CAHIERS MÉTAPSYCHIQUES ESOTERIQUES ET TRADITIONNELS. TROISIÈME ANNÉE - NUMERO 9

SCIENCES MÉTAPSYCHIQUES
sous la direction du V B. de CRESSAC-BACHELERIE,
Ingénieur E. C. P.
Recherches sur l'Effet psychocinétique, effectuées avec l'appareil
à gouttes Chevalier (1950-51)
(Suite) (*)
(*) Voir Cahiers
Métapsychiques, n° 8.
Diverses objections
ayant été ou pouvant être faites aux méthodes employées, l'A.F.E.M. a tenu à
faire elle-même la critique des expériences effectuées. C'est à ce travail qu'à
été employée la deuxième partie de la dernière campagne. Nous allons exposer
sommairement en quoi il a consisté.
INFLUENCE DU POIDS DU
SUJET
Nous avons vu que
l'allure des courbes expérimentales obtenues semblait cadrer difficilement avec
l'hypothèse que les résultats soient dues non à une influence P.K. mais,
simplement, à l'action du poids des sujets faisant
fléchir le plancher
du laboratoire et modifiant l'assiette de l'appareil.
Il convenait
cependant d'éclairer expérimentalement ce point important. Pour le faire, on a
exécuté (le 23 novembre 1050) d'abord quatre expériences à blanc qui ont donné
les coefficients suivants : —6, — 7, + 4, + 1 ; on a ensuite placé une masse de
75 kg. de poids aux emplacements occupés par les sujets lors des expériences et
on a fait des essais échelonnés pendant 5 heures et demie. Tous les
coefficients obtenus au cours de ces essais ont été compris entre — 2 et — 5
c'est-à-dire à l'intérieur de la fourchette des coefficients de référence.
Il semble donc que
l'influence du poids du sujet, si elle existe, ne dépasse pas ce que peuvent
produire les diverses actions naturelles comprises sous le vocable de « hasard
» et desquelles découlent les légères variations des coefficients obtenus dans
les expériences à blanc.
INFLUENCE DES
ACTIONS ELECTRIQUES
Il est très possible
qu'une goutte de liquide tombant d'un réservoir soit électrisee ; il se peut
d'abord que l'appareil ne soit pas entièrement isolant et se mette au potentiel
de la terre en sorte que la goutte serait elle-même portée à ce potentiel : il
se peut ensuite que, l'appareil étant suppose parfaitement isolant, la goutte,
neutre lorsqu'elle quitte l'ajutage d'où elle s'écoule, s'électrise par
frottement contre les molécules d'air.
Si la goutte est
électrisée elle sera attirée ou repoussée par une charge électrique en sorte
que, si le corps humain lui-même est électrisé il devient susceptible d'attirer
ou de repousser la goutte par simple action physique normale et en dehors de
toute influence P.K.
Il convient
d'élucider cette question.
Etude de la
possibilité d'électrisation de la goutte.
Les deux armatures
d'un condensateur ont été disposées en dessous de l'ajutage, l'une, chargée
positivement, rapprochée de cet ajutage c'est-à-dire de la ligne de chute
de la goutte,
l'autre, chargée négativement, assez éloignée, cette dernière étant connectée
avec le réservoir contenant le liquide. Entre les deux armatures il a été créé
une différence de potentiel de 5.000 volts. Opérant dans ces conditions on a
constaté que la presque totalité
du liquide s'écoulait dans la cuvette située du côté de l'armature chargée
positivement. Les gouttes étaient donc chargées négativement. Il est ainsi
établi que les gouttes peuvent prendre une charge électrique si l'ensemble de
l'appareil est lui-même chargé (fig. A).
Dans une deuxième
expérience une plaque auxiliaire p placée à proximité de la goutte a été reliée
à l'a plaque négative, mais le fil connectant cette dernière au réservoir a été
supprimé (fig. B). L'expérience a donné le résultat suivant : la totalité du
liquide s'est écoulée dans la cuvette située du côté de l'armature positive.
Il faut en conclure
que la goutte était chargée négativement bien que le réservoir ne soit plus
connecté au pôle négatif du dispositif mis en oeuvre. C'est donc que l'appareil
n'est pas isolant et que la goutte est chargée par la terre d'électricité
négative.
Dans une troisième
expérience l'armature négative a été supprimée et l'ajutage a été réuni par un
fil à une canalisation d'eau c'est-à-dire mis au potentiel de la terre (fig.
C). Le liquide s'est presque entièrement écoulé dans la cuvette située du côté
de l'armature positive. Cette expérience confirme la précédente et, prouve que
c'est parce que, la goutte est portée au potentiel négatif de la terre qu'elle
est déviée par la charge positive.
Etude de l'influence
de la position de la charge électrique déviant la
goutte.
L'ajutage étant
relié au pôle négatif, la plaque positive, a été disposée immédiatement
au-dessus du couteau.
De cette manière la goutte
est fortement




chargée négativement
puisque reliée directement au pôle — mais lorsqu'elle arrive en face de la
plaque + elle a atteint sa vitesse de chute maxima (fig. D).
Le résultat de
l'expérience est le suivant : la répartition du liquide entre les deux cuvettes
est sensiblement la même que celle obtenue dans les expériences de référence.
L'influence
électrique est donc devenue insensible en raison de la force vive acquise par
la goutte.
Etude cruciale de l'influence de l'électrisation du corps humain sur la chute de la
goutte.
L'ajutage a été
relié à l'aire sur laquelle posent les pieds du sujet qui, d'autre part, tenait
dans une de ses mains l'extrémité d'un fil relié à une plaque disposée
immédiatement en-dessous de l'ajutage, c'est-à-dire au point ou les actions
électriques sur la goutte sont les plus fortes (fig. E).
Aucun effet
sensible n'a été constaté.
Câge de Faraday,
Il est à noter que
l'appareil tout entier est normalement enfermé dans une cage de Faraday
(entièrement remplie de plaques métalliques). Cette précaution semble, après
les expériences ci-dessus d'une rigueur inutile.
Quoiqu'il en soit,
il semble qu'on puisse considérer comme établi que les déviations de la goutte
constatées au cours des expériences P.K. ne sont pas dues à des actions électriques,
bien que la goutte soit normalement électrisée.
Etude de l'action du
magnétisme sur la chute de la goutte.
Les phénomènes
électriques étant étroitement liés aux phénomènes magnétiques, on a cru devoir
étudier l'action de ces derniers sur la goutte (fig. F).
Les deux pôles d'un
électro-aimant ont été disposés de part et d'autre et immédiatement en dessous
de l'ajutage. Le courant ayant été lancé, aucune déviation sensible des gouttes
n'a été
constatée. Le
courant ayant été inversé, aucun effet sensible n'a été non plus constaté.
Mêmes résultats, l'électro-aimant étant placé au milieu de la trajectoire de
chute de la goutte.
L'hypothèse
d'influences magnétiques étant ainsi éliminée, il restait encore à étudier
l'action possible des courants d'air.
ETUDE DE L'ACTION DES COURANTS
D'AIR Etude de l'action directe des courants d'air.
Les panneaux qui
ferment l'appareil ayant été enlevés, on a disposé un ventilateur à 2 m. de
l'appareil ; ce ventilateur ayant été mis en route, on a fait tomber les
gouttes pendant plusieurs minutes. Tout le liquide s'est écoulé dans la,
cuvette la plus éloignée du ventilateur. L'influence du vent a donc été énorme.
La même expérience a
été renouvelée, après fermeture des panneaux. Cette fois la répartition du liquide
entre les deux cuvettes n'a pas été différente de celle donnée par les
expériences de référence.
Conclusion : Les
expériences P.K. étant toujours effectués panneaux fermés, l'influence
perturbatrice des courants d'air est négligeable.
Etude de la déviation aérodynamique éventuelle par la présence d'un corps
inerte au voisinage de la goutte.
Une surface inerte a
été installée au 1/3 de la hauteur de chute de la goutte et à l'extrême
voisinage de sa trajectoire (fig. G).
Aucune influence
appréciable n'a été constatée.
Ayant placé la
surface à la même hauteur mais à l'opposite de la première position, on a
trouvé un résultat inchangé.
CONCLUSIONS
GENERALES
Aucun des facteurs
étudiés : poids du sujet, électricité, magnétisme, courants d'air, ne semble pouvoir
être la cause des déviations observées au cours des expériences de
psychocinésie.
Il n'est pas
impossible que d'autres facteurs encore interviennent ; il semble toutefois
que, sans pouvoir encore certifier que la cause des déviations des gouttes est bien
d'odre psychocinétique, il soit pourtant permis d'estimer que cela apparaît
comme vraisemblable.
Nous recevrons avec
intérêt les suggestions raisonnables qui pourrait nous être faites concernant
un facteur important d'action strictement physique qui aurait pu nous échapper.
G. Chevalier, Ing. E.C.P.
A propos du " Langage Tambouriné "
Certains lecteurs se
sont étonnés de voir dans les « Cahiers Métapsychiques » (n 8) une étude sur le
langage tambouriné des noirs d'Afrique, jugé plus à sa place dans une publication
d'ethnologie.
C'est là une erreur.
On a voulu voir dans cette pratique, tantôt une transmission par code, tantôt
une pratique télépathique, avec des télépathes spécialisés.
L'article de Mme
Barat-Pepper fait justice de tout cela et montre clairement qu'il s'agit là
d'une véritable transmission phonique, d'un vériable langage.
B. de C.
Le Problème des Matérialisations Métapsychiques
(Suite) (*)
(*)
Voir Cahiers Métapsychiques, n 8.
L'une des premières
conséquences de nos hypothèses serait la primauté de l'esprit sur la matière.
D'après les
relations concernant les matérialisations, il est, nous le verrons en effet,
constant de découvrir, à leur origine, un travail, un effort, une
extériorisation d'énergie, spirituelle ou psychique, sans attacher, en fait,
une valeur bien précise à ces deux qualificatifs.
Postérieurement à
cette action,- une sorte de condensation matérielle se produit, perfectionnant
graduellement son organisation jusqu'à constituer le fantôme, la
matérialisation ou l'objet définitifs. Le phénomène, se produirait donc,
indubitablement, suivant les termes du Dr Osty, grâce au « pouvoir inconnu de
l'esprit sur la matière ».
Une telle façon de
voir a été, grosso modo, admise par toutes les traditions occultes, toutes les
religions et toutes les tendances spiritualistes, en opposition aux
philosophies matérialistes.
Il ne sera, sans
doute pas inutile de rappeler, en quelques mots les positions opposées de ces
deux grandes catégories de penseurs qui se sont affrontés avec passion, au
cours du siècle dernier, dans le champ clos des idées.
Les spiritualistes,
considérant l'homme comme constitué de deux éléments
indépendants, l'âme et le corps, ne rendent pas compte de l'action de la
première sur le second. En outre, leur explication du cosmos se limite
essentiellement à cet infime atome que nous sommes en laissant délibérément de
côté non seulement tout le monde vivant mais encore toute la partie minérale de
l'univers. .
Il y a là une lacune
évidente dont on peut, à juste titre s'étonner.
Les seconds
admettent uniquement dans la nature, des actions strictement mécaniques
réagissant indéfiniment et suivant un déterminisme précis, les unes sur les
autres. Parfois, même le terme de mécanisme postulant un mécanicien, a paru
compromettant et diverses doctrines, comme la biologie de Loëb, par exemple,
ont reçu quelquefois la qualification de mécanistes, destinée à mieux préciser
leur position.
Tout, dans
l'univers, serait alors l'effet de forces aveugles dirigées par le hasard, et
on a même prétendu démontrer que l'ordre naturel apparent, n'est au fond, qu'un
désordre absolu.
Il ne s'agit pas là — persuadons-nous en bien— de simples élucubrations de
rhéteurs, bien au contraire. Toutes nos précisions scientifiques se basent, on
le sait, sur des données simplement statistiques, M. Lecomte de Nouy, déjà
cité, nous en a donné, dans un ouvrage récent, à la suite du Professeur Guye,
une démonstration claire et pertinente.
A l'usage de ceux,
ayant quelques notions élémentaires de physique, nous pensons commode
d'illustrer ce point de vue par un exemple aisément accessible.
La théorie cinétique
des gaz postule une pression identique en tous les points de la paroi, du
contenant. Cette pression étant, en principe, causés par les chocs multiples
dus au mouvement brownien des molécules sur la paroi, ces chocs doivent
nécessairement être identiques en nombre et en intensité, en tous les points de
cette paroi. Cela ne sera possible que pour une agitation absolument chaotique
et désordonnée.
Si le mouvement
obéit, au contraire, à une loi, on doit
y découvrir une ou
plusieurs directions privilégiées, où les chocs sur la paroi seraient plus ou
moins nombreux et où la pression ne serait, dès lors, plus homogènes en tous
les points.
Dans ces conditions
toutes les lois physiques, basées sur la théorie cinétique des gaz seraient à
réviser.
Cet exemple simple
montre fort clairement la nécessité d'admettre le chaos, le désordre, le hasard
absolu dans l'état actuel de notre connaissance humaine basée sur des
observations d'ordre purement statistique.
Cependant, même dans
ce cas, le mécaniste n'arrive pas au bout de ses difficultés et se trouve
inévitablement bloqué, sur une infranchissable barrière au moment où il lui
faudrait discerner le pourquoi des lois naturelles.
De même, les
matérialistes ne reconnaissent chez l'homme qu'un composé' de substance, force
et énergie, sans pouvoir expliquer le sens ou l'inutilité de la volonté. Par
quel profond mystère, un membre gangrené reste-t-il soumis à l'action de la
volonté, alors que, paralysé, il vit sans y avoir recours ?
La matière ne
serait-elle pas, dans ces conditions, la grande illusion, comme semble
l'indiquer et aussi le prétendre le mot sanscrit « maya» au double sens
de matière et d'illusion.
Et nous abordons là,
une troisième et immense question susceptible de recevoir, un jour, sa,
solution grâce à l'étude positive des matérialisations. L'unité de la substance
fondamentale de l'univers est-elle une réalité ou un simple et séduisant rêve
de philosophe ?
S'il est
scientifiquement bien prématuré de prendre une position quelconque à cet égard,
reconnaissons nombre d'excellents esprits de tous les temps comme les zélés
champions de cette idée. Les uns tiennent celle-ci pour excessivement probable,
les autres la voient tout à fait evidente.
Dans l'antiquité
reculée, la théorie atomique de la matière aurait été découverte,d'après
Strabon, par le Sydonien Mochos. Epicure et les anciens se rallient à cette
thèse en considérant la matière comme en mouvement dans le vide. Les
atomomécanistes du xixe siècles ont des théories tout à fait
voisines.
Dans un autre sens,
Aristote et les scholatiques reconnaissent dans la matière deux principes
indissolublement liés : la force et l'étendue. Non loin de là, prend place
l'idée de Descartes, identifiant la matière avec l'étendue géométrique
différenciée par des tourbillons. J'avoue ne pas très bien saisir cette
explication, à moins que, dans la pensée de ce philosophe, étendue géométrique
ne s'identifie avec l'éther des physiciens.
Mais une tout autre
catégorie de penseurs est celle qui, suivant le mot de Kant, a. comme Leibnitz
« spiritualisé la matière ». Platon considère le monde des idées comme le seul
vraiment réel. Selon lui, l'idée fonde l'être et non pas l'être, l'idée. Ce
même point de vue constitue l'idéalisme réaliste moyenâgeux pour lequel l'idée
constitue le fond même des choses. « Dieu, esprit, matière sont identique »
affirme David de Binon.
Cette même pensée se
retrouve dans les lieux et dans les époques les plus diverses. La font leur
aussi bien Hegel que les livres bouddhiques. '
On lit par exemple,
dans le Thu Kouen Ron, la négation définitive de la matière : « Si la matière
existait, elle échapperait à notre entendement. La qualité d'étendue qu'on lui
confère est une absurdité. L'atome est indivisible ? Autre absurdité. Puisqu'il
fait face sur 6 côtés à ses voisins, il a 6 parties. L'étendue ne peut
s'expliquer. Formes et matière n'existent pas ».
Buffon, faisant
figure de précurseur génial, entrevoit déjà la désintégration de la matière,
dissociée en lumière, quand il dit : « Toute matière deviendra lumière dès que
toute cohérence étant détruite, elle se trouvera divisée en molécules
suffisamment petites ».
Enfin, pour en
terminer avec cette incursion rapide dans le domaine des philosophes, nous
citerons ces lignes typiques de Maeterlinck : « Quel est le résultat des
récentes
découvertes dans les
deux infinis ? C'est que la matière inerte, sous quelque forme qu'elle se
présente, est aussi spirituelle, aussi vivante que nous : que la mort n'existe
nulle part, et que cette agitation éternellement frénétique est aussi
énigmatique que notre présence sur cette terre ».
Passons sur la
position des modernes physiciens sur ce sujet, en nous bornant à un léger
rappel de la position présente du monde savant vis-à-vis de la notion l'éther
physique.
On sait que l'idée
en était née de la constatation de l'énorme durée nécessaire au parcours et à
l'arrivée de la lumière provenant d'étoiles éteintes depuis longtemps au moment
des observations. Un tel fait nécessiterait, en effet, l'existence d'un support
permanent pour permettre, après la disparition de la source lumineuse, la
transmission d'un rayon lumineux perdu dans l'espace. L'expérience de Fizeau, a
permis à cette notion de prendre corps pour la première fois. Cela est conforme
aux vues de Newton déclarant « impossible au point de vue mécanique une action
à distance s'exerçant sur deux corps sans aucun milieu intermédiaire ».
De nos jours, si les
théories d'Einstein prétendent se passer de la notion d'éther, par contre les
meilleurs noms de la science s'en sont faits les avocats.
Voici certains
témoignages, parmi les plus grands.
Dès 1720, Bouillet,
lauréat de l'Académie, expliquait déjà l'attraction de la pesanteur au moyen
des tourbillons d'éther. Parmi les contemporains, Lord Kelvin considère la
matière comme le lieu des points où l'éther est animé de mouvements
tourbillonnaires, opinion voisine de celle de Wiechert et Larmor, voyant la
matière prendre naissance dans une torsion complexe de l'éther.
A l'opposé, Rieman —
mais le savant mathématicien n'a-t-il pas coutume d'être à l'opposé des
concepts habituels ? — voit dans la matière le lieu des points de l'espace où
l'éther est détruit.
Nous ne songerons
pas ici, bien entendu, car nous en serions, hélas, bien empêchés, à nous
instituer arbitre de ces savants éminents et nous nous bornerons à citer, à
l'appui de la thèse
de l'éther universel, cette affirmation, bien nette et caractéristique du
Professeur 0. Lodge : « Toutes les fois qu'on laisse les abstractions
mathématiques et qu'on essaie de se rendre compte de ce qui se passe dans la
réalité physique, on doit ajouter à la discontinuité de la matière, un milieu
continu plein d'énergie ; et j'ose dire que ce milieu est l'instrument qui
cause et guide tous les mouvements sensibles ».
Aussi, du seul point
de vue de la science, — et nous nous excusons de ce développement un peu long —
l'unité de la substance universelle pourrait ne pas être un vain mot.
Or, s'il est
possible d'apporter un. jour la solution de ce problème d'un si puissant
attrait, ce sera pour des raisons toujours semblables et déjà exposées, sans
aucun doute, grâce à l'étude des matérialisations métapsyehiques qu'on
l'abordera aisément.
On entrevoit, ainsi
clairement, pensons-nous, un nouvel aspect de l'intérêt tout aussi primordial
et fécond de l'étude scientifique de ces manifestations.
En continuant encore
à développer les conséquences éventuelles de notre première hypothèse, nous
allons enfin, pouvoir répondre à une quatrième question ne le cédant en rien
aux précédentes puisqu'il s'agira du problème même de la création.
Tous les problèmes
posés ci-dessus étant supposés favorablement résolus, faisons rapidement notre
point de position avant de poursuivre notre route.
Notre hypothèse de
travail offre désormais la contexture suivante :
« Dans l'univers
coexistent deux milieux qualifiés pour la commodité du langage de matériel et
de spirituel," s'interpénétrant de façon continue, et le second exerçant
sa prépondérance sur le premier. Celui-ci, aspect particulier du milieu
spirituel, ayant la faculté de pouvoir s'y résorber ».
Si ces prémisses
pouvaient être, un jour scientifiquement démontrées par l'étude méthodique des
matérialisations métapsychiques, on aurait, dès lors toute faculté, toute
facilité de remonter à la source même de la création.
En effet, le
problème se présenterait, dès lors, comme une sorte de proposition, réciproque,
ou, si l'on préfère, comme une réaction inverse ou réversible du phénomène
admis, ci-dessus, dans notre hypothèse de travail.
Deux données'de la
science moderne que nous allons simplement indiquer et sur lesquelles on
reviendra, semblent apporter une intéressante confirmation à une telle
hypothèse. Il s'agit du calcul des probabilités et de la notion d'entropie.
Esquissons, en deux
mots, ce que l'on entend par cette dernière.
Dans tout système
physique, non en équilibre, il y a une perte de qualité de l'énergie dont un
non initié aux mystères de la thermodynamique peut se faire une idée par la
notion de rendement. Un moteur thermique, on Le sait, ne rend pas exactement la
puissance qui lui est fournie théoriquement en combustible. De même deux
appareils électriques, tournant l'un comme générateur, l'autre comme moteur
n'ont jamais un rendement égal à l'unité.
Pareillement,
l'énergie universelle subit une dégradation représentée par une fonction nommée
« entropie » dont la valeur dépendant seulement de l'état actuel de l'univers,
augmente indéfiniment. Elle atteint un maximum pour l'état d'équilibre du système,
c'est-à-dire, dans le cas de l'univers, quand aucune manifestation thermique,
chimique, mécanique ou autre, ne pourra plus se produire, par suite de la
diminution progressive du potentiel d'énergie disponible.
Tous les physiciens
ont déjà prévu cette époque lointaine et sont d'accord sur son inéluctable
échéance, la disparition, de la
matérialisation métapsychique dans le domaine psychique la rendrait
parfaitement admissible et la pensée serait bien, comme certains penseurs l'on présumé, la seule forme
continue de l'énergie, car la matiers discontinue ne
se peut concevoir qu'au moyen d'un continu.
Le calcul des
probabilités appliqué à la création donne des résultats non moins
extraordinaires. Là aussi, on vous développera ce point de vue dont on peut
dire aujourd'hui qu'il est la démonstration mathématique de l'existence de la
divinité, de Dieu, sans préjuger d'ailleurs quoi que ce soit sur la
constitution métaphysique de ce dernier.
Illustrons ce point
de vue par un exemple.
Dans le domaine
chimique, les manifestation de la vie sont accompagnées, on le sait, par
l'apparition de molécules, essentiellement dissymétriques. Envisageons donc une
molécule biologique, constituée par 2.000 atomes de seulement 2 espèces, chacun
d'un poids atomique égal à 10. Le poids moléculaire de cette molécule sera de
20.000, très inférieur à la plus simple des protéines, d'un poids moléculaire
de 34.500 minimum.
Si nous calculons la
probabilité d'apparition d'une dissymétrie minime de 0,9 dans une telle
molécule, nous obtenons une valeur de 2,02 x 10-321 soit une
fraction décimale représentée par une suite de 320 zéros, suivis du chiffre
202, nombre ne nécessitant pas moins de 7 lignes ininterrompues de zéros pour
être écrit dans un livre courant.
En choisissant une
probabilité plus élevée de 0,6 ou 0,7 nous arriverions aisément à des
puissances de l'ordre de 10-600 et plus. Mais, en nous bornant à la
première valeur, une telle probabilité, quoique rigoureusement impensable sous
l'angle humain, ne représenterait cependant qu'une portion absolument infime du
hasard à envisager pour obtenir la réalisation de la vie par les seuls moyens
mécaniques.
Essayons, malgré
tout, d'en faire toucher du doigt ce qu'elle représente déjà d'impossibilité
pratique. Il nous suffira d'indiquer qu'un brassage général et continu, depuis
l'origine des temps d'une sphère de matière d'un volume égal à celui de notre
univers serait tout à fait insuffisant pour mettre sur pied, par le hasard, la
combinaison nécessaire à ce programme extrêmement modeste pourtant.
La création et, en
particulier, celle de la vie, postule donc un phénomène tout différent du pur
hasard pour l'xpliquer son mécanisme.
Si donc, nous en
revenons à notre hypothèse non opposée, comme nous venons de l'indiquer, aux
données sientifiques, il nous sera facile d'admettre que, si la matire se
résorbe et se spiritualise, l'opération contraire n'a plus rien d'absurbe. La
création apparaît de ce chef, comme l'action organisatrice d'une force
spécifiquement spirituelle.
Là, se manifeste véritablement
une sorte d' « imagination créatrice » suivant l'heureuse expression d'un de
nos grands maîtres de la philosophie.
Là se retrouve
vraiment le sens profond de ces traditions esotériques et hermétiques,
transmises de bouche à oreille durant des millénaires et dont on découvre
parfois les cristallisations étincelantes et précieuses, mais souvent
incomprises, dans les textes sacrés de nos grandes religions.
« Au commencement
était le verbe et le verbe était en
Dieu » proclame dans ses premières paroles l'évangile
selon St-Jean. N'est-ce pas exactement l'hypothèse
que,
par des voies
sensiblement différentes, nous venons de
formuler ?
Aussi bien, le
nirvânah des religions bouddhiques n'est-il pas justement
cette transformation, cette désintégration
de la matière en
esprit, dont nous venons de parler il y
a peu d'instants, et non point cet anéantissement absurde
et total
par lequel des commentateurs ignorants ou de
mauvaise foi ont
tenté de ridiculiser ces magnifiques doctrines ?
Bornons-nous, à ces
considération largements suffisantes
pour montrer tout l'intérêt de la question des
matérialisations, et formons le vœu de voir, un jour, toutes ces
extrapolations
hypothétiques et audacieuses prendre corps
et figure de réalités scientifiques indiscutées.
Cet ensemble de
considérations est, reconnaissons-le
presque de pure
imagination. Cela est peu dans nos habitudes, mais nous trouverons notre excuse
et notre défense en ce fait qu'imagination ne signifie pas toujours fantaisie
et nullement incohérence.
Nous nous sommes
efforcés de nous tenir très loin et à égale distance, à la fois de la
philosophie métaphysique et de la science objective, nous cantonnant, comme un
simple géomètre logicien, dans la déduction et la mise en évidence des
résultats nécessaires et de conséquences probables d'un postulat primitivement
accepté.
Nous n'avons pu nous
empêcher, au cours de ce développement, d'en appeler au témoignage d'excellents
maîtres de la pensée, afin d'étayer nos raisonnements et de planter quelques jalons
sur un itinéraire particulièrement difficile.
Nous souhaitons
avoir montré quelques-unes des raisons les plus valables de s'intéresser aux
matérialisations métapsychiques.
B. DE CRESSAC,
Ing. E.C.P.

ÉSOTÉRISME ET TRADITION
sous la direction de JEAN
RENARD
Rose
+ Croix et Rosicruciens
par Jeanne DUMONCEAU
Lorsque les tribus
nomades des Hyksos envahirent l'Egypte dix-sept siècles avant notre ère, elles
apportèrent aux autochtones, avec des mœurs peu honnêtes — le terme Hyksos veut
dire pillard, voleur — les cultes barbares du Taureau et du Bœuf Apis. Le
collège des prêtres décida de conserver les trésors culturels et prépara la
renaissance nationale.
C'est alors que,
dans le plus grand secret, le culte continua avec ses cérémonies, sa préparation
des néophytes instruits des propres traditions de l'Egypte. Résistance dans La
clandestinité que nous avons appris à connaître et à pratiquer au cours de
l'occupation !... Ecrire la doctrine religieuse en clair, il n'y fallait pas
songer ; mais les symboles expliqués aux adeptes après de dures épreuves servaient à
conserver l'essentiel et à le transmettre.
Pour la foule, le
mythe d'Isis et d'Osiris tué par son
ennemi Seth et
revenu à la vie grâce à la puissance d'Isis,
symbolise la patrie déchirée qui renaîtra avec Horus, fils
d'Isis et d'Osiris
né dans les circonstances les plus dramatiques. Grâce à cette allégorie, le
patriotisme est entretenu, la résurrection de l'Egypte est possible. Du temple
de Thèbes surgira Amos qui refera l'unité de la nation après cinq siècles
d'occupation dans les ténèbres de laquelle seront nés les Mystères,
C'est dans le
malheur que se forgent les caractères. La discipline imposée aux néophytes leur
donnait une force morale indomptable ; les symboles étaient des sujets de
méditation qui leur en apprenaient plus que les longs discours. Cette
pédagogie, si différente de la nôtre, peut surprendre : elle a permis
l'éclosion de géants intellectuels comme Moïse, Orphée, Pythagore.
Parmi ces symboles
égyptiens, l'un d'eux retient notre attention : c'est la rose crucifère, la
rose à quatre pétales disposés symétriquement deux à deux de chaque côté de la
croix. La logique veut que plus un symbole est simple, plus il est ancien. La
croix se retrouve partout, jusqu'en Chine, et ce dès la plus haute antiquité.
La rose crucifère remonte à Ahmose I qui régna en Egypte de 1580 à 1657 avant
l'ère chrétienne. Qu'on le veuille ou non, l'origine des Rose + Croix se situe
donc à cette époque ; il ne s'agit pas de rechercher une succession matérielle,
assez peu dans l'esprit « rose-croix », mais de déterminer un parallélisme
spirituel si l'on craint le terme d'héritage, pourtant mieux approprié.
On sait que les Rose
+ Croix ont toujours reconnu le Christ comme leur Maître Suprême et l'on peut
voir, dans le symbole mis en valeur par Ahmose Ier,
une de ces intuitions pré-chrétiennes chères à Simone
Weil (*).
(*)
Intuitions pré-chrétiennes, par Simone Weil, Paris 1951, édit, La Colombe.
Je ne résiste pas au
plaisir de citer le R.P. Victor Poucel qui écrit dans Ma Religion :
« La science
mystérieuse des Pharaons était bien dérivée « de la connaissance originelle, la
Science innocente du « Commencement, une science de l'homme et du monde « par
les signes du Ciel et par les puissances psychiques « occultes auxquelles nos
sciences rationalisées ne savent « plus faire leur part. Les prodiges égyptiens
remontaient
« jusque-là... et notre occultisme
moderne descend de là,
courant troublé d'une science divine,
une astrologie sans
Dieu qui enfante et nourrit
le paganisme (*), un spiritisme de connivence avec les esprits dumal Mais l'Eglise qui a
jusqu'ici détourné ses enfants de ces terriblés dangers, ne pourra
se contenter indéfiniment de
son attitude
négative. La Science du Commencement est
un héritage auquel elle a
droit. Elle y reviendra, non
pas en faisant la guerre à la science, mais en la pénétrant d'esprit, non pas en exterminant
l'occultisme
(d'ailleurs serait-ce possible ?), mais en le
purifiant.
(*)L'auteur fait ici
allusion à l'astrologie, dite
scientifique,
issue
du cerveau des rénovateurs qui l'ont « matérialisée , c'est-a-dire abaissée ;
mais la véritable astrologie est la science des
analogies
qui a sa source dans le Créateur, son explication dans
le Nombre et sa raison d'être dans le désir légitime de l'homme
de connaître le monde et lui-même.
Une grande joie
m'a été donnée. Je sais aujourd'hui que la Mystique de la Terre, après moi
aura sa suite
épanouie... L'Eglise entrera, parée
des dépouilles de l'Egypte et les vaincra par leurs œuvres. Une science
du Ciel, dont le Zodiaque symbolise la Vie en l'y introduisant, un spiritisme
ouvert à Celui qui est l'Esprit ; en somme une « méta-physique » et une «
métapsychie » « réunies en une «
méta-science » dont l'Eglise tiendra
les clés et le contrôle. Le ciel
étoile au-dessus de nos
I êtes, la loi morale au-dedans de nous » (*).
(*) Cf. Ma Religion, p. 65 et 68, par le R.P. Victor Poucel.
Certains rites des sacrements de l'Eglise romaine rappellent étrangement
l'Egypte, comme l'ouverture de la bouche de la momie rappelée dans le baptême,
quand le prêtre met dans la bouche de l'enfant du sel bénit pour Éviter la
corruption.
Le temps passe et nous retrouvons la rose crucifère dans un
monument énigmatique sur lequel se penchent curieux et archéologues depuis plus
de cent ans : le Tombeau de la Chrétienne, ruines imposantes en leur
dépouillement que l'on peut voir en Algérie aux environs de Cherchell. Ce tambeau
dans lequel on n'a pas trouvé de momie, réssemble bien plus, avec sa porte
basse, ses couloirs, sa
grande salle aux
murs garnies de niches, à un temple initiatique apparenté à la grande Pyramide.
Ce monument est
généralement daté du deuxième siècle de notre ère ; il est attribué aux
Berbères et comporte, sous son énorme voûte à gradins, des chapiteaux ornés
d'une bande de douze roses à trois, quatre, cinq, six et neuf pétales. Or, les
roses à quatre pétales figurent plus souvent que les autres, comme si le constructeur
voulait attirer l'attention sur elles. Impossible de parler de reproduction
pure et simple ; la rose à quatre pétales n'existe pas dans la nature : les
roses naturelles ont cinq pétales comme l'églantine et les roses cultivées en
ont beaucoup plus.
Ainsi la rose
crucifère est cachée sous des spirales, tandis que la croix s'étale
complaisamment sur les portes. N'est-ce pas là un témoignage de la doctrine
cachée que cette « rose occultée » qu'il faut découvrir ?
A notre
connaissance, la rose à quatre pétales va bientôt évoluer dans les monuments
chrétiens. A cinq pétales d'abord, elle deviendra bientôt la rosace ornée de
vitraux splendides comme à N. D. de Paris. Est-ce le signe d'un enrichissement
spirituel ou la décadence de la Connaissance que l'on sacrifie à la décoration
?
Le monde évolue ;
rien n'est immuable ; et les Rose + Croix sentirent passer parmi eux divers
courants comme toute communauté humaine. Je renverrai le lecteur pour plus
ample documentation au livre de Sédir : Histoire et Doctrine des Rose +
Croix qui donne l'essentiel de la question appuyé sur de nombreux
témoignages, la place m'étant ici mesurée.
Ce que Sédir semble
n'avoir pas compris, c'est que les Rose + Croix ne pouvaient laisser trace de
leur existence particulière avant la Réforme pour la bonne raison qu'ils
étaient catholiques et comme tels ils se confondaient avec les fidèles, n'étant
ni un ordre, ni une communauté religieuse, mais des chrétiens possédant cette «
science du Commencement » dont parle Victor Poucel et par là même représentant
l'élite spirituelle de l'Eglise. Or, il serait absurde de rechercher dans un
pays déterminé ou dans le monde la « société de l'élite » avec ses statuts, ses
adhérents, etc.. Cette
société de droit existe en fait comme une
communauté
spirituelle. C'était ce qui se passait autrefois.
Aussi s'étonne-t-on,
parmi les critiques, que Paracelse,
qui fait état de la
Rose et de la Croix « entée sur la croix
à bon droit », ne fasse point partie des Rose-Croix, pas plus que son maître Jean Trithème,
moine bénédictin.
Bruquement, en 1614,
éclate le coup de théâtre de la Fama Fraternitatis, dans un document rendu
public à celte époque dont le titre comporte une dizaine de lignes d'allemand
et qui a été traduit par la « Réformation Générale ».
Il y est déclaré
notamment que les frères ont la connaissance de Jésus-Christ. Leur philosophie
est celle d'Adam qui la reçut après la chute et que Moïse et Salomon ont
pratiquée.
On y relate d'abord
la vie de Christian Rosenkreutz qui fonda la fraternité des R + C ; d'autres
prétendent qu'il la réorganisa après entente, en 1399, avec les membres du
Suprême Conseil Primitif au cours de son voyage en Egypte (*). On a prétendu
qu'il s'agissait là d'un personnage mythique, son nom étant manifestement un
symbole. Qu'on ne perde pas de vue cependant qu'en tant que R + C tout membre
de la Fraternité porte son nom d'initié et non plus son patronyme. Cette
précaution rend ainsi invisible pour le profane le R+C qui est dans la vie un
homme comme tout le monde.
(*)
Revue Rose+Croix, n° 7-8-9, juillet-août-septembre 1934 dirige par
Jollivet-Castelot.
L'initiation et son
travail personnel de « lecteur du Livre M (Livre du Monde) avait donné à
Christian Rosenkreutz une « science harmonique ».
Il s'adjoignit des
frères qui avaient six obligations à remplir :
1° Ils devaient,
partout où ils allaient, guérir gratuitement ; 2° N'avoir pas d'uniforme ; 3°
Se réunir chaque année au jour C, au Temple du St-Esprit ; 4° Se choisir un
disciple ; 5° Garder le mot R + C, leur sceau ; 6° Demeurer cachés cent ans.
A la suite de cette
manifestation, bien des polémiques
s'ouvrirent, les
critiques contestèrent l'existence du fondateur, ou bien prétendirent, à juste
titre selon moi, que
les Rose + Croix
existaient bien avant lui, ou bien qu'il
s'agissait là d'une
histoire ridicule et d'une fumisterie.
Cependant, un
document de 1574 parle du Comte de Falkenstein qu'il désigne « Imperatoris
nostri ». Ce titre d'Imperator sera repris plus tard.
Le document, de la
Fâma reflète une influence nettement protestante et en 1623, en réaction contre
les désordres causés par les charlatans qui se crurent habilités à se parer du
fameux titre, parut sur les murs de Paris une curieuse proclamation :
« Nous, députés
Rose-Croix, faisant séjour visible et « invisible dans cette ville par la grâce
du Très-Haut vers « qui se tourne le cœur des Sages, nous enseignons sans «
aucune sorte de moyens extérieurs, à parler les langues « des pays que nous
habitons et nous tirons les hommes, « nos semblables, de la terreur et de la
mort. S'il prend « envie à quelqu'un de nous voir par curiosité, il ne
communiquera jamais avec nous, mais si sa volonté le porte « à s'inscrire
réellement et de fait sur le registre de notre « confraternité, nous qui
jugeons des pensées, nous lui ferons voir la vérité de nos promesses tellement
que nous « ne mettons point le lieu de notre demeure, puisque la « pensée
jointe à la volonté réelle du lecteur sera capable « de nous faire connaître à
lui et lui à nous »..
Est-ce ce texte qui
a incité René Guenon et M. Paul Le Cour à exprimer cette curieuse opinion que
les Rose + Croix ne s'érigeaient pas en société et qu'il suffisait d'être arrivé à un
certain degré d'évolution pour être rose-croix ?
On impute beaucoup
de choses aux Rose +Croix, car l'ombre est propice aux légendes. Pourtant on
s'étonne de ne pas retrouver de document catholique rose-croix. La raison en
est pourtant bien simple.
Comme dans toute
organisation importante, l'Eglise comportait différentes activités. Le Christ
avait confié à Pierre le soin de bâtir son église, tandis que Jean, le disciple
qu'il aimait, par sa culture et son enthousiasme, avait à faire un tout autre
travail où la contemplation et l'illumination avaient leur part. Pierre était
l'organisateur et le combattant de la foi ; Jean était le témoin, « fidèle
d'amour », et l'apôtre de l'Esprit.
A ce titre, St-Jean
était invoqué par les Rose + Croix qui ont toujours recherché l'illumination.
Le titre d'illuminés
qu'on leur donna à
la Renaissance et jusqu'à la Révolulution est significatif à cet égard.
Le moyen-âge vit fleurir le compagnonnage ; il est
probable — et pour moi il est certain — que les Rose + Croix
avaient des signes de reconnaissance pour se retrouver entre eux au cours de
leurs voyages. Cette précaution est légitime ; elle tombe sous le sens. De là à former une société, il ne
paraît pas que les R + G y aient songé. Il fallut l'écartèlement du
christianisme pour en arriver là et la
publication du manifeste de la Fâma
révèle le trouble des esprits causé par la Réforme ; il consacra la séparation en deux branches des R + G : la branche protestante, la Fama, et
la branche catholique qui resta au sein de l'Eglise, L'étrange message placardé
dans Paris en 1623 fut une nette réaction contre la Fâma. Celle-ci n'avait pas
entraîné elle les savants de son époque, reconnus généralement comme Rose +
Croix : Francis Bacon, Robert Fludd par exemple. De plus, on peut s'étonner
qu'ils ne fassent pas etatd'illustres devanciers
comme Trithème et son disciple, Paracelse, alors que celui-ci parle à l'article
XXVI de son Pronostic, de la
Rose et de la Croix et encore mieux de Khunrath dont le cinquième
pëntacle représente une de lumière au centre de laquelle se trouve un Christ enforme de croix.
La rose crucifère figure notamment à la cathédrale de Laon a Ste Croix, à Bordeaux et dans les armes
de l'Abbaye de St Benoit
sur-Loire.
Quoiqu'il en soit,
rien ne s'opposait et ne s'est jamais
opposé, quoi qu'en disent certains critiques modernes,
comme René Guenon et
M. Paul Le Cour, à ce que les
Rose +
Croix sacrifient au goût de former des cénacles, des
amicales ou des
fraternités. Je ne vois pas, quant à moi,
Qui aurait pu leur
intimer cette défense ni pour quelle
raison valable.
Qu'au moyen-âge la nécessité ne s'en soit
pas fait sentir,
c'est un fait ; que plus tard et surtout de
nos jours, les R+C
aient continué à être des isolés, c'est
fort improbable si
nous nous en référons à certains documents qui reflètent leur esprit.
Au temps des
Egyptiens, la rose crucifère, à quatre pétales, symbolisait la Loi et la Connaissance ;
après la
venue du Christ, le
symbole perdit de sa sécheresse ; un souffle chrétien lui infusa la Vie et
l'Amour ; aussi voyons-nous la rose à cinq pétales fleurir sur la croix, plus
tard elle en eût huit et même neuf (le nombre cher à Dante). Sa couleur est de
pourpre et d'or.
Dante représente le
ciel par neuf cercles divisés par une croix au centre de laquelle fleurit une
rose. Ailleurs, dans Il Convito, le poète déclare que par Ciel il entend
la Science et par cieux les sept arts libéraux, le huitième étant celui des
Rose + Croix.
Plus près de nous,
Guaita, qui fut un authentique Rose+Croix d'ailleurs affilié à la H.B. of L.
britannique, voulut pour sa Rose+Croix kabbalistique composée seulement de sept
membres triés sur le volet, une croix irradiante au centre de laquelle se
dessine une rose. Lorsque l'un des sept, Péladan, partisan d'un élargissement
de la Rose+Croix, fonda sa Rose+Croix catholique, il choisit la croix du
Calvaire ornée d'une rose épanouie en son centre. C'est ce symbole que,
légitimement, reprit l'A.M.O.R.C. (Antiquusque Mysticus Ordo Rosae Crucis).
Reprenant l'idée de
Péladan, le fondateur américain de l'AMORC, Spencer Lewis, aidé de quelques
compagnons, rachercha minutieusement à travers les siècles et le monde les
vestiges, documents et enseignements des Rose+Croix. Il établit ensuite un
enseignement initiatique et scientifique, constamment mis à jour, où le travail
personnel, la méditation et une certaine discipline sont les meilleurs guides
de la régénération et de l'illumination du néophyte, prélude à la « communion
cosmique ».
Il ne suffit pas de
se croire missionné par les S.I. pour établir une fraternité rosicrucienne
valable, il faut encore posséder ses lettres de noblesse, ses archives, et
justifier de sa filiation spirituelle. A notre connaissance, l'AMORC est le
seul groupement rosicrucien qui put obtenir, sur références, de la
F.U.D.O.S.I. (Fédération Universelle d'Ordres et de Fraternités Mystiques)
,(*), la confirmation de l'authenticité de sa filiation et de son enseignement.
(*) C'est à dessein que je ne traduis pas
les deux dernières initiales. Ceux qui savent me comprendront.
Qu'il ait été fondé
en 1915 en Amérique, selon des méthodes américaines, n'enlève rien à sa valeur.
Dans un article paru
dans ces Cahiers (*), M. Paul Le
Cour qui n'est
certainement pas Rose + Croix en dépit du soinqu'il
prend à le faire croire en accentuant deux lettres de son
nom, reproche aux maîtres de l'AMORC d'avoir mis l'accent sur une vie meilleure
obtenue par l'enseiment rosicrucien. Oui ou non, l'esprit domine-t-il et
organise-t-il le monde de la manifestation et par conséquent le monde
terrestre ? S'il en est ainsi, qu'y a-t-il d'étonnantà
ce que certains obstacles tombent, soit que notre entendement leur enlève tout
intérêt, soit que la nouvelle discipline
acceptée donne une plus
claire vision de la meilleure conduite à tenir, soit encore que notre esprit
derive vers des préoccupations plus hautes ? Le propre d'un certain
spiritualisme moderne, fumeux et stérile, est de provoquer un
divorce entre la vie spirîtuelle et la vie physique, alors qu'il y a la Vie
avec toutes cesmanifestations, non pas antagonistes, mais complémentaires, et qu'il importe
de recréer en nous l'Unité en donnant à notre frère Corps la place qui lui est
assignée et
on assurant à l'Esprit, c'est-à-dire a Dieu en la. personne
du Christ, la primauté qui lui revient. C'est cet équilibre queveut réaliser le rosicrucien. D'authentiques Rose + Croix aident les Frères
et veillent surleur travail.
Il faut en effet distinguer
entre les Rose + Croix,
adeptes arrivés à l'illumination, maîtres de pouvoirs dont ils ne se servent
que pour le bien d'autrui et les rosicruciens qui s'engagent sur la
voie et la suivent, mais n'ont pas encore atteint le But.
(*) Cf. Vrais et Faux Rose+Croix, Cahiers
Métapsyctoiques, n° 6.
Contrairement à ce que prétend M. Le
CouR, il n'y a
pas eu scission
entre l'Amorc et le Dr Bertholet, de Lausanne à cause des buts pratiques de
l'Amorc, mais pour
une toute autre
raison de doctrine auquel le profane n'a
rien à voir.
Et si l'on veut
savoir au juste ce que
recherche un frerede l'Amorc, il est facile d'énoncer ses désirs : être instruit de la
Science du Commencement afin d'ennoblir sespensées
et son cœur, d'atteindre la Vérité, pour mieux accomplir son rôle social, être
utile et bienfaisant à l'Humanité. Pour cela, il s'instruit, il prie, il
médite, il veut comprendre : il recherche l'illumination qui lui permet de mieux
savoir pour mieux croire. Son Maître Suprême est le Christ
qu'il invoque sans cesse et dont il attend tout, Quant aux sciences spéciales
auxquelles se livrent certains rosicruciens qualifiés pour le faire par leur
formation
précédente et leur
complément d'instruction, elles s'intègrent peu à peu, quand le moment est
venu, dans la Science Officille sans que celle-ci puisse soupçonner leur
origine.
D'ailleurs, pour
couper court à toutes les mauvaises fantaisies, un organe paraît présentement
et qui s'intitule « Rose+Croix ».
J'ai parlé
précédemment de René Guenon dont je regrette, quant à moi, l'influence
déprimante qu'il a eue et qu'il garde sur notre génération. Indifférent à
l'influence occidentale qu'il renia, à la tradition égyptienne qu'il n'étudia
même pas, flottant entre les tendances extrême et proche-orientales, il était
moins capable que tout autre de parler des Rose + Croix. Ce n'est ni aux Indes
(*), ni en Chine, ni en Chaldée qu'il faut aller pour les connaître ; les
Rose+Croix étaient et restent d'obédience chrétienne. Quant à M. Le CouR qui
cherche aussi sa voie dans un syncrétisme où l'on trouve toutes les tendances
adornées d'une affabulation dans le type Aor-Agni (curieux mélange d'hébreu et
de sanscrit, mais quand on se réfère à la langue primordiale, on peut tout se
permettre), lui non plus ne saurait parler valablement des Rose + Croix. Ni
l'un ni l'autre ne sauraient juger du dehors ce qui ne peut être jugé que du
dedans.
(*)
Pas même au Thibet. Il parut dans Détective ces temps derniers un article sur
de pseudo Rose+Croix dont le Chef serait un arabe prétendu thibétain résidant à
La Havane. Ce personnage, en quête de disciple n'a, bien entendu, aucune
qualité pour prendre un tel titre et le « Thibet » introduit dans cette affaire
est le signe certain de l'imposture.
Les Rosicruciens de
l'Amorc désirent que le langage et les conceptions des frères soient unifiées ;
aussi obligent-ils tout le monde, même les plus savants d'entre eux, à
reprendre le travail au début, car les deux premières épreuves à subir quand on
veut entrer dans la Voie étroite sont la patience et l'humilité.
Alors au Néophyte
qui acceptera de les suivre, les Rosicruciens peuvent dire
valablement :
« PAR LA ROSE, SUR LA CROIX, TU VAINCRAS ! »
Jeanne DumonCeau.
A propos de l'A. M. 0. R.C.
Le rosicrucianisme n'est pas un culte.
Depuis sa naissance, il est resté libre de toute affiliation religieuse ou
sectaire, laissant à chacun de ses membres la pleine liberté de ses actes en
matière religieuse; il ne s'est pas laissé non plus entraîner dans des
controverses politiques.
Son but est de lutter contre la
superstition, l'ignorance, la crainte, qu'il considère comme les plus grands
obstacles à l'évolution de l'homme.
L'usage édicté, et réaffirmé au 17e
siècle de « rester cachés
cent ans » oblige les rosicruciens à de
nouvelles manifestations
quand le moment est venu de
réapparaître à la surface. C'est
ainsi qu'en 1915 sous
l'influence d'un initié français, le Dr
H. Spencer-Lewis fonda « The ANCIENT
MYSTICAL
ORDER ROSAE CRUC1S dont il
fut, selon la coutume,
l'Imperator à vie et qui a son siège à
San-José, en Californie.
C'est actuellement un vaste mouvement ayant des groupes
es temples fraternels dans tous les
pays civilisés. Il est
connu sous le nom d'A.M.O.R.C. qui sont
les initiales du
titre complet tant en anglais qu'en latin (Antiquus Mysticusque
OrdoRosae Crucis). Si le siège est à
San-José où il existe de
vastes bâtiments : bibliothèque,
laboratoires et institut de recherchesscientifiques, observatoire, musée d'antiquités
égyptiennes
et
un très beau parc ainsi qu'un sanatorium,
la juridiction
française beaucoup plus modeste parce
que plus récente, n'en
est pas moins très active et le nombre des membres européens
augmente sans cesse, créant ainsi un
vaste réseau dans tous les
pays de langue française, y compris les
plus lointaines colonies.
A tous les « frères et sœurs », il est
donné un enseignement
philosophique et scientifique
comprenant des expériences très
intéressantes et rendu personnel non
seulement par des monogrphies
graduées, mais aussi par les
rapports des étudiants
envoves à la direction et auxquels il
est toujours donné une
L'enseignement n'exige aucune formation
spéciale préalable et il est donné en plusieurs années. Il comporte diverses
epreuves et peut porter l'étudiant aux
plus hauts grades, s'il
les merite.
En outre, un Comité d'Entr'aide
Spirituelle fonctionne pour aider les frères et les sœurs à résoudre les
problèmes personnels, et des résultats absolument probants ont été constatés.
Comme le disait déjà le philosophe
Roger Bacon, on ne domine les lois naturelles qu'en s'y soumettant. C'est à la
connaissance de ces lois, dans le sens très élargi du terme, beaucoup plus
élargi que les concepts des facultés rationalistes officielles, que l'étudiant
travaille grâce à l'enseignement rosicrucien. Il s'ensuit pour lui une
meilleure compréhension de sa propre nature, des rythmes individuels et sociaux
et tout naturellement, il devient moins inquiet, plus clairvoyant; ses actes visent
à plus d'efficacité. IL EST DONC PLUS HEUREUX, car il a trouvé la vraie voie.
D'ailleurs une brochure La Maîtrise
de la Vie, est envoyée gratuitement à toute personne qui en fait la demande
à l'A.M.O.R.C, 56, rue Gambetta, à Villeneuve-St-Georges (S.-et-O.) sans aucun
engagement de sa part.
Depuis deux années, des conférences ont
lieu chaque mois, le premier samedi, ou des sujets très intéressants sont
traités par divers orateurs. Ainsi les frères et sœurs rosicruciens peuvent
faire connaissance et convier les amis qu'ils jugent dignes à prendre contact
avec un grand et beau mouvement : l'A.M.O.R.C.
De plus, il existe un organe de langue
française, revue illustrée et trimestrielle, ROSÉ + CROIX, qui contient des
articles variés sur tous les sujets considérés ésotériquement. L'abonnement est
d'un prix modique (600 frs par an) vu sa belle présentation et l'intérêt
qu'elle présente, et peut être souscrit en écrivant aux Editions
Rosicruciennes, 56, rue Gamb,etta, à Villeneuve-St-Georges (S. -et-O.).
Quelques conséquences des Lésions du corps Astral
L'occultisme qui passionne de plus en
plus les masses,risques'il est mal
interprété, de faire dévier les croyances spirituelles au profit de la
superstition et de la terreur. Il est bon de rappeler, une fois de plus, combien le mental et le spirituel
dépendent du physique.
Une simple lésion du corps Astral
suffit à provoquer, chez
dessujets rendus ultra-sensibles, des phénomènes assimilables
a l'envoûtement ou à la possession. En
effet, le corps Astral ou
"Corps de désirs », est avide
d'émotions et de sensations violentes. De plus, il est en contact permanent
avec l'Astral invisible. Ce qui
n'offre aucun danger tant que notre « Œuf de
Cristal » n'est perméable que selon
notre bon vouloir.
Mais qu'il se produise une fissure dans
cette fragile enveloppe, et l'obsession, la suggestion, voire même la folie
pourront s'emparer de votre cerveau.
L'individu dont la médiumnité
inconsciente et non dirigée est
constamment sollicitée contre sa
volonté, devient la proie des tentations de l'Astral inférieur,
dontles habitants parviendront à lui faire
exécuter leurs ordres criminels. Comme
l'écrivait Curtiss,
s'opposant à la peine de
mort : << Un criminel
endurci que l'on guillotine, devient de ce fait même mille fois plus dangereux
que s'il était demeuré prisonnier à vie. Retranché du nombre des vivants en
pleine force,
au milieu de son activité meurtrière,
il désire continuer d'exercer
celle-ci, avec une soif de meurtre encore décuplée par la
haineque sa mort prématurée lui inspire
contre la société ».
Desincarné mais encore attaché à son
corps Astral, l'assassin
cherchera à
assouvir sa soif de crime et de
vengeance en
obsedant des êtres
faibles,
susceptibles de lui obéir.
D'un
corps Astral
à l'autre le contact
s'établit
aisément, surtout
si
celui du vivant est « lésionné » et rendu plus impressionnable donc réceptif.
Ainsi se produisent d'inexplicables « vagues
de
criminalité », séries de crimes qui ne visent que le meurtre
pour lui-même,
sans la relative excuse du
lucre ou de la vengeance.
Ce qui est vrai pour l'assassin l'est
également pour l'ivrogne, l'opiomane ou le sadique. Car les esprits
désincarnés, morts sans repentir ni lumière intérieure cherchent désespérément
à continuer leur activité sensuelle (la seule qu'ils connaissent ou
apprécient), et cela par l'intermédiaire d'un être vivant. Les émotions
ressenties par ce dernier sont alors communiquées par son corps Astral à celui
du désincarné. Ce dernier, bien qu'il soit dépouillé de son corps physique, est
à peine élevé au-dessus du plan terrestre et il continue d'errer, à la
recherche d'une prolongation illusoire de ses jouissances ou de ses activités
d'antan.
Dans un ordre d'idées moins sinistre,
l'obsession peut être exercée par des esprits malicieux, vulgaires ou
relativement méchants. L'obsédé ne se mettra pas toujours à boire, à tuer, ni à
se droguer ! Mais il pourra être gêné par les idées folles ou perverses que les
lésions de son corps Astral l'obligeront d'inhiber, bien malgré lui. Il se
croira envoûté, victime d'un sort, ou possédé, parce que les fêlures de son
enveloppe Astrale l'empêcheront de s'isoler dans son œuf de cristal, à l'abri
des sollicitations perverses ou importunes. Sur ce chapitre les enfants et les
adolescents sont particulièrement à surveiller. Les chocs de la formation ou
ceux d'une grave maladie peuvent entraîner chez eux un déséquilibre mental et
moral dont l'origine demeure la plupart du temps incompréhensible aux parents.
Ceux-ci sont parfois responsables de ces désordres. Une hérédité d'alcoolique
ou de syphilitique peut entraîner les lésions du corps Astral. Celles-ci sont
parfois dues aux émotions de la guerre, qui ont troublé beaucoup de jeunes
combattants, ainsi qu'aux bombardements, à de grands chagrins, deuils,
déceptions, etc.. Beaucoup d'êtres n'ont connu la médiumnité qu'après une
crise ; douleur, maladie ou épreuve, qui les a ébranlés jusqu'au fond
d'eux-mêmes et a rendu leur corps Astral plus réceptif.
Ajoutons que les lésions du corps
Astral paraissent se transmettre d'une réincarnation à l'autre. L'individu
expie ainsi, par rétribution Karmique, les excès qu'il a commis dans une
vie précédente et dans les domaines d'ordre passionnel que nous avons énumérés
plus haut.
Le fait de cicatriser les lésions du
corps Astral ne supprime pas la médiumnité, mais permet de la diriger à bon
escient et de demeurer sourd aux entreprises dès malfaiteurs
invisibles.
sommes de plus en plus persuadés que le
traitement le
efficace consiste à traiter la
thyroïde. Le bon fonctionnement de celle-ci permet à l'individu de
renforcer sa puissance
devolonté et de jugement, et de résister aux obsessions qui
lent les sujets
nerveusement faibles ou
déséquilibrés. Il
est probable que l'étroite parenté qui relie les endocrines
entre
elles permet sans doute
à la glande thyroïde d'exercer une
action équilibrante ou déséquilibrante
sur la pinéale ou pituitaire. Celle-ci correspond, ne l'oublions
pas, au « 3e œil »,
celui du front, par où
pénètrent la plupart des
visions ou
impressions de
l'Astral
invisible. Cet important centre médiumnique est généralement le premier à entrer en
fonction,
souvent à l'insu du sujet. Si la médiumnité inconsciente offre
des dangers, elle doit pourtant être contrôlée et utilisée
avec
intelligence, sous
peine de causer des
perturbations dans
l'equlibre mental et nerveux.
Elisabeth LaSZLOE.
A quel Saint de vouer ?
Liste établie par le Très Minime Frère
Antoine-Augustin
|
Contre
:
Abcès
dans la gorge
Affaires
désespérées
Agitations
nerveuses
Aliénation
Angines
Angoisses
Apoplexie
Asthme
Blessures
Boutons
et pustules
Brûlures
Calamités
publiques
Cancer
Cas
désespérés
Cauchemar
Cécité
Chagrins
Chancres
Choléra
Coliques
Consomption
Contagions
Convulsions
Contusions
Coqueluche
Coups
et blessures
Crampes
Dartres
Démons
Douleurs
Dyssenterie
Ecrouelles
Energumènes
Enfer
Enflures
Engelures
Epidémies
Epilepsie
Epizooftes
|
Recourir
à
Saint
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Saint Guy
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Saint Biaise
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Saint Laurent
Saint Jean
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Ste Franque,
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Saint Christophore
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Saint Macre
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Sainte Lucie
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Saint Michel
Saint Loup
Sainte Lucie
Saint Cloud
Saint Mathurin
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Saint Jean
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Saint Antoine de
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