je le disais plus haut, y transcrire la schéma de l'horoscope de nativité de la personne qui les portera, y renforcer l'influx de Mars en plaçant l'hiéroglyphe dé cette planète en certaines « maisons », compléter en colorant en rouge certaines parties, en inscrivant certains hiéroglyphes, certains nombres comme, par exemple, le « carré magique » de Mars ; le porteur met ce carton dans un sachet de soie rouge avec un brin de plante marsienne et du parfum d'essence de bruyère, puis il le garde en portefeuille et fait chaque jour, aux heures de Mars, une concentration de pensée selon une formula spéciale.

Beaucoup d'auteurs préconisent le parchemin vierge, aspergé d'eau bénite, passé à la fumée d'encens. On y grave avec une pointe S'aiguille ou de couteau certains caractères magiques ; on le peint à la couleur planétaire voulue, mais avec une couleur naturelle et non chimique

Encore une fois, il ne me sert à rien de m'étendre sur la confection de ces sortes de talismans comportant des caractères, des figures que je n'ai la place de donne: Le mieux est de me consulter ou de consulter un tiste qualifié qui se chargera de ces travaux délicats et Quant aux médailles, on recommande celles dites de la Vierge de Saint-Michel, de Sainte-Philomène, de Saint-Benooit (la plus puissante, selon Sabazius). Il faut toujours qu'elles soient bénites, et la dernière doit l'être par un oblatde l'ordre de Saint-Benoît ou un Bénédictin. Dans les moments où l'on croit sentir une influence maléfique, onsaisit la médaille et on récite trois Pater, trois Ave et l'antienne Salve Regina.

A propos de Prières, on en trouve, indiquées pour repousserles maléfices, dans divers ouvrages dont ceux de l'ableJulio, de Méry, etc. Celle à la merveilleuse petite Sainte-Thérèse (de Lisieux), faite avec ferveur, est une des plus efficaces. Il existe des textes tout faits ainsi que pour les prières accompagnant les talismans. Mais vous pouvez les composer vous-même, car ce qui compte sur-tout, c'est l'intention personnelle que vous y mettez, Sabazius conseille comme autres signes ou Symboles de protection: D;abord, les dents de fauves. Les dents symbolisent, dit-il, la défense naturelle. On pourra donc se procurer un collier africain ou australien de dents (lion, tigre, ours, loup, sanglier)- que des rites magiques indigènes ont deja chargés de puissants fluides ; on les consacrera comme les talismans et on les portera au cou ou au poignet, Puis les griffes, armes aussi de défense. Griffes de chat, léopard, tigre, guépard, lion...

Enfin, les représentations phalliques, le phallus étant un symbole universel de vie, la signature de la procréation humaine. Autrefois, on considérait le phallus comme unefigure sacrée, ainsi qu'en font foi les menhirs celtiques et les linghams hindous, pierres érigées en pleine terre. Mais le respect du phallus est tellement tombé que je ne le conseille pas.

Je laisse également de côté la fameuse main de Fatma, rappelent seulement qu'à l'instar des dents et griffes, on peut porter aussi la corne napolitaine fondée sur le même principe que le geste de « faire les cornes » évoqué plus haut.

Pour terminer, rappelons qu'une des prières rituéliques de defense considérées comme une des plus puissantes est le premier chapitre de l'Evangile de Saint-Jean, dont on trouvera facilement l'admirable texte dans une Bible ou un simple livre de messe..

On cite aussi, dans le même ordre d'idées, le psaume 72 : Quoniam, bonus Israël Deus, etc., à réciter trois fois, matin, midi et soir, en période d'envoûtement.

Et voici, enfin, une -note bien curieuse tirée de là Sorcellerie des campagnes :

Au cours d'une promenade, ramassez un caillou da grosseur moyenne ; emportez-le chez vous et mettez-le sur un meuble, mais loin de votre lit. Chaque soir, placez l'aiguille de votre réveil à une heure — toujours la même -où vous pensez que votre sommeil est le plus profond. Au bruit du réveil, levez-vous aussitôt, allez manier et retourner votre caillou, puis reprenez votre sommeil. Au. bout d'un certain temps de cet exercice (un an, dit Lancelin, mais je crois qu'on peut abréger ce laps de temps), votre petite pierre sera imprégnée de votre volonté dont elle aura donné la mesure, et il vous suffira de la porter sur vous, de la regarder ou même simplement d'y penser pour avoir la certitude que tout, sur le plan physique aussi bien que sur le plan hyperphysique, doit céder à votre volonté devenue ainsi très puissante, Vous vous serez ainsi créé un véritable talisman de dynamisme devant lequel doit s'incliner toute volonté étrangère qui viendrait dominer la vôtre, donc celle qui oserait vouloir vous envoûter.

Léa Lesâge (*)

(*) Pour tous renseignements complémentaires, prière d'écrïre directement à Mme Léa Lesage, radiesthésiste, 20, rue du Cherche Midi, Paris.

L' importance de la notion temps et les livres de tradition occulte Dans l'article précédent des Cahiers métapsychiques (*), nous sans voulu démontrer l'importance de la notion du cosmos se deplacant le long d'un plan que nous avons appelé le plan du temps. Cette conception de notre univers, aussi baroque qu'elle paraisseau premier abord, trouve sa justification dans les énonces les plus révolutionnaires de nos savants modernes et explique bien la loi de la relativité d'Einstein. En étendant cette notion aux cêlèbres formules de transformation Lorenz, nous arrivons a des simplifications de calculs étonnantes, car elles trouvent dorenavant leur traduction dans les figures géométriques d'une simplicité prodigieuse.,

(*) N 8 Cahiers Métapsychiques, éso'tériques et traditionnels

En admettant la vitesse du déplacement du cosmos le long de la soordonnée temps égale à celle de la lumière constante « C », les calculsde la relativité deviennent compréhensibles en soi. Les foisles masses de la gravitation, des champs magnétiques, se résument dans une loi unique déterminée par le déplacement de notre cosmos et deviennent d'une simplicité rivalisant avec les ancienneslois de la mécanique élémentaire. Cette conception n'est pas très moderne, car déjà dans les livres anciens hindous et chinois, nous retrouvons les mêmes notions concernant le cosmos et son mouvement dans l'espace quadridimensionnel. Ainsi les livres sacrés hindous nous parlent du mouvement de notre univers, créé le long du « jour de Brahma », egal a 320.000 ans solaires terrestres, Il est évident que ce chiffre donné est difficilement contrôlable et est plutôt d'ordre qualificatif que quantitatif. l'eminent auteur, Louis Chochod, dans son livre : « L'occultisme et magie en Extrême-Orient », nous donne l'image de ce mouvement sous forme d'une courbe se déplaçant le long de la coordonnée temps, ayant l'allure d'une hélice, et exprimée en joursde Brahma. Cette transcription géométrique permet d'étabir et de traduire en années les 4 périodes principales de la vie du cosmos : Krita-Yuga, Treta-Yuga, Dwapara-Yuga et Kali-Yoga chaque période d'une durée décroissante. Après le « jour Brahma » vient la « nuit de Brahma », retour de l'univers dans lenon-etre et extinction du temps, On retrouve les mêmes conceptions de la vie de l'univers dans les livres anciens chinois et la même courbe en hélice le long du aguyen», correspondant au «jour de Brahma» des indous.

Il est curieux (le constater qu'en parlant de la notion du termps du futur et du passé, les chinois les caractérisent comme « ce qui se trouve devant » pour le passé et ce « qui se trouve après tard) » pour le futur. Cela devient compréhensible si, pendant le mouvement du cosmos le long du plan de temps, l'observateur est place le dos tourné à ce mouvement. Ainsi ne peut-il voir que les événements du passé et non du futur, lequel, pour lui ne sera matérialisé que plus tard.

Seuls les voyants et les prophètes font exception à cette règle et se déplacent, le regard fixé dans l'avenir. Ainsi se vérifier également les notions védhiques du Karma généralisé, quand futur est enseigné comme la prolongation du passé dans l'étendue des temps. C'est, le passé qui est la cause directe du devenir (les lignes d'univers de Minkowsky).

En définissant par « jour de Brahma » l'étendue du temps, le anciens ont toujours estimé la valeur de la quatrième dimension de nos conceptions modernes scientifiques comme étant la prédominante dans la vie du cosmos et dont découlent les trois autre dimensions composant notre espace.

Le continium espace-temps d'Einstein n'est qu'une présentation moderne et différente de la même réalité contenue clans « jour de Brahma ».

Nous savons que ce continium de nos physiciens est composede l'espace tridimensionnel qui nous est familier depuis no: études primaires et du temps dont la réalité en soi nous échappe (Le temps : Kalaha — action de compter. L'espace : Deshala action d'indiquer). Et pourtant c'est elle, cette notion temps, qui détermine et conditionne la réalité et l'existence de notre monde tridimensionnel.

Dans les stances du livre de Dzyan, en parlant de l'époque de la procréation de notre monde visible, il est dit : « Le temps n'existait pas, car il dormait dans le sein infini de la durée » Les causes de l'existence avaient été éliminées. Le visible qui avait été et l'invisible qui est, reposaient dans le Non-Etre éternel ». — Bésumons : Avant la création du monde, comme il n'y avait pas de temps, il ne pouvait rien être d'existant, ni de vis; ble. Mais dès que le temps, comme une vérité en soi, fit son a parition, la réalisation du monde visible devint possible.

La lumière, la plus différenciée des énergies, le trait d'union entre la matière proprement dite et la notion abstraite — le terni — surgit des ténèbres.

La Genèse nous enseigne les mêmes lois de la création, par le paroles bien connues : « Dieu dit : Que la lumière soit. lumière fut ».

C'est dans la création du temps et de son dérivé « lumière qu'il faut chercher l'origine de toute chose matérielle. Dans la physique moderne, nous sommes habitués maintenant à introduire la vitesse de la lumière comme une valeur déterminant dans nos calculs des lois fondamentales relatives aux corpuscules énergétiques et matériels. Cette vitesse est la vitesse limite pour toute manifestation de notre univers spécial. Selon les forrnules d'Einstein et sa théorie de relativité, un corpuscule matériel nepourra jamais la dépasser, car une fois cette vitesse atteinte par aucunepropriété physique ne peut plus lui être attribuée (loi transformation de Lorenz, loi des masses, etc.). Ces notions ont été vérifiées par certaines expériences avec les radioactiîs et cela avec plein succès.

Ainsiaussi paradoxal que cela puisse paraître, l'existence de notre espace tridimensionnel et pesant est subordonné à cette quatrième dimension n'ayant qu'une réalité idéologique immatérielle et irréversible = le temps, Pour notre commodité, nous divisons noire notion temps en 3 methodesdistinctes : le futur; le présent et le passé. Par un élémentaire, nous pouvon



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